Renaud Camus privé d’éditeurs, pour cause de soutien à Marine Le Pen !

L’écrivain Renaud Camus a eu le tort d’apporter son soutien à Marine Le Pen. Et dans la démocratie française, qui n’a de démocratie que le nom, ce genre d’indépendance d’esprit se paie aux prix de la censure. C’est ainsi que l’auteur de Tricks, des Églogues, de Décivilisation, des Demeures de l’Esprit, vient de se faire signifier par ses éditeurs Fayard et P.O.L. qu’ils n’éditeraient plus ses livres.(L’express). Ironie de l’Histoire, c’est Joseph-Arthème Fayard, le fondateur de la maison d’édition Fayard, qui fut l’éditeur des journaux collaborationnistes et antisémites « Candide » et « Je suis Partout »

Voilà donc un écrivain quasiment interdit de publication parce qu’il a apporté son soutien à une candidate, sans passé «criminel» et présidente d’un parti parfaitement légal. Hors période de tyrannie, de guerre civile ou d’Occupation étrangère, cette situation est une première.
Il faut bien prendre la mesure de l’inquisition qui règne dans ce pays, et qui ne va cesser d’augmenter avec la gauche au pouvoir. Je m’empresse de rajouter que Nicolas Sarkozy n’a fait que renforcer cette situation. Il a soutenu financièrement les officines de gauche comme le MRAP, SOS Racisme, la LDH… Il a choisi comme dirigeant des média publics des figures de la gauche bobo à l’image de Philippe Val, ancien directeur de Charlie Hebdo devenu directeur des programmes de France Inter. Il a versé des milliers d’euros sous forme de subventions à la presse écrite et à certains sites internet proche de la gauche comme Médiapart de l’inénarrable Edwy Plenel.

La Dictature du Bien, instaurée par le PS et ses commissaires politique, repose sur la saturation de l’espace médiatique d’auteurs et d’intellectuels au service  de la caste. La stigmatisation, l’insulte, l’exclusion, la marginalisation des penseurs non conforme à la doxa sont devenus les éléments incontournables pour asseoir l’autorité de la bienpensance au sein du débat public. Cette situation affiche les signes d’un néo-maccarthysme à l’envers.
Pour ceux qui pensent que la comparaison est caricaturale, je les invite à écouter la cabale que quelques plumitifs sans talent ont lancé contre Renaud Camus sur les ondes de France Culture. Un procédé devenu fâcheusement habituel sur cette radio. C’est en effet sur cette antenne que l’historien Reynal Seycher a été censuré en raison de ses démonstrations sur le génocide vendéen. Dans le même temps, la radio a laissé l’historien militant Jean Salem tenir des propos joliment nostalgique à la gloire des régimes communistes. Une émission qui a d’ailleurs indigné Luc Rosenzweig du magazine Causeur :

(…) Il existe encore, dans notre pays, des gens qui considèrent que la chute du mur de Berlin et la dissolution de l’URSS ont été une catastrophe pour l’humanité. (…) Cette émission avait convié un estimable professeur de philosophie à la Sorbonne, Jean Salem, qui vient de publier un petit livre, Élections, piège à cons ?, qui veut mettre en garde les possesseurs d’une carte d’électeur contre les illusions provoquées par l’idée stupide d’en faire usage à l’occasion du prochain scrutin présidentiel. Pourtant Salem n’est pas sectaire : il ira voter Mélenchon au premier tour, et s’abstiendra au second. Issu d’une célèbre famille de communistes orthodoxes2,

Salem peut sans susciter la moindre contradiction chez ses hôtes de France-Culture développer une analyse historique décoiffante. L’URSS et l’ensemble des forces progressistes à travers le monde ont, selon lui, été victimes d’un complot ourdi par les États-Unis de Ronald Reagan, qui ont contraint l’URSS à courir au suicide économique en la forçant à une course aux armements démentielle. Ce complot visait, toujours selon Salem, à soumettre les classes laborieuses du monde entier à la domination sans partage du capital. Sans le bouclier d’un «socialisme réel» puissant, il n’est pas d’espoir pour les opprimés d’espérer leur émancipation.

Il est symptomatique – poursuit Luc Rosenzweig dans son article – qu’un tel discours puisse aujourd’hui trouver des médias pour le relayer, et des oreilles pour y prêter attention.

De l’acharnement judiciaire que  subissent Pierre Cassen et tous les compagnons de Riposte Laïque à la censure ou la marginalisation de penseurs et de chercheurs de premier rang (je pense ici à feu Maurice Allais, à Raymond Boudon, à Jean-Claude Michéa…) en passant par l’omniprésence médiatique de faiseurs d’opinion dont la particularité est de s’être toujours trompé, nous sommes face à une dictature de la pensée organisée et planifiée.
Cette situation est la conséquence de l’hégémonie culturelle de la gauche. L’intellectuel communiste Gramsci a parfaitement analysé ce phénomène :

« la bourgeoisie domine par la force mais aussi par le consentement, notamment par son hégémonie culturelle qui fait que le prolétariat adopte les intérêts de la bourgeoisie. »

La gauche a remplacé l’Église catholique, elle est la nouvelle bourgeoise qui édicte ses lois et ses dogmes. Elle prêche la bonne parole, et use de l’inquisition contre ceux qui s’opposeraient à son catéchisme. Se dire de gauche aujourd’hui n’est pas un signe d’insoumission au système qui nous écrase. C’est au contraire affirmer son appartenance au camp des petits tyrans. C’est devenir le complice d’une police de la pensée dont l’objectif est d’intimider toute forme de dissidence. C’est être le soutier d’une caste qui défendra, comme ellle l’a toujours fait, les intérêts du capital et de la finance contre le peuple.

Depuis 30 ans la gauche s’est emparée du pouvoir culturel et des corps intermédiaires de ce pays dans le but de peser de tout son poids totalitaire sur la liberté d’expression et sur la liberté de penser. Il suffit de passer une journée à l’écoute de France Inter pour s’en convaincre.  Comme le démontre  Jean Robin dans une série d’article qu’il consacre aux animateurs du groupe radio France, les média du service public sont devenus chacun à leur manière de véritable Pravda où règne le mensonge, le conformisme et la propagande.
Les patriotes savent donc ce qui leur reste à faire : s’opposer au diktat de la gauche, à ses média dominants, et créer une alternative culturelle et médiatique de rassemblement.

Je terminerais ce laïus par un hommage sincère à Renaud Camus. En affichant son soutien à Marine Le Pen, il a fait preuve d’un merveilleux courage et s’est distingué des quelques journalistes ou intellectuels qui adoptent pendant 5 ans la posture des néo-réacs pour, le moment du vote venu, de façon dociles et serviles, se ranger derrière le candidat qui incarne le mieux ce qu’ils n’ont toujours dénoncé. Nos néà-réac sont semblables à ces résistants qui plastronnent avant l’arrivée des chars, mais se jettent sous le lit au premier coup de tonnerre.
La complainte médiatique de cette engeance est elle aussi totalement feinte. Ils participent de la société du spectacle. Leur stratégie ?:  occuper une place en tête de gondole, le mieux placé dans les rayons du supermarché de l’information. Du factice et du marketing.

Tout le contraire de Renaud Camus. Merci à lui.

Jérôme Cortier

Prêchi Prêcha


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