L’être humain politique, l’homo politicus, peut s’avérer comme un animal bizarre. De façon général il l’est, et plus encore quand il part en guerre pour obtenir le pouvoir.
J’ai dit bizarre, je pourrai rajouter étrange. En effet, le principe chrétien de la poutre et de la paille lui est le plus souvent absolument étranger.
L’homo politicus, tendance gauche dans notre cas, est capable de protester. Il est même capable, quand il s’appelle UEJF, LICRA, Hachomer Hatsaïr, d’envahir un lieu de conférence, notamment à la « fac » Dauphine où étudient les rejetons de la bobocratie parisienne. Il s’y rassemble à quelques dizaines bruyantes, pour y conspuer Marine Le Pen, le « danger des dangers », afin d’empêcher qu’elle y prenne la parole.
Conspuer MLP, ça c’est de l’action « antifasciste » !
C’est de la violence politique légitime. C’est contre le retour de l’antisémitisme, va-t-il nous rajouter, notre homo politicus gochum, pour justifier sa censure politique utilisant les cris et la menace de donner du poing.
Et alors, m’objecteront UEJF, LICRA, Hachomer et tutti quanti, elle est comme son père, la Marine. Elle est dangereuse. alors, mieux vaut prévenir que guérir ?
Prévenir de quoi, pour guérir de quoi ?
Pensez, m’objecteront tous ces braves gens, plus ou moins jeunes : n’oubliez pas, son père et mentor. N’est-il pas l’homme qui a dit : « que la chambre à gaz est un détail de la seconde guerre mondiale » ?
En effet, il l’a dit, cet homme. Et il vient d’aggraver son cas, en rajoutant : que « la seconde guerre mondiale est un détail de la shoah ».
Pouah ! infréquentable et méchant personnage, entends-je commenter, du côté de mes Juifs protestataires et pourfendeurs de conférence, pour protéger la liberté! ¨ i
J’ai bien envie de demander, à ces Juifs se comportant, parlant et parfois agissant selon la nouvelle norme homo politicus gochum : dîtes-moi les amis, avec qui manifestiez-vous à la faculté de la porte Dauphine ?
N’étiez-vous pas au coude à coude avec le PCF, avec des étudiants « verts » boycotteurs d’Israël et avec le NPA ? Et alors, me répondront-ils, probablement en cœur.
Et alors ? Vous ne voyez pas ?
Question : ces partis, plus ou moins réduits à l’état groupusculaire (Verts, PCF, NPA…), avec lesquels vous donniez dans le style coup de poing « antifa », n’ont-ils pas fait régulièrement preuve de plus que de la sympathie pour le dénommé Chavez dont le bonapartisme se conjugue allègrement avec les vexations, les brimades et le développement de l’insécurité à l’encontre des Juifs vivant au Venezuela?
Et est-ce que le dit Chavez n’est pas aussi l’ami fidèle et l’allié stratégique, ouvertement proclamé, du tyran Ahmadinejad ?
Ce dernier est, -avez-vous déjà oublié-, le fraudeur, bourreau du peuple iranien, le pendeur et le knouteur, aurait-on dit à l’époque des Tsars. Il est le voleur d’élection. Il est l’homme qui se propose de vitrifer Tel Aviv, au moyen de la bombe atomique qu’il cherche obstinément à fabriquer, à cette fin qui l’obsède.
Pour l’ami de Chavez, pour le tyran et marionnette du comité central cacochyme des ayatollahs de Qom, ce n’est pas la chambre à gaz qui est un détail, c’est toute la shoah.
Comme pour le Hamas et le Fatah, pour Ahmadinejad, la shoah n’a pas existé, et ce sont les Juifs qui ont tout inventé.
« Malheureusement », pourrait-elle rajouter, notre marionnette des vélociraptors de Qom, malheureusement qu’elle n’a pas été ce que disent les Juifs.
Malheureusement qu’elle n’a pas été jusqu’au bout, pense-t-il, fidèle à son idole humaine.
