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30 millions d’Algériens rêvent d’un avenir meilleur… en France

algériedominatriceIl y a huit ans, j’écrivais ces lignes. Mais depuis, tout a empiré. L’Algérie se dirige tout droit vers le chaos.

“En avril 2006, Monsieur Bouteflika déclarait que la France était « responsable d’un génocide de l’identité, de l’histoire, de la langue et des traditions algériennes », niant le bilan positif de la colonisation et mettant ainsi fin au projet de traité d’amitié franco-algérienne en gestation.
Cette affirmation, jamais reniée, est un mensonge inacceptable et une contre-vérité historique absolue.

Mais avant d’évoquer ce que fut réellement notre œuvre colonisatrice pendant plus de 130 ans, rappelons à Monsieur Bouteflika que la population algérienne entre 1830 et 1962 est passée de 2 millions à 9 millions, ce qui ne fut pas le cas des Maoris de Nouvelle Zélande, des Aborigènes d’Australie ou des Indiens d’Amérique du Nord qui virent leur nombre divisé par dix avec l’arrivée des Européens.
Si nul ne conteste les exactions, les violences et les crimes qui ont toujours accompagné les conquêtes et les périodes de pacification au cours de l’histoire des peuples, la France n’a jamais cherché à détruire la culture et les traditions berbères ou arabes, ni à interdire leur religion ou leur langue. Par contre, nul n’ignore que les Arabes ont conquis de façon définitive les contrées berbères pour y imposer la religion musulmane et la langue arabe. Où est le véritable génocide culturel ?
Quant aux exactions en tout genre, faut-il souligner que les Algériens n’ont pas été les derniers à faire preuve de barbarie, notamment en suppliciant des centaines de milliers de harkis dans d’abominables souffrances ?
Nous n’avons donc aucune leçon de morale à recevoir de Monsieur Bouteflika.

En 1830, cette région sous Régence turque et soumise à la loi coranique, ne possédait ni monnaie propre, ni routes, ni écoles, ni hôpitaux, ni agriculture. Elle n’était qu’un repaire de pirates esclavagistes, les redoutables Barbaresques qui écumaient la Méditerranée depuis des siècles, en quête de captifs pour alimenter leurs harems et leurs marchés aux esclaves. Cette terre hostile s’appelait encore la Barbarie. C’est donc en 1830 que la France décida de mettre fin à la piraterie et s’empara d’Alger. A partir de cette date, et pendant 132 ans, ce pays qui allait devenir l’Algérie, connut le plus grand bond en avant de son histoire. D’un sol désertique, les colons ont fait un verger en construisant de nombreux barrages, en forant des puits et en irriguant des centaines de milliers d’hectares. A son indépendance, l’Algérie avait son autosuffisance alimentaire et pouvait exporter vins et agrumes.
D’une population totalement analphabète, la France a scolarisé 50% de la jeunesse en construisant une cinquantaine de lycées et collèges et quatre facultés dont une de médecine.
Au plan médical, alors que le taux de mortalité infantile atteignait 50% en 1830, nous avons éradiqué la dysenterie, le paludisme, la variole, la peste, le choléra et le typhus par des campagnes de vaccinations massives et des soins gratuits pour tous. 138 hôpitaux furent construits.
L’infrastructure ne fut pas en reste avec 54000 kms de routes et 80000 kms de pistes sahariennes, 4500 kms de voies ferrées, 23 ports et de nombreux aéroports. La France a installé des câbles sous-marins, des faisceaux hertziens et des structures de communications modernes qui faisaient de l’Algérie le pays le plus avancé d’Afrique. Dans le domaine industriel et minier, nous avons exploité le fer, le zinc, le plomb, les phosphates et créé une industrie chimique et métallurgique moderne. Nous avons construit 4 centrales thermiques et mis en valeur le pétrole saharien qui a donné à l’Algérie une richesse inestimable équivalant à 95% de ses recettes d’exportation.
Sans oublier les milliers de logements, les 274 stades et les complexes sportifs disséminés dans le pays.
Tel est le bilan de la colonisation dont nous n’avons pas à rougir. Saluons, au contraire, le courage et la volonté de ces explorateurs, ces militaires, ces missionnaires, ces médecins, ces colons et tous ces « pieds noirs » anonymes qui ont bâti ce pays dans le sang et les larmes pour le conduire vers la modernité. Ils ont non seulement fait de l’Algérie un État moderne, mais ils ont également fait la grandeur de la France.

On pourrait faire aujourd’hui le bilan de la décolonisation et de l’indépendance, mais laissons plutôt la parole aux Algériens eux mêmes, que nul ne pourra soupçonner d’arabophobie. :

