N’en déplaise à Taubira, Obama est le descendant des négriers du Zanzibar

On sait que par deux fois, les commerciaux qui on vendu Obama aux citoyens US leur ont dit : les gars, prenez, élisez, c’est du bon, Obama, il est « noir ».

Ainsi le taux de mélanine du petit organisateur communautaire, -masquant l’inconsistance de la pensée derrière des attitudes et sous les costumes plutôt pas mal coupés-, constituait et devrait continuer de tracer la limite entre le bien et le mal, entre le bon et le mauvais, entre l’utile à la société et l’inutile ou le nocif.

Obama est fils de Kenyan, c’est un bon, « c’est un noir »

Pour cette raison, le personnage, plus sombre que les « WASP » ou que les émigrants Irlandais, Allemands, Juifs, Russes, Italiens… serait le symbole de la complète émancipation politique des Afro-américains descendants d’esclaves.

L’Histoire fait bien souvent des pieds de nez. Elle fait aussi des farces

Certaines sont mauvaises, voire sinistres. L’ancien animateur culturel ethnique est connu pour sa couleur, par contre, ce dont on ne parle pas, c’est de sa généalogie.

Vous me demanderez : pourquoi cette interrogation, quel en est l’intérêt ?

Dans son récent et dernier ouvrage « mythes et manipulations de l’Histoire africaine », Bernard Lugan nous met sur la voie de la réponse

Il nous rappelle ce que la loi d’Alzheimer historique, la loi « Taubira », prétend nous interdire d’étudier et de connaître avec précision, à savoir : la traite négrière dite transatlantique. Or cette traite ne fut qu’une parmi les trois traites négrières.

La troisième, celle qui commencera au 7ème siècle avec le rezzou du djihad sortant d’Arabie, continuait au treize siècle plus tard. De loin, elle fut la plus cruelle et la plus lourde, en termes de nombres de victimes capturées et tuées au moment des razzias ou pendant le transfert vers les marchés aux esclaves ou encore à l’occasion des ablations complètes des parties génitales masculines destinées à fabriquer des eunuques.

Dans son livre, Bernard Lugan s’arrête à juste titre sur la traite zanzibarite

Cette traite, particulièrement dévastatrice, fut organisée à une vaste échelle par le sultan de Mascate. Installé à Zanzibar après son mariage avec la reine Fatouma, le sultan eu pour agents et instruments de mise en œuvre, pour force armée se saisissant de ses futurs esclaves, les Yao du Mozambique, les Nyamwuzi du sud du lac Victoria et…les Kambas de l’actuel Kenya.

Eh oui les amis, le Kenya, le pays du premier président « noir » était un des maillons autochtone de la vaste traite négrière zanzibarite

Bernard Lugan donne des chiffres, de cette activité zanzibaro-mascate d’ampleur industrielle :

« (…) entre 1830 et 1873, date de sa fermeture, 600000 et 740000 esclaves furent vendus sur le seul marché de Zanzibar, soit plus de 20000 esclaves par an ». (Bernard Lugan, Pages 82-83).

Bernard Lugan fait observer : que ces chiffres ne tiennent pas compte de la contrebande et des activités côtières de nombreux ports arabes du littoral africain de la zone zanzibarite. Cette contrebande d’êtres humains ne transitaient pas par Zanzibar, mais commerçaient directement avec le monde musulman.

Combien d’esclaves et combien de razziés de la contrebande zanzibarite sont morts sur le chemin de l’esclavage ? Aucune statistique ne nous le dit. C’était de la marchandise humaine  échappant à la vigilance de l’administration négrière zanzibaro-mascate.

C’est cette sinistre et longue réalité négrière que notre actuel ministre, -en charge de la « révolution sociétale », ci-devant législateur de la loi sur la mémoire de la traite négrière réduite à la seule traite transatlantique-, décidera sciemment d’occulter.

Le motif qu’elle donnera de cette occultation se résume à ce dérisoire argument : si on avait inclus la longue traite arabo-musulmane dans la loi mémorielle, « on aurait fait porter (et accablé) du poids de la faute des pères, les jeunes français originaires du Maghreb ».

Quelle belle âme ? Quelle sensibilité, quel tact, n’est-ce pas ?

