6e émission de Bidar : c’est à la société française de se remettre en cause…

Publié le 24 juillet 2014 - par - 1 266 vues
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bidarPoursuite de l’idée que c’est à la société française de se remettre en cause…

Premier parargaphe :
– « il faut retourner le problème ! » dit-il… (voilà : j’arrive avec ma culture étrangère…, et je déclare que c’est au pays dans lequel j’arrive de faire un effort pour s’adapter à mes exigences : – ça s’appelle du sans-gêne !…),
– « notre propre manque de confiance en nous-mêmes »… (toujours aussi malin… : c’est l’immigré qui se prétend être l’habitant du pays…, et qui s’autorise donc de critiquer son attitude…),
– « les intellectuels français ont du mal à l’entendre »… (oui… : il ne faut pas se gêner…)
– « Mais surtout, c’est nous les Occidentaux qui sommes terriblement fatigués »… (voilà : toujours sans complexe…, il a toujours été historiquement d’origine occidentale, et le problème vient donc surtout de chez nous…),
– « continuer à fabriquer de l’intégration »… (c’est ça !… Toujours à accepter plus de cultures étrangères…).

Paragraphe suivant :
– « ce garçon très doux »… (oui…, ils sont toujours très doux…, jusqu’au moment où ils s’énervent… –car il se trouve qu’ils s’énervent très facilement et souvent…),
– « Il faudra bien un moment que la France s’interroge de façon critique »… (ceux qui ont vécu dans des banlieues sensibles savent très bien que ce n’est plus la France et les Français qui font la loi dans ces endroits-là…).

Paragraphe suivant :
– « la concentration de populations d’origine étrangère »… (il faut savoir qu’elles font fuir les autres…, et donc qu’elles fabriquent les ghettos elles-mêmes…)
– « mais les chiffres officiels »… (ah !…, les chiffres officiels… Déjà, par leur présentation sur des fractions de populations : on voit qu’ils sont tendancieux…, puis : comment croire qu’avec un pourcentage infime, on voit ces populations d’origine étrangère partout dans les rues…, et leurs enfants sont même devenus majoritaires dans les écoles de la région parisienne…)
– « le nombre d’immigrés qui s’installent durablement en France représente moins de 0,4% de la population totale »… (si c’était vrai : alors il n’y aurait pas de problème avec un islam qui se ferait tout petit, et non revendicatif…)
– « se solidariser tous avec nos différences et sans que celles-ci nous en empêchent »… (toujours très fort : – le mariage de la carpe et du lapin…)

 

Immigration et insécurité culturelle : N°6 du dimanche 13 juillet 2014

Une France en plein doute sur sa capacité d’intégration, et qui peine à communiquer le sentiment de cette intégration alors même qu’elle est souvent bien réelle… et une France qui a peur pour son identité historique.

http://www.franceinter.fr/emission-france-islam-questions-croisees-immigration-et-insecurite-culturelle

Dans le quartier de la Goutte d’Or, des centaines d’affiches préviennent que les mosquées des rues Myrha et Polonceau sont fermées aujourd’hui. Les fidèles doivent se diriger vers la nouvelle mosquée plus grande, et ainsi éviter les prières de rue, sinon c’est la police qui pourrait s’inviter. De quoi mettre en colère Ahmed : « Je trouve ça injuste, quoi ! Des fois, on est obligé de la faire dehors, parce que y’a pas à côté de nous… de mosquée… Ils vont appeler les keufs pour quelqu’un qui fait la prière, et demain ils vont faire quoi ? Je sais pas… »

