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2018 : quelles “valeurs” gagneront la bataille ?

En période de fête, le terme “valeur” s’impose encore davantage que durant le reste de l’année. Bataille sur les crèches de Noël, publicité pour un vin sans alcool à destination des musulmans, couverture de Der Spiegel où Jésus et Mahomet sont frères en islam, gamine en hijab manipulée pour nous souhaiter de « Joyeuses fêtes »…

Sur un plateau de télévision, présentation de menus de réveillon : une femme vegan avec un plat au tofu, avance des valeurs pour justifier sa recette insipide. Face à cette dinde farcie de manichéisme débilitant, personne n’analyse les valeurs propagées par le foie gras, les huîtres, le chapon.

Dans son pompeux discours papal, François 0 soutient les migrants, souhaite que les catholiques leur réservent un accueil bienveillant au nom de valeurs chrétiennes. Les organisations caritatives, les passeurs consciencieux, les hébergeurs à la bonne franquette clament leur attachement aux valeurs “humanistes”.

Qui en Europe de l’Ouest oserait affirmer avec Viktor Orban, que le commandement “aime ton prochain comme toi-même” signifie que nous devons d’abord aimer «notre pays, notre nation, notre famille, la culture hongroise et la civilisation européenne».

On remarquera que le pape oublie de s’interroger sur les valeurs de ces hommes qui débarquent en Occident, violent, égorgent, foncent avec des véhicules dans les foules, sur les valeurs d’une jeunesse musulmane qui fuit les difficultés de l’Afrique et du Moyen Orient pour venir imposer ses lois chez nous.

L’Union européenne veut frapper les pays réfractaires au grand mélange. Et un de ces commissaires, Dimitris Avramopoulos lance que « les migrants d’Europe sont là pour rester, appelle à « trouver un foyer » pour tous les réfugiés, ce qui, pour lui, est « un impératif moral » mais également « un impératif économique et social pour notre continent vieillissant » ».

S’opposer, comme Viktor Orban, à l’invasion au nom de la patrie, de la nation, de la famille, de la culture occidentale, de la civilisation européenne, c’est la certitude d’être estampillé raciste, fasciste, souchien, en résumé non-humain. C’est la certitude de se retrouver, non plus devant l’homme de la justice divine, le curé en soutane – cette forme de jugement supraterrestre a disparu – mais devant son équivalent profane, en robe, le juge, l’homme de la justice temporelle.

Et là, pas de quartiers. Si les élites politiques, médiatiques, économiques, chrétiennes sont prêtes à une inclusion sans fin (halal, burkini, GPA, troisième genre, écriture inclusive…), imposant un relativisme prédateur dans notre quotidien, seuls les résistants modèle Orban doivent être exclus.

Cela va de la mort sociale en passant par la mort économique (9000 € parce qu’un juge n’accepte pas que l’on puisse écrire que l’Aïd est un apprentissage de l’égorgement) jusqu’à la mort totale (rédaction de Charlie-Hebdo, assassinat de Theo van Gogh…).

Les valeurs anciennes, si consistantes, qui nous protégeaient, après avoir été remises en question, ont ainsi été métamorphosées en antivaleurs. Patrie, famille, école, culture, traditions ont été transformées en virus mortel.

Le Bien d’hier est devenu le Mal d’aujourd’hui.

En Europe occidentale, les médias jouent un rôle essentiel dans cette redistribution. En diffusant partout les mêmes clichés, les mêmes simplifications (l’islam, religion d’amour, de paix et de tolérance ; l’islam, ce n’est pas ça ; pas d’amalgame ; les premières victimes des attentats sont les musulmans…), ils sont les agents de l’unification idéologique planétaire.

Jamais, pour eux, l’islamisme n’occupera la place du nazisme en tant que perversité absolue de la pensée, jamais les jeunes migrants, violents, islamisés jusqu’au dernier neurone ne prendront le rôle des envahisseurs barbares, jamais la haine pour les Blancs ne sera raciste.

Cette inversion des valeurs, ce chamboulement idéologique nous confirme que toute civilisation est mortelle, que notre monde occidental est périssable. Et en train de périr.

Comme le poisson, il a commencé à pourrir par la tête à coups de terreur molle, de mantras politiquement corrects, de conjuration qui accuse de complotisme ceux qui la dénoncent.

Le reste du corps suivra-t-il ?

Nous sommes à l’instant fatidique.

2018 sera-t-elle l’année de la renaissance d’un esprit de combat (Trump, le Brexit, le coalition au pouvoir en Autriche) ou celle de l’accélération de la chute de l’Occident ?

Qui vivra verra.

Il ne nous reste donc plus qu’à pratiquer gaillardement le métier de vivre.

Marcus Graven