1962 : Adieu Algérie… Bonjour France !

Publié le 1 janvier 2018 - par - 38 commentaires - 1 722 vues

Les Français nous attendaient, ou, du moins, ils attendaient ceux qu’une propagande raciste avait inlassablement introduits dans leurs cerveaux depuis des mois, ils attendaient d’arrogants milliardaires, enrichis grâce à la “sueur des pauvres burnous”, ils attendaient des colons habitués à être servis et à se servir, des énergumènes armés de revolvers, de mitraillettes et de bombes.

Eh bien non ! Métropolitains, vous aviez devant vous des hommes et des femmes ruinés, dépouillés, épuisés, accablés par l’horreur des épreuves subies, déchirés par la perte d’une affection, d’un être aimé, désemparés dans cette France dont ils avaient tant rêvé mais qu’ils connaissaient si mal.

Il n’y eut pas alors de contact.

Comme l’avait écrit Maître Isorni : le cortège des vacanciers se rendant sur les plages de la Côte d’Azur, croisait le cortège des réfugiés, et il passait indifférent, fermant les yeux, avec, sans doute, le besoin inavoué de garder bonne conscience, devant tant de sang et de larmes répandus, devant leur incroyable indifférence face aux atrocités perpétrées en son nom.

Rien n’avait été préparé, aménagé, organisé, pour recevoir, diriger, conseiller, ce million de Français qui débarquait presque, pourrait-on dire, par surprise.

En effet, on espérait, on était presque certains, que les « Pieds Noirs » resteraient en Algérie en grande majorité. Pouvait-on vraiment croire que les Français d’Algérie choisiraient le cercueil plutôt que la valise ? Le pouvoir aurait certes préféré nous voir demeurer chez Ben Bella, au risque même d’une extermination massive.

Devant cet envahissement qui “allait coûter très cher”, ne cessait-on de répéter aux métropolitains, le pouvoir conçut de nouvelles armes : les départements méditerranéens furent interdits, et le flot des réfugiés repoussé vers le Nord.

L’accueil des services officiels fut glacial, on fit traîner en longueur l’attribution des aides, des subventions, des prêts, avec le secret espoir qu’ils allaient retourner en Algérie, devant le dépaysement, les difficultés d’implantation, l’augmentation subite et volontaire des prix demandés pour les commerces, les logements, etc. on espérait qu’ils prendraient, enfin, conscience de l’erreur qu’avait été leur départ précipité.

Dans une certaine presse, on publiait chaque jour, après le chiffre des arrivants, le chiffre important des réfugiés qui retournaient en Algérie, car “ils” avaient parfaitement compris que la vie était possible là-bas. On affirmait que ces départs augmentaient sans arrêt et on les encourageait, quand ce n’était pas l’Algérie, on nous conseillait l’Amérique du sud, le Canada, l’Espagne, enfin n’importe où pourvu que ce ne soit pas la France.

Rien n’y fit, les “Pieds Noirs” réussirent “seuls” leur intégration.

Elle ne se fit pas “sans heurts, sans drames, sans douleur”, comme l’avait déclaré le général de Gaulle, le 11 juin 1964 à Saint-Quentin, affirmant qu’elle avait été une réussite et s’auto félicitant en quelque sorte.

Qu’on nous laisse, au moins, nos drames et nos douleurs, si de heurts il n’y eut point.

“Sans drames”, les meurtres, les enlèvements, les mitraillages des rues, des toits, des terrasses, des balcons, les 5000 disparus, dont on n’entendra jamais plus parler, les 60.000 harkis de l’armée française, désarmés par celle-ci, afin qu’ils puissent être mutilés, égorgés, ébouillantés, brûlés vifs.

“Sans douleurs”, les visages ravagés, les sillons creusés par les larmes, de ces hommes, de ces femmes, qui attendaient de revoir l’enfant, le mari, le frère, en prison ou en exil, qui assistaient, impuissants, aux suicides de ceux qui ne pouvaient plus vivre dans cette France-là. De nos vieux qui disparaissaient avant l’heure, découragés et sans plus envie d’exister, loin du pays où s’étaient écoulées leurs plus belles années.