Immigration et insécurité culturelle. « France, Islam : Questions croisées ». Abdennour Bidar : Bonjour à tous.
L’islam et les musulmans sont devenus ici en France le symbole, la figure d’une immigration que beaucoup jugent trop importante, pas assez maîtrisée, et cet islam incarne aussi désormais dans les imaginations, un niveau de différence culturelle, un seuil d’étrangeté jugé beaucoup trop important, une culture jugée bien trop éloignée de la nôtre. Le musulman est ainsi souvent considéré comme l’Autre avec un grand « A », l’Étranger avec un grand « E », celui dont la vision du monde, les croyances et les coutumes seraient même en contradiction avec les nôtres au point que tout partage de civilisation et de sociabilité avec ces musulmans sur un même territoire, serait complètement illusoire. Il y aurait ainsi –si l’on pousse le raisonnement– sur la terre, des cultures et des civilisations incompatibles faites pour rester sur des continents séparés. L’immigration venue du sud de la Méditerranée serait un cas à part se situant au-delà de la limite de ce que la culture et la société française peuvent tolérer et intégrer. Tout cela : – je n’y crois pas du tout ! En réalité : –
il faut retourner le problème ! Certes l’altérité de l’islam est réelle, et cet islam a encore des efforts considérables à fournir pour se débarrasser de ses traditionalismes et de ses pulsions de radicalité. Dans mes travaux de philosophe de l’islam, je m’attaque continuellement à cette question pour contribuer à repenser une spiritualité d’inspiration islamique au-delà des limites d’une religion aujourd’hui en état de sclérose –une religion qui pense parfois se moderniser– alors qu’elle reste trop figée dans les traditions du passé, une religion qui se croit éternelle, alors qu’elle est en réalité trop immobile. Cependant, le fait que nous nous représentions l’intégration des musulmans comme un Everest –trop difficile à franchir– nous renvoie encore plus…, encore plus à notre propre manque de confiance en nous-mêmes, à notre propre essoufflement de civilisation française et occidentale. Cela aussi, je l’ai beaucoup développé dans mes livres, et les intellectuels français ont du mal à l’entendre. Aujourd’hui, l’islam et l’Occident n’ont à échanger que la gravité de leur crise de civilisation respective : – oui, l’islam est très différent ! Oui, l’islam est sans doute très malade derrière ses airs de force et de certitude ! Mais surtout, c’est nous, les Occidentaux qui sommes terriblement fatigués, terriblement au bout du rouleau de notre modernité, et nous les Occidentaux qui doutons maintenant d’avoir la vitalité nécessaire pour affronter le défi d’intégrerqui que ce soit à notre projet de civilisation tellement essoufflé. Notre monde occidental, notre culture européenne, les institutions de notre république française : – tout ce système est-il encore en assez bonne santé ? Est-il encore assez fort et assez jeune pour promouvoir son modèle ? Pour faire partager la conviction d’une valeur de ses valeurs, et pour continuer à fabriquer de l’intégrationde telle sorte que ces populations –celles qui viennent d’arriver– et celles qui se sont installées ici depuis longtemps –on en est parfois à la quatrième, ou à la cinquième génération– ne soient pas condamnées à rester ou à se sentir indéfiniment étrangères à leur pays d’accueil. (Musique)

Je lisais dans le journal « Le Monde » le trente novembre 2013, un article édifiant sur une famille d’origine immigrée de confession musulmane. Le journaliste raconte et donne la parole aux membres de cette famille, –je le cite– : – Dans un coin du salon, en face d’une horloge du 19ème siècle, un verset du Coran est accroché au mur… « Dans la famille, la religion, notre pratique de l’islam a toujours été de l’ordre de la sphère privée », dit Acia, la jeune femme de la maison : « mais nous payons pour ceux qui font la une des journaux » ajoute-elle. Et son frère Zinnedine, lui confesse qu’il ne regarde même plus la télévision : « Les médias ne parlent que de l’intégrisme, de la délinquance, du terrorisme, du djihadisme. Il n’y a que cela qui les intéresse » : – ils jouent sur les peurs –et le journaliste précise qu’à ce moment-là, ce garçon très douxqu’il a en face de lui, s’énerve pour la première fois de la conversation– : « Mais que faut-il faire pour être considéré comme des Français ? » À la lecture de cet article, deux choses m’avaient frappé, d’abord : le fait que cette famille était installée en France depuis deux générations et que pourtant elle ne se sentait toujours pas intégrée –ce que souligne le jeune homme que je viens de citer– : mais que faut-il donc faire pour être considéré comme Français ? C’est-à-dire pour ne plus être exposé –parce qu’on est d’origine arabe et musulmane– aux préjugés de l’altérité, aux préjugés d’être encore et toujours un étranger. Il faudra bien un moment que la France s’interroge de façon critiquesur sa perception d’Abdel ou de Fatima comme des immigrés perpétuels, alors qu’ils sont au même titre que les autres, membres de la société française ou citoyens français. Ensuite, –deuxième chose qui m’avait frappé– eh bien : le fait que l’islam de cette famille soit un islam totalement paisible et d’une très grande discrétion, ce qui fait donc la preuve que l’islam en question peut être parfaitement compatible avec la société française, société française qui ne demande pas aux musulmans de renier leur foi, mais simplement, de la mettre en pratique d’une façon respectueuse de la culture et des lois de la France… (Musique)

