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Le roman, dernier espace de liberté ?

Quelques mois après la retentissante affaire des « caricatures de Mahomet » où l’on a vu les intégristes islamistes se casser les dents sur l’hebdomadaire Charlie-Hebdo, une autre affaire de diffamation défraie la chronique, beaucoup moins médiatique mais tout aussi symptomatique de l’état d’esprit d’inquisition larvée qui se répand aux quatre coins de la planète. Une jeune (et minuscule) maison d’édition, Après la Lune, subit les foudres de l’Opus Dei, organisation octogénaire dont le fondateur, José Maria Escriva de Balaguer, prêtre catholique, fut canonisé en 1992 par Jean-Paul II.

De quoi s’agit-il ? Au départ, un roman, Camino 999. Comme tous les romans, Camino 999 est une fiction. Qu’est-ce qu’une fiction ? Un fait inventé, une création de l’imagination, en littérature, bref, le contraire de la réalité. Ce n’est pas nous qui le disons, mais le Robert, généralement bien informé. Dans l’affaire qui nous occupe, sur laquelle nous ne saurions nous appesantir car une action de justice est en cours, la Prélature de l’Opus Dei, soucieuse de défendre son honneur atteint, invoque la notion de « fiction journalistique », inconnue jusqu’ici au bataillon des effets de manche sémantiques.
Ce barbarisme prêterait à rire si l’on se trouvait dans les pages d’un roman. Mais l’accusation en question s’ancre dans une réalité bien palpable. Celles des espèces sonnantes et trébuchantes. Et donc de la censure par l’argent. 30.000 euros de dommages-intérêts pour laver l’affront d’une diffamation sur laquelle la justice aura à trancher le 7 novembre 2007. Là, on ne rigole plus.
L’Opus Dei aurait pu réclamer l’euro symbolique ; elle multiplie sa requête par trente mille. Il s’agit donc bien d’une censure. Une censure qui nous dit : « Mesdames, messieurs les écrivains, tournez votre souris sept fois dans votre disque dur avant d’écrire, pesez non seulement vos mots, mais aussi vos sujets, nous vous avons à l’œil, et nous avons les moyens. Vous, non. »

Pourquoi cette plainte ? On pourrait gloser en affirmant qu’à l’origine de cette affaire se trouve une autre histoire de chiffres. 999, comme le titre du roman incriminé, Camino 999. 999, comme le nombre d’aphorismes philosophico-religieux contenus dans l’Œuvre fondatrice d’Escriva de Balaguer, intitulée Le Chemin, « El Camino » en espagnol. Le crime de l’auteure du livre, Catherine Fradier, pourrait trouver sa source dans cette irrévérence subliminale. Peu importe que ce livre soit une fiction, racontant une histoire inventée de A jusqu’à Z. Diffamation ? La justice le dira…

On voit que la censure a changé de nature. Elle n’apparaît plus sous la forme d’une créature étatique, munie de longs ciseaux castrateurs, ou d’une mise à l’index religieuse, elle a pris d’autres formes, plus pernicieuses mais tout aussi efficaces. Celle de l’argent. Un autre Robert, Denis Robert, journaliste d’investigation, auteur courageux d’enquêtes sur la nébuleuse Clearstream, en sait quelque chose, qui collectionne le papier bleu et les visites d’huissier par dizaines, et qui, défendant le dessinateur Placid attaqué par le ministre de l’Intérieur (socialiste) Daniel Vaillant pour avoir diffamé les forces de l’ordre en affublant un policier d’un museau de cochon, écrivait ceci : « La vraie censure est en marche. Elle est perfide, efficace et économique. Elle défend l’honneur des multinationales, des vedettes du foot ou du show-biz et des premiers ministres.

Elle s’attaque aux petits éditeurs, aux dessinateurs sans ressources. » C’est exactement le cas d’Après la Lune, puissance économique si faiblarde qu’il lui a fallu lancer une souscription pour assumer les frais de sa défense.
Bien entendu, les colossaux enjeux financiers dénoncés par Denis Robert n’ont rien de commun avec l’honneur de l’Opus Dei, dont on se demande encore quelle mouche l’a piquée de nous intenter ce procès – alors que la parution du Da Vinci Code n’avait soulevé de sa part que protestations de bon aloi, et une opération de marketing ma foi fort joliment troussée.

Cela dit, contrairement à Denis Robert, victime d’un effrayant rouleau-compresseur, nous aurions tort de nous plaindre ; les préoccupations de la Prélature ne sont, en effet, pas exemptes de louables intentions, comme en témoigne ce moment fort de l’assignation : « Nous ne demandons en aucune manière que le livre soit interdit ou censuré, mais seulement que les passages diffamatoires soient jugés tels par l’autorité compétente. Les lecteurs de Catherine Fradier y gagneront, car ils pourront bénéficier à la fois d’une œuvre littéraire et d’une information authentique sanctionnée par l’autorité judiciaire. » Et peu importe que les passages diffamatoires ne soient même pas cités dans l’assignation… Là encore, la justice tranchera…

On voit bien où ce genre de manœuvre dilatoire peut mener : un assèchement, un rétrécissement de la chose littéraire – rétrécissement déjà bien entamé, il est vrai, dans une certaine frange de la littérature française, pour qui l’ombilic tient lieu d’organe du souffle –, avec, au bout du compte, une littérature aux ordres, servile, hygiéniste et mortifère, dont le récent best-seller estampillé « la Voix de son maître » de Yasmina Reza constitue un exemple saisissant. Il est vrai que cette « non-fiction » autorisée ne prétend pas être de la littérature…

Gardons-nous ici du mauvais esprit qui consisterait à affirmer que l’on retrouve là les fondations philosophiques qui inspirèrent l’auteur canonisé des 999 préceptes précités, car cela pourrait être mal interprété. Et refermons cette parenthèse déprimante pour dire que nous n’en sommes certes pas là, et que la littérature – et bien entendu, le roman, le merveilleux roman – a peut-être, dans la société implacable que préfigure ce monde globalisé, asphyxié, invivable, une autre fonction à remplir, qui pourrait être celle de la nécessité organique à dire le monde, que ne remplissent plus les médias, censurés par les grands groupes liés aux dirigeants politiques, les Berlusconi, Murdoch, Lagardère, etc.
Alors que les journalistes sont muselés par les médias qui les rétribuent, les exactions des multinationales en Afrique ont été dénoncées par John Le Carré dans La constance du jardinier, et c’est encore dans l’œuvre de cet écrivain que l’on trouve la dénonciation la plus implacable de la manipulation des médias par l’administration Bush et le gouvernement Blair, notamment dans Une amitié absolue. En France, c’est une fiction, Meurtres pour mémoire, de Didier Daeninckx, qui révélera au grand public (en 1984) la répression féroce des manifestations d’Algériens du 17 octobre 1961.

Les exemples pourraient être répétés à l’infini, et l’on mesure aisément quelle pourrait être l’ampleur de la tâche – passionnante – dans un pays où le président en exercice aurait la haute main à la fois sur les affaires d’Etat, et sur un grand nombre de médias censés commenter lesdites affaires, y compris d’autres, moins reluisantes ; dans un pays où un petit Bonaparte hâbleur, vétilleux, vindicatif, démagogue, sans scrupules et sans culture (sauf physique), névrosé par une soif incontinente de pouvoir absolu, idôlatrerait le pognon-roi, l’argent fastoche, rêvant d’un coup d’Etat permanent, vouant aux gémonies les chômeurs, les improductifs – ceux que du temps de son papa spirituel on appelait « la République des paresseux » – et tous ceux qui n’auraient tout simplement aucune envie de travailler plus pour gagner plus, mais seulement de gagner plus pour vivre mieux !