Madame Taubira n’a pourtant pas eu ce souci pour les autres jeunes gens de ce pays, tous réputés par sa grâce, et celle du Maire de Nantes, descendre des armateurs et des équipages négriers bordelais et nantais et rendus coupables du « crime contre l’humanité »…

Je n’aurai pas voulu de la Dame Taubira comme professeur de géographie et d’Histoire

En effet, comment cette femme, posant à la grande et historique réformatrice sociétale, peut-elle penser un seul instant, qu’on puisse rendre les jeunes en question, -le plus souvent des enfants de travailleurs Kabyles, eux-mêmes des êtres humains conquis et des opprimés des expansions arabes puis ottomanes-, responsables de la dévastation du bassin du fleuve Congo et des franges sud de l’Ethiopie, des régions d’Afrique auxquelles la traite négrière arabo-musulmane zanzibaro-mascate a enlevé cinq fois plus d’êtres humains, razziés et tués ou décédés en cours de route, qu’elle n’en a amenés sur l’archipel pour y être vendus (soit pas loin de quatre millions de personnes, de tous âges et des deux sexes, en quarante ans).

Si la dame Taubira avait en tête « la faute des pères », elle aurait dû penser aussi aux 1,25 millions d’hommes et de femmes razziés, en trois siècles, sur les côtes de la méditerranée occidentale pour être vendus sur les marchés aux esclaves d’Alger, de Salée et d’ailleurs sur le versant sud de la méditerranée.

Pas plus que les enfants de paysans ou d’ouvriers bretons ou auvergnats ne sont responsables des transactions commerciales de quelques armateurs nantais et bordelais et des accords de leurs capitaines d’équipages avec les rois africains des Etats guerriers et esclavagistes qui formaient la substance institutionnelle de l’Afrique d’alors, les jeunes français d’origines nord-africaines ne sont responsables de la longue traque négrière menée depuis le monde musulman arabe, puis arabo-ottoman, vers le monde méprisé des « Sudan ».

L’ouvrage de Bernard Lugan est précis

D’autres aspects importants retiendront l’intérêt du lecteur. Je pense au poncif du « pillage colonial », à celui de la dépossession « coloniale » des richesses africaines et nord-africaines. Des certitudes vacilleront, dont les seuls fondements sont idéologiques, pas historiques.

Lugan revient sur d’autres lieux communs, devenus des prêts-à-penser intellectuels, par exemple :

-         les anciens égyptiens étaient-ils noirs (« nègres »), comme le soutiendra Cheykh Anta Diop ?

-         Le Maghreb est-il arabe, ou reste-t-il majoritairement berbère (amazigh) ? Que nous dit la génétique à ce sujet ?

-         La colonisation a commencé quand et comment ? A-t-elle à voir avec l’esclavage ? Si oui, de quelle manière ?

-         Le 17 octobre 1961, y eut-il un massacre d’Algériens à Paris ?

Aujourd’hui, alors que la chaîne Arte a fait savoir ce que disaient, à ce sujet, les services secrets allemands (ceux d’Allemagne fédérale et d’Allemagne de l’est affirmant qu’il y eu sabotage par un commando FLN), la France officielle s’est allée excuser d’un crime imaginaire, par la bouche de son actuel Président de la république. Tandis que Bouteflika, pour ce qui le concerne, n’éprouve toujours aucun remord au sujet du barrage de Malpasset, dont la rupture fera 400 victimes parmi les villageois bordant le cours d’eau se jetant dans la mer à Fréjus.

Quant aux sources « historiques » utilisées par les tenants du « crime d’Etat » du 17 octobre 1961, on trouve deux britanniques niant l’extermination des militants nationalistes algériens restés fidèles au vieux leader historique Messali Hadj. Mieux, ces deux historiens à la manière des rédacteurs du « précis d’Histoire du parti communiste de l’URSS » nient des faits criminels reconnus par leurs auteurs : d’anciens militants messalistes ralliés au FLN.

Nos deux britanniques nient ainsi l’extermination des militants MNA par le FLN. Cette guerre inexpiable visait à réaliser l’hégémonie totalitaire du second. Elle préparait le demi-siècle de gouvernement hégémoniste de la nomenklatura « socialiste » et « arabo-musulmane » issue de l’ALN extérieure. Les deux « historiens » attribuent les meurtres de milliers de militants nationalistes algériens du Mouvement National Algérien (MNA), -principalement des ouvriers kabyles-, à la police française (voir page 128-139).

Pour conclure, en ces temps de repentance pour des faits imaginaires ou travestis, pour des événements aux causes inversées, les 183 pages du livre de Bernard Lugan apportent de l’air intellectuel frais. Elles sont à lire, à relire et à faire lire.

Alain Rubin


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