Pourquoi je suis allé voter contre Aubry ce dimanche

Dimanche dernier je suis allé voter. Il m’a paru que donner un appui à Manuel Vals pouvait constituer un contrepoids à la femme qui expliquera, à deux reprises avant-hier soir, dans son face à face parallèle avec François Hollande : « qu’il fallait ouvrir la représentation nationale aux différentes cultures ».

François Hollande et Martine Aubry sont tous deux d’accord sur un point : au niveau local, le vote doit être déconnecté de la citoyenneté fondée sur la nationalité*1.
La princesse du nord, -qui a remercié hier Pierre Mauroy pour lui avoir donné Lille, s’est, une fois encore, placée sous les auspices de ce « que son papa lui expliquera ». Elle a franchi une étape de plus, et pas n’importe laquelle. Pas n’importe laquelle en effet, puisqu’il s’agit de faire en sorte que la représentation politique décisionnaire de ce pays reflète, par voie légale si elle parvient au pouvoir, « la diversité des cultures ».
Madame la candidate à une « autre Présidence », madame la candidate à une Présidence de la République complètement différente de l’actuelle, nous a expliqué être allée faire le tour des directions des partis frères du PS.

En effet, c’est qu’elle voyage beaucoup notre Martine ; et elle cause, même avec des grands chefs de partis. Ouais, elle cause même avec des grands chefs de partis, avec des chefs comme elle. Même qu’elle prend l’avion. C’est vous dire qu’elle va plus loin que Lille ou Marseille, la fifille à son papa le grand architecte de l’Union européenne et de sa bureaucratie qui se trouvent derrière tous les mauvais coups.

Visiblement, il y a un parti, que l’héritière -fière de l’héritage politique de son papa- n’est pas allée visiter : c’est le Labour Party anglais et ce qu’il reste du parti de Pablo Iglesia, le PSOE.

Sans quoi, sauf à être ce que le poète grec a appelé « cheval de Troie », notre candidate n’aurait pas ignoré ce qui se passe dans ces quartiers londoniens, dans ces secteurs entiers de villes où les salafismes ont tordu le cou à la légalité britannique, dans ces quartiers entiers où la charia s’est emparée du pouvoir quotidien sur les êtres et devenue la loi revendiquée et mise en œuvre contre la loi anglaise.
Parce que si elle sait cela et qu’elle continue à vouloir vendre aux électeurs « l’ouverture obligatoire de la représentation nationale aux différentes cultures », soit qu’elle est complètement folle, soit qu’elle est absolument irresponsable, soit qu’elle est stipendiée ? je vous laisse trouver la réponse.

Le brave électeur traditionnel du PS se grattera la tête. Il se dira, dans sa fraîcheur nostalgique de l’époque de Jules Guesde, de Jean Jaurès et de Léon Blum : notre apprentie candidate ne poserait pas à l’apprentie sorcière, -se proposant d’ouvrir les sacs de pandore du multiculturalisme avec « l’ouverture de la représentation nationale aux différentes cultures »- si elle voyageait autant qu’elle nous le dit.

Alors , se dira-t-il, peut-être qu’elle exagère un peu, quand elle dit qu’elle va partout et y discute avec les chefs. Surement qu’elle ne sait pas ce qui se passe à Londres ?
Si elle voyageait autant, si elle discutait sérieusement, si elle avait rencontré les socialistes d’Espagne – des socialistes certes, mais qui n’ont plus grand-chose à voir avec Largo Caballero, Araquistain et tous ces dévoués et courageux socialistes espagnols qui subiront la répression menée par les hommes de Staline puis les prisons ou les pelotons d’exécution du franquisme- mais des socialistes ayant largué les amarres du « vieux socialisme », des nouveaux socialistes confrontés aux bienfaits du multiculturalisme. Ces socialistes se sont ouverts à d’autres cultures que celle des hidalgos ; ils se sont ouverts aux exigences d’hommes et de femmes, venues généralement du Maroc, qui voudraient ramener l’Andalousie et toute l’Espagne à la situation d’avant 1492.

Résultat, sinistres résultats, dont notre candidate n’a pas pu ne pas être informée : l’Espagne, et le peuple qui dut, en 1936-1938, affronter le mot d’ordre « viva la muerte », sont saisis de revendications provenant d’hommes et de femmes qui veulent faire condamner un enseignant.

Cet homme s’est attiré la vindicte des candidats à la nouvelle hispanité, -l’hispanité multiculturelle-, parce qu’il aurait « offensé un élève ».
Il aurait « stigmatisé » un élève d’origine marocaine. Il aurait heurté et « offensé ses croyances religieuses »…
Qu’avait-il donc fait cet enseignant espagnol, stigmatiseur et pas encore assez multiculturel ? Question, quel crime avait-il commis, contre les croyances et contre la culture de nos nouveaux Espagnols nostalgiques des djihadistes Almoravides et Almohades ?
Réponse : Notre professeur espagnol avait commis un crime en effet, un crime énorme et inexcusable. Il avait commis un crime inacceptable contre les candidats à une hispanité façon charia. Il avait commis un délit grave, pour ceux qui, au nom du PSOE, ont enterré une seconde fois Pablo Iglesia.

