Posséder une arme peut sauver de nombreuses vies

Le drame qui vient de se dérouler dans le Connecticut, à Newton, nous bouleverse et nous révolte. Comment rester insensible devant la mort de 27 personnes dont 20 enfants ?

Mais n’est-ce pas un faux débat que d’incriminer immédiatement la vente (presque) libre des armes aux USA ?

Même des personnes concernées de près par ce drame ne la mettent pas systématiquement en cause lorsqu’elles sont interrogées.

La vente d’armes est interdite en France depuis des décennies, cela empêche-t-il les tueries de Marseille et les exécutions en Corse ?

Est-ce que cela a empêché Mohamed Mérah, et bien d’autres, de se procurer facilement toutes les armes qu’ils ont utilisées ?

Est-ce que cela a empêché l’avocate marseillaise d’être assassinée par la famille Azziez ?

Est-ce que cela a empêché deux femmes-gendarmes d’être tuées dans le Var ?

Et j’en passe car la liste serait trop longue.

Est-ce que la possession d’une arme détermine forcément le passage à l’acte ? Qu’il soit prémédité ou réaliser sur un coup de folie passagère ? Non, bien évidemment.

Est-ce que le jeune homme qui a assassiné son père et ses deux jeunes frères à Bozel (Savoie) possédait une arme ? Non, il se l’est procuré facilement.

Est-ce que Fayçal Fakraoui possédait une arme pour tuer sa femme et ses deux enfants ? Non, un simple couteau de cuisine lui a suffi, comme il a également suffi à cet employé d’un restaurant de Castres pour poignarder trois collègues.

Est-ce que Kevin et Sofiane, à Echirolles, ont été tués par des armes à feu ?

Non la possession d’une arme ne justifie pas le passage à l’acte. Celui qui a l’intention de s’en procurer une, en France notamment, n’éprouve aucune difficulté pour le faire s’il dispose de 1500 euros pour une kalachnikov dans le quartier nord de Marseille ou de quelques centaines d’euros pour un fusil à pompe à l’Ariane de Nice, ou d’un pistolet à Barbès.

Le débat n’est pas dans la vente (presque) libre des armes. Le débat est que seuls les voyous, la racaille, les délinquants, peuvent se les procurer alors que ce n’est pas le cas de l’honnête citoyen qui est à leur merci sans même avoir le droit de mourir en se défendant…car s’il vit il sera condamné.

Peut-être que si l’institutrice de Newton avait été armée, ce n’est qu’une supposition, elle aurait pu abattre le tueur et éviter ainsi la mort de plusieurs enfants.

Peut-être que si l’un des voyageurs ayant assisté au viol, il y a quelques années, d’une jeune femme gardien de la paix par trois loubards (dans un RER de l’Ile de France) avait été armé, il aurait eu le courage de les abattre au lieu, par peur et ce qui tout à fait compréhensible et humain, d’y assister en détournant les yeux.

Peut-être que ce voisin qui s’est porté courageusement au secours d’une commerçante braquée et qui a été tué, aurait pu abattre le braqueur, s’il avait été armé, mais il se serait  retrouvé incarcéré à son tour bien entendu !

Alors pas de faux débats. Aux USA 50% de la population est armée. Cela peut accélérer sans doute quelques tueries mais également en écarter de nombreuses.

Il n’y a pas davantage d’assassinats en Suisse, où les ventes d’armes sont moins réglementées, que dans d’autres pays d’Europe où elles sont strictement interdites.

En revanche, chez nous en France, seuls les voyous peuvent tuer car la police, elle-même, est mise devant l’impossibilité de se défendre sans avoir à se justifier et même d’être poursuivie en justice par les assassins ou leurs familles.

Posséder une arme n’incite pas forcément à tuer mais, bien au contraire, de donner plus de valeur à une vie que l’on sait si facile à ôter.

La différence entre posséder une arme pour se défendre et en posséder une pour tuer est fondamentale. Chez nous ceux qui la possèdent sont ceux qui tuent.

Manuel Gomez


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