Le 7 mai, n’oubliez pas Diên Biên Phu…

Publié le 5 mai 2016 - par - 10 commentaires - 1 130 vues
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Dien3Le 7 mai, n’oubliez-pas Diên Biên Phu, ni le BILOM, ni l’officier de marine stéphanois Francis Garnier, ni Jules Ferry, ni la trahison des politiques dans la décolonisation.

 

Le 7 mai 1954, le camp retranché français du corps expéditionnaire en Extrême-Orient tombait sous l’assaut des forces du Viêt Minh appuyé par le communisme international. C’en était fait de Gabrielle, Anne-Marie, Béatrice, Françoise, Dominique, Eliane, Claudine, Isabelle et Huguette, positions auto piégées dans la cuvette de boue. 

 

62 ans après, la presse qui n’aime pas parler des Combattants Anciens et actuels aussi en général, répugne en particulier à évoquer la période indochinoise. Et pour cause, car en remontant le fil de l’Histoire de l’Indochine à la Cochinchine, on passe nécessairement par le le lieutenant de vaisseau Marie Joseph François Garnier, dit Francis, explorateur du Mékong, premier conquérant du Tonkin, mort pour la Patrie et dépecé au combat par les Pavillons Noirs, à Hanoï en 1873. Son enseigne de vaisseau Balny d’Avricourt y a subi le même sort.

 

Francis Garnier est né à Saint-Etienne en 1839. En reconnaissance de ses exploits, une première statue en métal lui avait été attribuée en centre-ville. Après de nombreuses vicissitudes, dont la réquisition des métaux pendant la Deuxième Guerre mondiale, cette statue a disparu.

 

Dien1 Dien2Plusieurs années plus tard, une autre statue a été érigée en matériau de construction et scellée dans le parc excentré de l’Opéra de Saint-Etienne (notre photo). Pour ceux que cela intéresse, dans les années 2000-2001, j’ai écrit pour le quotidien La Tribune – Le Progrès édition Ville, un long article sur cette histoire et le périple du rapatriement du corps de cet officier de marine. 

Bien qu’une rue porte le nom de Francis Garnier, à l’endroit même où il est né, jamais vous n’entendrez parler de l’homme ici. Sauf à la Préparation Militaire Marine de Saint-Etienne où l’on sait que des unités ont été baptisées de son nom, en hommage à son courage à porter les couleurs de la France au bout du monde. C’était une autre époque.

 

Pas d’évocation de Francis Garnier sans évocation de Jules Ferry

 

Régulièrement revendiqué par une gauche bien pensante et droit-de-l’hommiste pour son action en faveur de l’instruction publique, gratuite et obligatoire, Jules Ferry (1832-1893) est en revanche désormais moins prisé pour sa laïcité. Nos padamalgamistes marchant actuellement sur des oeufs en l’espèce. Et s’il est un volet qui chagrine énormément le conglomérat socialo – verto – communiste, c’est bien celui de monsieur Tonkinois. Ferry, ainsi surnommé à cause de sa propension à vouloir developper TOUT l’empire colonial français, second derrière l’empire britannique. Une drôle de contradiction jamais digérée et qui va jusqu’à l’amnésie du peuple de gauche. Lequel balaye avec mépris l’obsession de Ferry de trouver des débouchés pour l’économie de la France et des ports pour sa marine. 

 

Dien4De Ferry-Famine en 1870, à Ferry-Tonkin, l’avocat-journaliste-député-maire-préfet-président du Sénat, aura marqué ses ministères par les libertés de réunion, de la presse, d’association et les libertés municipales. En plus de ses deux empreintes caractéristiques : enseignement et expansion coloniale. C’est toujours mieux que le ministère Vallaud-Belkacem.

