1er mai : grandeur et limites du discours de Marine Le Pen

Publié le 2 mai 2013 - par - 3 938 vues
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Militant suisse contre l’islamisation de mon pays, je suis venu passer une semaine à Paris, et en ai profité pour assister, pour la première fois de ma vie, à une manifestation du Front national. Plusieurs choses m’ont marqué. Je trouve étonnant le dispositif policier qu’il faut avoir, en France, pour organiser une manifestation. J’ai également été impressionné par le nombre de militants que le FN doit réquisitionner pour son service d’ordre. Je rappelle qu’en Suisse, Oskar Freysinger, à peu près autant diabolisé que Marine Le Pen, se promène très souvent seul, et que, s’il doit parfois faire face à quelques insultes, sans oublier sa maison incendiée par des gauchistes il y a dix ans, il n’a jamais, à ce jour, été agressé physiquement, à ma connaissance. Pierre Cassen, qui m’a servi de guide une partie de la matinée, m’a certifié qu’en France, si Marine Le Pen se comportait comme Oskar, cela serait suicidaire.

J’ai ensuite remarqué une grande similitude entre la base du FN et celle de l’UDC. Un milieu populaire, des patriotes qui n’ont pas peur de se faire diaboliser en affirmant leur amour pour leur pays. Je sais qu’en France, s’engager au FN est un acte fort, qui peut vous valoir nombre de désagrément, pour vous et votre famille, voir vous valoir des ennuis professionnels, ce qui n’est pas, Dieu merci, encore le cas en Suisse. Les personnes de tout âge que je vois défiler ce matin-là sont, à n’en point douter, de la graine de vrais résistants.

J’ai été étonné par la popularité de Riposte Laïque, quand avec Pierre Cassen, nous regardions passer les manifestants. J’ai été impressionné par le nombre de personnes qui sont allés vers lui, simplement pour lui serrer la main, et remercier RL pour son oeuvre. Il y avait également très souvent un mot pour Christine Tasin, pourtant absente. J’ai même vu une télévision s’arrêter, pour interviewer le fondateur de notre site. Vu ce qu’il a dit sur ce gouvernement, je serais étonné que cela passe, mais enfin, on peut toujours espérer…

Ri7Marine MariannePuis je suis arrivé place de l’Opéra. J’espérais qu’il y aurait davantage de monde. Les derniers arrivants étaient là à 11 h 30, mais il fallait attendre midi pour que le discours commence. J’ai donc attendu sagement. J’ai été très ému, lorsque les dirigeants du FN sont montés sur la tribune, par l’ovation de la foule au vieux président historique, avec ce slogan qui partait du fond du coeur : « Merci Jean-Marie ». J’ai trouvé cela vraiment très bien, et je pense que chez nous, Christoph Blocher, le fondateur de l’UDC, n’a pas ce rapport charnel avec ses militants que le vieux chef du FN possède. Tous les responsables nationaux, comme Bruno Gollnisch, Florian Philippot, Steeve Briois, ont été très applaudis, ainsi que les deux députés, Marion Maréchal (ovationnée) et Gilbert Collard. J’ai demandé à un voisin pourquoi Louis Aliot était-il absent, on m’a répondu qu’il était sur un plateau de télévision.

J’ai ensuite écouté attentivement, place de l’Opéra, le discours de Marine Le Pen. Là encore, au niveau du charisme, je trouve beaucoup de similitude entre elle et Oskar. Mêmes qualités d’orateur, même amour du pays, de notre civilisation, même liberté de ton, même humour féroce contre leurs adversaires… Rien d’étonnant à ce que tous deux, dans leur pays, soient la bête noire des médias.

Je me sentais bien au milieu de cette foule, qui, bonne enfant, scandait spontanément « On est chez nous », « Mélenchon au goulag », « Hollande démission », et « France, Marine, Liberté ». J’aimais bien voir que de nombreux jeunes faisaient partie du public.   

Marine a su trouver les mots justes pour parler de son pays, de son histoire, de son patriotisme, de la dégringolade de la gauche, de l’imposture Sarkozy, de la dictature de l’Union européenne et de la mondialisation libérale. J’ai beaucoup aimé son passage sur la lumière d’une Nation plongée dans les ténèbres, et son optimisme sur la France éternelle.

Son discours a duré une heure, et plusieurs choses m’ont tout de même étonné. D’abord, elle a parlé plus longtemps de Sarkozy que de Hollande. Ensuite, elle qui avait demandé la dissolution de l’Assemblée nationale n’a pas poursuivi sur ce terrain là, alors que ce gouvernement tombe plus bas tous les jours dans les sondages. Autre surprise, alors que, lors du défilé, plusieurs mots d’ordre virulents avaient été scandés contre Taubira, Marine Le Pen n’a même pas demandé sa démission, et n’a pas chauffé son public contre l’adoption scandaleuse de la loi sur le mariage homo. Enfin, j’ai constaté sa timidité, pour ne dire que cela, sur l’islamisation de la France. Elle préfère parler du communautarisme, comme si le mot « islam » l’effrayait. Là-dessus, Oskar Freysinger est vraiment d’un tout autre niveau, et Marine devrait s’en inspirer.

Ces quelques réserves ne m’ont pas empêché de l’applaudir à de nombreuses reprises, et  d’entamer, à la fin d’un discours que j’ai applaudi à plusieurs reprises, une vibrante Marseillaise que moi, Suisse, j’ai eu du plaisir à chanter avec mes amis français.

Je rêve, pour terminer, d’un rapprochement entre le Front national de Marine Le Pen, l’UDC de Blocher-Freysinger, le Parti des Libertés de Geert Wilders, et de tous les partis patriotes d’Europe.

C’est notre meilleure chance de nous en sortir.

Hans Sutter

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