Le roman, dernier espace de liberté ? Chiche ! Qui le premier se frottera au roman de ce type qui fait honte à une bonne moitié des Français – dont 99,9% de mes amis –, avec ses allures de cow-boy Duracell qui ne fume pas, ses joggings exhibionnistes, ses castings de république bananière ? Serait-il censuré, celui (celle) qui écrirait ce livre ? Et par qui ? Les éditeurs ? La presse ? Les circuits de distribution ? Les libraires ? Allez savoir…

Le roman, dernier espace de liberté ? Mais jusqu’à quand ? Plus que jamais, la liberté de créer, d’imaginer, l’exercice de la fiction, sont mis en danger – l’asphyxie des petites maisons d’édition indépendantes n’y est pas étranger. C’est aussi l’un des enjeux de ce procès, et s’il n’existe aucun lieu apparent entre l’Opus Dei et monsieur Sarkozy – à part peut-être Mme Christine Boutin –, par-delà le couperet économique qui pourrait expédier Après la Lune dans un trou noir définitif, se pose la question de l’irréductible pugnacité des écrivains – et de tous les êtres humains – à être sans cesse en éveil, en mouvement, à défendre leur liberté, liberté, libertés chéries, toutes les libertés. Celle de penser, de vivre, de se battre, de se nourrir, de se loger, d’accueillir des étrangers sans leur racler la langue à la cuiller pour recueillir leur ADN, de s’enrager, de se rebeller, de se défendre contre des ennemis chaque jour plus puissants et plus perfectionnés, contre toutes les censures, ces sangsues.
Et aussi, contre un mal plus subtil et néfaste, et difficile à circonscrire : l’intolérance.

Jean-Jacques Reboux

éditeur, écrivain, directeur des éditions Après la Lune.

Derniers livres parus : Chômeurs, qu’attendez-vous pour disparaître ? (Collectif)
Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, ministre des libertés policières




L’islam d’aujourd’hui, une source de danger pour les libertés (5e partie)

Il existe tout un contexte idéologique fabriqué par médias et politiques, qui participe directement à l’encouragement en France au communautarisme musulman. Sur France-Info, la veille du Ramadan, on n’hésite pas à affirmer, « Entre 4 et 5 millions de musulmans commencent demain le Ramadan » faisant de tout individu d’origine d’un pays musulman un musulman croyant et pratiquant, alors qu’il n’en est rien. Façon de valider un pouvoir religieux sur des individus, des citoyens, réduit à l’état de communauté qui reste encore, heureusement à ce jour, largement une illusion. Mais pour combien de temps, peut-on s’interroger dans ce contexte ?.

Un climat idéologique qui encourage le communautarisme musulman

Le même jour, dans le magasin Auchan Val de Fontenay en banlieue parisienne, grande surface populaire s’il en est, on trouve un rayon dans l’allée principale, à quelques mètres de l’entrée, uniquement consacré à la mise en valeur d’exemplaires du Coran ! Que l’on vende dans les rayons spécialisés les livres référents des religions est tout à fait respectable et même utile à l’élargissement de la culture générale, mais mettre ainsi en avant les choses est la manifestation directe d’une volonté de tirer profit d’une communautarisation de la société que l’on encourage directement.

Ailleurs, on vante en plein Ramadan, dans le journal « Aujourd’hui en France » (daté du12.10.2007), les mérites de la filiale française de la chaîne américaine de restauration rapide KFC ( Kentucky Fried Chicken) très implantée en banlieue, qui sous le manteau, fait circuler l’information selon laquelle, la viande y est Halal, qui attire ainsi aujourd’hui une clientèle jeune très communautaire. Tout en jurant, fort à propos, ne pas vouloir en faire un argument de vente, le responsable achat et qualité au KFC, Nick Dawson explique, que cette orientation résulte du fait que leur fournisseur principal est le groupe « breton Doux » qui détient de nombreuses parts de marché au…Moyen-Orient, on croit rêver !

Un encouragement au repli communautaire venu de loin, présenté comme un service rendu à la population des quartiers. Une chaîne de restaurant qui contribue clairement et en toute impunité à une remise en cause du principe de neutralité appliqué dans la vie publique en France en matière de religion, en faisant commerce du communautarisme, rompant avec toute idée de laïcité, et participant ainsi à un encouragement à la mise en visibilité d’une population française d’origine immigrée, de la deuxième ou de la troisième génération, sous le signe de l’islam, véritable aubaine pour les islamistes qui travaillent à leur mise à part.

Sans compter avec le fait que de nombreuses personnes non musulmanes se voient ici imposer sans le savoir de manger halal, des produits alimentaires ritualisés, ce que banalise la chaîne de restaurant, alors que dans le cas des cantines scolaires qui ose ne pas proposer une alternative à une alimentation non halal on crie au racisme et au piétinement des droits de l’homme. Nous sommes ici en pleine dérive, à travers ces quelques exemples, d’une société française livrée au communautarisme et à la discrimination dite positive qui détruit toute idée de vivre ensemble, de peuple, de valeurs communes, d’intégration, Ceux qui se rendent responsables de cela, sous couvert de répondre à une logique communautaire qui serait un droit, doivent être mis en cause comme les architectes d’une discrimination négative qui œuvre à la justification de mises à part inadmissibles. C’est une tendance lourdes de notre société qui doit être fermement dénoncée.

L’islam mis au service de la domination libérale

D’autres voies concourent dans le même sens. S’il faut en croire Régis Debray, que l’on présente comme un penseur de la laïcité, « Dans le monde francophone, les pionniers de l’enquête patiente et du savoir positif se trouvent, pour une bonne partie, dans les couvents et les congrégations, chez les pasteurs et les moines, alors que prévaut dans les milieux laïcs ou athées une inertie passéiste » (Régis Debray Dieu, un itinéraire, Odile Jacob, p.10) préalable à la justification de l’enseignement à l’école publique de « l’histoire des religions » dans toutes les matières.

De quoi s’agit-il ici, il s’en explique : « Le rôle public revendiqué par les Eglises et les confessions, ou la vocation qu’elles s’attribuent d’informer le social, est un fait d’histoire » Certes, c’est précisément ce fait que la laïcité a fait reculer, ce rôle que se sont attribuées les Eglises en lieu et place d’une citoyenneté qu’il a fallu arracher. Tout le discours de Régis Debray vise à intégrer ceux, issus de l’immigration, par cette méthode qui consiste à faire entrer à l’école l’enseignement de leur religion comme gage de leur reconnaissance, sous couvert d’enseignement du « fait religieux », qui se traduit en ici par un encouragement à une mise à part, à l’enfermement dans une origine et une religion au lieu de répandre la laïcité.

On leur apprend ainsi, au lieu de la citoyenneté qui est l’apprentissage de la responsabilisation devant le bien commun et du vivre ensemble, dès le plus jeune âge à rester esclave d’un passé et d’un héritage figé qui les dissocient de la communauté nationale, ignorant les progrès du temps. Ceux qui sont les promoteurs de cette dynamique s’étonnent ensuite du rejet par ces jeunes d’un enseignement raisonné de l’histoire dont ils chahutent les cours dès que l’on évoque, entre autres, la shoa.

