11 novembre version Macron : le centenaire du déni

Publié le 30 octobre 2018 - par - 32 commentaires - 1 214 vues
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Nombreux historiens ont disserté sur les causes de la guerre de 14-18 au point d’aboutir à une sorte de version officielle, qui infiltre tant les manuels scolaires que les lieux de mémoire des grands sites de bataille : le nationalisme exacerbé.

Pourtant, l’Europe des nations, qui revient aujourd’hui sur le devant de la scène, n’est pas une invention du Rassemblement national, ni des pays de Višegrad. Elle fut consacrée par le Congrès de Vienne de 1815 dans son projet d’aboutir à un équilibre entre les grandes nations européennes, Russie comprise. Il s’ensuivit 55 ans de paix, certes relative, avant le traumatisme de la guerre de 70.
Quant aux rivalités coloniales, également mises en cause par la doxa, elles avaient déjà, en 1914, plus de vingt ans d’âge : le Congrès de Berlin de 1885 avait déjà réglé, par la voie diplomatique, de nombreux conflits d’intérêts entre grandes puissances coloniales en Afrique, sans verser une goutte de sang !

Même le journal Le Monde s’est fendu d’un article remarquable, remettant en cause les idées reçues sur le déclenchement de la guerre.

https://www.lemonde.fr/centenaire-14-18/article/2013/11/04/pour-en-finir-avec-dix-idees-recues_3507585_3448834.html

La guerre 14-18 était-elle inévitable ? Difficile à dire ! On a surestimé a posteriori le mythe de la reconquête de l’Alsace-Lorraine, même si certains partisans de la guerre s’en sont servi pour faciliter la mobilisation. En effet pourquoi la France, qui disposait de la meilleure armée du monde, aurait-elle attendu 43 ans pour entreprendre cette reconquête ?

Des deux côtés du Rhin, on trouve des hommes politiques hostiles à la guerre, comme Joseph Caillaux en France dont la carrière politique a été brisée par les facéties de sa femme. Face à la crise provoquée par l’attentat de Sarajevo, les « têtes couronnées », incarnant les nations, n’étaient pas parmi les plus belliqueuses, loin de là ! L’empereur Guillaume II était réticent à l’entrée en guerre de l’Allemagne. Le tsar aussi, par la voix de son ministre de l’Intérieur Maklalov. Viviani en France ou Lord Grey en Angleterre étaient aussi hostiles à la guerre. Ce qui est sûr, c’est que Raymond Poincaré, président du Conseil issu de la gauche, était lui partisan d’une ligne intransigeante envers l’Allemagne. L’histoire lui attribue une part de responsabilité.

Pour quelles raisons le camp des belliqueux l’a-t-il emporté sur celui des pacifiques ? Bien difficile à dire et l’on ne peut que méditer sur la thèse de Dominique Venner, selon laquelle il existe une part de hasard dans le déroulement de l’Histoire.
Ce que la plupart n’ont pas vu venir, c’est que le progrès technique avait abouti à ce que les armes étaient devenues beaucoup sophistiquées et meurtrières qu’auparavant.

On assiste aujourd’hui à une instrumentalisation de la guerre de 14, reléguée au rang des catastrophes humanitaires. Dans cette lecture revisitée de la grande guerre, nul besoin de laisser une place quelconque aux chefs de guerre. D’autant que pour la génération Macron, toute hiérarchie est nécessairement suspecte : c’est l’égalité père-fils, l’égalité maître-élève et maintenant l’égalité soldat-gradé qui prévaut …
Dans le contexte actuel d’une politique de destruction des identités européennes, il est facile de vouloir faire croire que la grande guerre n’a pour seule cause que le culte exacerbé des nationalismes. Je l’ai hélas constaté en me rendant au Mémorial de Douaumont, pourtant remarquable, mais présentant une « explication » du déclenchement de la guerre relevant davantage du prêt-à-penser que de la réflexion historique.

Et cette version des choses n’est pas anodine : elle sert merveilleusement les objectifs des tenants du mondialisme, qui ne rêvent que de la disparition des nations, dont la France, pour mettre en place une « Europe multiculturelle et métissée». D’où le projet d’une commémoration « a minima » de l’armistice du 11 novembre 1918 signant pourtant la défaite de l’Allemagne et la victoire des alliés. Mais il ne fallait pas froisser l’alliée du moment, Angela Merkel !