“Sans heurts”, heureusement sans heurts, mais parce que nous étions brisés, nous qu’on avait arrachés à nos foyers, à notre terre, à nos morts. Oui, heureusement pour l’avenir, il n’y eut pas de heurts.

2018 – Je profite de l’occasion qui m’est offerte pour souhaiter une heureuse année 2018 à tous mes compatriotes rapatriés. Sera-t-elle heureuse ? Pleinement heureuse… Peut-être. Tous nos souhaits se réaliseront ils ? Peut-être.

2017 – Pour nous, qui avons connu 1962, aucune autre année ne pourra atteindre de plus hauts sommets dans la souffrance, dans les larmes, dans les regrets. Nous avons dû apprendre des mots nouveaux, dont nous ignorions le sens. Aux souhaits habituels de bonheur, de santé, de prospérité, de longue vie, d’existence heureuse, il nous avait fallu ajouter les souhaits d’amnistie, de réparation, d’indemnisation, de fin d’exil. Il nous fallait, surtout, apprendre à dissimuler certains de nos souhaits, comme un secret, des souhaits, il est vrai, qui n’étaient pas tout à fait chrétiens.

Toutes nos traditions s’étaient trouvées bouleversées par les événements.

Là-bas, avant 1962, chaque année nouvelle était, pour nous, l’occasion d’oublier, de pardonner : les histoires de familles repartaient à zéro, on effaçait tout et on recommençait. “Meilleurs vœux, bonne année” et voilà on se sentait heureux, comme neufs.

“Bonne année, bonne santé, mettez la main au porte-monnaie”… “Bonne année, bonne santé, la paille au cul pour toute l’année”.

Dans un éclat de rire joyeux, la bande de gamins dévalait la cote de la “Bassetta”.

Aux terrasses des cafés, les hommes la regardaient passer en riant, heureux.

Nous avons tous fait partie de l’une de ces bandes de gosses, nous avons tous laissé éclater notre bonheur, notre vitalité, cours Bertagna, avenue de Saint-Eugène ou de la Bouzaréah. Ces premiers jours de l’an neuf de notre Algérie, aujourd’hui perdue, où nous mettions si facilement nos soucis, nos ennuis, de côté, pour quelques heures. Comme nous étions heureux alors !

De par la volonté d’un seul homme tout a été balayé. Le chaos et la douleur, nous les avons connus, ils ne nous font plus peur. Le grand vent de l’Histoire nous a jetés, comme feuilles mortes, sur des rivages inconnus pour un grand nombre d’entre nous, il a fait de nous de grands voyageurs, nous qui n’aimions pas trop nous éloigner de nos rivages si bleus, si chauds.

Grâce à cette rafale dévastatrice il y a un “Pieds-Noirs” dans chaque continent, un Pieds Noirs qui passera, comme nous tous, de 2017 à 2018.

Il boira sans doute un whisky dans un bar de la 42° rue, à New-York, triste et mélancolique, se souvenant de l’équipe joyeuse qu’il retrouvait, ce soir-là, dans un café de la Place d’Armes, à Blida.

Accoudé à son balcon, il assistera au déroulement frémissant et rythmé d’une longue procession dans une république d’Amérique du sud, cherchant en vain, dans cette foule colorée, le souvenir de Jeannot, Paulo ou Louis, qui venaient le tirer de table par un sifflement strident, sous sa fenêtre de la rue Valée, à Philippeville.

Mains dans les poches, il se promènera autour du Manneken-Pis, attendant qu’un groupe de fêtards bruxellois l’invite à se joindre à lui.

Dans le reflet de l’eau, il se reverra assis sur la marche du bassin de la Place d’Isly, à l’heure où le jour pointe, ennuyé d’avoir à rentrer si tôt.

Dans un cabaret de Madrid, sur la terrasse d’un café d’Alicante, sur une plage de Salou ou de Benidorm, il aura la chance de retrouver plusieurs Pieds Noirs et de trinquer : “A l’année prochaine… si Dieu veut”.

