Mes ancêtres ont construit l’Algérie, et y reposent dans des cimetières profanés

La grand-mère de ma grand-mère est dans ce cimetière. Elle y a été enterrée, du moins.

En 1981 je m’y suis arrêté. Le sol de ce cimetière était déjà totalement dévasté. Le chauffeur de taxi qui m’accompagnait faisait semblant de ne rien voir. Il ne m’a pas facturé l’heure que j’ai passée au milieu de ce chaos de pierres tombales renversées, profanées, volées.

Les Algériens ont mieux compris encore ce que sont les Français quand ils ont découvert qu’ils peuvent leur faire tout subir sans n’entendre aucune protestation. Le Français est un être contrit, génuflecté, repentant, qui réclame tous les châtiments des enfers même sans savoir pourquoi. Il nait coupable. Les politiciens et les journalistes qui sont les directeurs de leur morale (n’osons tout de même pas parler de conscience) les accusent d’avoir congénitalement tort depuis les Mérovingiens, depuis les Carolingiens et depuis les Capétiens. Catherine Fourest, grande prêtresse de cette secte démocratique, dresse les buchers à la tête du client. C’est une sorte d’islamiste sadogommorhrisée, jacobine façon Marat, très pincée et sans voile.

Ma grand-mère était née à Mondovi en 1899, en Algérie. C’est dans ce village qu’est né aussi Albert Camus en 1913. Le père du petit Camus n’était jamais venu en France. Il s’y rendit en 1914, en tenue de soldat, tout jeune. Il y mourut.

La génération suivante en fit autant. Les Français de ces pays servaient à libérer la France occupée pendant qu’en France ceux qui font des feuilletons quotidiens sur la Résistance de leur fantasme, remplissaient les restaurants, les cinémas, les théâtres et les bordels avec des Boches en vert-de-gris en attendant de se coudre des galons et de raser des femmes pour légender leur fabuleux mensonge résistantialiste.

La grand-mère de ma grand-mère avait débarqué en Algérie en 1848, avec ses parents et toute une colonie de Français que la France ne retenait plus … C’est elle qui éleva sa petite fille, Louise Bidaut, orpheline à 5 ans d’une maman morte d’une hernie ombilicale sur la charrette qui l’amenait à travers les champs jusqu’à l’hôpital de Bône. Sale colonialiste ! Les Bidaut arrivaient de Corbeil, vaincus de la Révolution de 48. Les Henry venaient de Belfort, les Rolland de Cambon d’Albi, les Mogenet de la Haute Savoie, les Labrosse de Buzançay dans l’Indre, les Moreau et les Verron de je ne sais où.

Au même moment d’autres Européens débarquaient en Amérique du Nord. Ceux-là ne se repentiraient jamais de rien.

Les Français aiment bien les colonisateurs et les westerns, mais seulement s’ils sont Américains, si les Arabes sont des Indiens et si les colonisateurs exterminent sur place tout ce qui s’y trouve.

Les Français, eux, ont créé l’Algérie de toutes pièces et ex nihilo. Elle en est devenue une nation.  Ils n’ont pas exterminé les Algériens, ils ne leur ont pas créé de réserves pour parquer les survivants. En remerciement ils ont tous été jetés à la mer cent trente années plus tard et peu après leur fuite les Algériens décidèrent de venir s’installer en France. Nous en sommes là. Les mosquées et les minarets poussent. Suite au prochain numéro.

Si on se met à la place de tous ceux qui sont pris pour des salauds, des imbéciles, des incapables, des sous capables, pour tous les Français de souche qui doivent se taire, raser les murs et subir le clergé républicain du matin au soir et du soir au matin si on est téléphage, il faut bien reconnaitre que les moralisateurs de Mahomet et tous les barbus voilés ou dévoilés qui ourdissent l’égorgement généralisé de ce peuple de tarés infidèles risquent de profiter de renforts considérables, aussi paradoxal et apparemment contradictoire que ça puisse paraitre.

La tête de Ruquier, de Polony, de la balnéaire menteuse Filipetti, de Taubira, de Peillon devant l’armada de ceux qui voudraient venger Mohamed Merah, c’est un savoureux spectacle auquel beaucoup ont déjà hâte d’assister.

Il sera expressément demandé aux militaires de ne surtout pas bouger et de ne venir en aucune manière à la rescousse de tous ces enfants gâtés corrompus de bigoterie démocratique et qui craignent tant pour leur pucelage.

Les brutes hyperboréennes qui ont mis en place le grand incendie général post moderniste en traitant de fachistes tous les écologistes attachés aux fondements primitifs inventés par nos si chers aïeux, traditionalistes et chrétiens,  nous ont vissé dans les tripes et la tête le désir forcené de les voir le plus tôt possible en train de courir devant la grande battue organisée par les enfants de Ben Laden.

Le seul ennui sera de se retrouver au milieu d’un vaste cafouillage qui ne nous regarde plus.

Virgile Rastignac


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