Mais écoutons notre Président de la République pour mieux comprendre le sens des paroles de Régis Debray : « Je suis convaincu que l’esprit religieux et la pratique religieuse peuvent contribuer à apaiser et à réguler une société de liberté » (Nicolas Sarkozy, « La République, les religions, l’espérance », Cerf, Paris 2004). Il invite, dans ce livre, à ce que la religion prenne en charge le lien social, qu’elle joue un rôle d’encadrement de notre société, et ce n’est pas un hasard ni la simple volonté d’un homme convaincu de sa foi.

Il le propose dans une perspective qui est celle d’un projet politique, qui a au cœur l’objectif de briser les valeurs collectives de liberté-d ‘égalité et de fraternité qui forment notre socle républicain, pour les remplacer par la croyance, cet allié de l’ordre établi, de l’individualisme, qui fait accepter les inégalités de la vie terrestre par la promesse d’une espérance d’une vie meilleure après la mort, qu’il encense : « Le fait religieux est un élément primordial en ce qu’il inscrit « la vie » dans un processus qui ne s’arrête pas avec la mort » nous dit-il encore. Cette façon de voir la religion comme primordial en dit long sur les dangers qui pèsent sur la laïcité en France.

Contre toute attente, cette volonté politique de faire jouer à la religion ce rôle tourné contre les intérêts du peuple, se lie à l’action d’une partie des altermondialistes d’extrême-gauche, qui croient voir dans le droit des minorités, un facteur de résistance au libéralisme mondialisé, encourageant ainsi la division des peuples en ethnies, religions cultures, qui joue en réalité contre leur capacité à se défendre. Ils encouragent sous cette logique en France un islam communautaire et séparé qu’ils soutiennent publiquement.

Comme Philippe Val, directeur de la publication et de la rédaction du journal Charlie Hebdo qui a publié les caricatures l’expliquait, le 21 février sur Arte lors d’un débat sur les caricatures, une certaine extrême gauche a fait alliance contre l’Amérique de Georges Bush avec les islamistes, comme le reflète l’image d’un Tarik Ramadan qu’on a vu aux tribunes des forums sociaux, donnant à ceux-ci un poids politique qui empêche de nombreux musulmans de choisir d’épouser les valeurs de la démocratie.

Mais derrière ces faits, derrière les complicités de cette montée d’un islam communautaire, il y a un projet, celui de la destruction des cadres nationaux comme facteur de résistance des peuples face à la mondialisation libérale par leur mise en division. Tout un jeu de lignes favorise de montrer les religions, à droite comme à gauche, chacun selon sa lecture, comme l’antidote d’un monde sans âme, avec des cadres nationaux programmés à disparaître sous le signe de la globalisation et les identités nationales avec elle, laissant un vide qu’elles sont prédestinées dans ce projet à occuper. Il n’est pas un hasard que la construction européenne passe par une soumission des nations via des cessions continues de part de souveraineté vers elle, avec une mise en avant du rapport métropole-région-Europe niant l’échelle nationale et le rôle des parlements nationaux. Le combat contre le communautarisme est un des fondements du combat antilibéral et anticapitaliste.

Guylain Chevrier

Historien




Rendez-vous laïques et féministes

Vendredi 9 novembre

Le CVDL –Comité Vendômois pour la Défense de la Laïcité- qui poursuit son cycle de conférence annuelle depuis 1996 a demandé à Catherine Kintzler de revenir à Vendôme neuf ans après sa première conférence pour nous présenter son dernier livre : Qu’est-ce que la laïcité ? (Vrin) paru cette année.

Elle sera à Vendôme (Loir-et-Cher ; à 43 minutes de Paris par TGV) au Minotaure à 20h30 pour une nouvelle conférence dont elle a proposé l’intitulé :

« LAÏCITÉ ET HUMANITÉS ».

La conférence sera suivie d’un débat et d’une séance de signatures.

Vendredi 16, samedi 17 & dimanche 18 novembre 2007

Madame, Monsieur, chers amis,

En 2006, vous étiez dans la belle aventure de « El Machina » (Le Train), d’après un texte d’A. Alloula, mis en scène par Ziani Cherif Ayad, qui a tourné en région PACA à 22 reprises, avant son retour en Algérie, où il a été programmé dans le cadre de « Alger capitale culturelle du monde arabe ».
Ce spectacle était présenté dans le cadre d’un projet global de fondation d’un théâtre arabe contemporain entre Marseille et Alger, fruit de la coopération et de la solidarité entre de nombreux partenaires, tant sur le sol algérien qu’au niveau de notre région.
Cette expérience a été pour nous fructueuse et révélatrice de quelques-unes des potentialités encore à explorer.

Système Friche Théâtre et la compagnie « El Gosto » vous proposent de venir découvrir en novembre prochain un nouveau temps fort consacré à la création contemporaine algérienne au travers de deux spectacles et d’une projection :

SOUFFLES D’EL DJAZAÏR
A la Friche La Belle de Mai
Au programme:

Théâtre / Spectacles
« En remontant le Niger »
Lecture mise en espace d’après Arezki Mellal
Choix des textes et agencement artistique de Ziani Chérif Ayad
“un divertissement africain pour remonter aux racines lointaines mais puissantes”
Version française – ven. 16 nov. à 19h30
Version arabe – dim. 18 nov. à 16h

« Syndromes aériens (diptyque) »
un texte : Christophe Martin, deux mises en scène :
Kheireddine Lardjam (Algérie) / Didier Ruiz (France)
“ à partir du vécu d’un jeune algérien, avancer dans la connaissance de soi et de l’autre”

Ven. 16 nov. à 21h, dim. 18 nov. à 18h

Cinéma
Soirée autour du réalisateur Jean-Pierre Lledo
avec les projections de :
sam. 17 nov. à 18h00 : « L’oasis de la Belle de Mai » (1996 / 59 ‘)
“ en 1995, des peintres en exil se retrouvent, l’espace d’une semaine, à La Friche la belle de Mai…”
sam. 17 nov. à 20h00 : « Algérie mes fantômes » ( 2004 / 106 ‘)
“ tranches de vies modestes qui racontent une Histoire franco-algérienne de ces 50 dernières années”

Rencontre avec le réalisateur et l’artiste plasticien algérien Denis Martinez autour d’un apéritif entre les deux projections

En espérant vous revoir à cette occasion veuillez croire à l’expression de notre considération distinguée.

Philippe Foulquié
Directeur
Système Friche Théâtre

Invitation valable pour deux personnes. Merci de nous confirmer votre présence à Azzurra Chiarini par téléphone au 06 26 25 25 10 ou par mail à azzurra@lafriche.org.

Samedi 17 et dimanche 18 novembre 2007

A Maromme (10 km à l’ouest de Rouen – 76)

de 14 h à 19 h, à l’Espace Culturel Beaumarchais, 13 rue de la République :

A la Rencontre du Livre

Plus de 70 auteurs parmi lesquels : Jean Metéllus, Maurice Rajsfus, Philippe Vilain et également le philosophe Vincent Cespédes (son dernier ouvrage, Mot pour mot : Kel ortograf pr 2m1 ?) Jean-Marie Müller, porte-parole national du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN), Bachir Hadjadj, romancier, Gérard Le Puill, journaliste primé pour ses articles sur le monde viticole, Patrice Bouillon, membre du Bureau National de l’Indecosa-CGT, spécialiste de la question du pouvoir d’achat, Bernard Zongo, universitaire, enseignant, auteur de plusieurs ouvrages de linguistique et d’un essai répondant à Gaston Kelman (invité lors d’une précédente édition de la Rencontre), Pierre Cassen, président de l’UFAL des Yvelines (Union des Familles Laïques), animateur du journal en ligne ResPublica de 2003 à 2007, fondateur en septembre 2007 de Riposte Laïque, Paul Ariès, philosophe et Christian Terras, auteur d’articles dans le Monde Diplomatique, tous deux animant la revue Golias, Jacqueline Roz-Maurette, journaliste, spécialiste de la santé pour la revue Viva, Joël Spiroux, médecin, auteur d’un ouvrage préfacé par Patrick Pelloux (voir rubrique « débats »), Thierry Gerber, auteur d’un rapport remis à la Direction Générale de la Santé, intitulé Violences et Santé à EDF-GDF, Henri Maler et/ou Mathias Reymond, tous deux maîtres de conférence et animateurs d’Acrimed (Action Critique médias), et également des universitaires ayant publié aux Presses Universitaires le Havre-Rouen (PUHR).