Est-il nécessaire, d’ailleurs, de se rendre au-delà des frontières pour rencontrer des Pieds Noirs en exil ? Ne le sont-ils pas non plus dans cette bourgade de Moselle, noyés dans ces teintes noires et grises, sous le froid et la neige ? Ne le sont-ils pas non plus dans ces petites villes de Bretagne ou du Pas-de-Calais, ne le sont-ils pas également dans les grandes cités du Nord : Paris, Lille, Lyon ou Nantes ? A quoi croyez-vous qu’ils pensent, ces Pieds Noirs, qui remontent les Champs-Elysées couverts de lainages, les oreilles rouges de froid et le nez insensible au toucher ?

A quoi  croyez-vous  donc  qu’ils  rêvent  en  ce  soir  de nouvel an ?

Même plus à l’Algérie, quand  ils  laissent  échapper,  dans  une  buée  glacée, un : “C’est pas possible, c’est pas une vie, ça”. C’est au soleil qu’ils rêvent, à la mer bleue, au sable chaud des plages, à la partie de cartes, à l’anisette bien fraîche, aux copains qui sont partout sur la Côte ; et c’est pourquoi ils ont l’air si agressifs quand ils commandent un “grog” au garçon de cette brasserie des grands boulevards.

Oui, c’est à nous qu’ils pensent, à nous qui, dans notre malheur, sommes des privilégiés, à nous qui pouvons, en ces dernières heures de Décembre, commander à un garçon, sans nous les geler : “S’il vous plaît… un Cristal, avec des glaçons”.

Si nous pouvions envoyer, à tous ces Pieds Noirs, ceux d’au-delà des frontières, ceux qui se trouvent disséminés aux quatre coins de la France, loin du Sud, si nous pouvions leur offrir un peu de notre soleil, de notre mer bleue, de notre chaleur, car notre amitié ils l’ont déjà, ce serait certainement le plus beau présent à leur faire.

C’est là notre vœu le plus cher, amis Pieds Noirs : illuminer quelques instants vos yeux, les faire briller “comme avant”.

Tous ensemble par la pensée sur cette côte sud-est de l’hexagone, car si nous n’avons pas pu faire la France de Dunkerque à Tamanrasset nous avons fait de Perpignan à Menton, notre Algérie à nous.

  1. J’avais promis de vous faire sourire pour le jour de l’An. J’espère tenir ma promesse !

Sur la place des martyrs de la résistance (ex-place du gouvernement), Julien Thouret, grand reporter à la station périphérique Europe 1, débute son reportage.

– Nous sommes entourés par une foule immense et colorée, sous un brûlant soleil d’été. Je vais interviewer ce monsieur qui se dirige vers nous.

-Pardon, monsieur, que pensez-vous de l’Algérie indépendante ?

-Vous êtes qui, vous ?

-Julien Thouret d’Europe 1

-Europe quoi ?

-Europe « ouahad ».

-Ah bon ! Et qu’est-ce que vous voulez savoir ?

-Ce que vous pensez de la nouvelle Algérie.

-Ça dépend.

-Ça dépend de qui ?

-Quelle radio vous êtes ?

-Je vous l’ai dit : Europe 1

-Ah bon ! Et on vous écoute dans toute l’Europe ?

-Euh… oui ! Dans presque toute l’Europe.

-On vous entend en France, en Allemagne, en Italie ?

-Oui, bien sûr.

-Et en Espagne, en Angleterre, en Suisse ?

-Bien sûr, voyons.

-Aussi aux Pays-Bas et, peut-être aussi en Amérique ?

-C’est possible.

-Alors  passez-moi  le  micro : “Au  secours…  au  secours… au secours”.

Manuel Gomez

Print Friendly, PDF & Email
Notifiez de
CARILLO

Superbe commentaire.

SUCCOJA Michèle

En Algérie, il n’y avait pas des juifs, des chrétiens, des athées, il y avait seulement des Pieds Noirs, fiers de l’être et prêt à tout pour rester chez eux en bonne intelligence avec une grande partie des musulmans. Malheureusement il a fallu que la Métropole et de Gaulle s’en mêlent, sans connaitre le pays, sans respecter le choix de tous ces Français d’Algérie toutes confessions confondues car nous étions tous français, ( les musulmans étant venus se battre sous le drapeau français ), pour donner sur un plateau, ce pays, a une poignée de rebelles sans foi ni loi. Aujourd’hui, en France vous en payez les frais, et ce n’est que le début.

