Où le salafisme et sa morbidité peuvent-ils conduire la France ?

Il faut le dire clairement c’est à la France entière que nuit le salafisme dont le sectarisme et l’ idéologie sont à l’opposé des valeurs de la République,  mais c’est surtout à la communauté musulmane qu’il fait le plus de tort. D’abord parce que les actes commis par  Mohamed Merah montrent que les salafistes n’hésitent pas à tuer des musulmans, et ensuite parce que c’est dans le vivier de cette communauté que les Frères et Sœurs recrutent en priorité leurs futurs  adeptes et les futurs djihadistes qu’ils vont conditionner. Le témoignage de Abdelghani Merah donne un éclairage précis sur tout ce mécanisme.

Si le salafisme se développait  partout en Europe depuis les années 1990, on peut penser que ce sont les évènements du 11 septembre 2001 qui lui ont donné un coup de booster. Le grand chef Ben Laden, adulé dans les banlieues françaises, est devenu la référence, sorte de Robin des bois vengeur de la cause de l’islam. Personne  en France n’a compris le vrai danger de cette affaire là et n’a réfléchi à la manière de le contrer le plus vite possible, ce fut le personnage idéal pour la propagande salafiste.

Depuis 2001, Kader Merah se faisait appeler Ben Laden, par exemple, bien qu’il ne fût pas encore totalement un adepte du  salafisme,  ne parlait que de terrorisme, d’Al-qaïda de Ben Laden et de djihad. Des sujets qui à l’évidence l’obnubilaientKader se met ensuite à porter tantôt  des longs kamis blancs ou beige, tantôt une tenue ressemblant à celle des talibans ou des intégristes saoudiens.

C’est au moment ou son mari purge une peine de prison  en Espagne, que Souad  bascule dans le salafisme :  Elle s’est mise à faire la prière, à porter le voile et à fréquenter des filles qui portaient le niqab. Elle a commencé par refuser de faire la bise aux hommes…. Ne plus leur serrer la main,  passant du voile au voile intégral et aux gants. Quand son mari sort de prison elle exige qu’il se comporte en vrai musulman, il refuse, et sur le conseil d’un imam salafiste elle divorce.  Il y a des imams salafistes en France, combien sont-ils ? Où prêchent-ils ?  Ces derniers encouragent leurs adeptes à marquer le territoire, ce que les élus ne semblent pas avoir voulu comprendre lors de l’affaire dite « du niqab ». Niqabs et kamis sont des signes d’appartenance au salafisme.

En prison Mohamed demande à Souad et à l’aumônier des livres religieux. Il commence à faire la prière et à fréquenter les intégristes détenus. Ces derniers lui recommandent de faire des invocations, superstitieux il a l’impression que celles-ci l’ont sauvées d’une inculpation… Il devient alors un intégriste de la pire espèce.

Les deux frères passent ensuite à l’endoctrinement du  neveu dont les parents, rappelons- le, ne sont religieux, ni l’un ni l’autre . Ils lui demandent de dissimuler qu’il se rendait sur injonction de ses oncles à la mosquée et à des séances d’endoctrinement. On lui conseille de prier en cachette de ses parents. On lui fournit des livres Demain la mort. Les salafistes ont une fascination pour la mort…  Les prêches du Mirail  à Toulouse tournent toujours en rond autour de 3 idées fortes et morbides la mort, l’enfer, la lutte contre les mécréants. Idées reprises par les salafistes qui y rajoutent  le martyre  et qui encouragent, organisent , financent le djihad.. Le cocktail explosif est prêt! 

Les salafistes se méfient de l’école de la République, « pendant des années les enfants de Souad Merah ont été déscolarisés, ils n’ont pas le droit d’ écouter de la musique, ils ne vont jamais au cinéma, leurs loisirs se résument à quelques heures de sport pour l’aîné de 12 ans, Souad et son concubin leur parlent de moudjahidine, de mécréants et d’enfer. Je crains que mes deux neveux ne soient programmés, dès à présent, pour devenir des fanatiques, voire pire ».