Parce qu’en effet, le maître à penser d’Ahmadinejad, le chef défunt du fascisme et de la brutale contre-révolution « religieuse » en Iran, Khomeyni, exprimera ouvertement, pendant le second conflit mondial, plus que sa sympathie pour l’Allemagne nazie et surtout, pour l’objectif hitlérien d’extermination totale des Juifs.
Khomeyni et son maître à penser expliqueront même : qu’Adolf Hitler, c’était le douzième imam. Ils diront autour d’eux, que le chef du Reich millénaire, c’était « l’imam caché ». Ils expliqueront, que l’organisateur de la conférence de Wannsee, l’homme qui décidera « la solution finale de la question juive », allait anéantir les Juifs jusqu’au dernier. Ils répandront le message parmi leurs proches, que le chef du troisième Reich réalisait ainsi le « Haddith authentique » annonçant la condition impérative du triomphe islamique définitif.
Outre les Juifs, Khomeiny et les siens avaient un ennemi qu’il ont essayé de mâter à coups de bombardements aériens massifs en 1981-83. Ce sont les Kurdes.*1
Je voudrai poser une question aux demoiselles et aux jeunes messieurs de l’UEJF : vos alliés dans la lutte « antifa » contre la méchante Marine, est-ce qu’on ne les a pas vu, régulièrement, défiler ces derniers temps ?
Je vous vois d’ici. Vous vous impatientez. Je vous entends me dire : et alors Rubin, ça fait quoi que les alliés de l’UEJF, de la LICRA aient défilé ? En effet, ça fait quoi ? Le droit de manifester n’est-il pas, en France, un droit constitutionnel ?
Mais si je vous dit que les compagnons de lutte de l’UEJF, de la LICRA, les alliés des étudiants socialistes (souvent déjà membres et militants des deux précédentes associations), sont aussi des compagnons de combat de gens qui défilent, non pas en disant que la chambre à gaz fut un détail, mais : qu’elle n’a pas existé et qu’eux souhaitent- en le scandant avec une férocité manifeste : « mort Israël ! à mort les Juifs ! »- mener à son terme le programme national-socialiste hitlérien d’anéantissement des Juifs.
N’a-t-on pas vue dans ces manifestations, des femmes niqabisées, -défilant avec Besancenot, Mélenchon, Buffet, les « écolos » norvégiens-, portant des pancartes exprimant leur vénération pour le chef du Reich ?
Est-ce que l’UEJF, la Licra, les étudiants socialistes, font reproche au NPA, au PCF et aux écolos-norvégiens pour cette proximité intime avec des candidats et des candidates à l’organisation de la shoah finale, avec des partisans sans complexe d’un génocide total et définitif des Juifs?
Est-ce qu’ils proposent, – l’UEJF, la LICRA, étudiants socialistes -, à leurs alliés «antifas », d’empêcher ces manifestations ouvertement néonazies ?
La réponse est non. Je le constate avec tristesse et inquiétude.
Question : Ces gens seraient-ils devenus comme le lapereau fasciné par le regard fixe du serpent ?
Infréquentable…
On peut donc être définitivement infréquentable, pour une appréciation de l’importance relative d’un des moyens utilisés pour exterminer les Juifs, partout où on pouvait les saisir, mais être toujours et parfaitement fréquentable, quand on vomit partout : qu’il faut les tuer tous, les Juifs, jusqu’au dernier, parce que Dieu l’aurait fait dire au fondateur de la « vraie religion », celle des partisans fanatiques et sans complexe d’un génocide des Juifs mené jusqu’au bout ?
Curieux, très curieux « l’homo politicus gochum »
(excusez encore mon néologisme, pas grammaticalement très strict, au plan du latin).
Curieux, c’est le moins que l’on puisse dire, nos « antifas » ?
Le chef spirituel du Fatah et de l’Autorité palestinienne vient de le rappeler à ses ouailles : elles ont une obligation « religieuse » définitive, qui s’impose à eux et leur interdit de faire la paix avec les Juifs, en premier lieu avec ceux d’Israël.