S’il fallait donner un sens à cette commémoration, qui se perpétue depuis 100 ans, c’est celui de la résistance à l’envahisseur, pourtant simple à comprendre. Car il ne faut pas oublier que l’essentiel des combats se sont déroulés sur le sol français martyrisé, comme le montrent si bien les images terrifiantes, mais ô combien parlantes, de l’excellent film de François Ozon « Franz ».

Le 11 novembre n’est pas le jour approprié pour disserter sur la responsabilité du carnage mais celui de l’hommage à ceux qui sont tombés humblement pour défendre un territoire. La question de savoir si le cours de l’Histoire aurait été modifié si Mme Caillaux n’avait pas tiré sur le directeur du Figaro ou si l’attentat de Sarajevo n’avait pas eu lieu, n’est pas au rendez-vous de ce 11 novembre.

Mon grand-père paternel accepta une mission impossible lors des derniers jours du Fort de Vaux : remettre au commandant Raynal les instructions de l’état-major, après avoir traversé dans les deux sens les lignes allemandes… Ayant perdu une jambe, la guerre s’arrêta là pour lui. Le cousin de ma grand-mère maternel fut tué sur la frontière belge à Zonnebeke à 24 ans, dès les premières semaines de la guerre. Son corps n’a jamais été retrouvé. Un arrière-grand-père est revenu gazé. J’ai précieusement conservé leurs écrits, qui ont ce même point commun : le sens du devoir, tout simplement ! Et combien de drames similaires dans les familles françaises !

L’armée réagira-t-elle à ce déni de commémoration politisée ? On ne peut que l’espérer !

Honneur à ceux qui ont accepté le sacrifice de leur vie, faisant passer dans l’adversité l’intérêt collectif avant leurs intérêts individuels. Alors que la France est minée de l’intérieur, puisse leur sacrifice nous rappeler ce que nous leur devons.

Philippe Fretté, pour le centenaire du 11 novembre.

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Notifiez de
Verdier

Non Poincaré n’était pas en 1914 président du conseil mais président d la République et il venait de la droite . Attention Monsieur aux erreurs historique

Verdier

historiques

batigoal

Je vais quand même l’écrire une fois tellement l’idée que le président ne célèbre pas le centenaire est grotesque. Au lieu de rester tranquillement à Paris et faire défiler l’armée (comme le 14 juillet quoi, vraiment ça sortirait de l’ordinaire…), il va aller à Verdun, dans la Somme et à la nécropole de Notre-Dame-de-Lopette. C’est bien plus symbolique que le premier des Français se déplace sur les lieux des bataille qu’un simple défilé militaire. Quel meilleur hommage de la nation à nos poilus que de se rendre là où leur sang a été versé? .Et je passerai sur les programmes… lire la suite

Spipou

Tout à fait ! Et pour une fois les champs de bataille de la Somme, encore plus meurtriers que celui de Verdun, seront à l’honneur ! Je ne savais pas qu’il se rendrait à Notre Dame de Lorette. C’est un symbole très fort.

DUFAITREZ

Ce 11 nov tombe bien ! Victoire de 14/18, Merkel au tapis ! Double rasade, Chef !

Pour rester sérieux, très beau texte et témoignage personnel.
Nos Généraux, arrogants sur le papier, ne bougent plus… Inertes et consentants ?
Le Patriotisme est mort et enterré !
Macron ? Ordonnateur des Pompes Funèbres.

Carter

Les causes ? C’est simple: ceux qui menaient cette guerre pétaient dans la soie. Ils vivaient dans le luxe, la richesse, l’opulence. Ils menaient cette guerre comme on joue une partie d’échecs: allez, j’avance mes pions, je sacrifie mes fous, mes tours, ma reine, mon seul but est de mater le roi adverse. vous avez déjà joué aux échecs ? Vous devez savoir que parfois, il ne reste à la fin de la partie sur l’échiquier que les 2 rois : c’est une partie nulle. C’est comme ça que la première guerre mondiale a été menée, sauf que ce sont… lire la suite

Paskal

« C’est comme ça que la première guerre mondiale a été menée »
Celle-là et bien d’autres.