Samedi 17 novembre

(entre 14 h et 19 h) :

« Environnement-santé : l’homme sacrifié ? » avec Jacqueline Roz-Maurette, Les Héros sacrifiés du World Trade Center, Joël Spiroux, Les Pathologies environnementales : alerte santé, Thierry Gerber, Violences contre agents : agressions et souffrances dans les services publics

« Media alternatifs : contre-pouvoirs, nouvelle citoyenneté ? » avec Henri Maler/ Mathias Reymond, Médias et mobilisations sociales : la morgue et le mépris, et sous réserve des contributeurs à Bellaciao, Rue89, Agoravox

« France : la République et ses colonies » avec Gilles Manceron , 1885, le tournant colonial de la République, Bachir Hadjadj, Les Voleurs de rêve : 150 ans d’histoire d’une famille algérienne.

Hommage à Ernesto Guevara avec l’Espace Che Guevara, France Amérique Latine et un invité cubain. A cette occasion la radio HDR (Hauts de Rouen) enregistrera une émission (sous réserve). Hommage aux soldats du 17° RI qui ont, en 1907, refusé de tirer sur les viticulteurs en colère.

Dimanche 18 novembre

(entre 14 h et 19 h) :

« Alternative non violente, désobéissance civile : les nouvelles résistances ? » Jean-Marie Müller, auteur de Gandhi l’insurgé : l’épopée du sel, du Dictionnaire de la Non-violence, présentera le MAN et ses actions, Vincent Cespédes évoquera la désobéissance civile

« Economie équitable, décroissance : quelle consommation pour demain ? » avec Paul Ariès, No conso , Patrice Bouillon, contributeur, Guide de l’Economie équitable, Johann Charvel, L’œil du vigile, militant anti-pub.

« Sarkozy et la laïcité » avec Christian Terras, Pierre Cassen, Jean-Paul Scot, et, sous réserve, Catherine Picard, présidente de l’Union Nationale des Associations de défense des familles et de l’individu.

« Europe : quelle menace pour la vigne française ? » avec Gérard Le Puill, Les Vendanges de la colère, Laurent Desmidt, viticulteur dans l’Aude.

Entrée libre.

MARDI 11 DECEMBRE 2007

Bonjour,

L’association Femmes pour le dire, Femmes pour Agir est heureuse devous inviter à son 3ème forum national qui aura lieu

A L’ESPACE Condorcet àla Villette à Paris 19 ème

Inscription par mail : fdfa.asso@free.fr

Indiquez : nom, prénom, adresse postale, téléphone, mail, profession, type de handicap si nécessaire

Merci de diffuser cette information largement

PROGRAMME

Sous le patronage du Ministère de la Santé, de la jeunesse et des Sports et de la Mairie de Paris

L’association « Femmes pour le dire, Femmes pour agir »

Organise son troisième forum national

Femme Création Handicap

Parrainé par Nicoletta

Invitée d’honneur : Sandrine Bonnaire

à la Cité des Sciences et de l’Industrie de La Villette,espace Condorcet

(Traduction assurée en vélotypie et LSF)

8h 30 Accueil musical

9h 00 Ouverture du forum par Paul Blanc, Sénateur des Pyrénées Orientales, Anne Hidalgo, première adjointe au Maire de Paris, Pénélope Komites en charge des personnes handicapées, et Maudy Piot, Présidente de l’association FDFA.

9h 30 Conférence de Marie-Jo Bonnet, historienne d’art, écrivaine :

Pour un nouveau regard sur la place des femmes dans les arts.

Exposition de photos : Blessures de femmes.

Présentation de la journée et organisation des 23 « Ruches » (espaces en U dans lesquels les artistes en situation de handicap exposeront leurs œuvres et accueilleront le public pour un temps de partage et d’échanges).

Au programme : peinture par des femmes aveugles et handicapées motrices ; céramique, sculpture et modelage par des personnes de petite taille ; cinéma des différences « Retour d’images » ; théâtre ; exposition « Regard’en France Cie » ; « tactilivre » ; chant avec guitare ; ruches africaines ; danses ; sculpture par des personnes aveugles et perdant la vue ; masques ; maquillage ; exposition de photos ; etc… Ruche : création-lien-entreprise, possibilité de rencontre entre des employeurs et des personnes handicapées, CV bienvenus

9h 45 – 13h 45 Rencontres et échanges dans les « Ruches »

12h 30 – 13h 30 Spectacle théâtral « Terre parmi les courants » avec Bruno Netter et Monica Companys

13h 30 – 14h 15 Déjeuner libre

14h 15 Première de l’Opéra du désert par Duo Soma

15h 15 Conférence de Simone Korff-Sausse, psychanalyste, Maître de conférence à Paris VII, sur le thème : Des femmes créent

15h 45 Echanges avec la salle

16h Flashes sur les « Ruches » avec la compagnie des Voyageurs

16h 50 Intervention de Catherine Lalumière, ancienne Ministre, présidente de la Maison de l’Europe de Paris

17h 00 Fermeture des « Ruches »

17h 15 Spectacle de clôture par la compagnie « Danse avec les roues »

18h 00 Conclusions par la Présidente de FDFA, Maudy Piot

La participation au forum est libre

Il est nécessaire de s’inscrire car le nombre de places est limité :

Soit par mail à : fdfa.asso@free.fr

Ou par téléphone au 01 45 66 63 97 ou au 01 43 06 25 22

Ou par courrier à : Femmes pour le dire, Femmes pour agir

16, rue Emile Duclaux, 75015 – Paris Tél. 01 45 66 63 97

Maudy Piot, présidente.

fdfa.asso@free.fr

www.femmespourledire.asso.fr




Sélection de quelques réactions

Quelques nouvelles de Belgique

Voici une information toute fraîche : (
[http://www.rtlinfo.be/news/article/48524->http://www.rtlinfo.be/news/article/48524 ] )

Je cite :
« Le Conseil d’Etat a suspendu le licenciement d’une enseignante de religion islamique qui avait été remerciée l’année dernière parce qu’elle portait le voile en dehors des classes, révèlent mardi les quotidiens « De Morgen » et ceux du groupe Corelio.

Le Conseil d’Etat a estimé que ce n’était pas à une école ou à un groupe d’écoles de l’enseignement communautaire de décréter individuellement une interdiction générale sur base de signes distinctifs religieux.

En janvier 2006, une procédure de licenciement de deux enseignantes de religion islamique exerçant dans un réseau scolaire bruxellois de l’enseignement communautaire avait été entamée. Le conseil d’administration du réseau avait décidé, en 2005, que les enseignantes et les étudiantes ne pouvaient pas porter de symboles religieux. Les deux enseignantes avaient toutefois refusé d’enlever leur voile en dehors des locaux, même après un avertissement. »

Fin de citation.

