19 septembre : Sauver Sakineh, sauver la République, une seule et même action

Publié le 27 septembre 2010 - par
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Dimanche 19 septembre, une centaine de parisiens défenseurs de la Laïcité ont répondus à l’appel de Christine Tasin. Ils voulaient exprimer leur indignation et leurs exigences : Non aux tentatives d’intimidation prétendant importer en France les mœurs rétrogrades politico-religieuses, iraniennes, saoudiennes, pakistanaises, algériennes, Somalies, gazaouites…

Ce sont ces mœurs, devenues régnantes en Iran depuis trente ans, qui prétendent envoyer Sakineh mourir sous les pierres, pas trop grosses pour que le supplice dure.

Dans sa conclusion, Pierre Cassen proposera de renouer avec un des moyens d’action de la tradition républicaine, celle qui permit de mettre à bas la monarchie de juillet et d’ouvrir la voie, pour la France et bien au-delà, à la solution indispensable de la « question sociale ». Je veux parler des banquets républicains.

Dans la France de 2010, dans une France dans laquelle de petites bandes armées se sont appropriées des portions non négligeables d’espaces publics (rues, cités « sensibles »…) et font de fait la loi, obtenant une étrange mansuétude de juges, par empathie causée par une idéologie tiers mondiste dévoyée, par crypto stalinisme nostalgique, ou tout simplement par pleutrerie, dans cette France, la reconquête de la République, la république avec un grand R, les Banquets républicains donneront une impulsion, des outils à l’information, à la clarification ainsi qu’à la mise en réseau des citoyens actifs pour des buts commun conformes aux aspirations majoritaires.

Quand je suis arrivé, ce dimanche après-midi, tout près de l’ambassade parisienne des Ayatollahs, les premières personnes que j’ai vu, en sortant de la station de métro Iéna, ce sont trois ou quatre jeunes assis sur un banc. Ces jeunes, ayant entre dix-huit et vingt ans, outre qu’ils étaient manifestement originaires d’Afrique du nord, arboraient des foulards keffieh palestiniens bien voyants. Coïncidence, probablement pas, on le verra un peu plus tard. On le verra, vers la fin du rassemblement, quand un petit commando d’une dizaine de jeunes gros bras barbus, dirigés par un adulte nettement plus âgé et non barbu, est venu narguer et chercher à intimider les participants au rassemblement.

Après quelques dizaines de minutes, le rassemblement a commencé. Y prendront la parole : Pierre Cassen, Pascal Hilout, Vajensznajder de l’observatoire de l’islam, Aytan, une jeune femme turque. Cette dernière expliquera, comment l’islam disloque les sociétés, comment sa prétention de supprimer les oppositions entre les religions mène aux conflits, aux violences quotidiennes exacerbées. La prétention mahométane à l’unité humaine s’est, en Turquie, en réalité, traduite par un conflit permanent entre les sunnites et les Halévy.

Comme les Ahmadites du Pakistan, les Halévy seront considérés comme hérétiques, parce qu’ils espéraient et prônaient un islam pacifique. Mais malgré son pacifisme, le halévisme ne sait, pas plus que le sunnisme, respecter la femme. Les filles devenues adolescentes se mues en servantes des parents et des fils.

La société turque s’est scindée, au plan de l’espace. Sunnites et Halévy ne peuvent se côtoyer, sans s’affronter. En conséquence, les rues, les quartiers, les villages de Turquie sont soit sunnites, soit Halévy. En d’autres termes, la violence n’est-elle pas inhérente à l’islam ?

La violence intériorisée et normative ne commence-t- elle pas, avec l’accoutumance à la mise à mort barbare de l’égorgement de l’agneau de l’aïd ? Cérémonie symbolique, et festive, de mise à mort, égorgement de « son » agneau familier, auquel assiste, extasiée, toute la famille. La violence refuse de tarir sa source, avec le refus de tout aggiornamento, « parce que ce serait ne pas respecter la parole incréée de Dieu »…

Christine Tasin est revenue sur les menaces dont elle est l’objet.
Les prescriptions de la charia sont un système totalitaire qui s’écroulerait en 24 heures, sans la béquille de la terreur permanente, une terreur ou une intimidation diversifiée et de tous les instants, qui lui est inhérente. Comme elles ne disposent pas d’une gestapo ou d’un Guépéou partout, il leur faut mettre la police politique à l’intérieur des esprits. C’est la fonction des normes indiscutables qui forme l’ossature, la chair et l’esprit de la charia.

Pendant le rassemblement du dimanche 19 septembre, un passant a tenté d’interrompre Christine Tasin, lorsqu’elle a dénoncé un fascisme brutal, en tenue « religieuse » : « Vous n’avez pas le droit de dire ça, que c’est fasciste !».

L’homme aurait pu dire : je ne suis pas d’accord avec vous, vous vous trompez et je peux vous le montrer ». Non, l’argument qui tourne en boucle, c’est : vous n’avez pas le droit ! Vous ne pouvez critiquer la charia ! C’est la parole de Dieu, elle est au-dessus de la liberté de critique.

Depuis le rassemblement, l’actualité montre quotidiennement en quoi consiste ce qu’il est devenu interdit de critiquer, sous peine d’être « un fasciste doriotiste » (dixit le secrétaire général de la Libre Pensée), ou un « impie agent des sionistes et blasphémateur » (les diverses écoles de l’islam politique).

