Quand Bidar, Wieviorka et Kintzler pérorent sur la laïcité, on est très loin des réalités quotidiennes

Dimanche après midi, j’écoutais l’émission «  Cause commune » sur France inter. Emission dirigée par un bon animateur : Abdenour Bidar.

Son sujet : la laïcité en France.

Les invités : Michel Wieviorka et Catherine Kintzler.

Ces deux intervenants posaient en particulier, la question de la présence de l’islam dans la république et la gestion de cette religion par le droit commun.

Ils parlaient en juristes et en historiens, expliquant les raisons historiques de l’invention de la laïcité (Guerres de religions etc.) dans notre pays, le sens de la loi de 1905 et selon Madame Kintzler la présence actuelle de trois formes différentes de laïcité.

Pour faire court : Une forme dure, de lutte contre les religions.

Une forme libérale d’acceptation et de gestion de la pratique des religions ;

Une forme molle d’acceptation passive de tout (En laissant probablement à Dieu, le soin de régler les problèmes…)

Le débat était intéressant, intelligent, argumenté, charpenté, documenté, bref intellectuel !

Débat nécessaire, dans une république éclairée, où, la loi, tiendrait compte de ces débats à travers  sa représentation législative.

Il s’agissait bien dans l’esprit d’ouverture républicaine, de réfléchir à la question de la coexistence des religions et ceci  exclusivement dans notre pays. Aucun tour de table sur les différences de traitement dans d’autres pays où cette question est réglée arbitrairement sans mesure ni justice. Il ne s’agissait  bien que de notre pays.

Tout cela était fort bel et bon !

MAIS, parce qu’il y a un énorme, voir gigantesque MAIS (Pas 68… rassurez vous).

Dans la vie quotidienne, dans les rapports de tous les jours, il n’y a pas  ce genre d’arguties juridiques, pas ces débats intelligents. Rien de tout ça.

Il n’y a, particulièrement dans les rapports avec l’immigration et les nouvelles religions d’importation récente, que la dureté, des rapports de force.

Il y a les provocations des voilées, qui se savent au bout du compte, intuitivement protégées par l’oligarchie.

Il y a leurs copains qui au mieux intimident, au pire menacent.

Il y a la peur et les mains moites dans les transports en commun, parce qu’une bande  vous a

dans sa ligne de mire et que vous savez très bien que vous êtes seul dans la foule et que s’il y a problème, tous détourneront les yeux.

Si vous avez encore le moyen de réfléchir dans l’angoisse, vous savez aussi qu’il faudra mener un combat pour qu’après l’agression, les policiers « Daignent », prendre votre déposition.

Il y a aussi, cette sensation prégnante, d’humiliation, d’abandon, d’étrangeté, dans un environnement devenu hostile.

Ne plus pouvoir pénétrer certains quartiers. Côtoyer des gens souvent agressifs dont vous ne comprenez plus les réactions.

De cette vie de tous les jours, des petits, des sans grade, comme disait Rostand (Hum… Un peu de Culture…) la loi et les débats s’en contrefichent.

Beaucoup de nos concitoyens sont persuadés de vivre encore dans un état de droit.

C’est vrai. Une certaine frange de la société, celle qu’on voit dans les médias, celle qui peut se payer un avocat sera entendue par la justice.

Elle pourra penser que les débats de société interfèrent sur leur vie, malgré une justice passablement embouteillée et manquant cruellement de moyens.

Mais, les autres, vous savez, les beaufs, les smicards, le « vulgum pécus », j’ai envie de dire, les « Connards » qui les entend ?

On aimerait que les lois, les débats éclairés ou pas et par quel projecteur ?,leur soient aussi appliqués.

Ceux là sont contrains au silence, soumis à la barbarie de la rue, à la loi quotidienne du plus fort.

Il faut, hélas, reconnaitre que la Gauche, porteuse  en principe des valeurs de progrès et de justice,  semble sourde à la douleur de ce petit peuple qui déjà chargé de maux (chômage, précarité, manque de logement etc.) supporte en sus les méfaits de présences étrangères, religieuses ou pas, grandissantes et vindicatives.

Tout comme les discours politiques véhiculés avec art par de bons orateurs peuvent transformer  l’espace d’un instant le plus humble taudis en palais enchanté puisqu’ils savent apporter, la part de rêve, d’élans du cœur et d’espoirs attendu par l’auditeur, existent les débats d’idées.                       

Les plaisirs subtiles et raffinés  de ces brillantes controverses médiatiques  sont merveilleux, mais pendant que loin de ces joutes, dans le déni, les autres crèvent en silence, ce paradoxe qui imprègne notre société me parait anormalement choquant.

Luis Bravo

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