Monrose

D’accord avec cette analyse, mais il y a pire: le premier mort de la funeste Toussaint 54, c’est à Oran un taxi: Samuel Azoulay. Tout comme la première victime des émeutes de Setif 1945, c’est la petite Arlette Nakache qui donnait la main à son père et regardait le défilé arabe. Pas besoin de sortir de St Cyr pour constater que ce sont 2 victimes juives qui démarrent les 2 grandes dates de la fin de l’Algérie. Etonnez vous alors que cela continue en métropole actuellement depuis la rue Copernic en 1980, contre une synagogue, soir du shabbat et jour de la fête juive de Sim’hat Torah . La “guerre d’Algérie” ( la trahison d’Algérie) est une guerre civile religieuse: non pas “arabe contre européen” mais civilisation musulmane contre chrétienne” où les Juifs trinquent en tête.

Ubersender

mais Hadj Sadok “caïd” de M’Chouchène représentant, donc, l’administration coloniale, et Guy Monnerot, instituteur, volontaire pour venir instruire les enfants de cette région des Aurès. Ce sont donc ces deux personnes, une, autochtone représentant la collaboration avec l’administration coloniale, et l’autre, instituteur représentant l’éducation nationale française, qui seront assassinées le 1er novembre 1954 au kilomètre 79 sur la route entre Biskra et Arris. Voilà les deux premiers terribles “criminels de guerre” morts pour la France en Algérie. Mr Macron, révisez l’histoire et, en attendant, fermez-là.

Ubersender

qui n’avaient d’autre choix que de fuir ou finir assassinés. Il est vrai qu’à l’époque ces réfugiés qui étaient nôtres, ont bénéficié de moins de compassion que ceux, totalement étrangers, que nous accueillons aujourd’hui bras ouverts. Comment, au regard de ce bref rappel, ne pas être révolté par les déclarations de l’ignare qui nous tient lieu de Président sur les prétendus “crimes contre l’humanité” que la France aurait commis en Algérie. Mr Macron sait-il seulement quel a été le sort réservé aux Français, hommes, femmes, vieillards, enfants, à Oran en juillet 1957 dans le secteur de “Petit lac” ? Qu’il se renseigne avant de dire des conneries. Connaît-il seulement la qualité et l’identité des deux premiers morts en Algérie, le 1er novembre 1954 ? Ce n’étaient pas des combattants du FLN

Ubersender

déchirements, l’incapacité des politiques à décider efficacement, les compromis, les compromissions, le déchaînement de la violence, la démission des politiques par les pleins pouvoirs remis à l’armée, l’exil forcé pour nombre de nos compatriotes attachés au pays qui les a vu naître, et, enfin, la honte largement méritée retombant sur la tête d’un gouvernement incapable d’assurer à tous ceux-là l’accueil que leur devait la République. Alors, si la République Française doit se repentir, ce n’est pas d’avoir combattu en Algérie pour le maintien de l’intégrité de son territoire conformément à son devoir constitutionnel, mais c’est bien d’avoir abandonné aux mains vengeresses de l’ennemi ses partisans musulmans français et de n’avoir pas su ou voulu accueillir dans des conditions dignes ceux

Ubersender

Bonsoir Mr Gomez et merci pour ce poignant témoignage de ce que furent, de ce que sont sûrement toujours la douleur et l’amertume de nos compatriotes “rapatriés” d’Algérie . Né en 1955, j’étais trop jeune pour appréhender ce qui se passait véritablement en Algérie depuis 1954. Je me souviens néanmoins qu’en 1960 le fiancé de ma soeur effectuait son service militaire en Algérie ; plus tard, j’ai rencontré ma future femme dont l’oncle était tombé au combat en Kabylie. Je me suis intéressé à cette période de l’histoire de nos pays et j’ai compris quel avait été le sort de tous ceux qui, nés en Algérie, Français chrétiens ou musulmans, avaient crû en l’avenir de ce beau pays soutenu par la métropole ; quels drames nos familles, de ce côté-ci et de l’autre de la méditerranée, avaient vécu. Les

Ali à l\'eau

On peut dire que ” c’értait mieux du temps des Français ” la preuve.