Spipou

Bravo ! Vous serez bien le premier depuis un siècle à avoir réussi à déterminer les causes réelles de la guerre de 14 !

Je vous tire mon chapeau !

Pour ceux qui ne l’auront pas compris, parce que j’ai remarqué qu’il y avait beaucoup d’amateurs du premier degré ici, ceci n’est que du pur sarcasme. Je précise, parce que sinon, je vais me réveiller avec une flopée de pouces levés vers le haut, et ça me vexerait profondément.

Carter

Cette guerre absurde a causé des millions de morts inutiles, des millions d’hommes défigurés, mutilés à vie, pour quel résultat ? RIEN. Si ce n’est que de ruiner l’Allemagne, de mettre le peuple Allemand dans un tel état de misère qu’ils se sont tournés vers Adolf Hitler… Et après, les crétins d’historiens ne comprennent pas… il faudrait ramener ces imbéciles dans les tranchées… La première guerre mondiale, c’est 1 milliard d’obus, 65 milliards de balles… Faut-il s’étonner qu’après un tel désastre qui n’a laissé qu’un champ de ruines, qui a causé des souffrances sans nom, impossibles à concevoir, qu’un individu… lire la suite

Paskal

Un individu soutenu par de grands groupes industriels (Krupp, Thyssen).

batigoal

en ligne avec vous. Et aussi sur les causes de la montée d’Hitler. Quand les peuples sont malheureux, ils se tournent vers les extremes. Et je m’arreterai là car le sujet est 14 18

Spipou

Les crétins d’historiens ne comprennent pas ?

Vous vous sentez bien, là ?

Comment pourriez-vous nous assener vos calembredaines s’il n’y avait pas eu ces crétins d’historiens ?

Carter

Les causes de la guerre 14-18 ? Ceux qui ont décidé cette guerre vivaient dans le luxe et l’opulence. La triste réalité est que si des ordures comme Clémenceau ou Guillaume II avaient vécu ne fut-ce qu’une journée ce que les soldats vivaient dans les tranchées, cette guerre aurait pris fin immédiatement. Des millions d’hommes ont été forcé d’aller se faire massacrer sur les champs de bataille, et ceux qui refusaient ce sacrifice stupide et absurde étaient fusillés.

Spipou

Guillaume II était très réticent à faire entrer son pays dans une guerre qui, selon lui, ne le concernait pas. Du côté allemand, trouvez un responsable ailleurs. Du côté français, en 1914, Clémenceau ne s’est guère manifesté. En 1914, c’était Poincaré qui était belliciste. De plus, juste après Sarajevo, au tout début de la crise, l’opinion internationale, y compris en France, était entièrement favorable à l’Autriche, mais c’est l’intransigeance de cette dernière vis-à-vis de la Serbie qui a commencé à rallier d’autres pays, à commencer par la Russie, à la cause serbe. Ensuite, c’est le jeu des alliances qui s’est… lire la suite

hathoriti

L’égalité ???? Y’a pas UN peuple qui est plus égal que les autres ? Non ? Ah bon ! Mais puisque choupinet-le vendu refuse de célébrer le centenaire de la victoire (suivant les ordres !) chez moi, on ouvrira le champagne en l’honneur des poilus tombés pour que vive la FRANCE LIBRE et libérée des traîtres !

adrien

L’armée faite d’ex-chômeurs au petit cerveau que pole emploi a envoyé là, ne fera rien. Ils ont tous bien trop peur de perdre leur « boulot », avec retraite après 22 années de service et solde qui tombe tous les mois. Voilà la réalité de l’armée aujourd’hui.;

Allobroge

 » Car il ne faut pas oublier que l’essentiel des combats se sont déroulés sur le sol français » Certes en ce qui nous concerne les combats eurent lieu en France et en Belgique mais ne cachons pas les combats à l’Est, terribles eux aussi !

Spipou

Exact ! C’est même une des causes, sinon la principale, du succès initial des bolcheviques. La révolution d’octobre aurait probablement été sans suite s’il n’y avait pas eu un tel soutien au sein des armées russes.

Après, évidemment, c’est une autre histoire !