L’enseignant avait, en classe, osé parler…du porc et de sa place dans la nourriture traditionnelle espagnole. Un crime ignoble ! vous vous rendez-compte, quel mépris: oser parler du chorizo, devant un élève d’origine marocaine !!!!
Martine Aubry, qui n’a pas pu ne pas être allée discuter d’ouverture de la représentation nationale aux « autres culture », avec ses amis espagnols, n’a pas pu non plus ne pas en apprendre les extraordinaires effets bénéfiques de cette ouverture à des autres cultures.

Ainsi, dans cette ville d’Andalousie, la chasse aux chiens a été ouverte. Pensez ce sont des animaux impurs. La chasse aux chiens est donc menée, chaque jour. Des chiens ont mêmes été tués, alors que leurs propriétaires les tenaient en laisse, pour les promener.
C’est beau, tout de même, l’ouverture aux autres cultures, en particulier l’ouverture à la culture héritée de chameliers du 7ème siècle.

Vous en dîtes quoi, vous, Madame la championne du multiculturalisme appliqué à la représentation nationale, de cette chasse au chien et cette répression pour avoir mentionné le porc devant des élèves ?
Vous en dîtes quoi, des démêlés judiciaires d’un professeur espagnol traîné devant un tribunal parce qu’il a parlé du porc dans la cuisine traditionnelle espagnole ? Ça ne vous choque pas ?
Vous trouvez cela très bien ?
Et si cela vous choque, qu’attendez-vous pour le dire et pour préciser devant tout le Peuple que l’ouverture aux cultures que vous préconisez ne saurait tolérer ces outrances totalitaires, discriminatoire envers la population d’accueil ?
Sont-ce des détails ?

L’insistance de Madame la fille de l’homme du traité de Maastricht avec sa banque européenne indépendante des élus du Peuple, l’insistance de la candidate, pour nous vanter le multicultarisme obligé, peut laisser penser que ce qui se passe à Londres où en Espagne, ce sont des faux frais.

Son insistance peut légitimement laisser supposer qu’elle trouve normal ces évènements espagnols et britanniques, quelle considère que c’est le prix à payer, pour réaliser son multiculturalisme qui considère, avec certain « thinh tank », que le peuple de la prise de la Bastille et de la Commune, que le peuple de juin 36 et de la grève de mai juin 68, que le peuple du vote Non au traité économique européen, ayant démérité du PS façon Jacques Delors Martine Brochen, -peuple refusant de se dissoudre-, alors il convient de le remplacer par un autre, par un peuple qui ne pensera pas que les producteurs doivent se sauver eux-mêmes mais qu’ils doivent s’en remettre à la volonté de la divinité unique.

Alain Rubin

1) Du côté de Madame Brochen-Aubry-Delors, on pourrait objecter que la 1ère république a donné le droit de voter et celui d’être élu à la Convention nationale, à des étrangers, et au moins à un allemand, le Baron Anacharsis Cloots. En effet, la 1ère république, comme la Commune parisienne du printemps de 1871, ont ouvert le vote à des étrangers, pour déterminer le destin de la nation révolutionnaire.
Précisément, il s’agissait de la nation en révolution, il s’agissait du sort de la révolution et les étrangers en question étaient des partisans affirmés et établis de la révolution, des partisans de ses principes universels et venus la respirer de près pour y prendre part. L’allemand Cloots en 1792, Le Juif Léo Fraenkel pendant la commune parisienne de 1871, n’étaient pas des immigrés venus pour vivre un peu mieux. Ils venaient prendre part au mouvement émancipateur. Et c’est à ce titre qu’ils devinrent électeurs puis élus.
En d’autres termes, ces dispositions révolutionnaires n’avaient qu’une valeur circonstancielle et pratique.
Madame Brochen parlait à Lille hier soir. Elle y traitera son camarade et rival : « d’homme du système ».
Extraordinaire, vous ne trouvez pas ? En vingt-quatre heures, on est passé de la courtoisie, on est passé du « tirez le premier, mais non, je n’en ferai rien, après vous », on est passé de l’amitié indéfectible, le respect et l’amitié par delà la compétition, on est passé de l’identité seulement complétée par des nuances, aux couteaux bien affûtés et tirés, aux couteaux prêts à frapper ainsi qu’aux noms d’oiseaux. C’est beau le PS, façon madame Aubry-Brochen-Delors ?!
Une femme calme et sereine, madame Brochen-Aubry-Delors, c’est certain. On peut dormir à poing fermer et lui confier son sort en toute tranquillité !?
On le voit, on peut lui faire confiance, les yeux fermés. C’est une femme de parole.
Ce qu’elle dit aujourd’hui, ce qu’elle croit maintenant et nous assure, -croix de bois croix de fer, qui s’en dédie va en enfer-, c’est ce qu’elle continuera à croire et à assurer… dans deux minutes. Au-delà, dans trois minutes, demain, après-demain, dans six mois, ça c’est absolument autre chose.
Faut quand même ne pas être trop exigeant. Madame le Ministre Aubry, c’était tout de même la plus jeune retraitée de France, quand elle cessera d’être ministre d’ État et deviendra retraitée et… cumularde – disent les mauvaise langues- de « responsabilités dans une grande entreprise ».
Parce qu’elle sait diriger notre charmante Martine. Son expérience de la grande entreprise, ce n’est pas rien. Ce n’est pas la chaîne de montage, ce sont les sommets, d’une grande multinationale. Alors, on peut lui faire toute confiance, elle a de l’expérience.


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