En Belgique, l’enseignement est une responsabilité des Régions, et la Communauté française de Belgique exerce cette prérogative en Wallonie et à Bruxelles.
Bien que la question fut posée depuis pas mal de temps, la Communauté française n’a pas légiféré sur le Port du voile dans les écoles, abandonnant les directeurs d’établissements en première ligne face aux intégristes.

Sur plainte d’une islamique, le Conseil d’Etat vient de placer la Communauté française devant ses responsabilités, mais aussi de désavouer les directeurs d’établissement et donner ainsi un très mauvais signal aux extrémistes tant musulmans que racistes.

Je ne puis m’empêcher de rapprocher ce cas de l’affaire du gîte des Vosges :
comment l’Islam utilise habilement nos rouages judiciaires pour laminer toute opposition.

En Informatique, un programme qui détourne les ressources d’un système pour s’en rendre maître s’appelle un virus. A quand un anti-virus efficace ?

À lire aussi sur ce sujet, des avis intéressants dans cet article :
[http://www.espace-citoyen.be/site/index.php?EsId=1&Module=mod-produit&Indice
=1-28-1->http://www.espace-citoyen.be/site/index.php?EsId=1&Module=mod-produit&Indice]

Jean Thirion
Belgique

MRAP : Grandeur et misère de l’antisémitisme (Maurice Winnykamen)

Ce n’est pas une critique mais un résumé de son livre. Je ne suis pas historienne.
Mais j’ai suivi , un peu le même parcours et en gros je suis d’accord avec ce qu’il écrit.
C’est l’histoire d’un mouvement le MRAP qui traverse les dernières 50 ans en recoupant les dérives de notre Société.
C’étaient des émigrants juifs polonais des années 30.Ils avaient crée le MNCR en 1941-42 en réponse aux lois de Vichy. Ils faisaient partis de la M.O.I de l’UJRE et ensuite des FTP.
La guerre finie, en 1949 ils avaient crée le MRAP« mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix » Le MRAP au cours des années était devenu l’incontournable mouvement anti raciste de France. Un mouvement Laïque .,il a été solidaire avec toutes les victimes du racisme. Il y avait une solidarité prolétarienne qui a disparu.

En 1977, il y a une modification des statuts (l’auteur dit « on ne quitte pas par le cœur et l’esprit d’Un mouvement comme le MRAP « et j’y adhère) on enlève le mot « antisémitisme et l’amitié entre les peuples » en disant qu’il n’y a qu’un seul racisme, cela marquerait une préférence entre victimes. Après ça a commencé, l’ouverture au communautarisme musulman. Le MRAP d’aujourd’hui enferme les victimes de ségrégation raciale dans un repli communautariste générateur de racisme. Vous savez après les arabes ce sera les juifs ou dans le sens qu’on veut, après les juifs ce sera les autres

Le mouvement actuel fait du négationisme , en occultant ses origines et l’attachement à la laïcité et à l’égalité des sexes. Rappelez-vous entre autres la défense des filles Levy et leurs voiles. Et Fanny bien-sûr.

Depuis la prise de pouvoir de Mouloud Aounit actuel Président du Mrap adepte de Tariq Ramadan contre les lois de la République. Avec l’aide du collectif « une école pour tous
A réussi à prendre le pouvoir et le garder

Et l’abandon des gauches de la laïcité ?

Je pense que pour bien ce battre il faut savoir qui est l’ennemi. Ce livre explique les dérives afin de créer des confusions et l’auteur en militant espère que tout n’est pas perdu.

Denise Candal

Je voudrais vous soumettre deux idées en rapport avec l’affaire Truchelut

1. Le port du voile est souvent présenté comme relevant de la liberté individuelle. C’est inapproprié. Il s’agit en effet d’une loi religieuse. Peu importe que cette loi fasse débat théologique :
celles qui le portent considèrent bien qu’il s’agit d’une obligation pour la musulmane. C’est donc de la liberté d’être musulman qu’il s’agit. Qu’en est-il ?

• « Nulle contrainte en religion » (Coran 2,256). Cette phrase est souvent avancée au crédit d’un islam tolérant. Elle est cependant contredite par de nombreux hadiths :

• « Celui qui change de religion, tuez-le. » (Sahîh Bukhari, vol. 9, livre 84, numéro 57, rapporté par Ibn Abbas.)

• « Des gens de la tribu d’Ukl sont venus au prophète et ont embrassé l’islam…ils sont devenus apostats… et le prophète ordonna que leurs mains et pieds soient coupés, que leurs yeux soient brulés avec des pointes de fer et que leurs mutilations ne soient pas cautérisées pour qu’ils en meurent… ils furent mis dans un endroit appelé Al Harra et quand ils demandèrent de l’eau, ils n’en reçurent pas jusqu’à leur mort » (Bukhari, Hadith 59/ 234)

Il y a deux portes d’entrée en islam : la conversion ou la naissance.
La conversion est une formalité qui ne prend que deux minutes. Quant à la naissance, l’enfant né d’un musulman est musulman, un point c’est tout. Dans les deux cas, il n’y a qu’une sortie : la mort !

Nulle liberté en islam donc. Le port du voile n’est pas affaire de liberté.

2. Si le refus d’héberger des femmes voilées est considéré comme une discrimination religieuse, sans doute qualifierait-on de la même manière le refus de laisser entrer une femme non voilée dans une mosquée. Il serait intéressant de faire cette expérience et d’en faire constater le résultat.

Avec toute ma sympathie,

Roby Detemmerman

De quoi se mêle le Mrap ?

De quoi se mêle le MRAP, pour organiser une manifestation contre la loi qui sera proposée au Parlement ; Le MRAP, un mouvement dirigé par un sexiste et qui dans toutes ses actions soutien tout ce qui peut diviser les hommes et les femmes, mais aussi les populations entre-elles.

Faut-il s’étonner du peu de succès d’une manifestation organisée sur le parvis des Droits de l’homme ?

Parvis selon la philosophie du MRAP des Droits de l’homme, mais pas de la femme, sauf si cette dernière se soumet à l’invention masculine (phallocrate) du port du voile.

Le président du MRAP, ne comprendra jamais, que le port voile et autres attributs comme la burka, est une agression ressenti par toutes les femmes libres et autonomes.

Une restauratrice poursuivie par le MRAP qui refusait l’accès aux parties communes de son établissement à des femmes voilées ; Son argument, je résume ; « en tant que femme et féministe qu’afficher des croyances intolérantes est inacceptable ; pire quand ces croyances visent plus particulièrement à dire que le corps de la femme est un objet honteux et doit être caché ».

Je partage cet avis et j’estime que dans l’espace public le port du voile autorisé est la négation de tous les combats menés dans notre pays pour l’égalité entres les hommes et les femmes.

Ce que refuse d’admettre le MRAP, c’est que le voile est avant tout le symbole d’une idéologie masculine sans aucun rapport avec la croyance dans une origine monothéiste « du monde ».

Action, entre autres, du MRAP qui objectivement finirait par diviser les populations en revendiquant des plats séparés, selon la confession des élèves, dans les établissements scolaires.

.

Etc…Etc…

.
L’action du MRAP favorise les fondamentalistes qui veulent installer leur religion dans notre pays en tentant d’accoutumer les populations à la vue du port du voile dans l’espace public et pire à long terme tenter de « normaliser » la division entre hommes et femmes et de rétablir la domination des hommes sur les femmes.

Et cela, va non seulement à l’encontre des luttes de femmes, mais également à l’encontre du combat difficile menés par une minorité de français de confession musulmane qui eux veulent adapter leur religion aux valeurs humanistes de notre pays.