Ce récent et impératif rappel ne choque manifestement pas le futur ministre des affaires étrangères du capitaine de pédalo
Vous me direz que dimanche, au Bourget, ce n’était peut-être pas le lieu, pour esquisser et encore moins préciser les lignes de forces de sa diplomatie. Faudrait quand même pas repousser un certain électorat, qui se retrouve en phase avec le leader spirituel de l’autorité palestinienne.
Mais tout le monde ne l’entend pas de cette façon, côté discrétion. C’est ainsi que le peut-être futur ministre des Affaires étrangères, que d’aucuns croient ou disent socialiste, continue d’écrire des lettres d’amour au Fatah, -et au Hamas aussi-, et placarde un peu partout des dazibaos exprimant son exécration définitive d’Israël.
Le chef spirituel du Fatah/Autorité palestinienne, est un autre bon copain du PCF, du NPA et des « verts-norvégiens » ; c’est une relation parfaitement respectable pour des gens, dans le PS, qui,- comme le peut-être ex futur ministre Védrine-, lèvent le doigt avec enthousiasme, quand on demande à l’assistance : qui veut tenir aujourd’hui le rôle du colonel Picard ou celui du capitaine d’Esterhazy ?*2
Un des deux rôles est déjà pris par un honorable député rapporteur, semble-t-il
Ce bon copain de notre homo politicus gochum vient de le rappeler, -aux hommes de l’Autorité palestinienne-, il ne leur est pas possible de passer un accord réalisant un compromis, c’est-à-dire qu’il n’est pas autorisé de conclure la paix, entre des Juifs, les israéliens, et ceux des Arabes dits palestiniens depuis 1967.
Ce n’est pas possible, vient-il de leur signifier
Ce n’est pas possible, parce que le « haddith authentique », recensé par Al Boukhari et d’autres sommités de la « vraie religion », dit : que les temps du triomphe de l’islam et ceux de la résurrection des morts ne viendront que quand les arbres et les pierres s’adresseront ainsi au croyant, vient derrière moi, un Juif se cache, tues-le !
Est-ce que le PCF, est-ce le NPA, est-ce que les « écologistes » de l’école norvégienne, est-ce que l’équipe de campagne du capitaine de pédalo*3, Hubert Védrine en tête, se démarquent un tant soit peu, ou comptent se démarquer, du leader spirituel du Fatah qui s’associe sans remord aux derniers appels aux meurtres lancés en Tunisie par Hanyeh, le chef provisoire du califat à Gaza et le candidat à la succession de Mechaal à la tête de l’appareil politico-militaire du Hamas?
Non, malheureusement, comme autant d’inconscients dangereux, aucun des chefs de ces partis et personne parmi ces homo politicus ne se démarquent
Non, pas un d’entre eux n’est choqué par le discours du chef spirituel du Fatah. Et s’ils sont choqués, ils ne le disent pas. Que penser de leur dénonciation répétée de l’affaire du « détail », sinon qu’elle n’est pas sincère ?
On doit alors penser qu’ils se moquent,comme d’une guigne, que 3 millions des 3,5 millions de Juifs qui vivaient en Pologne en 1940 et que trois autres millions de Juifs vivant dans d’autres pays, aient été traqués jour après jour, pendant quatre ans, quatre longues années, contrôlés, arrêtés, parqués, affamés, tués par la faim et les maladies, « transportés vers l’est », et enfin assassinés par les balles ou les gaz.*4
S’ils sont choqués et indignés, les Védrine, Besancenot, Efa Choli, Voynet, Duflot, Buffet, François Cluzet, Benabar, Hollande, s’ils sont choqués, tous les acteurs de ce charmant petit monde d’homo politicus gochum, ils le cachent bien.
Je voudrai revenir sur l’homme qui essaie de parler en 2012 comme le fit François Mitterrand en 1980-81, tant par la voix et ses modulations, par des gestes caractéristiques, que par le fond des discours de pseudo tribun populaire et socialiste pourfendeur du « règne de la finance et de l’argent roi ».