 

Des prémices occidentaux à la présence et à l’oeuvre de la France (sans repentance ndlr), entre 1516 et 1956, l’auteur-témoin Jean-Claude Rouvière dira « En définitive, s’il était normal que la France restituât les Pays d’Indochine à leurs propriétaires de droit, il eût été souhaitable que cela se fît dans d’autres circonstances et en usant d’autres méthodes, afin d’éviter neuf années de guerre qui n’apportèrent rien, ni aux uns, ni aux autres et aboutirent à faucher une si nombreuse jeunesse dans les deux camps ». Et J.C Rouvière de faire l’inventaire des réalisations françaises de progrès en Indochine.

 

Pas d’évocation de Diên Biên Phu sans évocation du BILOM

 

En 1948, ce sont d’étranges groupes de prisonniers  très affaiblis par leurs conditions de détention qui sont acheminés vers Fréjus pour y constituer un bataillon en direction de l’Indochine. Il s’agit de détenus politiques de la collaboration, ceux qui se sont opposés à une Europe bolchévique, condamnés par un gouvernement français appuyé par des communistes, pour aller combattre… des communistes… en Extrême-Orient ! Rien que ça.

Ce bataillon, dont le nom et la formation seront ensuite changés, s’appelait le BILOM (Bataillon d’Infanterie Légère d’Outre-Mer).

 

Dans son livre, Le Bataillon des damnés (ou des réprouvés) Indochine 1949-1950, l’auteur, l’officier Raymond Muelle, écrira : « il n’aura ni insigne, ni fanion ; ses soldats devront gagner avec leur sang et discrètement leur « réhabilitation ». On verra par la suite que malgré le courage de ces hommes aguerris et enrôlés pour leur expérience en armement, leurs victoires, ils seront dispersés, décimés et jamais réhabilités. Des documents officiels d’époque attestent de cette histoire, pratiquement inconnue et cachée, qui a commencé au Cambodge et au Sud Annam. 

 

A Diên Biên Phu, la bataille durera six mois pendant lesquels les troupes du général Giap creuseront tunnels et tranchées, défonceront les pistes, hisseront leur artillerie, achemineront  leurs matériels  (avec des bicyclettes venant de Manufrance, à Saint-Etienne!). 

Début mai, les lance-roquettes Katioucha orgues de Staline commencent à pilonner nos positions jusqu’à l’offensive finale du 7. S’ensuivait pour les rescapés valides et blessés, la longue marche forcée vers les terribles camps de rééducation communistes : dénutrition,maladies, matraquage, propagande et endoctrinement politique et mort des soldats. Peu en sont revenus.

 

Là encore, à des milliers de kilomètres, la trahison des politiques français envers son armée et ses supplétifs sera patente, comme elle le sera huit ans plus tard à Alger. 

 

« Aujourd’hui, tout le monde s’en fout de Diên Biên Phu, mais nous, on reste fiers de vous » (Jean Pax Méfret).

 

https://youtu.be/lsoZFWMNVNg

 

+ d’infos et de vidéos sur Saint-Etienne express infos

VIA  CHROME  Firefox  VIVALDI  SAFARI :

http://chassaingjacque0.wix.com/express-infos-st-et

 

Jacques Chassaing

 

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Notifiez de
Emy

DIEN BIEN PHU ….
Le talentueux Jean-Pax Méfret (Dien Bien Phu que j’ai dans une autre version ainsi que d’autres chants qu’il a interprétés et toujours de qualité). Il n’est pas connu et pour cause .. pas assez à gauche, bien sûr, il ne passe et ne passera jamais à la télé ni à la radio et c’est bien dommage !
https://www.youtube.com/watch?v=JcfKCpTkjgU

Yves ESSYLU

Ce sont effectivement des soldats perdus comme les allemands recrutés par la légion et décimés par la stalinisation de la France en 45 puis par Boudarel et ses copains communistes ensuite
Pour ma part je n’oublie pas les combats de la colonne Lepage moins connue que DBP mais tout aussi héroiques
C’étaient de vrais guerriers qui combattaient le dos au mur et à côté de qui les américains et leur napalm font figure de tafioles perverses

