8 mai : il y a Poutine… et Hollande

poutine-maitre-du-jeuHollande, goujat comme trop souvent, a snobé la commémoration de la victoire du 8 mai 1945 sur le nazisme, célébrée par les Russes le 9 mai, à laquelle il était invité. Il y a envoyé Fabius, qui, incroyablement discret, n’est pas allé non plus sur la Place Rouge, se contentant de déposer une gerbe. (Ceci aggravant notre cas, après le refus de la parole donnée, dans le refus de la France de livrer les Mistrals commandés et payés par la Russie, au mépris de toutes les règles du droit français). Cette commémoration a eu lieu dans 26 grandes villes russes et a réuni je ne sais combien de troupes et un nombre considérable de spectateurs. On peut s’en assurer ici :
https://youtu.be/l-WtK5SiZxc  (vidéo qui dure plus de cinq heures)
Parmi les spectateurs, selon une météo variable d’un point à l’autre de la Russie, les uns étant éblouis par le soleil les autres sous des parapluies, on remarque une foule variée, des grands-pères ostensiblement couverts de décorations, des grands-mères, des mères de familles, des jeunes, des enfants, des personnes en costumes traditionnels, des popes orthodoxes : toute la Russie était là en somme. A 3 heure 14 minutes, on peut écouter le discours de Vladimir Poutine sur la Place Rouge à Moscou, où ont défilé plus de 16 000 militaires dans une chorégraphie absolument impeccable, dans un matériel militaire impressionnant. De ce discours, je retiendrai surtout la manière dont Poutine appelle son pays : « notre Russie ». Dans ce « notre Russie » très souvent utilisé, il y a tout l’amour indéfectible que les Russes ont pour leur pays. A-t-on jamais entendu Hollande dire « notre France » ? Il dit « la » France, ou l’Hexagone. Nos dirigeants éludent le plus souvent le fait de nommer notre pays. C’est parce qu’ils ne l’aiment pas. Comment un Valls, une Taubira, une Belkacem, une Esther Benbassa, pourraient-ils vraiment aimer « notre France » ? Ils ne sont pas d’ici.
Dans ce défilé on peut voir plusieurs faits, d’abord la démonstration que les Russes ne se laisseront jamais faire dans un conflit, ce qui n’est pas notre cas puisque les coupes sombres dans le budget de notre armée en ont fait pratiquement une armée fantôme. Ensuite on peut y voir la fierté que les Russes ont de leur pays et l’amour qu’ils lui portent. Gageons que personne là-bas ne s’amuse à dire « nique la Russie » ni à brûler le drapeau russe. Enfin et surtout, on y voit la lutte contre le nazisme. Certes le communisme stalinien était lui aussi une forme de totalitarisme. Mais il reste que les Russes ont perdu environ 27 millions de personnes au cours de la seconde guerre mondiale. Ils ont payé de leur sang cette victoire. Et cette victoire les a cimentés, comme le dit ici l’historien Bubnov :
http://www.russieinfo.com/9-mai-1945-une-lecon-historique-sans-precedent-pour-les-russes-2015-05-08
Alors pourquoi Hollande, choisissant de se rendre plutôt aux Antilles, ce qui avouons le ne nous a pas paru capital, a-t-il commis cet affront contre la Russie ? Il s’agit ici d’un affront contre le peuple Russe, car c’est une manière de relativiser voire de nier sa lutte contre le fascisme, dont pourtant nos dirigeants aiment se gargariser dans leurs discours. Nier la lutte contre le fascisme, c’est aussi un affront contre le peuple Français, qui lui aussi a lutté, souffert, payé de son sang. Poutine, lui, dans son discours, ne l’oublie pas puisqu’il remercie Anglais, Français et Américains, pour ce qu’ils ont fait contre le nazisme.
Oh, bien sûr, il y a eu quelques petites commémorations ici ou là en France, mais rien d’envergure. Il y a actuellement en France une propension inquiétante à oublier les pages fondamentales de notre histoire. Déjà on oublie volontairement la bataille de Poitiers, bataille qui a duré plusieurs jours et réuni un nombre considérable de combattants, et par la victoire de Charles Martel boutant dehors l’islam, a donné ses assises à notre civilisation. Mais pas seulement Poitiers. L’an dernier a eu lieu une commémoration de la bataille de Bouvines. Les représentants de l’Etat se sont bien gardés de répondre à l’invitation des organisateurs. Hollande, pressenti, a préféré se rendre à l’île de la Réunion, Valls, trois jours avant, s’est décommandé ayant trouvé tout à fait urgent de se rendre à…une course cycliste. La bataille de Bouvines, qui a eu lieu le 27 juillet 1214, est un symbole qui a été exploité par nos historiens surtout à partir du XIX ème siècle comme une naissance du sentiment national. Mais de nos jours tout ce qui est lié à l’idée de nation a mauvaise presse. Il faut dire que l’islam lui-même ne connaît pas l’idée de nation, ni celle de frontières, ou plutôt que la nation, pour les musulmans, c’est l’islam. Peut-on voir l’islamisation des esprits à l’oeuvre dans cet oubli de la notion de nation ?…
Allons-nous « oublier » la bataille contre le nazisme ? Il est vrai que l’islam était du côté des nazis, Hitler étant très lié avec le mufti de Jerusalem, et qu’il ne faut pas stigmatiser. C’est donc exprès qu’une partie de notre histoire est de plus en plus occultée, la réforme pondue par notre ministre marocaine de l’éducation est proprement révoltante.
Il y a une tendance à relativiser notre histoire, par l’inversion permanente des victimes (comme si l’islam avait été victime du nazisme) et plus encore, une perte sèche de la mémoire de notre histoire (pour complaire aux nouveaux venus ?…)
Devant le nouveau fascisme qui nous menace, qui est le fascisme islamique, très proche du nazisme, il est extrêmement inquiétant que des gens comme Hollande puissent occulter sciemment notre lutte contre le fascisme, tous les fascismes. Comme si la seconde guerre mondiale n’avait tout simplement pas existé avec son cortège de souffrance et de mort. Comme si le fascisme nazi n’avait pas capitulé le 8 mai 1945. Comme si, finalement, cette victoire remportée par les Alliés en 1945, ce n’était rien.
Sophie Durand

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