Manifestement, il doit croire, notre capitaine au petit cours, que les maladies de la mémoire ont saisi irrémédiablement toute la société française
Sur le plan social, il oublie, le capitaine de pédalo du bassin des Tuileries, qu’il y a 31 ans l’homme qu’il mime, un peu moins bien que Thierry le Luron, de la voix, du geste et du costume, l’homme qu’il singe, sillonnera la Lorraine et le Nord-Pas de Calais. Partout, l’original y prendra la parole. Partout il portera son message se voulant d’espoir, dans les villes et villages des bassins miniers et sidérurgiques.
Partout, il dira une chose, pas deux, Une !
Cette chose, c’était : Moi président, pas un seul de vos emplois de mineur, pas un seul de vos emplois de sidérurgiste, pas un seul de ces durs mais si dignes métiers d’ouvrier, ne sera supprimé sans qu’un autre métier et un autre emploi ne soit crée.
Il promis, promis, promis. Il jura, jura, jura, devant les intéressés convoqués partout en grand nombre par ses amis politiques locaux!
Et quand le candidat, qui portait le chapeau et arborait l’écharpe à la manière de Léon Blum, disait qu’un emploi supprimé c’est un « emploi crée », il disait aussi, affirmativement : un autre emploi, c’est aussi un nouvel emploi, aussi qualifié, voire plus qualifié que celui supprimé.
Il disait aussi : un autre emploi, ce sera un travail permettant au mineur et au sidérurgiste de continuer à gagner son pain, convenablement et dignement, en faisant correctement vivre sa famille, ainsi qu’en assurant l’avenir de ses enfants.
Monsieur Hollande, est-ce cela qui s’est passé ?
Et puis il y eu le règne du réaliste. Il y a eu le triomphe français, puis eurocratique, de l’homme des « grands équilibres », européens et français par effets ; vous savez, cet homme, c’est celui dont la fille vous est si proche, après avoir été la plus jeune ministre de France et sa plus jeune retraité, en même temps qu’elle devint la dirigeante d’une grande multinationale.
En singeant l’homme qui s’emparera du vieux parti socialiste de Jaurès et Blum, au congrès d’ Epinay, pour en faire son outil personnel et une machine à duper, est-ce dans le sillon de l’imposture et du mensonge odieux, servi aux sidérurgistes, aux mineurs et à tant d’autres, que vous voulez vous inscrire, grimé, avec vos dérisoires numéros de bateleur pour salle de patronage ?
Vous vous souvenez ?
Le capitaine de pédalo ferait mieux de chercher à ressembler à Léon Blum, plutôt qu’à sa triste imitation frelatée.
Revenons au problème de nos Juifs
Revenons à ceux qui n’hésitent pas à vociférer, et même à donner du poing, pour prendre leur place dans un front unique avec les amis intimes du Fatah et du Hamas (tout comme l’indigne mythomane Hessel), tout en étant choqués, à vie, par une appréciation, discutable dans la forme et le fond, qui ne contestait pas la réalité de la shoah, ne s’en réjouissait pas, n’en appelait pas une seconde et définitive comme vient de le faire le leader spirituel du Fatah/autorité palestinienne, parti pour lequel, de François Cluzet à Efa Choli, en passant par Martine Aubry, Hessel, Besancenot et Mélenchon, on est toujours en pâmoison.
Je m’autorise à vous interpeler
Je me permets de vous poser publiquement cette question : Mesdames et Messieurs les « antifas », comment pouvez-vous être indignés -par une appréciation concernant l’importance relative des chambre à gaz, ce que je peux comprendre- et travailler ou manifester avec des gens qui ne sont ni indignés, ni même choqués par les appels aux meurtres d’Hanyeh et par l’invitation à mener la shoah islamique lancée par le guide spirituel du Fatah/autorité palestinienne, hommes avec lesquels ces gens font ami-ami?
Je vous demande une réponse, mais sans illusion concernant la réponse.
Malheureusement, en dehors d’injures et de menaces,
je crois bien que je n’en aurai pas
Si j’en avais, cela voudrait dire que les sentiments du peuple français sont parvenus jusqu’à des neurones encrassés par le bureaucratisme eurocratique que le capitaine de pédalo promet de défendre contre les « réactions populistes », et qu’une nouvelle révolution française, une révolution approfondissant le mouvement des Etats-généraux élus de 1338 et de 1355-1357*5, approfondissant la grande révolution de 1788-1815, développant les révolutions de1848, 1870-1871, renforçant 1905, fortifiant 1919, 1936, 1945, remettant 1968 sur ses pieds -comme aurait dit Marx- ne va pas tarder à frapper à la porte de l’Histoire.