Paskal

Le « nationalisme exacerbé » ? Plutôt l’impérialisme exacerbé, à moins de prendre le mot nationalisme dans un sens très large. De l’Occitanie à la Finlande, de l’Irlande à la Pologne, la Slovaquie, l’Ukraine, le vrai nationalisme n’a joué aucun rôle, tout au plus a-t-il pu être instrumentalisé très tardivement.

Carter

Nationalisme exacerbé ??????????????????????????

Selon TOUS les documentaires et archives de cette guerre TOUS les soldats sur le front auraient été immédiatement d’accord de cesser les hostilités. Les poilus se faisaient massacrer par centaines de milliers, et les allemands aussi, quel est le trou de cul qui veut me faire croire qu’il en avaient quelque chose à foutre du nationalisme ? On les forçait à se faire massacrer, ceux qui n’étaient pas d’accord étaient passés par les armes.

Paskal
Spipou

C’est uniquement sur La chanson de Craonne que vous vous basez pour dire ça ?

Vous pourriez en remontrer à Fernand Braudel, dites donc !

Spipou

Enfin bref, c’est totalement faux. En 1914, les autorités militaires de tous les pays ont été stupéfaites du nombre incroyablement faible d’insoumissions.

La chanson de Craonne fait référence à un événement bien particulier de la guerre.

Jenna .

Qui comme moi voit deux bébés sur la photo ?

Spipou

Très intéressant, l’article du Monde. On pourrait rajouter un point 11, très méconnu : l’armée allemande a été vaincue par le manque de chevaux ! C’est un raccourci très réducteur, bien sûr, mais il est de fait qu’elle a été fortement handicapée par les difficultés croissantes pour leur ravitaillement, faisant mourir de faim des cohortes de chevaux, au point que les régiments de cavalerie en étaient réduits à combattre à pied. Ceci à une époque où le cheval était encore une « arme » extrêmement utile, et où les alliés n’avaient pas le même problème que les empires centraux pour le renouvellement… lire la suite

Spipou

Dans certains cas, la mort d’un cheval a pu être considérée par les états-majors comme plus grave que la mort d’un homme !

On peut se demander si la facile annexion de l’Ukraine en 1918 n’avait pas pour but autant le ravitaillement des chevaux que celui de la population !

Spipou

« Nombreux historiens ont disserté sur les causes de la guerre de 14-18 au point d’aboutir à une sorte de version officielle, qui infiltre tant les manuels scolaires que les lieux de mémoire des grands sites de bataille : le nationalisme exacerbé. » Je suis étonné de cette affirmation, car ayant lu, justement, de nombreux historiens à ce sujet, tant français qu’allemands, le consensus général que j’ai constaté est justement qu’ils attribuent la guerre à de multiples causes, pas toujours les mêmes, qu’ils peinent à en déterminer une principale, et que, pour ceux d’entre eux qui parviennent péniblement à en dégager une,… lire la suite

orsoni jacques

merci Mr Fretté pour cette évocation et cet hommage à votre grand père, qui a certainement été compagnon d’arme de mon propre grand père paternel , adjudant chef corse de section de mitrailleuses hotchkiss, défenseur du fort de Vaux jusqu’à l’indicible, titulaire de la médaille militaire, humble parmi les humbles ………..

comment voulez vous expliquer cela aux guignols qui nous gouvernent , c’est impossible.

ab irato

Mais qu’attend-on enfin pour lancer à Paris ce 11 novembre prochain une immense marche pour laver l’immonde crachat de Macron et de sa caste sur tous les Français?

adrien

Il faut pouvoir lever les foules pour ça, mais le 11 novembre, les parisiens préféreront la grâce matinée soyez en sur…….

Spipou

Si vous voulez faire ça, allez à Notre Dame de Lorette plutôt qu’à Paris, il y sera.

philippe frette

Merci Mr Orsini pour ce témoignage. Votre grand père a certainement connu Buffet, qui avait témoigné pour le cinquantenaire de Verdun Je n’ai pas connu mon grand père qui est mort en 1948 mais je vois bien les fameuses mitrailleuses qui sont toujours là et que l’on peut voir si l’on visite le fort de Vaux. Cette visite vaut le coup.