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Aux innocents qui croient que le gouvernement veut sauver des vies

Il y a quelques années encore, certains véhicules étaient munis de bavettes à l’arrière des passages de roue. Il en subsiste encore sur des 205 ou quelques 4×4 (sans oublier les poids lourds).

Par temps de pluie ou sur route mouillée, cela évitait les projections abondantes d’eau qui peuvent beaucoup nuire à la visibilité pour les conducteurs des voitures qui suivent. De plus, les passages de roue étaient suffisamment larges pour ne pas, en plus, projeter des nuages de bruine lors des dépassements.

Cela, maintenant, fait « beauf ». Les constructeurs ont cédé à la mode ; plus de bavettes et des pneus larges qui débordent allégrement des passages de roue. Que les véhicules derrière n’y voient pas grand-chose, ce n’est pas important. Ils n’ont qu’à se tenir à bonne distance et tant pis s’ils sont gênés lors des dépassements. L’État n’est pas intervenu.

Par souci de visibilité des voitures sur la route, dans les années 70, une mode venue des USA a permis l’arrivée de peintures fluo sur les carrosseries. Jaune, vert, rose… en particulier pour les « coccinelles ». Cela se voyait bien mieux, sur les routes au revêtement très sombre, que l’immense majorité des autres voitures qui sont toutes « gris-quelque chose ». Qu’importe la visibilité, elles se vendaient moins bien et cette « mode sécuritaire » fut vite abandonnée. Là encore, l’État n’est pas intervenu.

Le seul domaine où l’État a fait respecter depuis longtemps une directive par les constructeurs d’automobiles, c’est pour celle obligeant à fixer les réservoirs de carburant avec des sangles inoxydables, imputrescibles, et non biodégradables bien sûr. Elles ne se voient pas, donc pas d’effet de mode.

Nous ne pouvons pas en dire autant pour l’obligation de construire des optiques avec remplacement facile des ampoules. Cela nécessite souvent le démontage d’une partie de la calandre !

Une voiture avec le feu de croisement gauche éteint, c’est beaucoup plus dangereux pour ceux d’en face qu’une plaque d’immatriculation peu visible (pour les radars). Les verbalisations sont plus fréquentes pour les plaques que pour le défaut d’ampoule. La pénurie voulue de policiers et de gendarmes se manifeste surtout la nuit, alors difficile de verbaliser. Et demander à une femme, fût-elle Marlène S., de changer une ampoule la nuit, aucun gendarme n’ose, d’autant qu’il n’y parviendrait pas non plus. Et pourtant, le code de la route oblige à disposer d’un jeu complet d’ampoules (et de fusibles) de rechange. Les constructeurs automobiles ont eu le dessus et notre sécurité passe après.

Les lobbies se manifestent dans de nombreux domaines, hélas. Ainsi, ceux du sucre ont eu facilement raison des décisions de façade des gouvernements successifs. Moins de sucre dans nos aliments et boissons, cela signifierait beaucoup moins de diabètes de type II et, par suite, moins de frais médicaux et moins de morts prématurées. S’ajoute à cela le lobby des laboratoires pharmaceutiques, qui font fortune avec les médicaments luttant contre le diabète. Avec au moins deux lobbies contre lui, qui le caressent peut-être dans le sens du poil, difficile pour un gouvernement d’arriver à prendre les bonnes décisions pour sauver de très nombreuses vies (bien plus que sur la route). C’est aussi bien dommage pour la Sécurité sociale qui réduirait ses dépenses… Moins de sel, aussi, sauverait des vies (encore un lobby), etc.

Max Leroy