Présomption de légitime défense des policiers et immigration : l’incroyable cynisme de Sarkozy-Hollande

Certes, on sait depuis Charles Pasqua qu’en politique, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. On sait d’autre part que Joseph Goebbels, chef de la propagande du Parti nazi, faisait sienne cette formule : « Plus c’est gros, et mieux cela passe ». Loin de moi l’idée d’envisager que ces deux auteurs aient pu inspirer nos deux finalistes. Mais le moins qu’on puisse dire est que, sur deux dossiers, le droit à la légitime défense des policiers, et le contrôle de l’immigration, ils sont, avec un estomac en béton et un cynisme hors normes, capables d’opérer, en quelques heures, pour séduire l’électorat du Front national, et plus largement les classes populaires, des volte-face fort spectaculaires, comme le prévoyait d’ailleurs notre lectrice Josiane Filio dans le dernier numéro.

Il a suffi que les policiers, indignés par la mise en examen d’un des leurs, qui a tiré sur un fuyard, par ailleurs voleur multi-récidiviste, à Noisy-le-Sec, manifestent leur colère devant le tribunal de Bobigny (symbole d’une justice dévoyée où la culture de l’excuse est réservée au délinquant, et la présomption de culpabilité au délinquant), et même sur les Champs-Elysées, pour que le président de la République en personne reprenne une revendication du Front national que le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, avait balayé d’un revers de main méprisant, quelques mois plus tôt : la présomption de légitime défense pour les policiers.   


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Faut-il rappeler à Nicolas Sarkozy qu’il a eu cinq années pour permettre aux policiers de cesser d’être systématiquement mis en examen dès que l’un d’eux tire sur un délinquant ? Faut-il rappeler que c’est à cause de cette exception française que les voyous se permettent, lors de certaines émeutes, de tirer en toute impunité sur des policiers à qui on demande de ne pas riposter. Faut-il rappeler que le premier ministre de l’Intérieur du gouvernement Fillon, l’incapable Michèle Alliot-Marie, s’était vanté sur RMC d’avoir donné des consignes aux policiers de cesser de poursuivre les jeunes sur leurs scooters quand on approchait des endroit sensibles. Faut-il rappeler le harcèlement judiciaire subi par les policiers de France, comme le rappelait Martine Chapouton.

Faut-il rappeler que le nombre de policiers qui, pour avoir fait usage de leur arme, donc s’être protégé, et avoir défendu la société contre des hors-la-loi armés prêts à tout, se retrouvent persécutés judiciairement, notamment par l’action de l’avocat socialiste proche de François Hollande Jean-Pierre Mignard. Ministre de l’Intérieur depuis 2002, président de la République depuis 2007, Nicolas Sarkozy a laissé les forces de l’ordre démunies et désarmées face aux racailles, aux délinquants… et à certains juges qui ne rendent plus la justice au nom du peuple français, mais au nom d’une idéologie de l’inversion des valeurs. Faut-il rappeler le dernier scandale de Clermont-Ferrand, où, sans avoir tiré, deux policiers se sont retrouvés livrés à la vindicte des médias, des associations anti-racistes, et même de la CGT, pour avoir interpellé un délinquant qui devait décéder d’un problème cardiaque quelques minutes après son arrestation. Où était le président de la République et son ministre de l’Intérieur quand toute la bobocratie de Hollande lynchaient ces deux fonctionnaires ? C’est à cause de son inaction criminelle que les voyous se permettent, en toute impunité, de forcer des barrages de police, de refuser d’obtempérer à un ordre, voire de tirer sur les gardiens de la paix. A dix jours du deuxième tour, il ose promettre le contraire de ce qu’il a fait pendant dix ans, et sans se sentir obligé de justifier les raisons de cette volte-face ! Quel cynisme !

Que dire de celui de François Hollande sur l’immigration. Remarquons ce grand moment où François Hollande, interrogé par David Pujadas, se montre incapable de répondre à une question simple : « Pensez-vous, François Hollande, qu’il y a trop d’étrangers en France ? ». Admirons, malgré la pugnacité, assez rare, d’un journaliste contre un politique fuyant, l’art de l’esquive du candidat socialiste.


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On comprend pourquoi. S’il répond non, ce qui résumerait la politique de son parti, et de toute la gauche, sans exception, qui milite depuis plus de dix ans pour toujours plus d’immigration, à l’image de Terra Nova et d’Attali, il sait que le peuple de France le sanctionnera durement. Il doit donc taper en touche, et ne pas répondre « oui », ce qui le couperait de tous les électeurs bobos immigrationnistes des centres-villes. Celui qui, dès mardi, s’est fait fort de convaincre les électeurs du Front national de voter pour lui, dans la une de Libération, se doit donc, lui aussi, le temps d’une campagne, d’opérer une spectaculaire vote-face.

Ainsi, on apprend soudainement qu’il juge l’immigration illégale insupportable en France. C’est fort intéressant, mais on aimerait savoir s’il est pour l’expulsion de tous les clandestins, ce qu’il pense du fait que 85 % des expulsions décidées ne sont pas exécutées, et ce qu’il fera pour que cela soit effectif. On aurait aimé comprendre pourquoi il n’a jamais rien dit quand Martine Aubry, en 2006 manifestait contre les expulsions. N’était-il pas alors secrétaire du Parti socialiste ?

On attend sa ferme condamnation des actions de la filiale du Parti socialiste, Sos Racisme, qui parlait des 30.000 expulsions de la honte, en sachant pertinemment que les ¾ de ces expulsions concernaient des roumains et des comoriens, à Mayotte.

On apprend avec intérêt que François Hollande envisage de réduire de 30 % l’immigration légale, en période de chômage de masse. A dix jours d’un deuxième tour, il faut, là aussi, un culot phénoménal à celui qui attaquait Claude Guéant quand, de manière grotesque, il envisageait de passer de 200.000 immigrés par an à 180.000 ! Sarkozy a battu tous les records pendant son quinquennat, où plus de 1,2 million de nouveaux immigrés ont aggravé la situation sociale de notre pays, ce qui n’a jamais empêché Hollande et ses complices de RESF, Sos Racisme et toute la clique anti-raciste d’oser parler de « rafle » à la moindre expulsion d’un clandestin. Faut-il rappeler à Hollande l’imposteur qu’il veut mettre fin à la présence d’enfants dans les centres de rétention, signifiant par là qu’il suffit de mettre les pieds en France avec un enfant pour, à terme, y demeurer ! Faut-il lui rappeler qu’il n’a jamais désavouer les propos du Parti socialiste, sur la nouvelle civilisation de Martine Aubry, et pas davantage les chiffres d’Attali, parlant de 300.000 immigrés nouveaux par an, en France, pendant 30 ans !

Voilà qui résume mieux que de longs discours ce que sont vraiment les deux imposteurs bonimenteurs qui restent en course pour la présidentielle : deux médiocres politiciens sans aucune conviction autre que celle des sondages et des communicants, prêts à tous les reniements pour se faire élire le 6 mai prochain… et à faire le contraire une fois élu, puisque, « plus c’est gros, et mieux cela passe ». Voilà qui devrait donner du grain à moudre à la candidate Front national, lors de son discours du 1er mai, pour expliquer aux Français les raisons pour lesquelles elle ne peut qu’appeler à voter blanc le 6 mai prochain.

Paul Le Poulpe

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