Un islam pacifique ne pourrait émerger que sous la contrainte (5)

Publié le 10 janvier 2017 - par - 12 commentaires - 541 vues

L’islam est un totalitarisme théocratique né au VIIe siècle dans ce Moyen-Orient guerrier, tribal, esclavagiste et patriarcal qui avait déjà produit, deux mille ans auparavant, le judaïsme primitif : il a très naturellement intégré la violence constitutive du mode de vie des bédouins, violence dont les premières traces se trouvaient déjà dans la loi mosaïque (1). Toutefois, contrairement au judaïsme qui, sous la domination des grandes civilisations de l’antiquité, a été obligé d’évoluer en développant une spiritualité indépendante du pouvoir séculier, l’islam s’est trouvé, à son époque, dans une position de supériorité conquérante : au cours des siècles qui ont suivi, il n’a donc pas évolué parce qu’il n’en a pas eu le besoin (2). Il est resté ce qu’il a toujours été : une civilisation médiévale, dont le système sociopolitique figé est incompatible avec le nôtre (3).

Il n’empêche qu’une partie de la population française, sans parler de nombreux immigrants, est de culture musulmane tout en trouvant bien agréable d’avoir troqué le système islamique contre celui de l’Occident. Est-il possible, dans ces conditions, que naisse une forme modernisée de la religion musulmane, un islam pacifique, un « islam des Lumières » comme disent certains ?

Objection classique : Les textes religieux sont prétendus avoir été inspirés par Dieu et devoir demeurer immuables. Abroger certains versets de la Bible ou du Coran, même ceux que notre morale actuelle juge ignobles, est donc impensable, ce serait un sacrilège ! Mais en réalité, lors de la fondation des religions concernées, les hommes n’ont pas craint de s’arroger le droit de décider de ce qui était divin et de ce qui ne l’était pas : la sélection par les chrétiens des écrits bibliques canoniques (par rapport aux autres textes dits « apocryphes ») a été faite à la fin du IVe siècle, notamment aux conciles de Rome (en 382) et de Carthage (en 397) ; les sourates coraniques, quant à elles, ont été fixées plus de dix ans après la mort de Mahomet, notamment sous le règne du calife Uthman (644-656). Pourquoi donc ne pourrait-on pas aussi, de nos jours, pratiquer un aggiornamento de ces textes ? Tout simplement pour une raison de foi : si certains passages étaient invalidés, qu’est-ce qui garantirait la prétendue crédibilité du reste ? Et également pour une autre raison, c’est que la modification de ces textes n’est pas nécessaire : il suffit de n’en lire que ce qu’on veut !

La lecture sélective (et l’invention de nouveaux dogmes), c’est ce que la chrétienté a fait depuis des siècles : les catholiques ont construit de toutes pièces le mythe de la Vierge Marie en passant sous silence l’existence des frères et sœurs de Jésus (Matthieu 13 : 55 ; Marc 6 : 3), tandis que les diverses Églises issues du protestantisme ont développé leurs propres lectures, plus ou moins littérales et plus ou moins inventives, de la Bible (créationnisme, millénarisme, etc.) ; mais silence de tous sur l’implication divine (Deutéronome, chapitre 20) dans les guerres de conquête et les génocides – ça, on n’en parle jamais ! Dans ces conditions, on ne voit pas ce qui pourrait empêcher, dans nos pays occidentaux, l’émergence d’un islam pacifique qui manifesterait la même amnésie à l’égard des versets criminogènes du Coran…

… D’autant que cela a déjà existé, du moins à petite échelle. L’immigration musulmane ne date pas d’hier – elle débuta à la fin du XIXe siècle pour s’accélérer dans l’entre-deux guerres, ce qui se concrétisa par la construction de la Grande Mosquée de Paris. Or je n’ai pas le souvenir d’avoir vu, à l’époque de ma jeunesse parisienne (qui remonte au milieu du siècle dernier), beaucoup d’actes de violence ni même de prosélytisme agressif de la part des musulmans ; pour la plupart, ils étaient plutôt gentils et, dans la mesure où ils pratiquaient leur religion, c’était sans ostentation ; ils étaient conscients de l’opportunité que leur offrait la France, pays dans lequel ils souhaitaient visiblement vivre en paix. N’avaient-ils pas, pourtant, le même Coran qu’aujourd’hui ?… Alors, qu’est-ce qui a changé ?

