10 millions de musulmans, et Cazeneuve est fier d’annoncer 34 expulsions…

Publié le 24 novembre 2015 - par - 2 commentaires - 977 vues
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cazeneuveimam2Après les derniers attentats de Paris, la classe politique, quasi unanime, martèle qu’il faut détruire l’Etat Islamique (Daesh) et sauver l’Unité Nationale. Pour ce qui est de détruire Daesh, nous sommes encore loin du compte. Et ces 20 bombes sur Raqqa, que l’on nous présente comme un bombardement massif de représailles (les Américains ont du en larguer 50 fois plus sur Coutances au matin du 6 juin 1944, y faisant 600 morts sans raison stratégique sérieuse), sont plutôt de la gesticulation, ou de la communication, si on préfère. Quant à l’Unité Nationale, dans un pays de « diversité » et son corollaire, le communautarisme, c’est devenu un concept illusoire surtout destiné à masquer la peur de la guerre civile. Alors, peut-être faudrait-il faire le contraire de ce qu’on nous chante :  ne pas s’occuper de ce que font les Arabes chez eux, ce qui donne matière à leur propagande anti Croisés, mais s’occuper de ceux qui se sont installés chez nous.

A quelques nuances près : ne pas laisser les Chiites irakiens, désormais majoritaires en Irak, opprimer leurs compatriotes sunnites comme ils l’ont fait, ce qui a développé Daesh, qui s’est créé d’abord contre l’occupation américaine puis a pris toute son ampleur contre les Chiites (voir les travaux de Pierre Conesa, historien, énarque et ancien fonctionnaire du Ministère des Armées). Il est vrai qu‘avec Saddam Hussein, le clan sunnite ne s’était pas privé auparavant d’opprimer les Chiites et de se réserver les compétences militaires, ce dont on voit encore le résultat avec l’inefficacité des troupes chiites irakiennes contre Daesh, qui a « récupéré » nombre d’officiers sunnites de Saddam. Simultanément, ne pas accabler Bachar el-Assad. Mieux vaut les dictateurs laïcs que les Frères Musulmans et les Fous de Dieu, ou les fous tout court.

On continue de critiquer Assad, alors que les Iraniens sont en train de revenir en grâce auprès des Occidentaux, pour l’aide qu’ils apportent contre Daesh en Irak. Là aussi, je crains que nous n’ayons tout faux. Depuis quelques décennies, nous associons la Syrie des Assad, père et fils, à l’Iran des Ayatollahs, car les deux sont Chiites et passent pour très anti-israéliens. Je crois qu’il vaudrait mieux les dissocier et s‘employer à rompre leur alliance en les traitant de façon différenciée. L’Iran reste un Etat religieux, alors que les Assad sont fondamentalement laïques, quoique adeptes d’une branche très particulière du Chiisme.

L’Iran reste fanatiquement anti-israélien et proclame toujours sa volonté de détruire Israël. Assad est beaucoup moins virulent sur ce sujet. Et je soupçonne l’Iran de vouloir se rendre indispensable en Irak pour mener à bien ses projets de nucléaire militaire, sans respecter l’accord qu’il vient de signer. Alors peut-être faudrait-il ne frapper Daesh, en représailles non disproportionnées à ses attentats, qu‘en Syrie, et mieux cibler Al Nosra, filiale syrienne d’Al Qaïda, ce que font prioritairement les Russes, pour remettre Assad en selle, donc faire à peu près le contraire de la diplomatie fabiusienne. Et corrélativement, ne plus intervenir contre Daesh en Irak et laisser ce pays aller vers une partition entre Kurdes, Sunnites et Chiites. Le problème n’est pas tant Daesh que les « jeunes » de nos « cités », voire de Molenbeek, qui se sentent «  discriminés ». Mais nous sommes en droit de les discriminer. Et pas que positivement, si bon nous semble.           

Sur un tout autre sujet : un bon ministre de l’Intérieur est un ministre avec lequel il ne se passe rien… car il a fait le nécessaire en amont. Ce n’est pas quelqu‘un qui s’en va déclarer sur RTL (le 05/8/2014 ) que « ce n’est pas un délit de prôner le Djihad » (son fan club de la Mosquée d’Octeville, ville dont il fut maire à ses débuts de parachuté, a dû jubiler !), qui va faire des bisous aux clandestins de Calais et qui se précipite sur toutes les scènes de crime en débitant d’un air pénétré des fadaises du genre « c’est inacceptable ». Bien sûr qu’on ne peut pas l’accepter, mais ce qu’il faut surtout c’est l’éviter, de préférence en étant épaulé par un ministre de la Justice qui aime la France et n’excuse pas systématiquement ceux qui la détestent.

Après les carences, réelles mais occultées, de la protection de Charlie Hebdo, nous en sommes aux massacres au hasard. Les coups de menton qui se veulent virils et consistent à annoncer 34 expulsions, 6 déchéances de nationalité et 31 saisies d’armes individuelles sont aussi de la communication. Et dérisoires par rapport à l’ampleur du problème. Car les vrais chiffres de la menace, ce sont une dizaine de millions de musulmans sur notre sol, dont beaucoup éprouvent une sympathie parfaitement naturelle pour les « frères » qui les vengent des humiliations passées, des centaines de milliers de djihadistes potentiels, dont certains ont intégré nos forces armées au mépris du principe de précaution, et de milliers ou dizaines de milliers de djihadistes effectifs.             

Eric Burnouf

 

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Notifiez de
Pivoine

 » Car les vrais chiffres de la menace, ce sont une dizaine de millions de musulmans sur notre sol,  »
C’est aussi ce que je pense. Même si l’Etat islamique était vaincu, et éradiqué, cela ne ferait que retarder l’échéance, vu tous les musulmans que l’Europe de l’Ouest a accueillis…

Dany

Je n’y connais rien en politique étrangère et ne sais donc pas si ce serait possible, mais je pense que la France devrait laisser tous ces pays d’en face se débrouiller entre eux, se massacrer autant qu’ils le veulent , ne pas s’en mêler!! et plutôt veiller à se protéger de leur intrusion dans notre vie….expulser les gêneurs, laisser les migrants aller migrer ailleurs , sur leur continent , auprès de leurs coreligionnaires….!