La cause européenne salafiste est bien organisée en Belgique, en Angleterre, les relais sont prêts,  les financiers donnent de l’argent et on peut justifier tous les actes de délinquance au nom de  la cause… d’Allah, afin d’aller défendre les frères musulmans attaqués quelque part.

Un travail énorme attend  notre gouvernement. Il faut d’abord  informer de ce qu’est vraiment le salafisme, des méthodes qu’il emploie pour séduire de préférence les très jeunes, musulmans ou non , garçons ou filles. Il faut faire une mise en garde des familles afin de contrer la radicalisation des milliers potentiels de Souad  Kader ou  Mohamed Merah. Interdire la secte serait un premier geste fort. Mettre dans le jeu les associations de vigilance sur les sectes .

Mais il sera plus difficile de lutter contre ces familles qui , sans être vraiment salafistes,  refusent à leurs enfants le droit de s’intégrer dans la société française et elles sont nombreuses. Malika Sorel s’est longuement exprimée sur le sujet.

                                                                

Ces parents  qui entretiennent en l’idéalisant à l’extrême l’exaltation du pays d’origine, sans expliquer pourquoi ils ont dû le quitter, critiquant sans cesse notre pays. Ceci aboutit à la fabrication de jeunes bien souvent écartelés qui finissent par haïr la France, pays où ils sont nés et dans lequel ils devront vivre!

Madame Latifa Ibn Ziaten, la mère d’un des soldats tués par M Merah est  interviewée dans la Dépèche du Midi de dimanche 18. Elle sait jusqu’où peut mener la morbidité salafiste. Sa famille (comme d’autres familles) est douloureusement victime de ce fanatisme religieux. Si elle évoque les conditions sociales de la cité des Izards, où elle est allée rencontrer les jeunes amis et admirateurs de Mohamed Merah,  le meurtrier de son fils, elle parle surtout de la responsabilité des familles. « Les parents ont baissé les bras. C’est aux parents d’aider les enfants. Moi j’ai élevé mes enfants. Le soir je m‘en occupais, ils n’allaient pas dans la rue. Aucun n’est devenu un voleur, aucun n’est tombé dans la délinquance, aucun n’est tombé dans la drogue. Je les surveillais. Ce n’est pas la rue qui donne l’éducation, ce n’est pas l’école, ce sont les parents d’abord qui donnent les valeurs, l’école vient après ».

On aimera son message de fin : « Mais je veux leur ( aux jeunes qu’elle rencontrera ) dire  que j’ai beaucoup voyagé à travers le monde et qu’il n’y a pas de meilleur pays que la France. Le message que je veux faire passer, c’est qu’il faut aimer ce pays où nous avons mis nos enfants au monde, il faut respecter sa liberté et sa laïcité ».  Elle rejoint là le message émouvant de Abdelghani Merah. Il est en effet du devoir de la communauté musulmane d’abord, de cette majorité qu’on voudrait  modérée mais dont on n’entend que le silence,  de comprendre l’ampleur du phénomène et de lutter  avec Madame Ibn Ziaten.

Message merveilleux que devraient bien méditer tous nos sociologues, historiens et   chercheurs qui , depuis plus de quarante ans, n’ont eu de cesse de dénigrer la France, de la culpabiliser de la dévaloriser au lieu de la présenter de manière positive. Personnes dangereuses enfonçant ces idées de rejet de notre pays et de ses valeurs dans la tête des enfants de l’immigration…. Puissent-ils réfléchir à la part de responsabilité qui leur revient  dans l’affaire Merah.  Sans un appui sérieux de toutes les composantes des forces politiques cette femme courageuse  pourra-t-elle réellement  s’opposer aux intégristes ? De quelle manière pourra-t-elle contrer  le prêcheur Tariq Ramadan (1) qui développe des idées contraires? 

Chantal Crabère

(1) Lire Frère Tariq de Caroline Fourest.

 

Print Friendly

Derniers articles du même auteur :



Ce contenu a été publié dans NOUVELLE EXTREME DROITE. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.