Pour Ruth Elkrief, Marine Le Pen n’a pas le droit de défendre les femmes et la morale !

Publié le 30 mai 2011 - par - 3 036 vues
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On aura remarqué que Ruth Elkrief, chroniqueuse sur BFM-TV, ne porte pas Marine Le Pen dans son cœur. C’est son droit le plus strict, sinon que, tout comme Duhamel, Askolovitch, Apathie, etc., cette hostilité se base sur un remake de « F comme facho, N comme nazi ! » de 2002. Il ne s’agit pas d’analyser ce que dit ou fait la nouvelle présidente du FN, mais de pratiquer à fond une « reductio ad hitlerum » quasiment obsessionnelle, et évidemment basée sur un vide argumentaire sidéral.

Ruth Elkrief consacre son « humeur du jour » du 27 mai à l’affaire Georges Tron :

Et Ruth Elkrief conclut son billet par une déclaration stupéfiante :

« Le problème c’est que dans l’intervalle la seule qui parle, c’est Marine Le Pen et elle demande sa démission. On va la laisser longtemps se présenter ainsi comme la défenseur des femmes et des principes moraux ? »

Ruth Elkrief semble donc approuver la demande de démission de Georges Tron, ou du moins elle ne la condamne pas. Tout en respectant la présomption d’innocence de l’intéressé, il est effectivement délicat qu’il continue à être ministre de la Fonction publique et maire de Draveil, puisque dans les deux cas il est le « patron » de gens qui pourraient témoigner à charge ou à décharge dans l’affaire qui le concerne.

Mais pourquoi Ruth Elkrief se demande si « on va laisser longtemps » Marine Le Pen « se présenter comme la défenseur des femmes et des principes moraux » ? Il faudrait donc empêcher Madame Le Pen de parler comme féministe et comme moralisatrice ? Ces fonctions seraient-elles réservées à la clique médiatico-politique à laquelle appartient Ruth Elkrief ?

Cette phrase de Ruth Elkrief est totalitaire et indigne d’une journaliste. La chroniqueuse de BFM-TV se laisse emporter par ses sentiments « marinophobes ». Et de plus, elle commet une grave erreur de jugement. Ruth Elkrief a-t-elle seulement lu le livre autobiographique « A contre flots » écrit par Marine Le Pen en 2006 (éditions Granger), donc bien avant qu’elle ne devienne présidente du FN et candidate à la présidentielle ? Elle y aurait découvert une personne de cœur qui défend sans cesse la cause des femmes, des enfants, des victimes, et qui remet la morale au centre de la politique, y compris parfois à l’encontre de certaines personnes de son propre camp.

On pourrait rétorquer à Ruth Elkrief la fameuse réplique de Valéry Giscard d’Estaing à François Mitterrand : « Vous n’avez pas le monopole du cœur. » Oui, c’est sous un gouvernement de droite qu’on a voté la loi autorisant l’IVG. Oui, Marine Le Pen a vécu la dure condition des « mères célibataires » auxquelles elle consacre un chapitre entier de son livre.

Oui, il y a à droite et même à ce qu’on nomme « extrême-droite » des gens généreux et qui militent pour les droits des femmes, et pour les droits de l’homme en général. Christine Boutin par exemple, avec qui je suis en désaccord sur à peu près tout. Philippe de Villiers aussi, qui sous des airs d’aristo-catho, a un amour du peuple égal à son amour de la France.

Il y a aussi des hommes et des femmes de cœur à gauche, au centre, chez les écolos, à l’extrême-gauche et ailleurs. Mais hélas, ils sont souvent broyés et éliminés de la scène médiatique par des appareils politiques et par les carriéristes. Jean-Luc Mélenchon par exemple. On sent chez lui une générosité sincère, mais il s’empêtre de plus en plus dans des calculs électoraux où le pousse le Parti communiste. Et puis il se contredit de bout en bout en défendant la régularisation de tous les clandestins, préjudiciable à la fois aux Français et aux pays en voie de développement.

Ce qu’il faut juger, Ruth Elkrief, c’est la cohérence des uns et des autres, en dehors de toute idéologie passéiste de droite ou de gauche. Et abandonner définitivement la « reductio ad hitlerum » tout comme la « reductio ad stalinum » qui n’ont ni l’une ni l’autre aucun sens aujourd’hui.

Quant aux « principes moraux », ils me paraissent essentiels en politique. La morale, c’est ce juste milieu entre les mœurs (même étymologie que « morale ») et l’éthique (notion philosophique), que nous enseignaient jadis nos instituteurs d’école primaire. La morale, ce n’est pas le retour à l’Inquisition ou la police des braguettes, mais le fait de juger si un homme ou une femme politique est digne de conduire nos destins comme il conduit sa vie privée. La morale, c’est l’exemplarité d’un Charles de Gaulle ou d’un Pierre Mendès-France. La morale, ce n’est ni Frédéric Mitterrand ni Bernard-Henri Lévy ni DSK ni Georges Tron.

Et la morale, ce n’est pas de vouloir interdire Marine Le Pen d’en parler. La morale, c’est ce qui fait notre honneur d’être hommes et femmes civilisés. Et jusqu’à preuve du contraire, la présidente du FN n’a jamais dérogé à cette règle de vie, malgré toute l’adversité qu’elle a rencontrée en interne ou à l’extérieur de son parti.

Djamila GERARD

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