Pierre Lagrange

Comme l’Education Nationale est lamentable ! Je n’avais jamais entendu parler des conditions de rapatriement des Pieds-Noirs ni du rejet de la population française ! J’ignorais tout de ce lâche abandon de la part de l’état.
Personne n’en parle, qu’elle honte !
Par contre, les très méchants blancs qui ont colonisé et ravagé, torturé, qu’est-ce que j’ai pu en entendre parler !
Scandaleux. Continuez à décrire ces faits partout, ils ont trop été mis sous silence au profit des pseudo victimes qui nous envahissent depuis des décennies.

Marie d\'Aragon

Merci Monsieur Gomez !

barral

vous avez réussi à me faire pleurer ! mais que c’était bien senti tout ça ! bonne année à vous

dufaitrez

Bel Eloge d’une Nostalgie prégnante ! Chacun pleure sa Terre natale…
L’Exil forcé est perçu comme une punition, un Abandon.
Métropolitain, j’ai analysé votre retour massif (le mot est essentiel) en peu de temps, comme une nécessité malheureuse à laquelle nous n’étions pas préparés !
Pas de Haine ! Mais comme une “inondation” à laquelle il fallait répondre en urgence.
Nous n’étions pas prêts !
(Je suivais ça de près, mon Oncle était Directeur de la Poste d’Alger et était entré en clandestinité…)
Comme j’aime le dire à ma famille rapatriée et à des amis PN, NOUS l’avons échappé belle !
– Vous, en ne vous faisant pas massacrer…
– Nous, car l’Algérie, restée département Français, avec sa démographie, nous aurait rendus muzz avant l’heure ! Bien à vous.

JF Paya

ENQUETES ET DEVELOPPEMENTS
LIVRE EN PDF SUR LES MASSACRES D’ORAN DU 5 JUILLET 1962
DIFFUSE BENEVOLEMENT SUR PLUSIEURS SITES
DONT « ETUDES COLONIALES » « POPODORAN » « CDHAlgérie »

http://p1.storage.canalblog.com/19/88/399668/114690293.pdf KLIC

par le Groupe de recherches Oran 5 Juillet 1962 direction JF PAYA /AC Algérie classe 54/2
EN ARCHIVES AU CDHA (centre documentation historique sur l’Algérie )

JILL

Certains d’être étonnés que les pieds noirs se sont finalement fondus dans la population
en moins d’une génération ;pourtant,la plupart,de condition modeste n’avaient jamais mis un pied en métropole .Ces déracinés ont été sauvés par le travail .

ariane

De tout coeur avec vous MR GOMEZ . Je ne suis pas une rapatriée mais une française de souche qui a appris avec le temps ce qui s’était réellement passé dans cette autre FRANCE. Peut être que demain ce sera nous les français blancs de souche ou les vrais français colorés de coeur qui devront partir quitter notre pays après l’avoir édifié pendant plus de 1500ans , pour sauver notre peau des envahisseurs. Demain ou dans quelques années, c’est peut être à nous, les métropolitains que l’on criera “la valise ou le cercueil” . Toutefois, je pense qu’il y avait sans doute plus d’unité entre les pieds noirs qu’il n’y en a aujourd’hui entre les FRANCAIS sur le sort qui nous guette. Ne croyez vous pas ? Cordialement et si je puis me permettre , amicalement.

montecristo

Je dis que je suis Pied Noir depuis 1830 … mais moi aussi, ariane , je suis Français de souche … au moins depuis Clovis !
Des Espagnols, des Italiens, des Maltais, des Allemands, ont immigré aussi en Algérie et ont été “naturalisés” rapidement, mais les Français (de souche) étaient en majorité à partir de 1848/50

NADJAZA

Bravo Monsieur Gomez! Je suis de 41 et j’ai connu tout ça. J’avais un peu oublié,nous c’était dans l’Algérois,près de Bouzaréah,précisemment! Vous lire a été un régal.Avec des gens comme vous on mourra,mais la tête haute.

Brouillon

Quel beau texte et quels regrets pour moi d’avoir à 15 ans eu du mépris pour les pieds noirs ! Je ne savais pas, j’ai écouté ce que disaient les médias de l’époque. Depuis j’ai vieilli, mais je n’ai commencé que très tard à comprendre ce qui s’était réellement passé. J’ai eu des amis pieds noirs à l’époque de leur arrivée en France, sans avoir compris leurs souffrances. Je les avais moi aussi abandonnés.