Ce qui a changé, c’est évidemment d’abord la lecture intégriste de ce Coran propagée par le salafisme : ce courant religieux d’inspiration wahhabite né en Égypte en réaction contre la domination occidentale, puis devenu politique sous l’influence de l’Arabie Saoudite, et finalement djihadiste à partir de la guerre d’Afghanistan, se sert du Coran pour justifier le désir de revanche et les ambitions impérialistes qui l’animent. Mais ce qui a changé aussi et surtout, c’est l’évolution de notre propre mentalité. Autant l’islam est une civilisation certes médiévale mais vigoureuse, autant nos sociétés d’Europe occidentale sont décadentes : pour les conquérants salafistes, nous devenons colonisables – des « bouffons », comme disent les racailles avec juste raison : pourquoi nous respecterait-on quand nous ne nous respectons plus nous-mêmes ? Dans ces conditions, il n’y a aucune raison pour que l’islam, chez nous, évolue ; bien au contraire, si nous ne réagissons pas, c’est nous qui abandonnerons petit à petit le peu de convictions qui nous reste pour nous soumettre à la loi islamique.

L’islam, en France, n’évoluerait (peut-être) que si nous l’y obligions par la force, à savoir une « tolérance zéro » quant au respect, sans dérogation aucune, de nos mœurs et de nos lois. Cela supposerait – je parle bien entendu au conditionnel – que la police traque efficacement non seulement les terroristes mais aussi les délinquants, que la justice les condamne sans états d’âme et que le système pénitentiaire leur ôte toute envie, voire toute possibilité, de récidiver. Alors les musulmans n’auraient d’autre alternative que de s’adapter ou de partir. Il est probable que beaucoup choisiraient de rester, en fermant les yeux sur ce qui, dans leur culture islamique, n’est pas compatible avec notre civilisation. Cela leur serait d’autant plus possible que, en islam comme dans les autres religions, la grande majorité des soi-disant « croyants » n’a qu’une notion très sommaire de la littérature sacrée : pour autant qu’ils soient pratiquants, ils ne connaissent que ce que leur ministre du culte veut bien leur raconter ; et à défaut, ils n’ont que les vagues souvenirs qu’ils ont gardés de l’instruction religieuse de leur enfance… L’État pourrait donc modifier la mentalité de ces gens par une éducation adéquate, sous réserve de parvenir d’abord à empêcher la propagation de l’enseignement salafiste.

On lit ici et là que la solution consisterait à coopérer avec les institutions musulmanes pour influer sur le choix et la formation des imams – je pense pour ma part que ce serait une mauvaise stratégie. Pour un État laïque comme le nôtre, ce serait avaler son chapeau que de négocier d’égal à égal avec des instances religieuses considérées comme partenaires en leur demandant poliment de bien vouloir édulcorer leur catéchisme en échange de subventions plus ou moins bien déguisées. En revanche, un ministère de l’Intérieur (et des cultes) digne de ce nom se devrait de surveiller le contenu des harangues religieuses – on le fait bien pour les discours politiques ! – et de sanctionner systématiquement, par l’arrestation de l’orateur et la fermeture du lieu de culte, tout propos tombant sous le coup de la loi : les associations musulmanes, dans la mesure où elles veulent se maintenir dans ce pays, comprendraient rapidement où se trouve leur intérêt…

En fin de compte, la possibilité que l’islam, en France, se débarrasse de son intégrisme et devienne compatible avec notre démocratie séculariste est donc bien réelle, à condition que nous ayons suffisamment de volonté pour l’y contraindre – nous en sommes hélas bien loin actuellement. Ce qui est plus douteux en revanche est l’avenir d’un tel courant religieux. D’une part, à l’échelle du monde musulman, cet islam occidentalisé ne sera jamais qu’une hérésie inaudible : nous ne devons jamais oublier que l’islam, le vrai, est celui du Coran et de la Sunna, donc celui du wahhabisme salafiste. Les pays et les organisations qui, derrière l’Arabie Saoudite, s’appuient sur le wahhabisme pour conquérir un maximum de territoires resteront dangereux pendant très longtemps encore, compte tenu des moyens financiers considérables dont ils disposent. Ils ne manqueront pas d’essayer de nous déstabiliser, tant par la propagande que par le terrorisme : nous ne sommes pas au bout de nos peines.

