Quand la Turquie fricotte avec les Frères Musulmans et les jihadistes en Syrie

Normal 1er vient d’engager la France dans un combat au Mali contre les islamistes, armés, financés et soutenus par le Qatar. Il est flagrant, d’autre part, pour tout observateur des soi-disant « printemps arabes », que l’argentier de ces mouvements n’était autre que le Qatar. Or la France a soutenu ces mouvements et est même intervenue militairement en Libye. Il y a donc une contradiction dans la politique étrangère française. Cette contradiction, on la retrouve en Syrie. Alors que, dans ce pays, les islamistes ont de plus en plus noyauté, surpassé en nombre puis éliminé l’ASL (Armée Syrienne Libre), dans ce même temps la France, en collusion avec le Qatar, l’Arabie Saoudite et la Turquie, envoie armes et moyens de communications satellitaires, informe les islamistes-jihadistes sur les mouvements de l’armée syrienne régulière, sans parler des aides des Services Spéciaux sur le terrain.

Qui comprend ce double comportement de Normal 1er ?

Tant que la tête des vipères qatarie et saoudienne n’est pas tranchée, nous aurons devant nous des années de luttes, y compris sur notre propre sol, dans l’hexagone. Les islamistes sont déjà chez nous. 

Cet article récent montre, dans l’affaire syrienne, la collusion entre la Turquie, les Frères Musulmans et les jihadistes liés à al-Qaeda. (NDT)

Cela ne sert à rien pour Erdogan, qui rêve d’un empire ottoman, de se déguiser en portant une tenue arabe traditionnelle ou le tarbouche ottoman. Et ça ne lui apportera rien de réunir des collabos de la Coalition turco-qatarie – ô pardon, de la Coalition Nationale Syrienne – et de les conduire aux camps des Syriens qui ont fui les exactions des mercenaires et des cellules terroristes qu’il a aidés à entrer en Syrie avec le soutien du Qatar.

Car Erdogan vit dans une véritable hystérie après la gifle qu’il a reçue (de Moscou, Damas, Téhéran) quand il a appris que l’organisation des Frères Musulmans syriens a été écartée des tractations pour un règlement (politique) en Syrie, maintenant et dans l’avenir, totalement et avec le consentement des US, suite au scandale américain provoqué par une tromperie de la Turquie et par la participation des Frères Musulmans syriens. Ce scandale perturbe l’administration des États-Unis qui cherche à le dissimuler au peuple américain. Il s’agit de la livraison au Front terroriste al-Nousra (branche d’al-Qaeda NDT) de 25 millions de dollars US en liquide.  C’était un don des États-Unis qui était destiné à la Coalition Syrienne. Et c’est l’organisation des Frères Musulmans syriens qui a reçu des fonds grâce à une complicité turque. Les Frères Musulmans se sont accaparé de la moitié de la somme et le reste a été livré aux dirigeants du Front terroriste al-Nousra par l’intermédiaire de « Tayfour », secrétaire général de l’organisation des Frères Musulmans syriens … Cela a été confirmé à Thirdpower (site irakien NDT) par un responsable syrien de haut rang, proche du dossier du règlement (politique)  pour lequel œuvre M. Lakhdar Brahimi, médiateur international de l’ONU. C’est un scandale secret (jeté) à la face d’Obama et d’Erdogan. Il n’est pas moins important que le scandale de la mort de l’ambassadeur américain (en Libye) et le scandale du Général Petraeus !!!

Erdogan en tenue arabe et Mme III

Pour séduire les arabes, M. Erdogan et Madame : abayé, kéffieh, agal … et voile

C’est ce scandale et celui de la mort de l’ambassadeur américain à Benghazi  qui sont à l’origine de la chute de la secrétaire d’État Hillary Clinton, de sa perte de connaissance et de son accident cérébral. Selon des fuites, les renseignements russes disent : « Le sujet de l’accident cérébral est fabriqué pour laisser le champ à Hillary afin qu’elle sorte indemne des deux scandales. L’opération de sa mise à l’écart du Secrétariat d’État s’est faite sans adieu ni transmission de pouvoirs et assez vite à cause de ces deux scandales ». L’autre but était que les Républicains se débarrassent assez tôt d’un puissant concurrent démocrate car Hillary jouit une grande popularité.

Quant à la somme de 25 millions de dollars parvenue au Front terroriste al-Nousra, la Russie et la Syrie en ont obtenu les documents complets du virement qui sont devenus un moyen de chantage contre Obama entre les mains de Poutine et d’Assad. Ceux qui ont permis cette fuite sont les hauts fonctionnaires des banques turques qui refusent la guerre et l’intervention de la Turquie en Syrie. Certains parmi eux sont des Alévis (Alaouites de Turquie, NDT). Ainsi la position d’Obama et d’Erdogan se trouve affaiblie face à Poutine et Assad !

