3 Français sur 5 sont opposés au voile islamique… dans la rue

Publié le 10 janvier 2011 - par - 339 vues
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Le sondage Ifop paru dans Le Monde quant à la perception des Français et des Allemands sur l’islam et la communauté musulmane a fait grand bruit. C’est une douche froide pour tous les défenseurs d’un « islam religion de paix et d’amour », et une confirmation que nos idées sont partagées par le peuple qui ne se laisse plus berner par la propagande de ses élites.

La presse n’a retenu que quelques chiffres de ce sondage, par exemple que 42% des Français ou des Allemands voient « la présence de la communauté musulmane » comme « une menace pour l’identité » de leurs pays, ou que 68% des Français et 75% des Allemands pensent que les musulmans et les personnes d’origine musulmane ne sont pas bien intégrés.

Mais il faut se reporter à l’étude détaillée de l’Ifop (http://www.ifop.com/media/poll/1365-1-study_file.pdf) pour corriger certains raccourcis des dépêches (par exemple confusion entre islam et présence de musulmans), pour découvrir les questions et les réponses que ces dépêches ont ignorées, et pour analyser tous les différentiels entre les Français et les Allemands, ou selon différents critères dans leurs populations respectives.

Pour ne pas être trop long, je ne ferai pas ici une analyse exhaustive de ces nombreux indicateurs chiffrés. Retenons seulement quelques enseignements ici ou là.

Notons tout d’abord la proximité des chiffres entre France et Allemagne, ce qui prouve que les « modèles » d’intégration ou d’assimilation différents, l’histoire coloniale, les traditions ouvrières, les sentiments nationaux, l’urbanisation, les sentiments de culpabilité, etc. peuvent différer sans que cela change le regard sur l’islam et les musulmans. Voilà de quoi faire tomber des pans entiers du discours « politiquement correct ».

Dans les réactions au sondage, j’ai lu ou entendu que ces résultats seraient consécutifs à la prestation de Marine Le Pen dans l’émission « A vous de juger », ou à ses déclarations lyonnaises sur « l’occupation » de rues par des prières musulmanes, ou aux Assises sur l’islamisation, et même… à l’attentat d’Alexandrie ! Tous ces bottages en touche, et bien d’autres, tombent d’eux-mêmes quand on regarde le calendrier : le sondage a été effectué du 7 au 9 décembre 2010, donc avant l’émission de France 2 (9 décembre au soir), avant le meeting de Marine Le Pen à Lyon (10 décembre), avant nos Assises (18 décembre), avant l’attentat anti-chrétien en Egypte (31 décembre).

Le sondage n’a été publié que le 4 janvier, et on peut se demander pourquoi Le Monde a attendu presque un mois pour livrer ces chiffres. Mais il n’était nullement obligé de le faire. (Un média qui commande un sondage n’est jamais tenu à le publier, et d’ailleurs il arrive souvent qu’il ne fasse pas pour diverses raisons. Auquel cas, l’institut de sondage n’a pas non plus le droit d’en faire état.) On peut donc penser que la rédaction du Monde s’est interrogée longuement sur la pertinence de la publication, mais qu’elle a finalement décidé de lancer le pavé dans la mare. Ce qui traduit un courage journalistique inhabituel, comme quand Le Monde avait décidé de briser le tabou du racisme anti-blanc.

42% des Français voient « la présence de la communauté musulmane » comme « une menace pour l’identité de leur pays ». C’est une forte minorité, mais déjà remarquable en soi. Et puis on parle de la « communauté musulmane », non seulement de l’islam. La peur de l’islam – l’islamophobie au sens littéral – n’est donc pas seulement une crainte idéologique, mais une crainte de la présence musulmane en France (et en Allemagne), qui, malgré la modération de la plupart des personnes d’origine musulmane, charrie inévitable son lot de fous d’Allah. Le terme « menace » est particulièrement fort. Ce n’est pas seulement le fait d’être mal à l’aise ou de ne sentir plus chez soi dans certains quartiers, mais de redouter un danger à terme pour soi-même et pour son pays.

Comme dans toutes les questions du sondage, il faut rapprocher la réponse majoritaire des autres choix proposés. Pour cette première question, l’alternative était « un facteur d’enrichissement culturel ». 22% des Français et 24% des Allemands le pensent. Donc il n’y a plus guère qu’un cinquième ou un quart des gens qui croient à la thèse matraquée depuis des décennies d’un islam « chance pour la France », et de tout ce qui va avec (multiculturalisme, dialogue entre les peuples, amitiés islamo-chrétiennes, etc.)

A noter, pour la France, que les hommes voient davantage la présence musulmane comme une menace que les femmes (46% contre 37%). Et c’est le contraire en Allemagne. « Menace » également plus forte pour les CSP-, les 35 ans et plus (et là encore, c’est l’inverse pour les Allemands). Tout cela pourrait donner lieu à de nombreuses analyses sociologiques puisant dans l’histoire respective des deux pays.