L’Algérie vient d’illustrer les propos des intervenants au rassemblement de Riposte républicaine

C’est ainsi que deux ouvriers algériens, deux travailleurs du bâtiment, deux travailleurs de force, deux véritables prolétaires, -pas des prolétaires de papier présentés comme argument de tribune de congrès, pour prétexte à résolution de la Libre Pensée-, ont été arrêtés et jetés en prison par la police algérienne. Ces deux ouvriers sont victimes des autorités parce qu’ils ont été surpris à déjeuner, pendant le dernier ramadan.

Les deux ouvriers, Hocine Hocini et Salem Fellak, ont invoqué, pour leur défense, qu’ils n’étaient pas musulmans, qu’ils étaient chrétiens. Rien n’y a fait. Chrétien ou musulman, musulman ou chrétien, le prix est le même. En Algérie, le ramadan est obligatoire, s’y soustraire est un délit. Personne n’est autorisé à disposer de son propre corps. Personne n’est en droit de disposer de lui-même, en décidant de s’alimenter au lieu de jeuner. En d’autres termes, en « république » islamique, personne ne s’appartient. Tout le monde, qu’elle que soit ses convictions ou ses croyances, doit appliquer et s’incliner bien bas devant l’impératrice charia et lui appartient.

Pour revenir à nos deux prolétaires algérien, -partie la plus vulnérable de la société algérienne, partie souffrant plus que d’autres des effets des normes d’une dictature « religieuse » faisant de la charia une norme impérative-, bien que chrétiens, ils devaient appliquer la charia alimentaire, c’est-à-dire le ramadan. Conséquence de leur mauvais esprit, selon la loi algérienne : ils risquent 5 ans de prison parce qu’ils ont absorbé quelques aliments… parce qu’ils ont rompu le jeune !
Et les trappeurs de la « libre pensée », se mobilisent : alerte ! Alerte ! Doriotisme !
Refuseront-ils de réclamer, Liberté ! Liberté pour ces deux membres de la classe ouvrière ?!

Ils sont à l’affut, vindicatifs. Ils sont pour ferrailler, pour débusquer, chez moi et chez les laïques militants, leur « fascisme doriotiste ».
Et en Algérie, que voient-ils ? Est-ce faire un pari risqué que de dire : qu’ils vont préférer tourner la tête, pour ne rien entendre et pour ne rien voir. Manifestement, leur amie, la députée presque éternelle du PT au parlement algérien, ne leur a pas encore écrit à ce sujet. Le fera-t-elle ? Alors ils ne savent rien de ce qui se passe du côté d’Alger.

Leur donnera-t-elle le feu vert pour défendre la classe ouvrière en Algérie, agressée brutalement par une dictature religieuse moyenâgeuse que d’aucun veulent instiller en France, via la bourqua, le niquab, le hijab, via le ramadan devenant quasi institutionnel depuis deux ans et pratiquement obligatoire, de facto, dans de nombreuses cités, écoles et communes de France, via le halal, via l’acquisition d’abattoirs abattant halal pour tous et soumettant de plus en plus de non musulmans au paiement de la taxe du certificateur représentant la mosquée.

Nous ne sommes pas encore en Iran. Nous n’avons pas encore de Sakineh enfermées dans un couloir de la mort, attendant l’assassinat judiciaire islamiquement correct. Mais nous avons déjà, un travailleur sénégalais, un membre de la « partie la plus vulnérable de la classe ouvrière », qui se trouve entre la vie et la mort.
Nous avons un membre de la « partie la plus vulnérable de la classe ouvrière », dont on ne sait pas s’il s’en sortira, parce qu’il a été agressé par ce fascisme vert qui n’existerait que dans les cerveaux « doriotistes » embrumés des rédacteurs de la Riposte Laïque.

Ce travailleur, appartenant à la partie la plus vulnérable de la classe ouvrière, est entre la vie et la mort ; tout cela parce qu’il prenait tranquillement un café, quand des jeunes -qui ne seraient pas fascistes religieux, mais de bons et braves jeunes gens croyants qui ne doivent pas être combattus, et s’étant simplement énervés, faut les comprendre…-, l’ont interpellé, puis frappé sauvagement.
Ils l’ont interpellé et frappé sauvagement, à l’instar de la police religieuse du Hamas. Ils l’on interpellé et frappé violemment, parce qu’il ne respectait pas le ramadan… mais à part ça, madame la marquise de la « libre pensée », tout va très bien, tout va très bien.

Pour conclure, rappelons que nous sommes aujourd’hui le 218ème jour anniversaire de la proclamation de la 1ère République par la Convention Nationale. L’an IV de la Liberté devint l’an II de la République, celle de « 92 » ; pas le 9-2, comme on dit ici ou là, non, 92, c’est-à-dire la République fille de la première Commune de Paris qui fut l’outil décisif de la première conquête de la liberté politique par le peuple lui-même.
La tradition des banquets républicains de l’année 1847 poursuivait le profond sillon ouvert le 21 septembre 1792.

Les banquets républicains, ceux qu’organisera la Résistance républicaine et certainement beaucoup d’autres, continueront à tracer ce chemin. C’est le chemin national et universel, au meilleur sens du terme. Le terme, justement, ce sera lorsque le peuple lui-même restaurera la République et la Démocratie, dans leur plénitude, ayant écarté tous ceux qui veulent les étouffer pour des raisons « religieuses », ou « économiques », ou « écologiques », voire tout à la fois.

Alain Rubin

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