Donc ce n’était pas la foule des grands jours sur le Parvis des Droits de l’Homme ; Merci au MRAP et autres organisations incapables de faire la différence entre ce qui relève d’une attitude raciste et ce qui appartient à une lutte légitime antisexiste, anti-phallocrates et refuse le communautarisme.

Je pense que la raison reviendra, en dernier lieu, au Conseil Constitutionnel, mais ce ne sera pas grâce aux actions nuisible du MRAP et consorts.

Crab.




Le voile démystifié, Leïla Babès, Bayard, 2004 (14,20 €)

Dans Le voile démystifié, Leïla Babès abordait en 2004 un sujet qui reste d’actualité : l’instrumentalisation de la religion, en l’occurrence l’islam.

Cette professeure de sociologie des religions affirme que, contrairement aux déclarations des responsables d’organisations islamiques comme l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) ou des représentants du CFCM (Conseil Français du Culte Musulman), le voile n’est ni une prescription religieuse ni une pratique religieuse.

Elle souligne que le voile est devenu l’emblème de la communauté islamique et qui touche à ce symbole touche au plus profond de la foi des musulmans et porte atteinte à leur honneur, alors que le voile n’a rien de religieux.

Dans le Coran un seul et unique verset (XXXIII, 53) fait allusion au hijâb en tant qu’ « habit » réservé aux femmes.

Leïla Babès rappelle qu’ ‘Umar, l’un des compagnons du Prophète, aurait conseillé à ce dernier de voiler ses épouses pour les protéger de la convoitise d’hommes sans éducation, notamment lorsqu’elles sortaient la nuit pour satisfaire leurs besoins naturels, risquant d’être épiées et agressées.

On dit que c’est ‘Umar l’inventeur du voile, qu’il aurait même été l’inspirateur de certains versets, notamment celui cité plus haut, et qu’il était très dur à l’égard des femmes.

Un autre verset (XXXIII, 59) fait allusion au jilbâb, vêtement qui existait mais n’était pas toujours porté.

La prescription avait pour but de donner aux « femmes des croyants » un signe distinctif, indiquant leur appartenance au clan et les distinguant des prostituées et des esclaves.

D’après l’auteure ces deux prescriptions, qui n’ont rien de religieux, rappellent tout simplement que les femmes devaient à la fois obéir aux normes dictées par les hommes et se protéger des convoitises et des obsessions sexuelles de ces derniers.

Les cheveux, le corps et la voix de la femme sont considérés comme obscènes. « La voix est un attribut de pouvoir et une femme réduite au silence est une femme mise sous tutelle, neutralisée ». On comprend pourquoi les salafistes préconisent le port du niquâb, qui couvre complètement la femme, l’empêche de parler et la prive de son identité.

Au contraire des salafistes/wahhabites, les Frères Musulmans prescrivent le hijâb (qui ne couvre ni le visage ni les mains). En revanche ils intedisent parfum, maquillage et bijoux, symboles de beauté et séduction.

D’après Leïla Babès le voile est devenu le symbole fort d’une communauté qui se croit homogène et pure et qui se sent menacée par la « perversion occidentale ».

Le voile, qui relève du registre de la morale sexuelle et des coutumes patriarcales, est sacralisé et devient principe de foi.

Aucun théologien musulman avant le 20è siècle n’a affirmé que le port du voile était nécessaire pour déterminer l’islamité d’une femme. En portant le voile, la femme musulmane ne prouve pas son adoration de Dieu, mais plutôt sa soumission à l’homme et aux normes de sa communauté.

Pour Leïla Babès les (jeunes) femmes qui manifestent, revendiquent le droit d’être voilées et se disent féministes ne réclament absolument pas de changement dans leur statut de musulmanes. Elles ne souhaitent pas faire de nouvelle lecture des textes religieux, elles ne demandent pas le droit à diriger la prière, à être des mufties autorisées à délivrer des fatwas (des avis juridiques), elles n’exigent pas pour les femmes des pays islamiques la fin des discriminations en matière d’héritage et de témoignage, de la polygamie, de la lapidation des femmes, de l’exclusion de l’exercice du pouvoir politique.

L’auteure affirme que les jeunes filles qui croient qu’en portant le voile elles obéissent à une obligation canonique sont victimes d’une gigantesque supercherie. En effet il n’y a pas dans l’islam des obligations religieuses pour les hommes et d’autres pour les femmes.
Celles qui affirment que c’est un choix fait en toute liberté se contredisent car elles déclarent se soumettre à une obligation canonique.

En réalité elles subissent la pression exercée par la prédication.

Le voile renvoie à un ensemble d’interdits : non-mixité, horaires séparés dans les piscines, refus des cours d’éducation physique, contestation de certains programmes scolaires, etc.

Leïla Babès s’indigne en pensant à tous les musulmans qui se disent outragés par la loi du 15 mars 2004 et qui restent indifférents face au sort des femmes et des fillettes Afghanes et des victimes de la lapidation.

Elle conclut en s’adressant aux politiques qui, en refusant de heurter la sensibilité des musulmans pour éviter de les « stigmatiser », mettent en péril l’égalité des sexes aux pays des droits de l’Homme.

Rosa Valentini




Les religions contre les femmes

S’il est un domaine où semble crédible l’œcuménisme tant prôné, hypocritement, par Jean Paul II, c’est bien celui du mépris de la femme et de la restriction de sa personnalité à la seule fonction procréatrice. Monothéismes comme polythéismes n’ont jamais accepté que la femme occupe un rang égal au mâle dans leurs sociétés, l’accuser sournoisement des perversions masculines est un meilleur rempart contre l’aspiration à ses droits légitimes. Mais les démocraties ont été bien lentes elles aussi à reconnaître l’importance qui leur était due.

Lire la suite :

[http://www.atheisme.org/femmes.html->Les religions contre les femmes]




François-Cécilia : une démocratie en danger

Ils ont fait fort, cette année, et dans un accord parfait, nos ex-candidats à la présidentielle. D’abord avec la montée en épingle des faits divers, (utilisation du pathos, manipulation du Français moyen qui réagit avec ses tripes ) : chronologiquement, d’abord S.Royal qui commente à contre-sens les évènements de la gare du Nord puis reproche à N.Sarkozy de ne pas faire raccompagner toutes les femmes qui travaillent de nuit ( seulement les policiers ? le doute subsiste ! ) puis un mois de septembre riche en rencontres entre N.Sarkozy et les familles de victimes diverses, toutes respectables, toutes méritant de la compassion certes, mais qu’au sommet de l’Etat on étale la charité qu’on aurait pu faire en secret n’est pas anodin, il est facile d’utiliser les médias pour faire savoir au peuple qu’on est un des leurs …

Ensuite l’instrumentalisation de la vie privée, en l’occurrence les problèmes de séparation de couple lève le cœur. François/Ségolène portent plainte en avril contre des journalistes ayant écrit un livre qui évoquerait des problèmes de couple mais le 17 juin, alors que le résultat des élections législatives est crucial, Ségo la larme à l’œil déballe sous l’œil des caméras sa vie privée. Joli coup pour ne pas se faire oublier. Joli coup pour se faire mépriser. Quatre mois après, le divorce Nicolas /Cécilia est enfin reconnu officiellement, en plein grève sociale. Et c’est bien cette information qui fera la une des journaux télévisés. Joli coup pour reprendre la main. Joli coup pour se faire mépriser. Panem et circenses, on ne cessera de le dire. Nul ne jettera la pierre à Ségo/Nicolas d’avoir renoncé à la vie commune avec leurs chers et tendres, mais en avoir joué comme ils l’ont fait pour, encore une fois, focaliser l’attention sur leur propre personne aux dépens de la politique, aux dépens de l’essentiel, est impardonnable. Ils savent bien qu’il est plus facile de lire « Paris Match » que « le Monde Diplomatique » et que beaucoup de gens qui ne comprennent rien à la politique votent pour les gens connus, c’est-à-dire ceux dont on parle !!!