Mais le plus grand différentiel, c’est entre les gens de gauche et ceux de droite. Du moins en France, car en Allemagne les écarts politiques sont minimes. Par exemple, sur la réponse de la « menace », les sympathisants français de gauche sont 24% alors que ceux de l’UMP sont 62% et ceux du FN 98% ! D’une manière générale cet écart se retrouve dans toutes les questions du sondage.

Cependant, les politiciens de gauche ont aussi du souci à se faire quant à leur déni de réalité, puisque par exemple 20% des sympathisants de gauche ne veulent pas d’un maire d’origine musulmane (et 32% au Front de gauche !), un quart est opposé à la construction de mosquées, et 46% des électeurs P.S. ou écolos ne veulent pas de voiles islamiques dans la rue. Voilà des minorités de blocage incontournable qui devraient faire réfléchir par exemple Martine Aubry ou Bertrand Delanoë.

Les deux tiers des Français et les trois quarts des Allemands disent « qu’aujourd’hui les musulmans et les personnes d’origine musulmane » ne sont pas « intégrés » dans leurs sociétés. C’est énorme, et ça confirme les déclarations d’Angela Merkel sur l’échec du modèle multiculturel allemand, ou celles de Nicolas Sarkozy sur l’échec de l’intégration à la Française. On attend que les élites de gauche fassent à la tour preuve de réalisme.

Mais ces élites nous expliquent déjà que c’est la faute à ceci ou cela, par exemple au « racisme » ou au chômage ou à l’urbanisme. La non-intégration serait, selon eux, de notre faute et non de celle des musulmans. Peine perdue, puisque l’Ifop a pris soin de poser une question subsidiaire aux personnes interrogées qui pensent très majoritairement que l’intégration des musulmans n’est pas vraie. On pouvait donner une ou deux réponses possibles (d’où un total supérieur à 100%), et là, viennent en tête « le refus de s’intégrer » par les musulmans eux-mêmes (61%) puis « les trop fortes différences culturelles (40%). « Le racisme et le manque d’ouverture » ou « les difficultés économiques et le manque de travail », vaches à lait de la propagande de gauche (et même parfois de droite), ne sont retenues que par une personne sur cinq.

Plusieurs questions portent sur la visibilité de l’islam et des musulmans. 55% des Français et 49% des Allemands pensent que l’islam est « trop visible ». 39% des Français et 50% des Allemands sont opposés à la construction de mosquées (alors que 20% et 18% y sont favorables). Et l’ont parle bien de mosquées en général, avec ou sans minarets, avec ou sans financement public ! Là encore, de quoi faire réfléchir les élus de gauche et de droite qui se précipitent pour faire payer par les contribuables tout ou partie de mosquées-cathédrales, ou pour aller les inaugurer en grandes pompes. Comme le premier ministre français lui-même, en compagnie d’une petite fille voilée…

Justement, à propos du foulard islamique : 59% des Français sont opposés au « port du voile ou du foulard par les musulmanes qui le souhaitent »… « dans la rue » ! (Et pas qu’à l’école, pour laquelle il y a une unanimité de 90% à gauche comme à droite.) Les sondages précédents sur cette question (Ifop 1989, 1994, 2003 ou autres) stagnaient à environ 33%. Le bond quantitatif est donc énorme, et traduit bien l’opposition de nos compatriotes à ce signe vestimentaire prosélyte et le succès de nos idées sur cette question. Cette opposition se retrouve même dans le peuple de gauche, et Jean-Luc Mélenchon et le PCF devront tenir compte des 52% des sympathisants du Front de gauche qui s’opposent au voile islamique dans la rue, au-delà des thèses fumeuses de « philosophes » mélenchoniens qui voient cette rue comme relevant… de l’espace privé !

Dernier chiffre que je retiendrai, et dernière surprise : 33% des Français sont hostiles « à l’élection d’un maire d’origine musulmane » dans leur commune. C’est remarquable dans on voit que la question porte sur « l’origine musulmane » du candidat, et pas seulement sur un « maire musulman » qui revendiquerait donc peu ou prou son adhésion à l’islam. Rachida Dati qui envisage d’être maire de Paris, ou Karim Zeribi qui ne cache pas son ambition marseillaise au plus haut niveau, ont du souci à se faire.

Au travers de ses différentes questions, ce sondage montre donc que les Français et les Allemands sont majoritairement inquiets de l’islamisation de nos pays, à l’inverse du discours des élites médiatico-politiques. Nous avons gagné la bataille de l’opinion malgré la propagande officielle. Cette « islamophobie » se traduit par une hostilité aux signes de plus en plus visibles de cette islamisation. Elle met en cause non seulement l’islam, mais la présence en France et en Allemagne d’une forte communauté d’origine musulmane. Bien que largement modérée quant aux dogmes et à la pratique, cette communauté est perçue comme le principal vecteur de cette islamisation. Ce n’est pas une confusion entre islam et musulmans présumés, mais bien une constatation objective, d’ailleurs vérifiable partout où les musulmans deviennent nombreux : leur communauté est le terreau de l’islamisme et de l’islamisation. A eux de nous prouver le contraire… ou de nous rejoindre.

Roger Heurtebise

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