Réponse à une Sénégalaise musulmane qui se dit chez elle dans une France… qui doit s’adapter à l’islam

Rue89 publie ce 27 janvier 2012 le témoignage d’une sénégalaise de 30 ans née en France qui se plaint de » recevoir des coups » de sa société  « Je suis musulmane, Madame, et je suis chez moi. » Ce témoignage qui est présenté par le site comme « un effort immense d’impudeur » est un exemple criant de mauvaise foi et d’hypocrisie en ce qu’il inverse totalement la cause et l’effet. Un système de pensée musulman qui se nomme Taqiya. Nous sommes malheureusement habitués à ce genre d’argumentation lorsqu’il s’agit de la dictature musulmane et cette fois-ci, sur ce site de gauche, il est intéressant de souligner que les 700 commentaires postés par les lecteurs de Rue89 s’attachent dans leur majorité à définir les religions, l’athéisme et l’agnosticisme alors que la direction du site a mis en exergue trois commentaires qui dénoncent le racisme anti-musulman. On voit ainsi sous nos yeux comment une rédaction de gauche maquille la réalité pour servir ses thèses avec une technique digne des pires moments du stalinisme.

Malama, la supposée auteure de ce témoignage pleurniche sur sa terrible condition de musulmane dans la France islamophobe sans jamais s’interroger sur les motifs de l’hostilité des Français non musulmans vis-à-vis de l’expression de la charia en France. 

Au passage, on apprend que les parents de Malama ont toujours travaillé et si elle ne dit pas qu’ils ont toujours payé des impôts, on comprend très fort qu’elle le pense même si avec 7 enfants, il est probable qu’ils aient plus reçu de l’ État français que l’État d’eux. Ces arguments sont habituels chez les soldats de l’Islam : je travaille, je paie des impôts, mon grand-père s’est battu pour la France, j’ai des papiers français.  Combien ajouteront qu’ils ont choisi de vivre en France parce qu’ils l’aiment et qu’ils partagent ses valeurs ?

Madame Malama, à aucun moment vous n’exprimez votre amour de la France. Vous ne savez que dire. « Je suis chez moi ici ». Vous affirmez que moitié sénégalaise, moitié française vous ne menacez pas l’identité de la France car vous êtes son identité .

Comme si l’islam voulait changer la France et son identité. La France, c’est mon pays, et je suis aussi imprégnée de traditions sénégalaises. J’ai grandi dans une petite commune de Bretagne, dans un quartier bétonné. Depuis que j’ai 5 ans, je vais régulièrement au Sénégal.

Chez moi, on parle le soninké et le français. On mange du thiéboudjene, du mafé, du yassa, et de la ratatouille, du hachis parmentier, des quiches… On écoute du mbalax, la musique sénégalaise, et du Gainsbourg. On parle politique française et sénégalaise. Bref, chez moi, on jongle entre deux mondes.Je ne veux rien. Je ne cherche pas à imposer ma religion, ni même ma vision des choses. Je ne suis pas une menace pour l’identité de la France. Je compose cette identité, je suis cette identité.

Vous rendez-vous compte de l’arrogance de vos propos ? Libre à vous de jongler entre deux mondes mais vous ne pouvez exiger de l’ensemble de la population française d’en faire autant sous peine d’effacer la France de la surface de la terre. Je regrette de devoir vous dire que l’identité de la France s’est construite lentement en plus de 40 ans, ce qui correspond à la présence de votre père en France. La nation française a commencé à se construire il y a environ 1 500 ans et sans les Musulmans parce que l’Islam n’existait pas encore. A cette époque vos ancêtres soninkés peuplaient l’empire du Ghana et le Sénégal n’existait pas en tant que nation. L’histoire du peuple soninké et celle du peuple français réunies dans votre personne constituent votre richesse personnelle mais certainement pas l’identité de la France. Il faudrait savoir raison garder, Madame Malama.

Plus jeune, je me souviens d’eux pratiquant leur foi sans encombre. Mon père me confirme qu’il y a quarante ans, quand tu disais être musulman, ça ne provoquait rien chez les gens, même pas de questions.

Chère Madame, vous semblez ne pas savoir -vous n’étiez pas née mais vous auriez pu vous renseigner- qu’il y a 40 ans les Musulmans pratiquants comme vos parents n’affichaient pas leur religion dans les espaces publics et n’exigeaient pas de la République de leur construire des mosquées, d’aménager les règlements intérieurs des piscines pour séparer les hommes et les femmes, n’imposaient pas la nourriture halal et le Ramadan. Ils ne réclamaient pas de salles de prière dans les universités et les entreprises, pas plus que de WC à la turque. Les Musulmans croyants n’étaient pas moins musulmans hier en respectant les usages français qui dictent aux religions de demeurer une affaire privée.

