Philippot va-t-il demander à Marine la tête de « l’extrémiste » Jean-Marie ?

Beaucoup se sont étonnés de la non-présence de Marine Le Pen lors de la manifestation contre le mariage homosexuel, mais lorsque l’on sait le poids désormais au sein du Front national du frétillant Florian Philippot, cela se comprend mieux.
Tout à sa « question sociale » il en oublie l’essentiel, la question identitaire qui renvoie à la question nationale. Ainsi le mot islam est-il désormais interdit au FN il est remplacé par « trop d’immigration ». Ainsi a-t-on vu dans un débat important, Marine Le Pen-Manuel Valls, celle ci tortiller sa grammaire de peur de lâcher cette grossièreté : islam.

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Bientôt, tout comme Chevènement, Philippot se félicitera de la naturalisation des immigrés, clandestins ou non, et donc de leur « intégration » à la nation française.
Mais le meilleur va advenir, Florian Philippot, a comme vice-président du FN, assuré le 19 février sur I-Télé que les extrêmes n’avaient « plus de place » au sein de son parti, en commentant le départ de son suppléant aux législatives de juin en Moselle, qui lui reproche notamment une ligne « trop molle ». Interrogé sur la démission annoncée de ce militant frontiste depuis 30 ans, Alain Friderich, il a répondu : « en le perdant hier, j’ai fait deux adhésions. Parce que ça débloque, ça fait sauter les verrous. C’est ça qui est intéressant », et il poursuit : « Tous ceux qui veulent pousser le parti vers je ne sais quel extrême, ils savent maintenant — le signal est très clair — qu’ils n’ont plus de place dans ce parti », a fait savoir le proche de Marine Le Pen, présidente du Front national. « Et ça c’est une grande chance parce que nous, on veut des vrais amoureux de la France, des vrais patriotes ».
À quand l’exclusion de Jean-Marie Le Pen qui a beaucoup fait pour pousser à l’extrême la politique du Front National ?
Plus à gauche sur la question sociale que Mélenchon, plus anti-européiste que le MRC de son ami Chevènement, Philippot cherche une posture lui permettant, de faire du Front National un clone de l’UMPS, et cela, non par désir politique, mais pour son seul petit narcissisme d’énarque, ce qu’il désire le plus, c’est exister dans le champ politique.
Tout comme Mégret qui voulait réformer le parti, Philippot n’a qu’un seul désir, être le marionnettiste de Marine Le Pen, et pour ce faire, comme il est pressé, il ne veut pas attendre la mort de Jean-Marie, mais être celui qui aura tué le vieux taureau, pour prendre sa place.
Donc pour Philippot et ses petits camarades : sus aux extrémistes, d’Alain Jamet à Marie-Christine Arnautu en passant par Bruno Gollnish, place aux jeunes et aux partisans du mariage homosexuel. Mais évidemment pour les fournitures, adressons-nous toujours au modéré Frédéric Chatillon et à son entreprise « Riwal » lui, ce n’est pas un extrémiste !
Comme il est écrit dans l’Écclésiaste : rien de nouveau sous le soleil, et comme le disait Aragon : » je n’ai pas une vision apologétique de la jeunesse, c’est avec les jeunes imbéciles que l’ont fait les vieux cons ».
À trop vouloir prendre Jean-Marie Le Pen pour un vieux con et à le dire un peu trop fort dans les couloirs du Carré, le jeune et frétillant Philippot risque de mesurer la différence entre l’affection dont Jean-Marie fait l’objet auprès de la majorité des adhérents et des sympathisants du Front National et la pseudo légitimité d’un jeune ambitieux qui n’a même pas deux ans de FN derrière lui .
Ainsi son suppléant à l’élection législative, Alain Friderich, a-t-il été critique à l’égard de Florian Philippot, et donc le FN doit le virer. Il a osé critiquer l’attitude prétentieuse vis-à-vis des militants de Forbach du candidat Philippot et a donc été convoqué, pour le 11 mars, par la commission des conflits du parti. Mais lui souhaite quitter le parti de son propre chef, avant même sa comparution, et il a assuré à l’AFP, « Pour moi, le FN c’est fini. Je suis capable de m’exclure tout seul », a-t-il expliqué.
Il reproche notamment à Florian Philippot, parachuté en juin dans la 6e circonscription de Moselle (Forbach), une ligne « trop molle » et la mise à l’écart de militants locaux.
« Il prétend avoir mené le FN local de 17 % à 47 %, mais il aurait dû gagner, avait notamment déclaré Alain Friderich. Il n’a écouté aucun de nos conseils pour se rapprocher des électeurs. Il nous a utilisés, nous a fait payer son essence, ses tracts, et maintenant il ne nous parle même plus. »
Dans « L’Est républicain », l’ancien suppléant a qualifié le numéro 2 du parti de « technocrate parisien ». « Ici, on est des gens simples, mais ça ne veut pas dire stupides, a ajouté Alain Friderich. Philippot est arrivé avec, dans ses bagages, ses copains auxquels il confie toutes les places, ça marche comme à la Douma sous Poutine. À l’issue du premier tour des législatives, il m’a mis complètement sur la touche. Alors je me suis dit que s’il voulait se planter, il n’avait qu’à le faire tout seul. »

http://www.leparisien.fr/politique/fn-le-suppleant-de-philippot-claque-la-porte-du-parti-18-02-2013-2578189.php

