La nouvelle ministre de la Justice a confirmé l’intention du gouvernement de supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs. C’était au demeurant dans le programme du candidat François Hollande.
Le nouveau gouvernement veut ainsi abroger une loi qui n’a même pas un an (instaurée en août 2011 et appliquée seulement depuis janvier 2012) : les tribunaux correctionnels pour mineurs, composés de trois juges professionnels, devaient ainsi juger les récidivistes de 16 à 18 ans encourant une peine égale ou supérieure à trois ans de prison.
Si la mesure de Hollande-Taubira est appliquée, et avant même qu’on ait pu juger de l’efficacité de la loi qu’ils veulent abroger, ces mineurs très délinquants retourneront donc au lot commun de la justice pour mineur : juge unique pour enfants assisté de deux citoyens « ayant une expérience des questions liées à l’enfance », autre dit des assistants sociaux généralement favorables à la culture de l’excuse.
Voilà « une priorité » du nouveau gouvernement, selon Chistiane Taubira.
Or ces « jeunes » qui risquaient la correctionnelle, c’étaient des récidivistes endurcis : un risque de trois an de prison ou plus, ce n’est pas pour un vol de bonbons, mais pour des actes de violence grave (viols en réunion, tabassage de personnes âgées, actes de torture, braquages avec armes, et que sais-je encore), commis par des « jeunes » pour qui la justice des mineurs se révélait inefficace.
Hollande-Taubira entrent totalement dans le jeu de l’excuse sociale, en leur disant : vous n’êtes plus des jeunes délinquants multirécidivistes, mais des citoyens en devenir, en pertes de repères.
De plus cette loi avait été mise en place pour éviter la tendance lourde qui faisait que les « caïds » utilisaient les « petits frères », qui risquaient moins quand ils avaient moins de 18 ans. Le projet Hollande-Taubira est donc tout simplement un encouragement à revenir à ces pratiques, ce qui reviendra à une augmentation de la violence des 16-18 ans.
C’est également un très mauvais signe envoyé aux policiers de plus en plus agressés par des délinquants de plus en plus jeunes qui n’ont plus aucun respect de l’autorité, ni policière ni judiciaire.
En résumé, la nouvelle garde des Sceaux a choisi son camp : celui de la « racaille » contre celui des victimes, des honnêtes gens (et en particulier des jeunes qui se tiennent correctement), des forces de police et de ceux qui, parmi les magistrats, croient encore en l’efficacité de la sanction pénale.
Ca promet pour la suite…
Roger Heurtebise
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