La seule chose que j’attends de la France, pour les musulmans ? Qu’on arrête de nous pointer du doigt pour nos croyances. Madame Malama, on ne peut pointer du doigt que ce qui est visible. Il y a seulement 20 ans, on ne voyait en France aucune femme voilée, encore moins de burqas. On ne voyait pas de barbus envahir les rues pour faire leurs prières à quatre pattes, des hommes ne brûlaient pas les femmes au prétexte qu’elles se comportaient mal selon la charia, les élèves ne refusaient pas les cours de sciences naturelles et d’éducation physique, on n’imposait pas la viande halal à la population, on ne construisait pas des milliers de mosquées avec l’argent du contribuable, on ne dérogeait pas à la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État et on ne remettait pas en cause la laïcité, on ne « niquait » pas la France, on ne faisait pas la guerre aux chiens de compagnie et on ne réclamait pas la séparation des femmes et des hommes dans les piscines. On n’entendait jamais des Musulmans affirmer que « les lois d’Allah sont supérieures à celles de la République ». Il y a 20 ans, Madame Malama il n’y avait pas de croyances à pointer du doigt dans la vie quotidienne des Français. Nous bouffions du curé, certes mais ça ne tuait pas et ça faisait partie des traditions françaises depuis Voltaire.

J’attends de la France qu’on cesse de nous faire culpabiliser lorsque des projets de mosquées sont proposés, comme dans la ville de province où j’ai grandi. Je veux qu’elle nous laisse être français et musulmans.

Madame, personne ne vous empêche de construire des mosquées avec votre argent sur des terrains achetés avec votre argent. Comment ont fait les catholiques, les protestants, les juifs, les bouddhistes, à votre avis ?

Madame Malama, je suis française comme vous mais depuis 60 ans. J’ai un peu d’antériorité sur l’évolution de notre société, si vous me permettez d’en faire état. Il y a 20 ans, je n’étais pas interpellée par des voilées , des barbus, le halal et les prières de rue. Je ne reprochais aux hommes musulmans que d’être plus agressifs, plus harceleurs et plus méprisants que les autres hommes. Je ne me sentais pas insultée par un voile qui distingue les femmes pudiques des femmes impudiques, donc violables. Je n’avais pas l’impression que ma lutte féministe était vaine car je ne croisais pas de mariées en bonnet, de petites filles voilées ni de femmes cachées sous un voile intégral. Je n’avais pas le sentiment que d’autres femmes venues d’autres cultures souhaitaient bafouer les luttes féministes qui avaient donné plus de droits et de libertés aux femmes comme vous, car, de vos 30 ans, Madame Malama, vous ne semblez pas savoir que votre droit de travailler, d’ouvrir un compte en banque, de vous habiller comme vous le souhaitez, d’avoir accès à la contraception, d’étudier dans toutes les grandes écoles, de voter, de partager l’autorité parentale, tout cela a été conquis de haute lutte par des femmes qui ont refusé la soumission et son symbole, le voile. Comparez donc ces droits et ces libertés avec ceux des femmes des pays musulmans et dites-nous si vous les enviez.

Madame Malama, personne ne pointe mon athéisme du doigt pour la bonne raison que je ne l’affiche pas par des signes distinctifs, que je ne réclame pas des droits spéciaux, que je ne réclame pas des usages particuliers, que je ne revendique pas la construction de palais de l’athéisme avec les deniers publics et que je n’impose à personne mes convictions même si je pense que toutes les bondieuseries se valent et que les religions discriminent les femmes, les oppriment et divisent les êtres humains au point qu’en leur nom des millions ont été massacrés comme le sont encore aujourd’hui des chrétiens en terre d’Islam, cette semaine encore au Nigeria, presque tous les jours en Égypte.

Alors, Madame Malama, puisque vous vous sentez chez vous en France, affirmez que vous aimez la France avec son histoire et ses valeurs qui vous donnent la liberté de pratiquer votre religion avec une seule contrainte, le respect des Françaises et Français non musulmans qui représentent 90% de sa population -60 millions- qui sont pour quelque chose dans la définition de son identité.

Alice Braitberg

http://www.rue89.com/2012/02/27/je-suis-musulmane-madame-et-je-suis-chez-moi-229735#comments-start

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