Pourquoi je dépose plainte contre Bernadette Hétier et le MRAP pour dénonciation calomnieuse

Publié le 5 mars 2012 - par - 2 658 vues
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La coupe est pleine. L’heure n’est plus à rire. Il m’est arrivé d’écrire des articles humoristiques, ironiques ou décalés, celui-ci ne le sera aucunement. Il est grand temps de tourner une page dans l’histoire des associations dites «antiracistes» en France. Cela fait trop longtemps que ces inquisitions privées grassement subventionnées, à nos frais, par de l’argent public font taire les vrais savants, réduisent des militants politiques, persécutent certains journalistes, jettent l’opprobre sur tel ou tel écrivain, démolissent jusqu’à l’idée d’une pensée libre et d’une libre pensée dans notre pays, tout en érigeant des intellectuels usurpatoires, dont le salaire et la considération sont inversement proportionnels à l’honnêteté scientifique, au talent, au courage.

Comme je l’ai constamment réaffirmé devant le policier qui m’interrogeait fort courtoisement mardi dernier dans le cadre de la procédure lancée par le Mrap, je revendique fermement mon allocution aux Assises internationales sur l’islamisation de nos pays ; je mentirais même en disant que je ne retire pas une certaine fierté de cette allocution, dont la popularité fut confortable, si j’en juge par le nombre de vues sur la Toile.

Cela ne m’empêche pas bien entendu de récuser qu’on puisse y trouver le moindre caractère litigieux. Plus généralement, j’ai indiqué plusieurs fois, que mon discours aux Assises était, dans les moindre détails, factuel, vérifiable, et que je connaissais des travaux d’experts tout à fait capables de les corroborer, de la manière la plus scientifique. J’ai d’ailleurs conclu mon entretien en faisant valoir que nous autres, à Riposte Laïque, nous n’avions pas l’habitude de dire n’importe quoi, et que nous étions tous, sans exception, des gens de vérité.

Dans un tel contexte, je me considère comme la n-ième victime de ces inquisiteurs privés, qui ne sont représentatifs ni des valeurs républicaine, ni même de leur cause (puisque leur « antiracisme » est une usurpation, ce que nous pouvons prouver, et avons prouvé, de mille et une manière), ni de ces fameux droits de l’homme, autant réaffirmés par eux qu’ils sont par eux foulés au pied. Leur antiracisme n’est qu’un « antiracistisme », pour reprendre l’expression savoureuse de mon co-accusé, M. Renaud Camus, que je connais seulement de l’avoir rencontré aux Assises, mais dont j’ai salué les qualités littéraires et humaines au cours de l’audition. Je me demande pourquoi, du reste, le policier m’a demandé si je connaissais bien M. Camus… Mais j’ai ma petite idée ; c’est tout simplement que le Système donne des ordres, des ordres afin de diviser pour mieux régner. Diviser la Résistance ? Tiens donc. Ben voyons. Qu’est-ce qu’il s’imagine le Système ?

Je ne rentrerai pas ici dans le détail, d’ailleurs assez techniquement rébarbatif, de la plainte recommandée que je viens d’adresser à M. François Molins, Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Paris, laquelle fait tout de même quatre pages. Je n’en résumerai que l’idée directrice, qui tient en deux points : 1) On chercherait en vain dans mon allocution le moindre propos contenant une provocation à la discrimination, à la violence ou à la haine. 2) Mon allocution fut une analyse strictement factuelle et véridique dont le moindre détail peut être validé et corroboré par des experts compétents et reconnus.

Inutile de préciser que je demande instamment à M. le Procureur de la République de procéder sans délai à l’audition de Mme Bernadette Hétier, Présidente du Mrap, et de donner suite à ma plainte. Inutile de préciser que j’ai également porté plainte contre X pour d’éventuelles complicités ou provocations à commettre le délit de dénonciation calomnieuse. Pour ceux qui ont la fibre juridique, je me contenterai ici de rappeler le texte de loi, soit l’article 226-10 du Code Pénal : « La dénonciation, effectuée par tout moyen et dirigée contre une personne déterminée, d’un fait qui est de nature à entraîner des sanctions judiciaires, administratives ou disciplinaires et que l’on sait totalement ou partiellement inexact, lorsqu’elle est adressée soit à un officier de justice ou de police administrative ou judiciaire, soit à une autorité ayant le pouvoir d’y donner suite ou de saisir l’autorité compétente, soit aux supérieurs hiérarchiques ou à l’employeur de la personne dénoncée, est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende. » Le Mrap a ses prurits juridiques. Moi, j’ai les miens.

En 1633, Galilée dut renoncer à professer l’héliocentrisme, au terme d’une humiliante cérémonie d’expiation, face à des instances inquisitoriales qui soutenaient encore l’immobilité de la Terre, au centre d’un monde fini. C’était ça, ou finir brûlé vif, après tortures pour faire bon poids comme le voulait la mode. La première moitié du XVII° siècle commençait avec le supplice de Giordano Bruno, en 1600, consumé pour avoir, lui aussi, soutenu l’héliocentrisme, et s’achevait en 1650, par la mort de René Descartes, penseur de la modernité scientifique, du doute fécond et du refus des dogmes, contraint et forcé toute sa vie de tenir un double discours, conservateur en apparence, révolutionnaire en réalité. « Je m’avance masqué » (larvatus prodeo) écrivait-il dans une de ses Cogitations privées, en une phrase qui, latine, signifie aussi, avec une légère modification, « je suis masqué devant Dieu » (larvatus pro Deo).

