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1917, de l'anglais Sam Mendes : à voir, sans restriction

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« 1917 », un film à voir, du réalisateur britannique Sam Mendes, nous montrant deux jeunes soldats de Sa Majesté, lancés dans une mission aussi vitale que périlleuse. Une course contre la montre pour éviter une hécatombe de 1 600 soldats britanniques sur le point de tomber dans le piège mortel tendu par les Allemands.
Pas de scènes de guerre à la sauce hollywoodienne, pas de héros qui se battent à un contre dix, pas de cris de victoire à la fin de la mission. Non, rien de tout cela. Mais seulement deux jeunes recrues emportées dans le tourbillon d’une guerre sans fin, avec ses horreurs au quotidien. Difficile de faire plus réaliste.
Pour ma part, j’ai toujours eu beaucoup d’estime et d’admiration pour le peuple britannique, notre « ennemi de toujours », mais qui a combattu à nos côtés en 14-18, au prix de lourdes pertes, et qui seul, a tenu tête à l’Allemagne nazie, jusqu’au débarquement de 1944.
Sans le courage et la ténacité du peuple anglais écrasé sous les bombes, sans le sacrifice des pilotes de la RAF durant la bataille d’Angleterre, il n’y aurait  jamais eu de débarquement allié. Et c’est toute l’Europe de l’Ouest qui aurait connu le joug soviétique.
En 1918, les Britanniques compteront 700 000 morts  et disparus, ainsi que 1 600 000 blessés.
Avec « 1917 », Sam Mendes nous transporte dans les tranchées et les horreurs du no man’s land que les deux messagers, Blake et Schofield, doivent traverser. Ce qu’ils ressentent, le spectateur le ressent, ce qu’ils voient, entendent et pensent, le spectateur le partage avec eux.
On remonte le temps, on plonge dans l’horreur, en pensant avec émotions aux souffrances qu’ont vécues nos grands-pères ou arrière-grands-pères, aspirés dans la tourmente.
Les images sont si prenantes qu’on a l’impression de faire équipe avec nos deux soldats. Ils sont deux ? Non, ils sont trois avec le spectateur. Une séquence unique de près de deux heures, sans les quitter une minute.
Les cadavres de soldats et de chevaux putréfiés, les corbeaux, les rats, les trous d’obus, les barbelés, la boue, tout y est. Un paysage lunaire, sinistre, où plus rien ne pousse, depuis des mois de guerre sous les obus.
La mission ? Alerter le commandement d’une unité qui va se lancer à l’assaut, croyant que les Allemands se sont retirés, alors que ce n’est qu’un repli tactique. Mais le chef britannique n’a pas les dernières informations fournies par les avions de reconnaissance, qui ont vu de là-haut le piège tendu.
Par ailleurs les communications radio on été  coupées. Il faut donc acheminer à pied l’ordre de l’état-major qui est d’annuler l’assaut. Avec leur fusil, une carte et une boussole, nos deux héros se lancent  dans la tourmente, accompagnés d’un ultime « good luck » de leur chef. À première vue, c’est mission impossible.
Blake a son frère qui appartient à l’unité en danger. Pour lui, il y a urgence. Schofield, moins motivé, n’en sera pas moins le héros du film pour qui cette mission, qui peut sauver 1 600 vies, doit réussir coûte que coûte.
Le rythme s’accélère au fur et à mesure que l’objectif approche. Lors d’un combat aérien, un avion allemand est abattu devant nos deux soldats. Un épisode dramatique que je vous laisse découvrir.
Des tireurs allemands isolés, dans les ruines incendiées, se font menaçants. Mais face au danger de mort, un soldat fait le maximum et le Bon Dieu fait le reste…
Une jolie Française avec un bébé vient  apporter un peu de douceur et de tendresse dans cet océan de misère, de violence et de chaos. Mais la mission n’attend pas…
Les épreuves s’enchaînent, l’épuisement et le découragement gagnent, mais finalement l’ordre d’annuler l’assaut  parvient au colonel, au moment où l’attaque est lancée.
Le film se termine par des images impressionnantes de centaines d’hommes qui sortent de leur tranchée et se précipitent vers la mort sous la mitraille et les éclats d’obus. La folie des hommes en grand écran…
L’assaut sera stoppé in extrémis et le carnage évité.
Avec deux Golden Globes et déjà 10 nominations  pour les Oscars, « 1917 »  joue gagnant. À voir, sans restriction.
Jacques Guillemain