Pierre Bergé et les partisans du mariage homo perdent les pédales

La photographie de Monsieur Pierre Bergé (Boulevard Voltaire du 28 Janvier), ci-devant démiurge auto-proclamé de la société française versus falbalas, me rappelle la binette des ultimes caciques de la Russie post-stalinienne. Usés par le pouvoir autant que par les ans, confits dans des haines de jeunesse passées au moule des étreintes avec la puissance, préparant entre prostate hypertrophiée et sclérose cérébrale leur sortie de ce monde, ils considéraient leurs semblables avec le même mélange de mépris, d’austère dégoût et d’existentielle angoisse.

Ils régnaient cependant, envers et contre tout à commencer par leur propre peuple, cette merde répandue à leurs pieds, que des valets s’empressaient d’ôter de leur vue des fois qu’elle eût eu l’étrange prétention de vouloir les toucher.

Ils eurent longtemps le pouvoir, remplaçant le mort par le vivant qui lui ressemblait le plus, pareillement rôdé au secret, à l’argent qui achetait tout, à la violence routinière qui règlait à sa manière les problèmes que le simple usage des mots et de la liberté de penser avaient décrétés inacceptables.

Les démocraties finirent par avoir raison de ce fascisme désespérément triste, de cette cauchemardesque apocalypse longtemps tenue pour espoir de l’humanité. Trois quarts de siècle durant, des millions d’hommes et de femmes s’emplirent la cervelle des vapeurs toxiques qui en fait l’annihilaient. C’est du passé.

Mais voilà que, par un des ces prodiges de la biologie trafiquée que Monsieur Bergé appelle de ses voeux pour peupler les berceaux des couples homosexuels, une génération spontanée de ces humanistes surgit, et aussitôt menace. Apercevant le pouvoir que lui a donné le choix non contesté du peuple, elle s’en empare et se lance à l’assaut sous le sabre du vieux chef enfin capable de donner les coups décisifs dont il rêvait. « Nous ne pouvons pas faire de distinction dans les droits, que ce soit la PMA, la GPA ou l’adoption. Moi, je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? C’est faire un distinguo qui est choquant. »

L’eugénisme fait son entrée officielle dans la cité. Des séides se manifestent sans tarder. Ceux-là ne font pas qu’émettre une opinion. La considérant comme acquit formel, irréfragable, ils montent illico la garde autour. L’oracle ayant parlé, la terreur s’installe avant même le vote de la loi. C’est Monsieur Alexis Corbière, suivi comme son ombre par les vociférants de son blog, qui crie « Robespierre, reviens! », dès fois qu’il faudrait assez vite, face aux grimaces du peuple, remettre en marche la machine du bon docteur Guillotin.

danielle 1C’est Monsieur Ribes qui nous déclare, sans rire cette fois, qu’ »un papa et une maman, ça a tout de même donné Hitler ». Ce à quoi il n’est peut-être pas inutile d’opposer que ça a aussi donné Goya, Camus et… Jean-Pierre Ribes. Tout de même! Ca valait le coup de le faire ailleurs que dans des centrifugeuses ou des uterus loués à l’année, non?

C’est, paradigme de la bêtise érigée en voix politicienne, la tribu Bachelot, sortie de la Cage aux Molles, qui nous assène un « défiler contre la loi sur le mariage, c’est comme porter un uniforme SS en Israël ». Vous vous esclaffez à vous en tenir les côtes? Vous avez tort. C’est pensé, un truc pareil. Et ça porte en soi des lendemains qui ne chanteront pas forcément. Vous vous sentez stigmatisé? Là vous avez raison, mais surtout pas de vagues, il vous faudra bientôt garder ça pour vous, sous peine d’être traîné devant les tribunaux spécialement créés pour ramener les fascistes que vous êtes, nazis dont l’uniforme à tête de mort est le fantasme, à la raison.

Ca déraille pour de bon. Mais dites-vous que c’est dans l’air du temps. Quelle que soit l’opinion que vous avez sur le sujet, sachez que quand vous pensez avoir élu des gens soucieux des grands équilibres de la Nation, de son futur dans un monde difficile, l’on pense et décide sur les seuls critères de l’idéologie, un domaine auquel vous n’avez, depuis toujours, qu’un accès limité.

Vous chômez? Donnez donc vos ovules et votre sperme. En Grèce, on vous offre un sandwich pour ça. Vous êtes virée de votre boîte? Devenez mère porteuse ou chef d’entreprise de reproduction pour autrui. De vingt à cent mille euros la pièce et vous hésitez! Monsieur Bergé vous regarde de son oeil morne et glacé. Pour l’instant, il vous contemple et rumine. Bientôt, l’ordre qui hante ses nuits de potentat finissant sera donné, et il pourra dormir tranquille. N’y résistez surtout pas et laissez-vous aller, vous pourriez le mettre pour de bon de mauvaise humeur.

Alain Dubos


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