On se prend à rêver, à regretter Mendès-France comme De Gaulle. Voilà des gens qui avaient un autre sens de leur fonction. Qu’on ne se méprenne pas, je n’idéalise personne, je connais parfaitement les sales coups de de Gaulle et du SAC. Il n’empêche, que, au moins il y avait, apparemment, une tenue, il y avait, surtout, un refus de la peopolisation qui nous mine et qui gangrène la démocratie.
En effet, la politique-spectacle à l’américaine, non seulement dévoie le suffrage universel, les suffrages allant à ceux qui se débrouillent pour qu’on parle d’eux, aux dépens des penseurs et des hommes (femmes) intègres dont on aurait un urgent besoin mais elle avilit la fonction politique, rendant ceux qui l’incarnent de plus en plus soupçonnables, critiquables. Ainsi, chacun se permet-il de le prendre de haut et de cracher sur la loi puisque ceux qui la font ne se mettent pas au-dessus du lot …

Dans le même ordre d’idée, que les candidats à la présidentielle confirment qu’ils sont de vulgaires humains menteurs, tout juste bons pour le cirque médiatique est affligeant : que dire d’un Bayrou et d’une Royal qui s’étaient engagés à proposer un nouveau traité européen par referendum mais qui viennent de faire la louange du traité de Lisbonne, Bayrou étant prêt à le voter et Royal heureuse de ce texte qui va « permettre à l’Europe de fonctionner » (on a de la chance qu’elle ne soit plus députée, on a gagné une voix). Que dire de N.Sarkozy qui s’est engagé à ne pas faire voter un texte refusé par les Français et qui s’apprête à faire ratifier de toute urgence (avant que le peuple ne se réveille) une copie confirme du T.C.E. refusé en 2005 ???
Menteurs, tricheurs et manipulateurs sans vergogne, vous ne laisserez pas un souvenir grandiose à la postérité, Madame et Messieurs les candidats de 2007. C’est l’Histoire qui nous vengera.

Christine Tasin

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Table d’hôtes « ultra conviviale »….

Sûr de lui et dominateur , le regard droit sous son turban en vague forme de citrouille, il posa délicatement sur la table le lourd poignard d’argent qu’il portait à sa ceinture – pour mieux libérer son estomac, sans doute – pendant que le commensal qui avait pris d’autorité le fauteuil de « la présidence » marmonnait à haute et intelligible voix une sorte de « bénédicité » tout en traçant, du pouce, une croix au dos de la miche de pain dont il s’était emparée sous l’œil attentif de la femme grande et sèche qui l’accompagnait.

Tout à côté, un petit homme aux tresses tirebouchonnées sortant d’une coupelle de taffetas qu’il portait sur sa tête et qui ne tenait pas en place sur sa chaise s’efforçait, poussé par la forme vêtue de noir des pieds à la tête qui semblait être sa femme, d’attirer l’attention de l’hôtesse pour lui demander vertement si la viande servie « était conforme » à sa loi (qui , on s’en doutait, n’était pas celle des autres convives) …ce en quoi , malgré tout, il obtenait l’aide du dernier arrivant, sanglé dans un costume strict et une chemise blanche au col « Ramadan », la barbe épaisse et soigneusement taillée, et qui n’avait de cesse de repousser loin de sa vue (et d’un geste méprisant) le plateau des « cochonnailles » qui faisaient la réputation de cette région de France .

On ne parvenait pas à savoir ce que pensait de tout cela le petit bout de femme (du moins, on le supposait telle) qui se tenait derrière lui tant le costume qui l’enveloppait entièrement la faisait ressembler à un paquetage anonyme dont le « grillage » au niveau des yeux faisait deviner la dangerosité… Alors moi, qui avais décidé de m’arrêter à cette table d’hôtes comme étape de ma randonnée à travers les Causses du Massif Central, je me levai et, sans crier mais d’une modulation forte et assurée , sous les regards écarquillés et les oreilles effarouchées, je me mis à égrener les paroles de mon ode voltairienne favorite : éleveurs du Larzac et de l’Aubrac réunis, donnez-moi chaque jour et encore longtemps le meilleur de vos porcs et les plus saignantes et persillées entrecôtes bovines !!!

Robert ALBAREDES

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Réalité cachée…

Le samedi 20 octobre dernier, le journal « La Provence » nous apprenait que les enquêteurs de la Police aux frontières venaient de démanteler un réseau « mafieux » de trafiquants de faux papiers destinés à des étrangers en situation irrégulière, qui portait sur plus de 500 cas , chacun s’acquittant de 1000 euros en moyenne pour avoir les précieux documents que lui fournissaient les responsables du « gang » : un ancien cadre administratif de la Croix Rouge, présidant d’une association « caritative » et un médecin psychiatre de l’hôpital de la Conception !

L’information ainsi donnée prend toute sa signification quand on lit, page 30 du même journal, le même jour, le portrait élogieux d’un militant défenseur des « sans papiers », accusé de rébellion à l’autorité de l’Etat pour s’être opposé à l’expulsion d’enfants et de familles de personnes en situation irrégulière et poursuivi devant le justice pour ces faits…

Et elle est vraiment pertinente quand on la rapproche de ces réalités maintes fois dénoncées ( y compris dans des reportages télévisés programmés régulièrement sur de multiples chaînes ), à savoir ces « embauches » de main d’œuvre immigrée, sans papiers, taillable et corvéable à merci, perpétrées quotidiennement dans toutes les villes de France, dans des gares, des cafés, sur des quais portuaires… par des entrepreneurs ( gros et petits) peu scrupuleux ( mais avisés et sûrs de l’impunité) du BTP, des services, de l’agriculture, en particulier !

Car il faut parler clairement : l’accueil sur notre sol d’une population immigrée, clandestine ou non, correspond parfaitement aux besoins de l’économie libérale qui, pour ce qui est des secteurs économiques non délocalisables, impose la libre circulation de la main d’œuvre qui lui permet de tirer les salaires vers le bas en organisant une concurrence déloyale …Pour les emplois non qualifiés, plus il y a de demande, plus l’offre se fera à bas prix. Et si le demandeur est en situation irrégulière, le prix sera d’autant plus bas que celui-ci n’aura aucun recours possible et sera placé en situation impérieuse de besoin. On remarque aujourd’hui que l’on parle aussi du besoin de main d’œuvre qualifiée : là encore, la faire venir de l’étranger évite le coût de l’avoir formée et permet de l’aligner sur la fourchette basse des rémunérations.

Dans un pays où il y a 2 000 000 de demandeurs d’emplois recensés, 475 000 emplois qualifiés non pourvus, on comprend aisément que ce n’est pas pour le bien du pays que l’immigration doit être organisée, mais pour celui des entreprises capitalistes qui peuvent ainsi jouer la « tempérance » salariale de manière indécente.