Alain Rubin
*1 Les Kurdes sont les descendants physiques des anciens Mèdes.
Leurs ancêtres, régulièrement en conflit avec Athènes et les cités-Etats grecques, fonderont un vaste et puissant empire.
Les Kurdes virent, après 1917, leur territoire partagé et incorporé : dans la Turquie qui naîtra de la fin de l’empire ottoman, dans le tout nouvel Iran et dans les deux nouveaux royaumes arabes, la Syrie et l’Irak.
Les Kurdes ne se sont toujours pas résolus aux choix des accords Sikes-Picot. Ils ont toujours refusé, fréquemmment les armes à la mains avec les Peshmergas de Barzani, d’enterriner qu’eux, qui sont une véritable nation, avec un long passé politique spécifique, avec une haute conscience d’eux-mêmes, avec une langue, une culture et des partis politiques bien à eux, soient écartés du droit à se reconstituer en nation souveraine.
L’adversaire acharné des Kurdes n’est plus Athènes et les cités grecques.
Avec l’Iran, c’est devenue la Turquie ottomane. Celle-ci imposant, à toutes les nationalité non exterminées, l’hégémonie touranienne islamisée, dont les Arméniens firent les frais, au travers des quarante années de massacres culminant dans le génocide de 1915.
La Turquie d’après le califat n’a connu les Kurdes que pour les manipuler et les instrumentaliser à des fins criminelles : contre les Arméniens, les Grecs et les Assyro-chaldéens.
Est-il étonnant qu’à la tribune du Bourget on se soit fait le porteur de valises de la Turquie sous Erdogan, qui subit la remise en cause de tous les acquis démocratiques du kémalisme ? Pas un mot pour les Kurdes, mais seulement de la compréhension pour Erdogan et pour les hommes d’affaires français intéressés par le « marché » ottoman.
*2 D’Esterhazy et Picard furent deux officiers devenus des instruments pivots militaires de la provocation antisémite et de la machination amenant la forfaiture judiciaire qui enverra Dreyfus passer plusieurs années à l’île du diable, après avoir été humilié par la dégradation publique et diffamé devant tout le pays.Le colonel Picard finira par se suicider.
*3 Je me rends compte que je suis peut-être injuste, quand je reprends la formule du citoyen Mélenchon. En effet, François Hollande peut affronter la tempête des convulsions des « marchés ». C’est sur. Et pour nous le prouver, les dix mille qui auraient été vingt-mille -que le PS a voulu réunir au Bourget, pour entendre ce qui n’est pas encore le programme toujours à venir,- ont été invités à souffler, souffler, souffler, tous ensemble, dans la même direction. Ils ont soufflé, pour gonfler les petites voiles posées sur le pédalo du capitaine Président.
Voyez ! Regardez ! Admirez ! Reconnaissez que je suis un vrai navigateur, s’est exclamé l’homme qui s’est mis à confondre Thierry le Luron imitant « Dieu » avec celui que l’humoriste appelait ainsi, qui lui-même imitait Léon Blum qui était lui-même et n’imitait personne…
*4 Mon père a été arrêté le 2 avril 1944, après une dénonciation. Il sera interné à Drancy, le 4 avril, à la suite d’un simulacre de procès pour usage de faux papiers, puis déporté, on disait alors transporté vers l’est », pour une direction inconnue. C’était le15 mai 1944, moins de deux mois avant ma naissance.
Le convoi 73, qui l’emmènera vers la mort, avec 877 des autres transportés, s’achèvera en fusillades, soit au Fortin IX de Kovno devenu Kaunas, soit dans les forêts du camp annexe, soit à Reval devenu Talinn où un peu moins de 300 des Juifs du convois 73 furent emmenés, pour travailler et être assassinés par petits groupes.
