Droit de tuer, homosexualité, femmes… ce qu’écrit Youssef Qaradawi, dans « Le licite et l’illicite en islam »

Publié le 14 mars 2011 - par - 5 535 vues
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La semaine dernière, j’évoquais le « grand savant » Qaradawi et son appel du Caire au « dialogue constructif » : « Par millions sur Jérusalem nous marchons ».(1) Voici des morceaux choisis extraits de son livre Le licite et l’illicite en islam, que l’on peut trouver en vente libre, édité par les Editions Al Qalam, Paris, 2005. (2)

Le livre débute par cette précision d’une importance capitale, car elle montre le caractère dogmatique, irréformable, théocratique de l’ensemble des interdits explicités ensuite : « Le deuxième principe de l’islam définit l’autorité compétente pour autoriser ou interdire. Il a retiré cette autorité des mains des hommes, quelle que soit leur position dans la religion de Dieu ou dans le monde des hommes. Il en fait le droit exclusif du Seigneur exalté. Ni les rabbins, ni les moines, ni les rois, ni les sultans n’ont le droit d’interdire définitivement quelque chose aux créatures de Dieu. Celui d’entre eux qui a fait cela a outrepassé ses limites a transgressé les prérogatives législatives du Seigneur. Quiconque accepte ce qu’ils ont fait et le suit, a donné des associés à Dieu et cette obéissance est considérée comme de l’associationnisme. » (p.19) Cette précision est de taille, elle signifie ni plus ni moins que l’homme ne peut pas faire sa propre loi. Pour Qaradawi, il ne peut la tenir que de la révélation coranique. Donc la démocratie et son islam ne sont pas compatibles, ils sont même en conflit ouvert, car le fait de se donner ses propres lois, c’est considéré comme de « l’associationnisme », le plus grand crime dans l’islam.

L’homosexualité « Pour compléter les règles islamiques quand à l’instinct sexuel, il nous reste à voir que l’Islam a aussi interdit l’homosexualité qu’on désigne par « ce que faisait le peuple de Loth », comme il a interdit la fornication et tous les moyens qui y aboutissent. (…) Les savants en jurisprudence ne furent pas d’accord sur le châtiment que l’on doit infliger à l’auteur de cette immoralité. Est-ce que les deux partenaires reçoivent le châtiment du fornicateur ? (la lapidation) Est-ce que l’on tue l’actif et le passif ? Par quel moyen les tuer ? Est-ce avec un sabre ou le feu, ou en les jetant du haut d’un mur ? Cette sévérité qui semblerait inhumaine n’est qu’un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu’à la perte de l’humanité. » (Troisième partie « Le licite et l’illicite dans le mariage et dans la vie familiale » Chapitre 1 : Dans le domaine de l’instinct. p.174-175)

Ce qu’on doit faire quand la femme se montre fière ou rebelle

« L’homme est le seigneur de la maison et le maître de la famille d’après sa constitution, ses prédispositions naturelles, sa position dans la vie, la dot qu’il a versé à son épouse et l’entretien de la famille qui est à sa charge. Pour toutes ces raisons la femme ne doit pas se rebeller contre son autorité provoquant ainsi la détérioration de leur association, l’agitation dans leur maison ou son naufrage du moment qu’elle n’a plus de capitaine.
Quand le mari voit chez sa femme des signes de fierté ou d’insoumission, il lui appartient d’essayer d’arranger la situation avec tous les moyens possibles en commençant par la bonne parole, le discours convaincant et les sages conseils. Si cette méthode ne donne aucun résultat, il doit la bouder au lit dans le but d’éveiller en elle l’instinct féminin et l’amener ainsi à lui obéir pour que leurs relations redeviennent sereines.
Si cela s’avère inutile, il essaie de la corriger avec la main tout en évitant de la frapper durement et en épargnant son visage. Ce remède est efficace avec certaines femmes, dans des circonstances particulières et dans une mesure déterminée. Cela ne veut pas dire qu’on la frappe avec un fouet ou un morceau de bois. (…)

L’Imam al-Hafiz Ibn Hajar a dit : « Il y a dans ces paroles du Prophète (BSDL) « Jamais les meilleurs d’entre vous ne frappent leurs femmes » une preuve qu’il est globalement permis de les frapper pour les corriger, si le mari voit chez elle quelque chose qu’il n’aime pas dans sa façon d’accomplir son devoir d’obéissance envers lui. S’il se contente de la menacer ou de lui faire des remontrances, cela est préférable toutes les fois qu’on peut atteindre son but par la suggestion sans recourir aux actes, car cela détériore la bonne entente qui doit régner dans la vie conjugale. Maintenant, s’il s’agit d’une affaire où il y a désobéissance envers Dieu, il doit la frapper. » (Chapitre 3 Les rapports entre les deux époux, p.207-208)

Les cas où il n’est plus interdit de tuer. « Dieu exalté a dit : « Ne tuez pas, sauf en toute justice, votre prochain que Dieu a déclaré sacré. » (6 :151) Cette justice dont parle le Coran désigne la sanction d’un péché dans l’un des trois cas suivants :

1) Le crime prémédité. Si on détient des preuves sûres qu’un personne a tué quelqu’un, on doit lui appliquer la loi du talion : « vie pour vie ».(…)

2) L’accomplissement prouvé de l’acte immoral de la fornication par un musulman. Il faut que quatre hommes parmi les plus intègres, témoignent qui ont vu les fornicateurs accomplir cet acte. Il faut aussi qu’ils soient déjà mariés, connaissant ainsi la voie ce qui est permis. En l’absence d’un tel témoignage, il suffit que le fautif reconnaisse quatre fois de suite devant le juge qu’il a forniqué.

3) L’apostasie de l’Islam après l’avoir embrassé et le dire ouvertement pour défier la société islamique. L’islam n’impose à personne de devenir musulman, mais il ne tolère pas qu’on joue avec la religion. (…) » (Quatrième partie « Le licite et l’illicite dans la vie courante du musulman », Chapitre 4 : Les relations sociale. p.326)

Le caractère sacré des biens

« Rien n’empêche le musulman d’amasser autant qu’il veut de richesses, tant qu’il les acquiert par une voie licite et ne les faits croître que par des moyens légaux. (…) Le Messager (BSLD) a réuni ensemble le caractère sacré des biens, du sang et de l’honneur. Il a fait du vol un acte s’opposant aux préceptes de la foi. Il a dit en effet : « le voleur n’est pas croyant au moment où il commet le vol. » (Unanime) Dieu exalté a dit « Le voleur et la voleuse, coupez-leur la main en punition de ce qu’ils ont commis à titre de sanction de Dieu. » (5:38) (p.328)

Voilà le maître spirituel des Frères musulmans dans le texte : un défenseur de la théocratie, un avocat de la condamnation à mort des apostats, des adultères et des homosexuels, de la violence conjugale, et de l’amputation des voleurs. Notre ministre des Affaires étrangères aurait dû le lire avant de rencontrer ses fidèles (2), et dire à leur propos qu’ils avaient une vision de « l’islam respectueuse de la démocratie », car le disciple n’est pas plus grand que son maître.

Radu Stoenescu

(1) http://alqalam.fr/catalogue.php?var=4&PHPSESSID=e5226cfa0f55ac71e976f911f7f3d5e1

 Pour les anglophones, le livre est en entier ici :

http://www.witness-pioneer.org/vil/Books/Q_LP/index.htm

(2) http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/03/06/97001-20110306FILWWW00168-juppe-echange-avec-des-freres-musulmans.php

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