D’autre part on peut s’interroger sur la nature phylogénique de cet islam pacifique que nous pourrions « sélectionner » en France et en Europe : serait-ce le point de départ d’un véritable phylum évolutif, ce qui impliquerait de sa part une capacité à attirer des prosélytes issus des cultures européennes, ou serait-ce seulement un courant décadent qui s’éteindrait en quelques générations ? Quand la Révolution française, puis la IIIe République, ont mis fin au cléricalisme, la religion catholique a survécu parce qu’elle était fortement implantée dans la culture de notre pays, ce qui n’est pas le cas de l’islam : en adoptant notre mode de vie, les musulmans tendent au contraire à perdre leurs convictions religieuses, quand ils ne se convertissent pas au christianisme – car, pour tout dire, si l’on enlève à l’islam son intégrisme hégémonique, que lui reste-t-il que le judaïsme et la chrétienté n’aient déjà apporté ? Les historiens du XXIIe siècle auront là d’intéressants sujets de thèses…

Jean-Marie Blanc

(novembre 2016)

  1. Voir l’article « L’islam n’a pas inventé la violence, il a intégré celle de son époque» (Riposte Laïque, 1er décembre 2016) : http://ripostelaique.com/lislam-na-pas-invente-la-violence-il-a-integre-celle-de-son-epoque-1.html
  1. Voir l’article « Contrairement à d’autres religions, l’islam n’a pas eu besoin d’évoluer» (Riposte Laïque, 13 décembre 2016) : http://ripostelaique.com/contrairement-a-dautres-religions-lislam-na-pas-eu-besoin-devoluer-2.html
  1. Voir l’article « L’islam est une civilisation médiévale incompatible avec la nôtre» : http://ripostelaique.com/lislam-est-une-civilisation-medievale-incompatible-avec-la-notre-4.html

12 réponses à “Un islam pacifique ne pourrait émerger que sous la contrainte (5)”

  1. laurent k. dit :

    les muzzs savent et se disent 10 millions dans le pays :
    c’est une force politique
    il se savent d’une démographie deux fois supérieure : la guerre la plus rude se joue dans les maternité
    NICE est un exemple qui consiste à éliminer le kouffar
    c’est de l’attrition qui consiste à « pourrir » la vie du kouffar pour qu’il cède le terrain et renonce à se battre…
    par le dit racisme et islamophobie, ils ont des soutiens politique
    ils pensent avoir gagné la FRANCE
    mais pas les français, car les français seraient bien cons de ne pas voter FRONT NATIONAL pour envoyer dans les poubelles de l’histoire cet UMPS qui les a livrés à la violence des muzzs
    et traduire ces politiques devant les tribunaux pour corruption et haute trahison

    • Pierre Régnier dit :

      Vous ne semblez pas avoir intégré, Laurent, que le Front National a rejoint les autres partis politiques dans cette sotte conviction que l’islam est compatible avec la république telle qu’elle existe en France.

  2. Eschyle 49 dit :

    Comment intégrer les immigrés ? Suivez les suisses :
    CEDH , intégration : https://www.letemps.ch/suisse/2017/01/10/cours-natation-obligatoires-cour-europeenne-droits-lhomme-donne-raison-suisse
    CEDH , arrêt 29.086/12 du 10 janvier 2017 , OSMANOĞLU ET KOCABAŞ c. SUISSE , intégration : http://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-170346