François

Dien Bien Phu a été un gigantesque « ratage » militaire et politique, ce qui n’enlève rien à l’héroïsme des soldats français et auxiliaires vietnamiens des trois armes qui y ont combattu jusqu’au bout contre les communistes et n’ont jamais hissé le drapeau blanc.
J’avais à peine huit ans quand Dien Bien Phu est tombée et pourtant je me souviens de l’abattement de mon père dont nombre de ses camarades ne sont pas revenus d’Indochine où ils étaient partis après avoir combattu pour la libération de la France.
Les hommes qui sont tombés là-bas ne se battaient pas pour eux-mêmes ni pour sauvegarder un morceau de notre empire colonial, ils se battaient d’une manière totalement désintéressée pour la liberté du peuple vietnamien, pour la grandeur de la France et pour l’honneur de son armée.

Patriote

Dîen Bîen Phu: ce nom résonne en moi comme l’abandon des politiques à l’égard de son armée. Cette bataille illustre la force avec laquelle notre armée a résistée aux communistes. Je suis fier du courage de ces hommes. Ce sont des héros de la Nation. Vive la France ! Vive notre armée ! Hommage à tout nos valeureux militaires qui sont morts ou on été blessé au combat. Sachez que nous sommes fièrs de votre sacrifices pour la Patrie.

WOLFRED

La première trahison et l’abandon du gouvernement de l ‘époque, la peau de nos soldats ne valait pas grand chose ,il devrait y avoir un tribunal d’ exception pour ces salauds qui les ont abandonnés , et comme écrit montecristo ce fumier de Boudarel […]

Anne Lauwaert

Dien Bien Phu est mon premier souvenir de radio. J’avais 8 ans. Mon père était debout, appuyé contre la console sur laquelle se trouvait la radio. Le présentateur a dit que Dien Bien Phu était tombé. Mon père a dit “La guerre est finie”. J’ai demandé “Nous sommes en guère?” Mon père a répondu “Non, mais c’est tout comme”. Quelques années plus tard il m’a laissé lire les livres de Lartégui, je les ai encore dans ma bibliothèque.

montecristo

Dien Bien Phu évoque chez moi le sort des 12.000 prisonniers dont seulement 3.000 reviendront 4 mois plus tard. Et puis aussi Boudarel, ce professeur déserteur qui rejoindra le vietminh et sera même « conseiller technique » pour tous les camps de prisonniers du nord Vietnam. Il a reconnu lui-même avoir causé la mort de 70% des prisonniers du Camp 130, tous morts de tortures physiques et psychologiques. Amnistié par la Loi gaulliste de 1966 il reviendra en France et bénéficiera de l’appui de ses amis communistes pour faire valider ses années passées en Indochine, obtenir un poste à l’Université de Jussieu et avoir droit à une retraite confortable. Toute tentative de plainte contre lui par les rescapés de ses sévices ne sera pas reçue par la justice française sous prétexte de la loi d’amnistie.

jean-marc

J’avais à peine 4 ans et mes parents m’ont souvent raconté qu’à chaque fois qu’un lieu était évoqué à la radio,je répétais invariablement: »C’est plus loin que Dienbienphu? ».
Plus sérieusement,le film de Pierre Schoendorfer Dien Bien Phu est remarquable!

L\"ancien du 11

Et oui ! Cher ami… La France a toujours soutenu les pourris et les traîtres, ceux qui se sont acharnés contre leurs frères de race. J’avais 17 ans à l’époque de Dien Bien Phu… Et nous l’avons ressenti très douloureusement nous, les Pieds Noirs, qui allions, dans la foulée, connaître de terribles souffrances… Toujours à cause des pourris qui infestent la France ! A croire que les Français aiment glorifier ces êtres abjects !

montecristo

L’ancien du 11 … J’avais 14 ans ! j’ail’habitude de dire que je suis Pied Noir depuis 1830 ! Nous avons donc vécu les mêmes tragédies ! Bien fraternellement à vous !