« Comme les acteurs, appelés en scène pour cacher la rougeur de leur front, revêtent un masque (persona), ainsi, moi, prêt à monter sur le théâtre du monde où je me suis jusqu’ici tenu en spectateur, je m’avance masqué (larvatus). »

Le souvenir du procès Bruno, celui du procès Galilée (moins grave en humanité mais tout aussi destructeur en intellect), toutes ces horreurs insanes avaient décidé René Descartes (1596-1650) à éviter de faire des vagues. Et encore n’y réussissait-il pas toujours, ce qui explique son goût pour les voyages… vers des pays plus tolérants. L’Europe à l’époque était bien moins monolithique, elle n’était pas encore ce Système d’inquisition politique, certes moins terrifiant, mais généralisé, qu’elle est devenue aujourd’hui.

La première moitié du XVII° siècle, un siècle qui commence mal comme peut-être tous les grands siècles (souhaitons cela pour le nôtre, nous n’avons plus rien d’autre à faire), démontra de manière brutale l’inanité de toute inquisition ennemie de la vérité. Les inquisiteurs auraient aussi bien pu brûler tous les coperniciens d’Europe (Copernic, le grand prédécesseur, avait lui aussi caché sa pensée sous des artifices), cela eût-il changé un iota au fait que la Terre soit animée d’un double mouvement, sur elle-même et autour du Soleil ? Un autodafé n’invalide pas plus les calculs de Copernic, Kepler, Galilée ou Newton qu’il n’empêche l’été de succéder au printemps ou le Soleil de faire cache-cache avec la Lune. Nos inquisiteurs contemporains devraient soigneusement réfléchir à ce qui fut le paradoxal destin du XVII° siècle… Commencé dans l’obscurantisme, il finit sur un grand éclat de rire politique et scientifique, lorsque Louis XIV décida de s’autoproclamer Roi Soleil, manifestant ainsi son attachement aux fils de Copernic, certes pour les besoins de sa propagande (mais toutes les propagandes ne se valent pas et celle qui utilise le Vrai sera toujours supérieure au mensonge) et lorsque, en Angleterre, l’immense Isaac Newton théorisa définitivement l’héliocentrisme en produisant la plus formidable synthèse physico-mathématique de tous les temps (il mourut dans les années 20 du Siècle des Lumières, comblé d’honneurs et de considération dans son pays). J’aime à croire que la France et l’Angleterre furent les deux pays-phares du monde moderne, comme la Grèce fut le sens et la lumière du monde antique. Je redoute que l’effondrement de la Grèce actuelle, et les menaces sociétales ou culturelles sidérantes qui planent sur l’Angleterre et la France d’aujourd’hui, n’annoncent de bien funestes événements, donnant raison à M. Guillaume Faye lorsqu’il écrivait quelque part que les continents, comme le poisson, pourrissent par la tête. Mais il faut alors considérer que c’est seulement d’un chaos d’ombres que peut surgir la lumière.

Car c’est à une immense révolution épistémologique que le Système s’oppose et résiste à présent de toutes ses forces. Comme dans le premier XVII° siècle, il s’échine, coûte que coûte, à persuader tout un chacun de l’immobilité du globe terrestre. Ce genre de dispositions fâcheuses, ses mouvements d’humeur assassins, au propre ou au figuré, ne sont, hélas pour le Système et tant mieux pour nous, que les derniers remous du monstre, qui donne encore quelque coup de queue ou de dents, qui crache encore quelques flammèches noirâtres, capables il est vrai du frapper des gens, de briser ça et là l’émergence de la polémique, de freiner le dépassement du paradigme. Mais enfin, les prurits inquisitoriaux des associations obscurantistes n’empêcheront nullement cette révolution copernicienne des sciences humaines qui s’annonce aujourd’hui. Ce que le Grand Siècle a permis aux sciences de la nature, le nôtre le donnera aux sciences de l’homme. Pour l’instant le Système produit ses « experts » en un spectacle obscène et grotesque où l’on voit, en débats de parade, se disputer et se congratuler d’innombrables faux-savants, qui sont en réalité d’accord sur tout. Des islamologues de théâtre, des sociologues d’opérettes, des résistants de papier, des statisticiens véreux, des anthropologues qui n’ont jamais vu d’homme, des criminologues amoureux du crime, des pompiers pyromanes, des militants sans militance, des philosophes sans amour ni sagesse, des lutteurs de carnaval aux muscles gonflés de vent. Ils ont leurs expert ; nous avons les nôtres. Les nôtres sont minoritaires, décriés, moqués, raillés, parfois traqués… pourtant ils sont la vérité des sciences, j’allais écrire la vérité tout court.

« L’antiracisme » qui m’attaque aujourd’hui, qui n’est pas plus un antiracisme que le mouvement apparent du Soleil n’est une révolution céleste, cet « antiracisme » qui craque et se saupoudre un peu plus chaque jour comme le fait toute vieille métaphysique vermoulue, en salissant la vérité, en bafouant le courage, en outrageant ses victimes, cet « antiracisme » n’est pas une science. Cet « antiracisme » n’est que le hurlement d’un Système qui attend la mort.

Vitam impendere vero.

Jacques Philarcheïn

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