  3. HUINENG dit :

    Commentaires bouddhistes : Quand une religion est aux commandes d’un paysr, vous pouvez être sûr qu’elle le maintiendra son pays dans l’arriération et qu »elle pratiquera la discrimination des autres modes de pensée, cela vaut pour l’islam bien sûr mais aussi pour la France d’avant la déclaration des Droits de l’Homme, mais aussi pour des pays bouddhistes comme le Tibet ou le Boutan ..
    Bouddha, 500 ans avant la venue de Jésus, avait tout compris en la matière  » Ne vous laissez par guider par l’autorité des textes religieux, ni par la simple logique ou les allégations, ni par les apparences, ni par la spéculation sur des opinions, ni par des vraisemblances probables,  » ;

    • Pierre Régnier dit :

      Actuellement, en France, ce sont des « laïcs » qui sont aux commandes, mais ils sont nettement pires que l’église catholique quand c’était elle qui dirigeait car leur laïcité consiste à traiter de la même manière les religions appelant à l’amour – même si elles restent très imparfaites et non dépourvues d’hypocrisie – et celle, l’islam, qui appelle à la haine et à la violence.

  4. Pivoine dit :

    « au judaïsme qui, sous la domination des grandes civilisations de l’antiquité, a été obligé d’évoluer  »
    Les Romains qui occupaient Jérusalem étaient horrifiés par la cruauté des lois judaïques (appliquées par certains pays : c’est la charia). A tel point qu’ils ont fini par les interdire. Nul doute que les Hébreux ont dû apprécier la nouvelle législation, et on comprend qu’ils n’y soient pas revenus.
    Malheureusement, les musulmans suivent des préceptes qui datent de + de 3000 ans…

  5. lafronde dit :

    Excellent article qui met en lumière le lien entre islam et pouvoir séculier. C’est aussi la thèse d’Olaf dans son « grand secret de l’islam ». Au pouvoir, une religion ou une idéologie (l’islam tient des deux) tend souvent à devenir oppressive. Les pérégrinations des hébreux entre les empires antiques les avaient obligé à polir leur religion. Les persécutions romaines obligèrent les premiers chrétiens à rassembler plus qu’à exclure. Une religion évolue aussi sous la contrainte de la Loi civile, qui pour être légitime doit provenir du Peuple : Droit coutumier, ou d’un pouvoir lui aussi légitime : Droit romain, Code civil. La politisation progressiste du Droit européen et français affaiblit son autorité morale face à la Loi d’Allah. De ceci, nous citoyens avons notre part de responsabilité.

  6. Catherine Ségurane dit :

    Un Islam pacifié peut-être, un Islam pacifique sûrement pas !

  7. Pierre Régnier dit :

    …/… L’islamisation continuée par la vraie Droite serait la suite banale de sa conception du sacré. L’islamisation actuellement continuée par la « Gauche » est UNE TRAHISON, un abandon de la démocratie, des Droits humains, de l’égalité des femmes et des hommes, de la liberté d’expression…

    (*) DÉSACRALISER LA VIOLENCE RELIGIEUSE (éd. du Panthéon, avril 2016)

  8. Pierre Régnier dit :

    Un grand merci à Jean-Marie Blanc pour cette belle série bien argumentée.

    Personnellement je ne crois pas à « l’émergence d’un islam pacifique qui manifesterait la même amnésie à l’égard des versets criminogènes du Coran ». Il ne faut pas les « oublier », il faut les DÉSACRALISER (surtout pas les effacer). Mais ça ne peut se faire que si on entreprend, dans le même temps, la désacralisation des fondements moins directement criminogènes du judaïsme, du christianisme et du bahaïsme (*).

    La poursuite de la prétendue « bonne islamisation » du pays par la fausse Gauche – et demain par la vraie Droite si l’on s’en tient aux positions actuelles – est pour les islamistes la certitude qu’ils vont pouvoir continuer d’avancer en France et en Europe. …/…

  9. Franck dit :

    l’islam sera devenu pacifique uniquement quand tous les musulmans auront ete eradiqués de cette planete (napalm ou bombes nucleaires), et que le coran aura ete brulé… Le reste n’est que foutaises de depravés religieux invertis, et sa cohorte de nazislamistes collabos (bien francais ceux la)….

  10. ROB dit :

    C’est la TRISTE réalité face l’exploitation du coran et des plus beaux sentiments humains par trop de despérados soit disant musulmans ou « islamo collabo bizounours ».