5 témoignages de membres du service d’ordre RR, le 18 juin

Publié le 27 juin 2011 - par - 1 132 vues
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PIF

« C’est pas compliqué, quand ils m’ont entendu chanter ils m’ont dit : – Bon, toi tu iras au S.O. (service d’ordre).

Moi …j’ai pas dit non, alors voilà comment j’ai passé 4 heures debout, sur les Champs !

Mais faut pas se faire de bile, ce job, c’est pas trop complexe : y faut scruter les badauds, et si c’est des barbus, tu les scrutes encore plus. Le principe c’est ‘Voir et être Vu’, tu vois ?!

Et si ça dérape un peu, je veux dire verbalement, avec des gens que tu sens qu’ils cherchent un peu les embrouilles, ton groupe lance une alerte verte (de premier niveau) vers les autres groupes du S. O .

Et si d’aventure ça part à la mailloche, là plus de lézard, c’est l’alerte rouge.

Mais bon, le principe c’est qui se passe rien du tout, comme dans la grande majorité des cas. Cela sous-entend que tu ne prend pas vraiment partie et que tu ne répond pas à une provocation, fut-elle verbale. Par contre, face aux nombreuses demandes de gens qui ne demandent qu’à comprendre la signification de la manifestation, il faut répondre clairement, et d’une manière neutre. Le gros intérêt au S.O. c’est qu’on est au contact et on peut donc expliquer au grand public le but de la manif. C’est du relationnel ce boulot, tu les rassures en fait, tu leur décodes cette perturbation de leur environnement psycho-sensoriel comme dirait un pote ‘psy’. C’est donc une mission que peut faire toute personne qui sait se maîtriser. »

JEAN JACQUES

« Quand RR a annoncé son intention de constituer son SO « maison », je pouvais très difficilement refuser, étant tout à la fois jeune, adhérent récent de RR et proche de Paris. En outre, cette occasion m’enthousiasmait beaucoup : voilà une bonne occasion de se bouger et d’être physiquement présent !

C’est donc de bonne humeur que je suis arrivé, par le métro, sous les murs de l’ambassade du Qatar. L’estrade et les banderoles sont déjà installées ou vont bientôt l’être ; il est vraiment impossible des les rater, comme d’ailleurs les camarades du SO, repérables à leur tenue. Nous nous saluons et faisons brièvement connaissance. Philippe est déjà à la manœuvre et ne tarde pas à constituer les groupes. Je serai côté Arc de Triomphe, dos au rassemblement. Notre « uniforme », et notamment le brassard RR, nous donne un début d’esprit de corps, bien que nous ne soyons pas tous très costauds.

Je n’entends pas grand-chose de ce qu’il s’y passe, car j’en suis assez loin, tandis que le groupe électrogène destiné à la sono couvre tout ! Je perçois cependant quelques passages de discours et de chansons qui suffisent à me mettre dans l’ambiance. Une dame, pas loin de la cinquantaine, me demande, à demi horrifiée : « Vous n’êtes pas du Front national, tout de même ? » Ce sera la seule réaction ouverte de ce genre, les autres passants se contentant de lâcher « on débranche ? » en passant à côté du groupe électrogène, ou de nous jeter des regards pour le moins circonspects. Les touristes étrangers, en revanche, continuent de passer, à tel point qu’on pourrait croire à une journée normale et ensoleillée sur les Champs. Certains me sollicitent même pour leur indiquer leur chemin ou les photographier devant l’Arc de Triomphe, ce que je fais avec grand plaisir.

Les policiers nous observent à distance, impassibles. Quelques voilées passent, apparemment sans nous prêter attention. Ont-elles réagi aux discours, aux interventions, à la banderole « Non à l’islamisation de la France ? » Mystère.

Alors que le ciel se fait nuageux puis franchement menaçant, comme attendu, les camarades et moi commençons à trouver le temps long. Nous bavardons tous azimuts et regardons de plus en plus le rassemblement, à tel point que Philippe passe dans les rangs pour nous faire reformer une ligne. Il y a encore des progrès à faire en matière de discipline et de cohésion, mais il faut bien débuter quelque part…

Après l’intervention de Tom Trento, que je n’ai pas entendue à cause du déluge, je vois passer le journaliste radio qui enregistre Oskar Freysinger, et surtout une équipe de France 2. Quelqu’un leur demande ce qu’ils font. Réponse : « on filme pour Envoyé spécial, ça passera en septembre. » Tiens donc… En tendant un peu l’oreille, j’apprends qu’ils « attendent le défilé » des anciens combattants, qui aura lieu juste après. Ils restent entre eux, le temps de faire un plan statique de l’Arc de Triomphe. Ils ne nous ont pas sollicités, même pour échanger quelques mots en « off ». Affaire à suivre selon moi…

Il est bientôt temps de se disperser et d’aller se retrouver, pour certains, au dîner. Tout s’est bien passé, pas même une provocation. Nous rendons nos brassards, puis nous nous séparons avec la satisfaction du devoir accompli, du moins jusqu’à la prochaine fois… »

LOUIS

Je ne pensais pas avoir un jour le loisir de regarder avec tant d’attention la « Marseillaise », en fait : Le départ des volontaires de 1792 sculptée par Rude [François,1784-1855. qui assure la transition entre le néoclassicisme et le romantisme] avec tant d’attention. Ca n’est pas mon époque préférée, mais c’est une œuvre forte et enthousiaste. J’ai pu la voir tranquillement dans l’alternance des lumières et des ombres d’une journée bien arrosée par la pluie.