جبهة النصرة3

Front terroriste al-Nousra

(photo : www.crif.org)

Erdogan et Davutoglu (ministre des Affaires Etrangères NDT) ont déclaré refuser le règlement proposé par Brahimi, qui a bien progressé et qui laisserait Assad au pouvoir jusqu’au 7/7/2014, avec droit de se représenter mais refuserait (d’intégrer dans le règlement) les Frères Musulmans, complices dans le terrorisme. Cela a rendu Erdogan fou furieux  et hystérique, Davutoglu muet. C’est ce plan de règlement  qui est actuellement entre les mains de Poutine qui l’exposera au président Obama en février 2013 lors du sommet américano-russe afin de commencer son application. Erdogan a provoqué une réunion de la Coalition Syrienne puis a visité les camps de réfugiés. Il y portait la tenue arabe (traditionnelle) dans une tentative sans espoir de faire bouger le peuple syrien. Il a déclaré qu’Assad « ne restera pas … » de peur de voir la Coalition en débandade et de perdre les Frères Musulmans sur qui il a misé pour occuper la Syrie. De même, il y a quelques jours, il a envoyé des armes israéliennes dans Alep pour accuser Assad d’être en contact avec Israël et d’avoir son soutien, mais cette action a échoué comme celle de ce montage de la boulangerie de Halfaya où Assad avait été accusé d’avoir provoqué un massacre. Lors de l’enquête internationale, la Coalition Syrienne a reconnu qu’il n’y avait même pas de boulangerie à cet endroit, que c’était les terroristes qui avaient  massacré la population et jeté du pain sur les cadavres afin de faire croire qu’ils avaient été tués alors qu’ils étaient dans une file d’attente. Il s’en est suivi que Washington a méprisé Erdogan et une bonne partie de la Coalition Syrienne et tout particulièrement l’aile les Frères Musulmans.

Les déclarations, les agissements et les montages d’Erdogan se sont heurtés aux déclarations de Brahimi dans les réunions privées en Jordanie, au Liban, en Syrie et même en Russie quand ce dernier a déclaré : « Le règlement (de la crise syrienne) est prêt à 90% mais il y a des régimes au Golfe qui tentent de le faire voler en éclats ou augmentent les revendications en coordination avec la Turquie pour des raisons ayant trait à des affaires personnelles entre Erdogan et Assad, entre les dirigeants saoudiens et Assad, entre les dirigeants du Qatar et Assad. Car ces personnalités du Golfe, en plus d’Erdogan, sont fort embarrassées par le maintien d’Assad au pouvoir et elles considèrent le problème comme une affaire personnelle, une vengeance, un bras de fer avec Assad … Sans parler de l’Égypte, qui a bien compris son rôle, a tourné le dos au Golfe sur la question syrienne et a harmonisé son rôle avec Moscou quand elle a constaté que l’administration américaine était favorable au règlement. Et l’Égypte a bien fait de prendre à son compte de s’ expliquer avec Riyad,  Doha et Beyrouth. Ces fuites ont été obtenues par un homme politique libanais de haut rang, proche de l’Iran et de la Syrie. Actions et  fuites ont constitué un choc violent pour Erdogan et même pour l’État du Qatar.

[ … ]

Les rapports provenant de Turquie indiquent qu’il y a une quasi rupture entre Erdogan et son ministre des Affaires Étrangères car Erdogan a fait porter sur Davitoglu l’échec de la politique turque. Il y a aussi des informations selon lesquelles Davitoglu ne restera pas longtemps à son poste.

A cause de ce qui précède, le Guide Suprême des Frères Musulmans de Syrie, Riad al-Shakfé, a sorti son mouchoir le 31/12/2012. Il a commencé à pleurer, à gémir et à exprimer ses regrets, surtout quand il a accusé les états occidentaux de vouloir écarter les Frères de l’opposition syrienne sous toutes ses formes. Lors de sa réponse aux questions du correspondant de l’Anatolie à Ankara, dans les suites d’une intervention à une réunion publique, al-Shakfé a affirmé, au sujet de l’inscription du Front al-Nousra sur la liste du terrorisme par les États-Unis : «  Le Front al-Nousra protège le peuple et combat le régime », et il a ajouté : « Son inscription par les États-Unis sur la liste du terrorisme est une affaire qui ne nous concerne pas. Les Frères Musulmans regardent ses combattants comme des frères d’armes. Ils protègent le peuple syrien ». Il a dit aussi : « Les États occidentaux ont écarté les Frères Musulmans de l’opposition dans tous les cas de figure ».

Cette dernière broutille, en plus de l’affaire des fonds dévoyés,  a cassé les reins d’al-Shakfé et des Frères, en plus de ceux d’Erdogan. Les reins d’Erdogan ont été brisés quand son jeu en Syrie et dans la région, et dernièrement son jeu en Irak ont été éventés et aussi quand il a tenté de transférer son plan de la Syrie vers l’Irak.

Traduit de l’arabe par Bernard Dick

(*) http://www.thirdpower.org/index.php?page=read&artid=104969 (04/01/2013)

 

 

 

 

 

 


Derniers articles du même auteur :



Ce contenu a été publié dans NOUVELLE EXTREME DROITE. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.