Sifaoui utilise le témoignage du frère Merah pour préserver l’islam et accuser la France

Le livre d’Abdelghanni Merah (Mon frère, ce terroriste) sur la dérive d’un cadet conçu, embrigadé, conditionné jour après jour par une famille délibérément et ouvertement extrêmiste, n’est pas encore sorti en librairie que, déjà, ses parrains, en l’occurence Monsieur Mohamed Sifaoui (co-auteur de l’ouvrage), s’emploient à en détourner l’essentiel du message. Avec pour incontournable pilier contre lequel s’appuyer, la responsabilité des Français dans les tueries de Toulouse, de Montauban et, pourquoi pas, de Londres, de Madrid, de Bali, de Manhattan, de Mindanao et autres lieux de la supposée désespérance islamique.

Qu’on se le dise, c’est la coupable perversité de la France, et non la mission imposée à un soldat, qui est seule responsable des horreurs perpétrées par le tueur toulousain. Ce n’est en aucune façon l’observance à la lettre d’un dogme érigé en élan politique qui a abouti à l’exécution d’enfants juifs dans une cour d’école, mais tout simplement la félonie d’un pays pourtant réputé pour ses capacités à accueillir et à protéger. Et qui manque cette fois, le traître, à ses devoirs de paix, d’amour et de tolérance.

Je ne sais si l’auteur aura suffisamment de force pour résister à l’exploitation faite de ses aveux. L’homme est jeune, sans doute influençable malgré son courage affiché. On sent dans le résultat public de ses questionnements et de ses révélations, l’entrisme du milieu, la chape du conformisme tentant d’étouffer le cri primal, la désinformation immédiatement associée à l’incongruité consistant à vouloir éclairer la majorité sur les déviances assassines de la minorité.

La manoeuvre est lumineuse, que l’ignorance générale sur les fondements de la conquête musulmane va trouver le moyen d’avaler, comme on le fait d’un médicament falsifié. Tout autre guide que Monsieur Sifaoui eut donné à l’ouvrage le visa que réclamait l’authenticité de sa chair intime. En s’interposant entre le témoin et le public, en transférant la vérité au dossier pertes et profits d’une République ingrate et par là contestable, Monsieur Sifaoui fait comme on dit le boulot. En bon agent, il fait endosser à d’autres la responsabilité des décideurs.

C’est bien joué.

Reste le devenir strictement humain d’un frère de terroriste contemplant, hébété, la scène de crime. Déjà la kalachnikov remplace, dans l’opinion de ses petits camarades, le désir de comprendre. Il n’est qu’à lire les réactions à la sortie de ce livre pour savoir qu’un nouveau Rushdie nous est donné, même si la fatwa officielle tarde encore à tomber sur sa tête.

Reste à vérifier si le Pouvoir intégrera la révolte d’Abdelghanni Merah dans une stratégie de défense des libertés, ou si, dans un de ces gestes que prisent les dictateurs, il livrera l’insolent à la vindicte et au sacrifice, comme on le fit à Rome des chrétiens. Le sort réservé à ceux qui ont eu jusqu’ici l’impudence d’aller contre le courant ne porte pas à l’optimisme. Il faudra donc, dans ce cas, compter sur Monsieur Sifaoui pour persuader les janissaires de l' »Islam des ténébres » que la démarche de leur co-religionnaire, si étrange soit-elle, sert en fin de compte la cause pour laquelle l’oumma tout entière se doit de rester mobilisée. Nous n’avons pas fini de nous amuser.

Sous ses dehors littéraires, c’est le djihad tout cru qui nous est aujourd’hui proposé par les tenants de l’abrutissement français.

Alain Dubos


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