• « S’il est en Algérie un domaine où l’effort de la France ne se discute pas, c’est bien le domaine de l’enseignement. On peut et on doit dire que l’école a été un succès certain. Les vieux maîtres, les premiers instituteurs ont apporté toute leur foi pédagogique sans arrière pensée et leur influence a été extrêmement heureuse ». (Abderrhamane Fares, instituteur.)
• « La scolarisation française en Algérie a fait faire aux Arabes un bond de mille ans ». (Belkacem Ibazizen, Conseiller d’Etat.)
• « Trente ans après l’indépendance, nous voilà ruinés avec plus de nostalgiques que le pays comptait d’habitants et plus de rapetoux qu’il n’abritait de colons »….  « Beaucoup d’Algériens regrettent le départ des pieds-noirs. S’ils étaient restés nous aurions peut-être évité cette tragédie ». (Boualam Sansal, écrivain)
• « En un siècle, à force de bras, les colons ont, d’un marécage infernal, mitonné un paradis lumineux. Seul l’amour pouvait oser pareil défi…..Quarante ans est un temps honnête, ce que nous semble, pour reconnaître que ces foutus colons ont plus chéri cette terre que nous qui sommes ses enfants ». (Boualam Salam)
• « Dire que du temps des Français, ici c’était un jardin ». (Aït Ahmed. ex leader FLN)
• « L’œuvre de la France est admirable ! Si la France était restée 20 ans de plus elle aurait fait de l’Algérie l’équivalent d’un pays européen ». (Un ministre syrien à Ferhat Abbas au cours d’une visite à Alger).
• « Je ne pardonnerai jamais à la France d’avoir quitté l’Algérie » (Une Algérienne à Chirac lors d’un bain de foule).
• « Si les pieds-noirs n’étaient pas partis en masse, l’Algérie ne serait peut-être pas dans l’état désastreux dans lequel elle se trouve…Franchement on pourrait presque leur en vouloir ». (Malika Boussouf, journaliste).
• «  A son indépendance, nul pays extérieur au monde occidental, Japon et Afrique du Sud exceptés, ne disposait d’une infrastructure aussi développée que celle de l’Algérie ». (Bechir Ben Yahmed, Directeur de « Jeune Afrique »).
• « La France a commis un crime. Elle a livré le peuple algérien aux tueurs et assassins ». (Ferhat Abbas, leader du FLN).

Comme tout dirigeant incompétent qui tente de s’exonérer de ses propres responsabilités, Bouteflika a trouvé en la France le bouc émissaire idéal : un pays qui se complaît dans l’auto-flagellation et la repentance à tout propos.
C’est une grave erreur et si nos dirigeants n’ont pas le courage de défendre notre œuvre colonisatrice, c’est pour nous un devoir d’honorer la mémoire de nos ancêtres qui ont fait la grandeur de la France au temps où elle rayonnait sur un magnifique empire de 11 millions de kilomètres carrés et où les noms de Dakar, Nouméa, Hanoï, Cayenne ou Djibouti évoquaient des paradis lointains pour des générations de Français nostalgiques d’aventures exotiques.
N’en déplaise aux esprits chagrins et timorés, la colonisation fut, pour des millions d’hommes, le plus grand fait de l’histoire”.

Aujourd’hui, l’Algérie est sur le point d’imploser. En un demi siècle, la clique du FLN, au pouvoir depuis 1962, s’est montrée incapable de réformer  le pays, se contentant de vivre sur les ressources pétrolières et de développer un assistanat destructeur. Minée par la corruption, l’islamisme, les séquelles de la guerre civile des années 1990 et les rivalités claniques au sommet du pouvoir, la société algérienne se décompose.

Ce pays véhicule une image déplorable. Si 71% des Français ont une bonne image du Maroc, seulement 26% d’entre eux ont une bonne image de l’Algérie. Et je ne crois pas que la guerre d’indépendance soit la vraie raison de ce désamour. Nous avons su nous réconcilier avec les Allemands et les Vietnamiens. Pourquoi est-ce impossible avec les Algériens, un demi siècle après la fin des hostilités ? Parce que ce sont encore les dinosaures du FLN qui dirigent et s’opposent à toute libération de la société. Et taper sur la France pour faire diversion et masquer leurs échecs, est leur passe temps favori….Avec de tels dirigeants, aller de l’avant est mission impossible.

Avec ses 40 millions d’habitants, soit presque 5 fois plus qu’en 1962, l’Algérie compte 25 % de chômeurs. Ses réserves de change, qui s’élevaient à 180 mds de dollars fin 2014, fondent comme neige au soleil avec l’effondrement de la rente pétrolière. Dans deux ans, le pays sera en faillite, faute de pétro dollars nécessaires pour acheter la paix sociale. Et le prix du baril risque fort de rester plombé. Car, le pétrole, on en trouve tous les jours et les “experts” qui nous annonçaient il y a dix ans un baril à 300 dollars, se sont lourdement trompés. Des dizaines de millions de km2 n’ont pas encore été prospectés. Conventionnel ou non conventionnel, le pic pétrolier n’est pas pour demain.

Tous ces pays d’Afrique ou du Golfe, qui vivent de la rente pétrolière sans jamais avoir investi dans la matière grise ou le high-tech, vont connaître de graves déconvenues. Un baril à 30 dollars pendant des années, c’est de la dynamite pour les pays producteurs.

C’est tout le problème. Car un effondrement de l’Algérie, alors que 90% des jeunes souhaitent venir en France, se transformerait en cataclysme migratoire pour la France.

Un tsunami à côté duquel le flot actuel de réfugiés syriens n’est qu’une paisible vaguelette. Et cette fois, ce n’est pas l’Allemagne qui sera en première ligne, mais la France.

Dans ce contexte des plus inquiétants, la récente déclaration de Manuel Valls à Munich, affirmant que la France refuse les quotas de réfugiés et n’acceptera pas plus que les 30000 personnes décidées l’automne dernier, prête à sourire. En Algérie, ce sont 30 millions d’habitants qui ont moins de trente ans et qui rêvent d’un avenir meilleur. Autant dire qu’en matière d’immigration, nous n’avons encore rien vu.

Cordialement

Jacques Guillemain