Richard Berry aux « Grandes gueules » : Salaud de peuple français

Publié le 11 mars 2011 - par - 4 398 vues
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Dans la célèbre émission « Les Grandes Gueules » de RMC du 8 mars 2011, j’ai pu entendre l’acteur Richard Berry tenir les propos les plus outrageants et les plus consternants qui soient. Oui, Richard Berry, le comédien amateur de yaourts allégés, que l’on devrait plutôt renommer Richard Beria, tant il évoque l’âme damnée de Staline de triste mémoire. C’est une comparaison osée, voire outrancière ? Je ne fais pourtant qu’utiliser le procédé dont il a abusé sans vergogne et le plus sérieusement du monde lors de l’émission. D’un bout à l’autre, ce bobo des beaux quartiers bouffi de suffisance a vomi sa haine de la France et des Français avec une morgue non dissimulée. Invité à commenter la « vague bleue » représentée par Marine Le Pen, il la qualifia de vague noire et posa la question essentielle, à savoir s’il fallait se barrer ? Car M. Berry, qu’on se le dise dans la France profonde (et probablement moisie), est un grand résistant. Mieux encore, il « sent » ces choses-là. Oui, Richard Beria nous l’affirme. Selon ses dires, il a toujours senti ça depuis Pétain, cette menace plane toujours au-dessus de la France qui peut toujours basculer dans les extrêmes. C’est donc pour cela qu’il faut de la « résistance », comme « à l’époque » (entendez 1939-1945). La France est donc toujours un pays pétainiste. Incapable de lutter contre ses vieux démons, elle n’a absolument pas changé depuis les années 1930 et l’Occupation, on pourrait même dire que c’est inscrit dans son patrimoine génétique. C’est beau comme du BHL ! Bien sûr, c’est contre cette France qui, « quand elle est mécontente, a tendance à rejeter la faute sur l’Autre (le juif, le noir, l’arabe) » et à « stigmatiser » les minorités qu’il faut résister. Richard Berry, comme on aura tout loisir de le constater par la suite, n’hésite pas à recycler les poncifs les plus éculés pour se glisser dans le costume, beaucoup trop grand pour lui, du Résistant à l’Occupant nazi. Le docte comédien nous met d’ailleurs solennellement en garde : « ce n’est pas une façon d’exprimer sa colère que de voter pour un parti qui exacerbe les choses les plus basses chez l’être humain comme le racisme ou le rejet ». M. Berry reprend ainsi à son compte, en croyant sans doute faire preuve d’une ébouriffante originalité, les slogans creux qui avaient déjà cours il y a vingt ans et que même un militant de SOS-Racisme pris de boisson n’oserait pas écrire aujourd’hui dans un tract.

Comment résister, d’ailleurs, face au retour imminent de la « bête immonde » ? Tout d’abord en démasquant Marine Le Pen. Oui, Mme Le Pen est plus dangereuse que son père, car c’est une femme ! Selon Richard Beria, il faut donc la dévoiler pour ce qu’elle est : un homme. Pour lui, Marine Le Pen incarne des idées d’extrême-droite (ce qui reste d’ailleurs largement à démontrer), elle ne peut donc pas être une femme, mais bien un homme. Est-ce l’abus de yaourts à 0% qui a fini par altérer les facultés mentales de M. Berry ? Car si l’on suit son raisonnement, une femme, contrairement à un homme, ne peut pas être d’extrême-droite. Là encore, il use et abuse de clichés navrants sur une prétendue nature féminine par essence supérieure à une nature masculine par définition dominatrice et dictatoriale. C’est la raison pour laquelle il faut marteler que Marine Le Pen a « une bite et des couilles » pour citer les termes ô combien choisis du sieur Berry qui en profite ainsi pour sous-entendre que seul le mâle blanc Français est perméable aux thèses les plus dangereuses. Mais malgré toute la crainte qu’il a de voir Mme Le Pen arriver au pouvoir, le cabotin ne semble pas dédaigner la politique du pire. En effet, établissant un parallèle hasardeux avec les révolutions en Tunisie ou en Egypte, il confie qu’il aimerait bien « se coltiner Marine Le Pen pendant quelques années » pour ensuite « la virer avec une révolution en armes ». De telles inepties, que pourtant personne ne releva sur le plateau de l’émission, méritent que l’on s’y attarde un instant. Car si Mme Le Pen arrivait au pouvoir, ce serait au terme d’un processus démocratique régulier que les pays mentionnés plus haut n’ont jamais connu. Et si le peuple français souverain ne voulait plus de Mme Le Pen, ce serait à lui et à lui seul de défaire par les urnes ce qu’il a fait par les urnes. Au fond, M. Berry nous montre sa curieuse conception de la démocratie. A l’instar d’un Cohn-Bendit, il ne la tolère que quand elle va dans la bonne direction. Le peuple a mal voté ? Insurrection générale ! Le sang peut couler ? Peu importe, puisque c’est pour la bonne cause. Après l’uniforme de résistant, Berry rêve visiblement d’essayer la panoplie de guerillero.

Cette panoplie, il va pourtant vite la quitter pour endosser la défroque de Torquemada afin de se livrer à toute une série d’excommunications et de condamnations sans appel. A commencer par Eric Zemmour, décrit comme « totalement xénophobe », « un homme raciste », « il faut le condamner, point-barre ». Notre Grand Inquisiteur du politiquement correct une fois de plus nous avertit : « Il faut être vigilant et ne rien laisser passer là-dessus ». Ainsi le grand Berry, seul détenteur du Vrai, du Beau et du Bien, nous dit ce qu’il convient de penser et ce qu’il faut à tout prix bannir de notre univers. Il est d’ailleurs prêt à payer de sa personne, puisqu’il affirme qu’il refusera d’aller à l’émission de Ruquier tant que Zemmour y officiera. Mais il semble quand même bien impatient d’y retourner puisqu’il souhaite que « Zemmour soit viré du service public ». Contrairement à Zemmour, Berry peut déverser tout un tombereau d’insanités sur RMC sans que personne ne s’en indigne et que la Justice lui cherche noise, alors pourquoi se gênerait-il ? Bien évidemment, il refuse aussi tout pardon au dandy éméché et décadent Galliano dont le nazisme est « profondément ancré en lui ». On peut toujours tirer sur une ambulance, mais cela n’a rien de glorieux. L’on peut également essayer de faire croire que des propos de comptoir représentent un risque considérable pour la République, mais qui, à part Richard Berry, peut sérieusement y songer ? Sa dernière fatwa sera consacrée au Front National qui « devrait être interdit », toujours selon la même conception de la démocratie de M. Berry, décidément très en verve et qui fait irrésistiblement penser à la Reine de Coeur dans « Alice au pays des merveilles » qui, pour un oui ou pour un non, veut faire trancher la tête de tout le monde.

M. Le Commissaire du Peuple Berry, vous qui voulez interdire toute pensée déviante, vous qui voulez faire condamner quiconque ose affirmer une vérité qui vous déplaît, vous qui voulez prendre les armes contre le peuple s’il a mal voté, savez-vous comment tout cela s’appelle ? Cela s’appelle la dictature. Mais si elle vous permet toujours de regarder le monde à travers vos lunettes roses et de conserver vos illusions défraîchies, n’est-elle finalement pas pour vous infiniment préférable à la démocratie ?

Marc ISULNOY

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