Mais lui répond Philippot, qui souhaite être présent aux municipales en Moselle, en 2014. « C’est dans son imagination. Il a été invité à toutes les réunions, mais il n’est jamais venu. C’est plutôt lui qui se met à l’écart. Et s’il n’est pas d’accord avec la ligne, qu’il en tire les conséquences ». Du pur apparatchik communiste 1926 modifié 1956.
La ligne du parti a bon dos, c’est au nom de la ligne du parti que le résistant Charles Tillon a été exclu du Parti communiste.
« Il n’y a aucun problème entre moi et les militants locaux », a affirmé, Philippot, alors que certains au FN, sous couvert d’anonymat, s’inquiètent d’un début de fronde.
Ainsi, alors que Jean-Marie Le Pen saluait la manifestation contre le mariage homosexuel et que Copé mobilisait pour cette même manifestation, Marine Le Pen en fut absente tout comme Philippot.
Comme le relèvera toute la presse : dans l’opposition au mariage gay : le FN appelle à manifester, mais sa Présidente se refuse d’aller à la manifestation : la cacophonie continue au FN.
1 million de personnes manifestent leur opposition au mariage gay et Marine Le Pen n’ira pas manifester, sur une question nodale pour le Front National : la famille.
C’est sur les conseils de Philippot que Marine Le Pen opposera péniblement des arguments pour expliquer sa non-participation-participative.
En réalité, c’est une poignée de nouveaux dirigeants du Front, proches des milieux homosexuels qui tentent de diviser le Front sur la question du mariage pour tous et qui réussiront à brouiller et le message du FN et celui de la présidente du FN qui dément vivement : d’une part, « c’est bien mal me connaître » et d’autre part, « c’est fixer les gens en fonction de leur orientation sexuelle », affirme-t-elle alors que la polémique continue d’être alimentée ce mardi après-midi. Son entourage homosexuel, selon Minute, expliquerait que Marine Le Pen ait voulu prendre les devants quant à la manifestation anti-mariage gay en déclarant, avant la réunion consacrée du parti, qu’elle ne manifesterait pas : la présidente du FN assurait dans un communiqué ne pas vouloir se mêler « à ce qui est devenu une grossière tentative de récupération politicienne et d’enfumage sociétal de la part de l’UMP et du PS ». Une position jugée « assez contradictoire » par un membre du bureau politique, sous couvert d’anonymat.

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Mais le meilleur est à venir, et c’est bien sur Philippot qui s’y colle « Ce sont des analyses dignes des complotistes d’extrême droite de l’entre-deux-guerres », s’insurge-t-il dans le Républicain Lorrain. « Vous savez, pendant l’entre-deux-guerres, on ne disait pas “gay”, on disait “Juif”, mais c’est du même niveau. Ce n’est pas étonnant que cela vienne du journal Minute. C’est le degré zéro de la politique », défend-il, sans vraiment infirmer l’existence d’une « cour de cadres gay qui isolerait Marine Le Pen », dénoncée par l’hebdomadaire « Minute ».
Le vice-président du Front national, Florian Philippot, accuse Minute de stigmatiser les homosexuels et de répandre des rumeurs sur un éventuel « lobby gay » dans le parti. Lundi, l’hebdomadaire d’extrême droite a fait sa une sur cette « question taboue » au sein du FN et n’hésitait pas à écrire : « Les gays de la Marine ont la main sur l’appareil », et ils veulent se débarrasser « du vieux » qui est scandaleusement : un vrai patriote, un vrai chef, un véritable politique.
Sur la participation du FN à la manifestation du 13 janvier, les interprétations des propos de la présidente frontiste furent diverses et Florian Philippot n’avait visiblement pas entendu la même chose que Bruno Gollnisch : « Le bureau politique qui s’est réuni [lundi matin] laisse la liberté totale à ses membres, ses cadres, ses élus, d’y aller ou pas. S’ils manifestent, un lieu de rendez-vous a été fixé porte Maillot, voilà tout», assure le vice-président du parti s’étonnant de tant de polémique: «Je ne vois pas ce qu’il y a d’extraordinaire», répond-il au quotidien lorrain sur la thèse un «FN écartelé» entre d’un côté les députés Marion Maréchal-Le Pen, Gilbert Collard ou encore Louis Aliot, qui participeront à la manifestation, et de l’autre Marine Le Pen et lui, qui n’iront pas. « À l’UMP, il y aura M. Copé et pas M. Fillon, et alors ? Idem au PS, certains n’iront pas… », peste-t-il, agacé.
Louis Aliot est de ceux qui défendent une véritable ligne politique au Front national, qui combat l’immigration et les petits marquis qui veulent voler à Jean-Marie Le Pen ce qu’il a construit en 40 ans, un outil au service d’une politique nationale.

Lazare Zylbergleitt


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