JILL

C’est vrai,l’accueil par les Français de leurs compatriotes d’Algérie fût lamentable .
Cette ordure de Defferre,alors maire de Marseille refusa tout hébergement dans sa ville.

Joël(1)

Encore et toujours un socialiste!!!!! Toujours cette merde de tièdes et de collabos!!!

Mansard

Ce truand de Defferrailleur fut bien plus ignoble: il suggéra de balancer tous les rapatriés à la mer! Deux remarques en découlent: d’une part, s’ils sont rapatriés, c’est bien lui un des responsables! Et imaginons un politique dire cela à propos non, de rapatriés (c’est-à-dire de Français venant chez eux), mais d’immigrés clandestins, de sans papiers de toutes sortes, qui eux, s’invitent, s’imposent chez nous, c’est tout de suite manifs, lynchages, bagne!!

eddie marchand

https://www.youtube.com/watch?v=lghZQSfhDWY
film qui a été interdit de diffusion sur les chaines Française et mis a disposition du public par les réalisateurs sur youtube
et pour mémoire a Marseille Defferre ne voulait pas des pieds noirs dans sa ville , et le peu de rapatriés qui avaient réussi a sauver leurs meubles , les conteneurs étaient plongés dans l eau par les dockers avant d ‘être débarqués .bienvenu dans la mère patrie.

Laurent Droit

Ce fut une grande tragédie et une grande honte pour la France qui déjà méprisait les siens…

Pin

“De par la volonté d’un seul homme tout a été balayé”.
Issu de quatre générations d’oranais, la perte de cet immense territoire, l’Algérie, cinq fois plus grand que la France, regorgeant de trésors, dépositaire de la culture française, cet abandon m’a infligé une blessure inguérissable à jamais. Bien sûr nous nous sommes intégrés, que vouliez-vous que l’on fasse ? Mais les métropolitains ont montré, comme en 1940, leur lâcheté, leur monstrueux égoîsme et pour tout dire leur imbécillité. Je ne pardonnerai jamais !

Joël(1)

L’Algérie regorgeant de trésors soit… Si la population travaille à la produire!!! Sinon cela se traduit par des grosses loches qui pondent et prient!!! Seul les Blancs et asiatiques travailleurs enrichissent les Pays, les continents! Mettez les Blancs en Afrique (sans les oisifs à charge,) et ont roulent carrosse en 10 ans!

monrose

Mon oncle ingénieur électricien à la retraite en 1962 à Oran, avait fait la guerre de 14 dont Tahure, Verdun, puis 39-45, la Syrie, etc…part dare dare à l’indépendance sans rien. Organica, sa caisse de retraite, ne paie plus. Il doit repartir à Oran, laissant ma tante, et retravaille dans une mine de Kisselgur d’un ami Il descend , cardiaque, dans la mine pour surveiller l’électrification, jusqu’à la nationalisation définitive par Ben Bella en 1965 et revient définitivement en métropole, la situation d’Organica s’étant “réglée”….
L’impréparation du retour est d’autant plus impardonnable que De Gaulle savait depuis toujours l’infamie qu’il allait opérer. Ce soi disant visionnaire me fait vomir.

Colonel de Guerlasse

Il est exact que l’accueil des “rapatriés” c’était pas vraiment aussi confortable que celui actuel des clandestins. Je me souviens que le préau de mon école à Reims avait été fermé avec des plaques de contreplaqué pour “loger” ceux qui échouaient là.

Joël

Et comme si tout ce que vous énumérez ne suffisait pas, nous sommes (Français rapatriés ou non) taxés de criminels contre l’humanité par notre propre président.
Même De Gaulle n’aurait pas osé.

DINCHER-MOSCONI Michelle

Merci de ce commentaire. Voilà 56 ans que je suis à Dijon. Voilà 56 ans que je pleure mon Alger natal. Voilà 56 ans que quand je dis “chez moi c’est en Algérie “. Je n’y peux rien, c’est viscéral; chez moi, c’est là bas.
Je n’ai pas été “rapatriée ” nous sommes rentrés en France,Une main devant une main derrière comme disait mon pauvre père.
Le pire c’est que même quand je suis en Corse,sur les traces de mes aïeux je ne suis pas chez moi.
Tel le “Juif errant” je ne serai jamais plus chez moi. Même dans la tombe!
Un peu de considération, un peu d’égards seraient bienvenus. Simplement dire la vérité sans entendre “tu es raciste”….

