Peut-on laisser l’islamo-collabo Hessel cotoyer Jean Moulin et Gambetta au Panthéon ?

Lorsque le peuple français apprit que son icône rock Johnny Halliday était dans le coma en Amérique, des voix s’élevèrent en son sein pour qu’on lui préparât des funérailles nationales. À l’annonce du décès de Monsieur Hessel, des voix (les mêmes?) s’élèvent déjà pour que la dépouille du Grand Indigné soit illico transférée au Panthéon. L’hystérie collective trace ici encore son sillon dans la terre meuble de l’opinion. Elle n’y a point de mal, la terre en question est une éponge, le problème étant que dans cet état, elle se referme aussitôt, à l’identique, à peine le soc de la charrue passé sur elle.

Personne ne contestera au défunt le courage physique qu’employa Monsieur Hessel pour échapper aux camps de la mort par des évasions ou tentatives d’évasion successives, de Buchenwald à Dora. Il fallait alors sauver sa peau, même si beaucoup d’anonymes choisirent, comme le Père Rajmund Kolbe, mort au camp de concentration d’Auschwitz le 14 août 1941, d’aller à la mort à la place d’un autre (en l’occurrence un père de famille polonais). Ces décisions ne se discutent pas, vouloir survivre est là aussi honorable que mourir pour les autres.

Personne ne contestera (encore que…) davantage la brillante carrière d’un diplomate assis à la table des Droits de l’Homme restaurés au moment où se décidait, à l’ONU, la création (avec le vote favorable de la France de Monsieur Hessel et sans qu’apparemment il s’y soit opposé) de l’État d’Israël. Ceci est l’Histoire, les générations qui suivent qui suivent leurs devancières ont le seul devoir de faire le tri, documents à l’appui, entre la vérité et la légende. Long et obscur travail. Nul doute que concernant la collusion ultérieure de Monsieur Hessel avec les éléments les plus radicaux de la mouvance islamo-palestinienne, via le Hamas, elles auront de la besogne.

Indignez-vous, nous ordonna un jour Monsieur Hessel, pour qui la dispersion de la France dans le potage européen et l’immigration massive confortant ce naufrage sont un jour devenues les deux dents acérées de son fer incendiaire. S’il est bientôt logé en haut de la colline Sainte-Geneviève, il pourra contempler à loisir la mise en oeuvre de son souhait : un pays offert aux autres, privé de sa moëlle épinière, conduit au rebut par des ferrailleurs anxieux de pouvoir en récupérer les restes pour les revendre un peu plus loin, au bord de la route. L’occasion d’en parler avec Jean Moulin et avec Gambetta.

De son regard aigu, faussement chaleureux, il observera, patriote de 1944 mort camelot en 2013, les soubresauts de la bête à l’encan. Ses émules auront de quoi le satisfaire, elles ont ouvert le grand marché sur lequel se monnaient les nations, leur ardeur à la vente ressemble à celle de rongeurs accablant un fromage. Ayant côtoyé dans sa jeunesse la veulerie, la bêtise et la cruauté des dominants, il donnera, un bon sourire aux lèvres, ses notes aux plus méritants d’entre eux. Lorsque l’on a été capable de dire : « Si je peux oser une comparaison audacieuse sur un sujet qui me touche, j’affirme ceci : l’occupation allemande était, si on la compare par exemple avec l’occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une occupation relativement inoffensive, abstraction faite d’éléments d’exception comme les incarcérations, les internements et les exécutions, ainsi que le vol d’œuvres d’art« , si l’on a dit ça, il devient en effet possible de supposer qu’un pays comme la France, dynamité de l’intérieur, puisse à nouveau s’effacer sans demander davantage d’explications.

Ces mots-là m’indignent. Profondément. Ils tuent une seconde fois les compagnons de misère de Monsieur Hessel. Ils nient toute référence aux nécessités d’une résistance présente pourtant portée au revers de sa veste en hommage à celle d’hier. Ils enterrent, comme on le fait de boyaux bovins, ce qui vit dans les profondeurs d’une patrie. Ils sont le murmure inacceptable d’un spectateur assistant dans un cirque au suicide programmé des siens.

Mille autres choses m’indignent chaque jour de ma vie, elles sont largement évoquées sur ce site. Monsieur Hessel s’en est allé sans même considérer qu’elles existent. Je trouve cette attitude d’un orgueil absolu, d’un égocentrisme clinique et d’une terrible indifférence. Démerde-toi du cloaque où je te laisse, tel est le message que cet étrange bonhomme me glisse dans la poche avant de s’éclipser. En vérité, il faudra du temps pour savoir qui il fut vraiment. Personnellement, ça m’est complètement égal. Une certitude cependant : le rythme du monde, identique plus Internet à celui qu’il connut dans les années 40, va emporter Monsieur Hessel, son souvenir, ses fantasmes et la vacuité désinvolte de son discours aussi loin et aussi rapidement que les bourrasques d’automne emportent les feuilles mortes.

Alain Dubos

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