Aussi, quand on perçoit le zèle mis par la gauche « bien pensante », les « pourfendeurs du capital » , les humanitariste de tout poil , à agir pour imposer la libre circulation des travailleurs immigrés et de leurs familles, que cette circulation soit organisée ou clandestine et mafieuse, on comprend parfaitement comment, sous couvert de bons sentiments destinés à faire pleurer dans les chaumières, ce zèle vole au secours de la demande « capitaliste » : les « bavassages » contre l’ultra-libéralisme, le turbo-capitalisme ou le grand capital ne servent, en fait, qu’à occuper, consciemment ou inconsciemment, le terrain idéologique et moral pour servir de caution à ce qui n’est qu’une caractéristique du système économique dominant ( et unique).

Ce zèle « humanitariste » a , d’ailleurs, une autre fonction : il permet d’imposer dans notre pays des populations fragiles économiquement, politiquement, idéologiquement – et souvent arrivant de pays où les concepts de démocratie et de liberté de penser et de dire n’existent pas , où l’ignorance et l’obscurantisme sont dominants-, populations qui seront ainsi rapidement soumises aux forces religieuses, traditionnelles, claniques et tribales qui les accompagnent et qui pourront être instrumentalisées par ces mêmes forces sur le lieu même de leur accueil . Ainsi naîtra la revendication communautariste (religieuse, coutumière, tribale…) qui tendra à se substituer à la revendication économique, politique, sociale, individuelle …C’est ainsi que s’organisent aujourd’hui, dans notre pays , des espaces de non-droit ignorant la loi générale, républicaine, laïque , démocratique.

Il serait souhaitable que ces questions soient posées sur la place publique, relayées par tous ceux qui ont en eux la nécessité de sauvegarder la nation et ses valeurs républicaines , ses fondements laïques et démocratiques. Il devient urgent que les voix de tous ceux-là se fassent entendre de toutes les manières possibles .

Robert Albarèdes

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Migrations internationales : le double défi de la solidarité et du développement

Subies et forcées ou voulues et espérées, les migrations ont été marquées par la dynamique inégale des rythmes de développement des différentes régions du monde. Portées par l’esclavage, le colonialisme, la conquête de continents, elles ont connu des formes variées. Mais elles s’inscrivent désormais dans le panorama d’une planète qui a rétréci, rendant leur acceptation plus délicate qu’auparavant. Elles ne concernent que 2 % à 3 % de la population mondiale, soit environ 150 millions de personnes.

Le nomadisme planétaire n’est pas la solution à la misère des peuples

Elles doivent être bien distinguées des flux d’asile politique (très faibles) ou de la liberté de circulation massive ( tourisme, échanges scientifiques, visites familiales ) ou encore de la problématique de personnes déplacées de l’autre côté d’une frontière (catastrophes naturelles, conflits, etc.) en situation provisoire. Les flux migratoires impliquent quant à eux établissement et fixation, et relèvent autant du droit des personnes que du droit desÉtats. Ils ne peuvent s’inscrire dans une vision libérale qui prendrait pour modèle une libre circulation des capitaux ou des marchandises dont on connaît d’ailleurs les ravages. Le nomadisme planétaire n’est pas un modèle collectif de développement et ne résoud aucun problème.

Actuellement, les zones de migrations s’organisent essentiellement autour des principaux points de contacts Nord-Sud (Mexique-États-Unis, Maghreb-Europe), autour d’anciens axes coloniaux (Afrique noire-France, Asie-Grande-Bretagne), ou se mettent en place à l’occasion de la formation d’espaces d’accumulation rapide (golfe Persique, Asie Pacifique, pays pétroliers), souvent à partir de pays proches. Contrairement à une idée faussement répandue, ces flux migratoires Sud-Sud, qui convergent vers des zones en développement rapide, sont aujourd’hui dominants. La libre circulation des travailleurs profite avant tout au capital, car elle favorise leur mise en concurrence à l’échelle du monde et permet d’augmenter les taux d’exploitation de toute la main-d’ouvre, immigrée ou non. Elle met de l’huile dans les rouages du capitalisme mais ne contribue pas au développement des hommes.

Les effets sont pervers pour les pays de départ. Avec les travailleurs migrants, ce sont souvent les fractions les plus dynamiques et entreprenantes qui quittent leur pays d’origine. Ces véritables saignées ne peuvent être sans conséquences sur les possibilités de leur développement. Les revenus transférés aux familles ne remplaceront jamais les pertes subies, même si l’on sait qu’aujourd’hui ils atteignent le niveau de l’aide publique au développement. Les migrants sont de plus en plus mal accueillis, de moins en moins désirés, et souvent livrés à des réseaux maffieux internationaux de trafic de main-d’œuvre pour être finalement abandonnés à un patronat négrier. Ils servent de plus en plus de boucs émissaires au moindre retournement de conjoncture, se retrouvent utilisés dans l’exacerbation de tendances xénophobes.

La misère s’est partout répandue, nourrissant des situations explosives, de régressions sociales, idéologiques, et alimentant les intégrismes religieux et des retours vers le communautarisme. Proche de nous, le Maghreb a payé un lourd tribut, et nous avons pu en mesurer l’effet immédiat sur les flux migratoires. Ce qui fait avant tout partir les hommes, c’est la misère, l’insécurité à vivre, le sous-développement et l’absence d’espoir. L’émigration est structurellement encore inévitable pour longtemps car elle s’incrit dans de profonde inégalités sociales où la moitié la plus pauvre de la planète observe à travers la petite lucarne télévisée l’autre moitié vivre dans ce qui lui paraît être un luxe inaccessible et se demande quelle est la fatalité qui l’a fait naître au mauvais endroit. Mais dans le même temps, l’immigration massive est impossible. Au Nord, elle n’est plus acceptée et provoque des tensions sociales politiquement ingérables. Au Sud, elle déstabilise des États partout fragilisés par la mondialisation. C’est pourquoi les migrations internationales sont devenues un facteur de tension internationale majeur. Les rapports Nord-Sud doivent s’inscrire dans une autre logique pour permettre à chacun de vivre chez lui dans la dignité. La question des migrations restera sans solution tant que les causes qui la provoquent perdureront. Les rapports Nord-Sud sont vivement interpellés. Or ils s’inscrivent dans des relations de domination de plus en plus asymétriques.

Le double défi de la solidarité et du développement

Partout, au Nord, comme au Sud, les peuples en sont les victimes. Certes, en mettant en concurrence travailleurs et nations, la mondialisation apparaît comme un facteur de grande  » insolidarité « , mais dans le même temps, en  » rétrécissant  » la planète, elle aide à la conscience d’un rapprochement de luttes. Nous sommes entrés dans une période où l’intérêt commun se manifeste d’emblée entre les acteurs de luttes autour de la planète. Il s’agit de luttes dont la convergence est d’emblée perçue, et dont la disparité dans la situation des acteurs ne fait pas obstacle à leur mise en relation. Il s’agit là de potentialités de luttes ouvertes par la mondialisation.

Contribuer à résoudre la question des migrations, c’est d’abord s’inscrire dans un combat solidaire avec ceux qui, dans leur pays, entendent se battre collectivement dans des conditions difficiles pour sortir leur pays de l’ornière du sous-développement et le dégager de relations internationales dominantes. C’est aider à faire prendre conscience chez nous que le développement des pays du Sud doit être considéré comme une première priorité. C’est traiter les migrants avec humanité, avant tout comme des victimes, et non pas comme des délinquants. Les migrations internationales nous lancent donc un double défi : celui de la solidarité et celui du développement, et soulignent l’urgence d’organiser l’interdépendance mondiale autour de la coopération entre les peuples permettant à chaque pays de se développer.

Michel Rogalski

Économiste (CNRS), directeur de la revue Recherches internationales