Après chaque averse, dans la fumée des vêtements vite essorés par le soleil, je pouvais en apprécier tous les détails.

Ah oui, pardon, j’oubliais, j’étais là pour le SO de Résistance Républicaine.

Alors en plus de la sculpture de Rude [François, 1784-1855. qui assure la transition…]. Mais oui, on se cultive, donc, il y avait, des drapeaux, chatoyant et colorés, bleu, blanc, rouge. Pas les drapeaux classiques, officiels, traditionnels, un peu triste d’être en service, impatients de finir leur journée, qui pendouillent aux mats. Non, des drapeaux festifs, comme en goguette, qui ce seraient invités d’eux-mêmes.

Et puis, forcément sur les Champs -Élysées, une foule de touristes, beaucoup, et parmi eux, des jolies filles, beaucoup, et un petit podium.

Un petit podium, sur lequel, il y avait un chanteur. Et bien, d’une façon étonnante, il chantait.

Autour de ce petit podium, il y avait des gens, heureux d’être ensemble, contents de se rencontrer, de partager la même sensibilité.

A côté de moi, il y avait d’autres membres du SO. Des grands, petits, gros, maigres… Tous différents et venant de familles politiques différentes mais étonnement proches par ce qui les rassemblait.

Et il y avait la simple certitude que si par extraordinaire il y avait eu un problème et bien en groupe, appuyé par les autres, il ne pouvait pas durer. Un groupe de personnes, pour un moment sorties de l’individualisme délétère quotidien.

Nous avons pris la pluie et le soleil, manquait plus que prendre l’apéro. Ca sera pour une autre fois.

Ca n’a pas été une Rude [François, 1784-1855.  qui assure la transition…] journée. Ca va, on a compris ! Mais une bonne journée.

RAPPORT AU BRIGADIER MATUVU

18 juin 2011

Le service n’ayant pas requis de taille minimum, je me suis présentée au recrutement. Mission : observer, si besoin alerter les poids moyens.

En fait d’alerte, j’ai juste eu l’occasion de prévenir Grand Père Hilout que deux adolescents étaient venus discuter avec des manifestants et qu’il serait utile qu’il leur explique deux ou trois choses qu’il sait de l’islam… ce qu’il fit avec empressement.

Nul besoin d’être ancien légionnaire pour participer au service d’ordre de nos manifestations, et contribuer à leur déroulement paisible : rejoignez nous !

Signé : Agent de Service d’ordre Minizup

ALAIN

Bonjour Philippe

Mon avis sur le SO du 18 Juin ?… Je dirais : Efficace, frustrant mais satisfaisant.

Efficacité de l’encadrement. Merci à toi et à tes directives expérimentées. Pour ma part, c’était une première. Un peu d’appréhension face à des dangers bien réels (Nous avons en face de nous des allumés), car je dois avouer mon absence totale de préparation physique et technique si nous avions été agressés. Pour tout moyen d’alarme je m’étais doté d’un sifflet à roulette; il est heureusement resté sagement en bandoulière. En étant posté en marge de la manifestation on surveille effectivement bien toutes les allées et venues et il n’a pas été difficile d’observer le manège curieux d’un gros énergumène, mais il est resté isolé.

Cette position m’a permis aussi d’entendre les commentaires des passants, la plupart se méprenant sur nos intentions et nous traitant de fachos et de honte pour la France. Je me suis expliqué auprès de Christine de ce déficit d’image qu’il m’apparaît indispensable de corriger. Efficacité aussi dans la dissuasion. La présence d’un SO bien visible doit en faire réfléchir plus d’un, il est très probable que le calme qui régnait samedi était dû à la simple existence du SO. Pour l’améliorer je plaide pour un stage de self défense ou de close combat qui me donnerait plus d’assurance.

Frustration de ne rien avoir suivi des discours, des chansons, des interventions; frustration de l’isolement qui empêche de discuter avec les copains, de commenter, de participer. Finalement j’étais de cette manif sans y être…

Mais satisfaisant car j’ai le sentiment intime que notre fonction a été indispensable au bon déroulement de la manifestation.

VOUS AVEZ BESOIN DE SECURITE.
LE SERVICE D’ORDRE RL / RR A BESOIN DE VOUS.

Philippe Landeux

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