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Le 7 mai, n’oubliez pas Diên Biên Phu…


Dien3Le 7 mai, n’oubliez-pas Diên Biên Phu, ni le BILOM, ni l’officier de marine stéphanois Francis Garnier, ni Jules Ferry, ni la trahison des politiques dans la décolonisation.

 

Le 7 mai 1954, le camp retranché français du corps expéditionnaire en Extrême-Orient tombait sous l’assaut des forces du Viêt Minh appuyé par le communisme international. C’en était fait de Gabrielle, Anne-Marie, Béatrice, Françoise, Dominique, Eliane, Claudine, Isabelle et Huguette, positions auto piégées dans la cuvette de boue. 

 

62 ans après, la presse qui n’aime pas parler des Combattants Anciens et actuels aussi en général, répugne en particulier à évoquer la période indochinoise. Et pour cause, car en remontant le fil de l’Histoire de l’Indochine à la Cochinchine, on passe nécessairement par le le lieutenant de vaisseau Marie Joseph François Garnier, dit Francis, explorateur du Mékong, premier conquérant du Tonkin, mort pour la Patrie et dépecé au combat par les Pavillons Noirs, à Hanoï en 1873. Son enseigne de vaisseau Balny d’Avricourt y a subi le même sort.

 

Francis Garnier est né à Saint-Etienne en 1839. En reconnaissance de ses exploits, une première statue en métal lui avait été attribuée en centre-ville. Après de nombreuses vicissitudes, dont la réquisition des métaux pendant la Deuxième Guerre mondiale, cette statue a disparu.

 

Dien1 Dien2Plusieurs années plus tard, une autre statue a été érigée en matériau de construction et scellée dans le parc excentré de l’Opéra de Saint-Etienne (notre photo). Pour ceux que cela intéresse, dans les années 2000-2001, j’ai écrit pour le quotidien La Tribune – Le Progrès édition Ville, un long article sur cette histoire et le périple du rapatriement du corps de cet officier de marine. 

Bien qu’une rue porte le nom de Francis Garnier, à l’endroit même où il est né, jamais vous n’entendrez parler de l’homme ici. Sauf à la Préparation Militaire Marine de Saint-Etienne où l’on sait que des unités ont été baptisées de son nom, en hommage à son courage à porter les couleurs de la France au bout du monde. C’était une autre époque.

 

Pas d’évocation de Francis Garnier sans évocation de Jules Ferry

 

Régulièrement revendiqué par une gauche bien pensante et droit-de-l’hommiste pour son action en faveur de l’instruction publique, gratuite et obligatoire, Jules Ferry (1832-1893) est en revanche désormais moins prisé pour sa laïcité. Nos padamalgamistes marchant actuellement sur des oeufs en l’espèce. Et s’il est un volet qui chagrine énormément le conglomérat socialo – verto – communiste, c’est bien celui de monsieur Tonkinois. Ferry, ainsi surnommé à cause de sa propension à vouloir developper TOUT l’empire colonial français, second derrière l’empire britannique. Une drôle de contradiction jamais digérée et qui va jusqu’à l’amnésie du peuple de gauche. Lequel balaye avec mépris l’obsession de Ferry de trouver des débouchés pour l’économie de la France et des ports pour sa marine. 

 

Dien4De Ferry-Famine en 1870, à Ferry-Tonkin, l’avocat-journaliste-député-maire-préfet-président du Sénat, aura marqué ses ministères par les libertés de réunion, de la presse, d’association et les libertés municipales. En plus de ses deux empreintes caractéristiques : enseignement et expansion coloniale. C’est toujours mieux que le ministère Vallaud-Belkacem.

 

Des prémices occidentaux à la présence et à l’oeuvre de la France (sans repentance ndlr), entre 1516 et 1956, l’auteur-témoin Jean-Claude Rouvière dira « En définitive, s’il était normal que la France restituât les Pays d’Indochine à leurs propriétaires de droit, il eût été souhaitable que cela se fît dans d’autres circonstances et en usant d’autres méthodes, afin d’éviter neuf années de guerre qui n’apportèrent rien, ni aux uns, ni aux autres et aboutirent à faucher une si nombreuse jeunesse dans les deux camps ». Et J.C Rouvière de faire l’inventaire des réalisations françaises de progrès en Indochine.

 

Pas d’évocation de Diên Biên Phu sans évocation du BILOM

 

En 1948, ce sont d’étranges groupes de prisonniers  très affaiblis par leurs conditions de détention qui sont acheminés vers Fréjus pour y constituer un bataillon en direction de l’Indochine. Il s’agit de détenus politiques de la collaboration, ceux qui se sont opposés à une Europe bolchévique, condamnés par un gouvernement français appuyé par des communistes, pour aller combattre… des communistes… en Extrême-Orient ! Rien que ça.

Ce bataillon, dont le nom et la formation seront ensuite changés, s’appelait le BILOM (Bataillon d’Infanterie Légère d’Outre-Mer).

 

Dans son livre, Le Bataillon des damnés (ou des réprouvés) Indochine 1949-1950, l’auteur, l’officier Raymond Muelle, écrira : « il n’aura ni insigne, ni fanion ; ses soldats devront gagner avec leur sang et discrètement leur « réhabilitation ». On verra par la suite que malgré le courage de ces hommes aguerris et enrôlés pour leur expérience en armement, leurs victoires, ils seront dispersés, décimés et jamais réhabilités. Des documents officiels d’époque attestent de cette histoire, pratiquement inconnue et cachée, qui a commencé au Cambodge et au Sud Annam. 

 

A Diên Biên Phu, la bataille durera six mois pendant lesquels les troupes du général Giap creuseront tunnels et tranchées, défonceront les pistes, hisseront leur artillerie, achemineront  leurs matériels  (avec des bicyclettes venant de Manufrance, à Saint-Etienne!). 

Début mai, les lance-roquettes Katioucha orgues de Staline commencent à pilonner nos positions jusqu’à l’offensive finale du 7. S’ensuivait pour les rescapés valides et blessés, la longue marche forcée vers les terribles camps de rééducation communistes : dénutrition,maladies, matraquage, propagande et endoctrinement politique et mort des soldats. Peu en sont revenus.

 

Là encore, à des milliers de kilomètres, la trahison des politiques français envers son armée et ses supplétifs sera patente, comme elle le sera huit ans plus tard à Alger. 

 

« Aujourd’hui, tout le monde s’en fout de Diên Biên Phu, mais nous, on reste fiers de vous » (Jean Pax Méfret).

 

https://youtu.be/lsoZFWMNVNg

 

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Jacques Chassaing