La mondialisation a déclenché depuis quelques décennies, des flux migratoires particulièrement importants, des exodes massifs et des diasporas multiples. En France, la forte présence des populations d’origine étrangère, et leur concentration dans certaines zones de notre territoire où elles sont même parfois devenues majoritaires, représente un facteur d’anxiété énorme pour les populations autochtones, ou arrivées depuis longtemps. Dans son livre sur les fractures françaises paru en 2011, le géographe Christophe Guilluy, appelle cela « L’Insécurité culturelle », c’est-à-dire : le sentiment d’inquiétude que ressentent aujourd’hui beaucoup de gens au quotidien, en faisant le constat du nombre des populations d’origine immigrée. Ce constat provoque une très profonde déstabilisation psychologique qui est en train de se transformer même dans notre société –il faut le dire–, en un malaise généralisé, et de plus en plus, en une vraie colère dont la classe politique ne tient pas assez compte. Elle fait l’erreur de laisser cela au Front National et elle traite par le mépris cette inquiétude de tous ceux qui craignent que tout ce qui faisait la culture française, devienne un jour minoritaire. Aujourd’hui en France, la majorité a peur de devenir la minorité, ou une minorité parmi d’autres. De façon plus ou moins consciente, avouée ou honteuse, cette majorité ethnique blanche de souche chrétienne est hantée par deux questions : – combien sont-ils ? – Et combien vont-ils être demain ? – Seront-ils bientôt ou un jour, plus nombreux que nous ? On peut, et on doit entendre cette peur, mais les chiffres officielslui opposent pourtant un strict démenti. Christophe Dumont, –le chef de la division des migrations internationales à l’OCDE– expliquait ainsi dans « Libération » le 23 mai 2014 que, –je le cite– : « en terme de flux récents d’immigration, on est parmi les pays occidentaux où les niveaux sont les plus bas, avec moins de 250 mille entrées permanentes en 2012 –dont 100 mille européens–, le nombre d’immigrés qui s’installent durablement en France représente moins de 0,4% de la population totale. Il n’y aura donc pas –contrairement à ce que voudraient prédire certains, comme l’écrivain Renaud Camus– de grand remplacement de la population et de la culture française par des populations étrangères ou d’origine étrangère. Face à l’ampleur de l’immigration déjà installée, face à une société devenue aussi multiculturelle, la plus grande angoisse est en réalité la suivante : – combien de temps encore allons-nous pouvoir nous rassembler dans un univers de sens, de références et de valeurs partagées ? Au fond de l’inquiétude du peuple aujourd’hui en France : c’est cela qui est en jeu. La possibilité même de faire société, ou de refaire société, c’est-à-dire : de partager à nouveau une communauté de destin, une communauté d’idéal, de se solidariser tous avec nos différenceset sans que celles-ci nous en empêchent. (Musique)
C’est tout pour aujourd’hui : que la paix soit sur nous tous ! À la semaine prochaine… (9’19’’)

 

 

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