1

‌Mali : des officiers français derrière les putschistes ?

Quelques dizaines de soudards, très excités, récupérés par le colonel-major Ismaël Wagué, au camp de l’armée de terre de Kati, dans les environs de Bamako, ont pris le pouvoir, avec l’aval ou la complicité passive des 5 000 militaires français présents su Mali.

« Les 7 mercenaires » (nouvelle version) qui dirigent le Mali autour du colonel-major de l’armée de l’air Ismaël Wagué,

Depuis des mois, un certain nombre de Français rêvaient d’un coup d’État en France pour rétablir les libertés démocratiques. Le coup d’État a bien eu lieu. Mais au Mali. Pour renverser un Président appuyé par son ami Emmanuel Macron.

https://www.msn.com/fr-fr/video/actualite/coup-detat-au-mali-le-pr%c3%a9sident-ke%c3%afta-et-le-premier-ministre-arr%c3%aat%c3%a9s/vi-BB187nLF

Au petit matin, un colonel d’aviation, le colonel-major Ismaël Wagué, chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air, formé par les officiers de l’armée française, arrête Ibrahim Boubacar Keïta, le Président malien, en pyjama, et tous les responsables de l’État malien, avec quelques dizaines de militaires de l’armée de terre, et prend le pouvoir.

https://amp.lefigaro.fr/story/les-5-infos-a-connaitre-ce-19-aout-13440

Le soir venu, la France « condamne avec la plus grande fermeté » la « mutinerie », via le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, dans un communiqué. « La France réaffirme avec force son plein attachement à la souveraineté et à la démocratie maliennes » et « les autorités françaises au plus haut niveau restent très attentives à l’évolution de la situation au Mali », a insisté le ministre des Affaires étrangères. Quelque 5 100 militaires français sont déployés au Sahel, notamment au Mali, dans le cadre de l’opération anti-djihadiste Barkhane.

L’enfumage du septuagénaire « papy Jean-Yves le Drian » est un gros. Comment la France pourrait-elle être totalement étrangère au coup d’État du Mali ? Le colonel Ismaël Wagué, chef d’état-major adjoint de l’aviation, ne disposait d’aucune troupe. Tout au plus un secrétaire et un chauffeur. Il a dû débaucher quelques dizaines de soudards, au camp de l’armée de terre de Kati, dans les environs de Bamako, « qui tiraient en l’air dans la caserne » rapporte le correspondant de l’AFP.

C’est d’ailleurs dans le camp de Kati, dans cette même caserne, qu’avait commencé, en 2012, le coup d’État contre le Président Amadou Toumani Touré. Mais, à la différence de 2012, 5 000 militaires français (essentiellement des unités d’élite et de Légion étrangère), sont stationnés aux quatre coins du Mali. Si l’État français n’avait pas cautionné ce coup d’État militaire, avec un feu vert, ou peut-être orange, les unités françaises auraient reçu l’ordre d’intervenir, de balayer les putschistes, et de libérer le président de la République malienne et ses ministres !

Depuis 2019, et avant de passer à l’action, le colonel-major Ismaël Wagué tenait des propos musclés sur les réseaux sociaux (comme le général Antoine Martinez en France). Mais, lui est passé à l’action.

http://mali-web.org/societe/forces-armees-et-de-securite-la-montee-en-puissance-se-poursuit

http://malikibaru.com/?p=2681

https://malijet.co/crise-malienne/protection-des-sites-sensibles-la-troupe-teste-ses-capacites

Depuis les années 1970, lors de chaque putsch réussi dans un pays d’Afrique, il y avait des officiers français et des instructeurs derrière les officiers mutins. Le maintien en vie du Président, du Premier ministre et des ministres maliens arrêtés plaident pour un encadrement français. En l’absence de garde- fou, ils auraient été fusillés après l’allocution du président IBK à la télévision, dans la plus pure tradition africaine.

Il est probable que les dirigeants déchus seront bientôt exfiltrés, et gagneront la France pour vivre aux crochets des contribuables.

Francis GRUZELLE

Carte de Presse 55411