Mes grands-parents paternels, Idel et Malka Rubin et leur fille Sulamite (dite Solange), seront arrêtés le 16 juillet 1942, victimes de la grande rafle dite du « veld’hiv ». Ils seront internés deux jours à Drancy, puis déportés vers Auschwitz, le 22 juillet.
Après trois jours de transports, en wagon pour chevaux, debouts, entassés à cinquante ou plus, sans eau ni nourriture, avec seul un sceau hygiènique pour les besoins intimes de toute la population du wagon, par un mois de juillet suffocant, mon grand-père sera interné le 22 août 1942, dans le camps des anciennes casernes, là où « le travail rend libre ».
D’après un de ces livres de compte du camp, que tenait la bureaucratie nazie, il y est décédé le 24 août 1942. Comment ? Le registre nazi ne le dit pas.
Pour ma grand-mère Malka Brucha (la Reine bénie) et ma tante Sulamite, il n’y a pas de trace dans les registres. On ne les connaît que jusqu’à ce qu’on les fasse monter dans un wagon. Après, plus rien, elles n’existeront plus, sauf pour ceux d’entre nous que le nazisme n’a pu anéantir. En d’autres termes, soit qu’elles ont succombé aux conditions du voyage, soit qu’elles ont immédiatement été gazées à l’arrivée à Auschwitz Birkenau.
Ma grand-mère Malka avait seize frères et sœurs. Au total ils auront quatre-vingt enfants.
Une sœur de Malka réchappera au massacre. Elle avait épousé le consul honoraire de Suède en Pologne, Oscar Kon. Les nazis respecteront son immunité diplomatique. Les autres quinze frères et sœurs, et leurs nombreux enfants ont été tous engloutis par la shoah. La shoah, les amis intimes et de combats communs de Besancenot, Aubry, Efa Choli, Buffet et Cie disent qu’elle n’a pas existé ou que si peu, et .quand pour eux elle existera, ce sera la vraie, ce sera celle de l’islam ; ce sera la shoah « religieuse » qui mettra définitivement fin à l’existence de tous les Juifs, sans exception aucune.
Comment les miens restés en Pologne sont-ils morts ?
De privation et de faim, entassés à treize et plus par pièce, dans les ghettos obligatoires fermés?
De maladie non soignée ? D’exécution sommaire, pendant une « action spéciale?
Gazés, après avoir été raflés et transportés vers l’est ?
Fusillés, lors de la « shoah par balle » qui se déchaîna en Pologne orientale, Lituanie, Ukraine, Bielo Russie, Roumanie orientale, entre le 21 juin 1941 et la fin de décembre de la même année, et qui fit entre 1,5 et 1,8 millions de victimes enterrées dans les fosses devant lesquelles avaient lieu les fusillades en masse ?
Quel que soit le mode de mise à mort, l’affaire était là : c’était la traque quotidienne, c’était l’enfermement, c’étaient les privations multiformes et les humiliations. Le tout préparait les assassinats industrialisés d’une population affaiblie, déboussolée, désarmées et abandonnée de tous, à l’exception de quelques prêtres catholiques ou orthodoxes et de quelques socialistes, en particulier, il convient de le souligner, ceux du parti du Maréchal Pilsudski (le parti socialiste polonais-PPS, auquel était lié le parti ouvrier marxiste juif, le Bund).
Un maquis juif protègeant plusieurs centaines d’échappés d’un ghetto pu tenir en Russie blanche, le seul, avec comme organisateurs et responsables les frères Bielski, qui obtinrent de recevoir de l’aide militaire de l’armée soviétique (armes, munitions, et quelques cadres militaires).
*5 En mars 1357, les élus de la nations, adoptérent la « grande ordonnance ». Elle comprenait soixante articles, certains faisant droit aux demandes des 800 élus de la nation. Les principales doléances du tiers état, qui constituait la majorité au sein de l’assemblée, se retrouveront dans l’ordonnance. Elles concernaient : Le fonctionnement de l’assemblée, son mode de convocation, la limitation des pouvoirs du Prince, les finances, les armées, la Justice, « les abus »,