Kader Oussel

Avec un peu de chance, à Dijon, votre tombe ne sera pas profanée, ce qui aurait été moins sûr en Algérie.

Hasso

Il y avait aussi des instituteurs qui refusaient de faire classe aux petits pieds-noirs, car “enfants de colons”. Bien sûr, des instituteurs “humanistes”, avec colliers de barbe et Karl-Marx en tête.
C’était pour le “devoir de mémoire” !

montecristo

Je suis Pied Noir depuis 1830 !
Mes ancêtres, y connaissaient pas la France … sauf quand y allaient faire la guerre !
Monsieur Gomez, vous me serrez la gorge ou vous ravivez ma colère à chacun de vos articles !
Cette fois … purée ! …. vous m’avez tiré une larme ! Espèce de coulo va !

Kader Oussel

Vous voulez dire que vos ancêtres ne connaissaient pas la métropole, je suppose, parce qu’à l’époque, en 1830, l’Algérie commençais à devenir française.

montecristo

Celle-ci est authentique ! Je l’ai vécue le 1er juillet 62 à Alger ! Je rejoignais la France. C’est un chauffeur de taxi qui me l’a racontée ;
“Une voiture perd une roue. Le conducteur s’exclame : Putain ! même les roues elles sont indépendantes aujourd’hui !”
Cette histoire faisait, à l’époque, le tour d’Alger … au milieu des concerts de casseroles, de la liesse en délire et de la populace juchée sur les pick-up ou les camions et qui vociférait des “Ya ! Ya ! Ben Bella” aussi passionnément qu’elle avait crié “Al-gé-rie- fran-çaise” , la veille !

montecristo

Manuel ! Vous connaissez certainement celle-ci !
C’était le 5 juillet 62. Un autre Julien interroge un autre passant :
Que pensez vous de l’indépendance ?
Eh ben … Y en a les optimistes et les pessimistes ! Les optimistes y disent qu’on va manger de la merde !
Ah ! et les pessimistes ?
Eh ben … Y disent qu’y en aura pas pour tout le monde ! … la purée de ses os !

Fradth

Décidément, la France est le pays des contraires. Pays ou les lâches font la loi en une époque ou nous avons besoin des courageux, pays ou on absout le criminel et caillasse le policier, pays ou on accueille à bras ouverts ceux qui nous promettent la mort et rejetons ceux qui ont réellement besoin de notre compassion.
Autrefois j’étais fier d’être Français. Aujourd’hui je pense sincèrement que la France est le pays des hommes les plus lâches sur Terre et de malfaisants hypocrites dont la bonté de coeur est aussi authentique, originale et de bon goût que de la nourriture en conserve, une tendance de bonté qu’on suis comme un effet de mode pour donner bonne impression mais sans réfléchir.
Je parle de ceux qu’on appelle plus couramment dans ces lignes, “Gauchistes”.

Fradth

Ma mère est Pied Noir. Je ne l’ai appris qu’alors que j’avais 20 ans, bien loin de la France, de l’Algérie, au soleil des caraïbes ou j’ai vécu toute ma vie. L’exode et la douleur des Pieds-Noirs je ne la connaissais pas, et je ne la revendiquerai pas, comme beaucoup d’autres, ma famille a tournée la page, n’a pas fait dans la victimisation. Cependant en apprenant l’Histoire de l’Algérie et des Pieds Noirs je me suis rendu compte qu’on ne m’en avait pas parlée à l’école, que leur traitement était injuste, que ce que la France avait fait en Algérie, c’était Grand, pas un crime contre l’humanité. La France a rejeté autrefois avec une indifférence coupable ses propres rejetons, alors qu’aujourd’hui elle accueille à bras ouverts les assassins qui l’ensanglantent régulièrement.

Joël(1)

La république: Marâtre envers les siens!!! Comme toujours!

Lire Aussi