Valls est un parfait petit bureaucrate stalinien au service de Bruxelles

Débat instructif entre MLP et Manuel Valls dans « Des paroles et des actes » de jeudi 6 décembre. Un non débat en fait, pour cause de refus de débattre de la part du ministre. Mais un non débat qui a l’avantage de nous apporter quelques lumières crues sur le personnage.

Devant une Marine Le Pen pourtant assez peu inspirée, (une MLP en plein recentrage BCBG, comme en Italie Gian Franco Fini dès les années 2000), réticente à trop s’aventurer dans « la chronique » que tout le monde est sensé connaître (pourquoi ce dédain ?), « chronique » qui pourtant donne les exemples les plus percutants, les plus irrécusables, (c’est bon pour les manants de l’islamophobie militante ?), Valls s’est fait bousculer, acculer dans ses derniers et piteux retranchements. Lesquels ?

En fait, le débat a été mené par MLP et Valls est resté constamment sur la défensive. La stratégie du leader frontiste a consisté à décrire le changement de contexte par rapport à l’ére Sarko (la crise) et à s’étonner qu’un changement de situation politique n’entraîne pas de changement politique dans le domaine de l’immigration et de la protection des français les plus faibles. Logique et de bon sens. Imparable. Valls a été placé devant une double contrainte : il a été doublement incapable, incapable de contester le constat de MLP sur la crise et ses conséquences (avec les problèmes liés à l’immigration), ET tout aussi incapable de justifier l’immobilisme politique qui est le sien (le refus de changer quoi que ce soit en terme de régularisation, naturalisation…etc) et qui rapproche sa position de celle de Sarkozy en tous points, chiffres compris.

Le piège monté par la présidente du FN fonctionnait donc à plein régime. Celle-ci ne cessait d’alourdir le dossier du réel. Quant à notre représentant d’une gauche soit disant non utopiste, d’une gauche réaliste, normalement vu comme un bon politique apte à prendre en compte les problème des citoyens et à y remédier (la politique doit quand même servir à quelque chose et pas seulement à produire du discours !), bref le grand pragmatique présumé ne trouvait aucun élément pour sortir d’une politique de la cécité et pour clarifier une position de refus de tout mouvement dans les domaines évoqués. Il voyait le garrot se resserrer de plus en plus. Jusqu’à une totale asphyxie argumentative.

Ou plutôt non. Il y eut des échappatoires – « vous faites des formules, des calembours douteux comme votre père » alors qu’il n’y avait pas l’ombre d’un calembour. Il y eut des amalgames. Des contre vérités (vous faites de l’idéologie), de la désinformation. Des incantations aussi. Il suffisait de « donner des règles » (quelles nouvelles règles ?), de respecter « le droit » (eurocratique ?), d’ « organiser » (Comment ?), de « maîtriser» (Comment ?) l’immigration. Et tout ira au mieux. Devant le vide de la parole ministérielle,  on comprenait qu’il ne fallait pas déroger aux credos bruxellois en matière d’immigration et de droidelommisme. Toucher à rien. Comme dans un magasin de porcelaine ! Et on voyait clairement de quel côté, et sans peine, très paradoxalement ! se trouvait l’idéologue et le pragmatique de bon sens.

Mais le martyre (et la démonstration) n’était pas fini.

MLP avait monté un deuxième piège, celui-ci en liaison avec l’idéologie même de son opposant. Il consistait à lui opposer le pragmatisme de l’inventeur du droit-de- lhommisme. Comment Valls pouvait-il être en contradiction avec l’inventeur même de son credo ? Elle cita donc les propos de René Cassin.

«  Une société démocratique peut instaurer des limitations des droits fondamentaux, dictée par de justes exigences de l’ordre public et du bien être, plus rigoureuses pour les étrangers que pour les nationaux. On ne saurait donc considérer que le progrès vers l’universalité dont témoigne la Déclaration, conduise à l’uniformité du régime de l’étranger et du national

Perte de pédales. Panique et raisonnements dilatoires. Le nom de Cassin dans une telle bouche, quel blasphème….. ! Alors vite, se raccrocher aux branches avec le père, le FN canal historique…etc. Le hors sujet total. La bête prise au piège se débattait dans tous les sens. Le refus du débat à la puissance 10.

Si René Cassin avait avec intelligence prévu l’objection qui pouvait mettre en danger son système si celui-ci était appliqué de façon mécanique, automatique et trop généraliste, il devenait absolument évident que Valls se mettait par fanatisme dans la posture de l’idéologue le plus dogmatique, celui qui ne saurait prévoir la moindre exception, le moindre amendement, la moindre inflexion, le moindre changement (C’est pas maintenant !) à une doctrine absolutisée et qui devrait s’appliquer identique en tous temps et en tout lieux. Du René Cassin mais sur le mode du stalinisme. Du droitdelhommiste revu et corrigé par une bureaucratie au front de taureau, entêtée jusqu’à l’absurde à faire triompher un point de vue absurde.

Le mythe d’un Valls républicain-néo-chevènementiste a vécu. Et n’en déplaise à Marine Le Pen, même celui d’ « un maillon entre UMP et PS » ! Le masque s’est désagrégé pour ne laisser apparaître que la morgue du techno arrogant, de l’apparatchik bunkerisé, sûr de son petit égo et d’un catéchisme fait de suivisme bien pensant, de gaucho-européisme borné.  Comme si un clone des membres de la commission de Bruxelles était venu nous administrer. Avec comme seule boussole idéologique, un anti-lepénisme primaire et obsessionnel, finalement le seul programme idéologique du PS depuis Tonton. Refus du réel, juridisme abstrait, utopisme universaliste.

Et perinde ac cadaver !

Il arrive aussi que les duels médiatiques fassent un mort.

André Bordes

 


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