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80 % des Français refusent un deuxième tour Macron-Marine : un autre candidat ?

Je fais suite à l’appel de Cyrano à une candidature de Jean Messiha et au fil de commentaires qui s’en est ensuivi.

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Manifestement, une quasi-unanimité se dégage sur ce fil de commentaires :  »surtout pas Marine Le Pen ». On est tous bien d’accord, elle doit s’écarter et libérer le passage à une autre candidature. Comme le lectorat de RL est globalement représentatif de notre camp, on peut donc considérer comme acquis que MLP fait l’objet d’un rejet généralisé et qu’au mieux elle ne peut plus concentrer sur elle qu’un vote résiduel par défaut.

MLP plus en difficulté qu’on ne le croit, Alain Duhamel obligé de monter au créneau pour la conforter. Manifestement, le désamour du camp patriote a été ressenti par les sondeurs et les faiseurs d’opinion qui doivent monter au créneau pour la soutenir. C’est ainsi qu’on a assisté, il y a quelques jours, sur BFM TV à un plaidoyer d’Alain Duhamel venu tenter de la conforter sur le thème : « son parti va mal, mais c’est un leader qui se porte bien, elle a un socle incompressible, son électorat est solide autour d’elle… ». Le débat avec Guillaume Tabard est d’ailleurs intéressant ; la controverse s’établissant autour des limites de la stratégie de Marine le Pen et sur celles de son programme. À la fin Duhamel se retrouve bien à la peine face à Tabard pour tenter de créer une illusion sur les chances de Marine Le Pen au second tour ; ce à quoi il ne croit pas et que bien sûr il ne souhaite pas.

À partir de 1’ 11 et surtout de 5’ 15.

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Si Duhamel commence à prendre peur au point de devoir monter au créneau pour la défendre, c’est que les choses vont mal pour MLP. Personne n’est dupe, il s’agit là d’un signal qui nous indique que le système craint de perdre sa candidate favorite de second tour. Cela nous indique clairement qu’elle est plus fragilisée qu’on ne le pense. Voici donc une bonne nouvelle qui nous réconforte. À ce point du parcours, MLP ne peut plus ignorer qu’elle est d’ores et déjà en difficulté et que sa candidature est vouée à l’échec. Elle ne peut même plus faire croire qu’elle croit sérieusement en ses chances.

Une immense majorité d’électeurs de tous bords refuse un duel Macron/Le Pen au second tour. 80 % des sondés disent rejeter un duel Macron/Le Pen. Cela veut dire que l’opinion considère à ce stade qu’en sa qualité de sortant et avec le support médiatique dont il dispose, Macron reste incontournable au second tour. Cela veut également dire que, toutes tendances confondues, l’opinion ne veut plus de lui comme Président et qu’elle attend un autre candidat que MLP pour le battre. Enfin, en cas de duel contre Macron, MLP n’aurait strictement aucune chance face à un front républicain dressé contre elle ; même squelettique mais encore suffisant du fait de l’abstention colossale en pareil cas.

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Pourtant MLP s’incruste. Son rejet par l’opinion est d’ores et déjà consommé, aussi bien par les électeurs de notre camp que par le reste du corps électoral. Pourtant, pour le moment, elle s’incruste, continuant à obstruer le passage. 

Ceux qui font l’opinion dans notre camp ne doivent pas relâcher la pression sur MLP. L’opinion nous suit et il nous appartient de persévérer. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, MLP empile méthodiquement les faux pas, les gages donnés au système, les trahisons et les déclarations contre-nature qui finissent de dégoûter son électorat. Mais cela ne suffira pas. En l’absence de candidature de valeur qui captera l’électorat et finira de la déshabiller, elle continuera à s’incruster envers et contre tout. Enfin, on ne peut pas compter sur un sursaut d’amour-propre, d’orgueil ou de patriotisme de sa part pour que, se sentant désavouée, elle s’écarte. Une personne qui s’exhibe en train de danser et de se pochetronner après le fiasco qu’elle a subi n’a manifestement ni vertu ni morale. On ne peut pas y compter.

Ensuite, vu d’où nous sommes, vient la question de qui pour la pousser dehors et surtout, de qui pour porter les espoirs de notre camp ? C’est là qu’un consensus doit émerger pour faire éclore et porter une candidature de valeur malgré la présence de MLP qui continuera à s’incruster. 

Il faut donc qu’un champion se désigne. Idéalement, il devrait le faire spontanément et prendre ses risques pour entrer dans la compétition, comme l’a fait le général Martinez qui pour le moment n’a pas encore vraiment parlé et qu’on ne peut donc pas encore évaluer. 

Par ailleurs, il est évident qu’un champion qui aurait besoin de se sentir poussé avant d’y aller perdrait de sa crédibilité. La rencontre avec l’opinion doit se faire par une démarche pro-active et spontanée initiée par le prétendant. Ce n’est qu’ensuite que l’opinion pourra le porter sur le pavois. La prime est donc à ceux qui se présentent de leur propre chef sans avoir besoin d’attendre qu’on les pousse.

Au point où nous en sommes, il faut que plusieurs champions entrent dans l’arène et qu’un puissant courant d’opinion les départage. Ce n’est que dans ces conditions que l’électorat basculera d’un vote par défaut pour MLP ou de l’abstention, vers un vote massif d’adhésion et de soutien pour un autre candidat. Et qu’on ne nous parle surtout pas de primaire. Les choses doivent se faire sans le biais des appareils et en quelque sorte par acclamation spontanée.

Rien ne sera possible sans l’émergence d’un champion. Rien ne sera possible sans l’émergence d’un consensus pour le porter à la tête de notre camp et ensuite à la tête du pays.

Marine le Pen focalise sur elle un rejet de notre camp et de toute l’opinion au-delà. Le jeu est donc totalement ouvert.

Martin Moisan