Pourquoi l’Église, qui réclame encore de l’immigration, ne met-elle pas la main à la poche ?

A l’attention de Monseigneur André VINGT-TROIS

Monseigneur,

A l’occasion de la Conférence des Évêques de France, vous avez fait la déclaration suivante:
« Nous avons dans la mondialisation actuelle une partie du monde économiquement développé et qui vit dans une certaine sécurité et une immense majorité qui vit dans une insécurité et une pénurie, y compris des gens qui meurent de faim. Est-ce qu’on peut imaginer à long terme sérieusement qu’on va pouvoir empêcher des gens qui meurent de faim de venir là où il y a à manger ».

Vous faites preuve, et c’est votre rôle en qualité de Chef de l’ Église catholique de France, d’une générosité et d’une charité toute chrétienne. Soit.

Cependant, et vous connaissez aussi bien que moi la déclaration qu’avait faite en son temps Michel ROCARD « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde », notre pays a-t-il vocation à accueillir tous les miséreux de la terre? Vous savez bien que NON! D’ailleurs la France n’a-t-elle pas fait beaucoup depuis des décennies et ne fait-elle pas toujours beaucoup? Je ne vais pas vous énumérer toutes les mesures et toutes les actions entreprises par les divers gouvernements de notre pays en faveur des immigrés, tout cela a un coût énorme pour notre pays qui est surendetté et dont beaucoup de citoyens « natifs » survivent avec peu de moyens, parfois sans logement.
Ce n’est pas à vous que je vais apprendre que le Secours Catholique se voit confronté de plus en plus à ce qu’il est convenu d’appeler « la pauvreté cachée », des citoyens français « natifs » dans les villes et beaucoup dans les campagnes qui n’osent pas demander de l’aide (contrairement à d’autres populations issues de l’immigration à qui tout est dû); le Secours Catholique et ses bénévoles connaissent bien ces situations.

On pourrait remarquer que par ces temps de crise, notamment dans les pays musulmans (Tunisie, Libye, Égypte, Somalie…), on voit très peu se manifester une quelconque solidarité de la part des riches monarchies du pétrole qui préfèrent investir dans les bourses mondiales, dans les immeubles de luxe des capitales du monde entier…et maintenant dans les clubs sportifs. Pourtant les dirigeants de ces riches monarchies du pétrole sont les « frères » de ces malheureux Tunisiens, Libyens, Égyptiens, Irakiens, Afghans…qui essaient de trouver refuge dans nos pays européens! Où sont, dans l’islam, la compassion, la générosité, la charité à l’égard de son prochain, de son « frère »?

Mais, Monseigneur, puisque vous estimez que la France doit accueillir tous les pauvres qui frappent à sa porte, permettez-moi de vous faire quelques suggestions:

- Pourquoi l’ Église catholique ne mettrait-elle pas à disposition de tous ces malheureux immigrés ses biens immobiliers à usage pastoral (presbytères, salles de réunion, locaux d’aumônerie…) dont beaucoup sont inoccupés du fait de la baisse des vocations et de la crise spirituelle dans votre Église?
Je prends le cas du diocèse de Quimper et Léon dont j’ai pu discuter avec une responsable du patrimoine immobilier à l’Évêché de Quimper. De nombreux, immenses presbytères et locaux diocésains du Finistère sont à vendre parce qu’inoccupés et sans affectation (oui en Bretagne aussi, vous le savez) et que leur entretien coûte trop cher à l’Église.
Pourquoi ne pas installer dans ces nombreux locaux dont dispose l’Église catholique des familles d’immigrés, soulageant ainsi les finances de l’État et des collectivités locales?

- Pourquoi l’Église catholique n’inciterait-elle pas les congrégations religieuses à accueillir massivement des immigrés dans les couvents, les monastères qui n’abritent pratiquement plus de moines ou moniales? Les congrégations religieuses possèdent, aussi bien à Paris qu’en province, des biens immobiliers d’une rare beauté qui accueillent, moyennant finances, des participants à des congrès, des séminaires, des retraites spirituelles. Ces congrégations exercent là une activité lucrative loin de la générosité prônée par l’Évangile.

Ces presbytères, locaux diocésains, couvents, monastères pourraient accueillir les innombrables immigrés qui ne manqueront pas de franchir nos frontières, les héberger gratuitement, les nourrir; ces familles africaines, souvent polygames avec de nombreux enfants, trouveraient dans les locaux de l’Église catholique un cadre de vie épanouissant, l’éducation des enfants pourrait être assurée par le clergé séculier ou régulier dans ce qui deviendrait des « écoles coraniques », à condition que les éducateurs se convertissent à l’islam et que les chapelles soient transformées en mosquées. Non, ne soyez pas choqué, c’est ce qui nous attend, car ce ne sont pas les nouveaux arrivants musulmans qui se convertiront au christianisme!

Vous l’avez dit, Monseigneur, nous ne pourrons pas empêcher ceux qui meurent de faim de venir là où il y a de quoi manger. Alors l’Église catholique, qui donne des leçons de générosité et de charité, doit prendre sa part, et toute sa part, du fardeau.

Souhaitant une réponse de votre part, je vous prie d’agréer, Monseigneur, l’expression de mes sentiments distingués.

André BONNETAIN


Derniers articles du même auteur :



Ce contenu a été publié dans RESISTANCE REPUBLICAINE. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.