9 février : votation suisse pour stopper l’immigration massive

Publié le 21 janvier 2014 - par - 3 575 vues
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La Suisse est le dernier pays européen où il est possible pour un peuple de donner son avis sur des questions de société. Certains référendums demeurent au niveau municipal, d’autres au niveau cantonal, d’autres, appelées fédéraux, concernent les 26 cantons du pays. C’est ainsi que les électeurs de ce pays sont ponctuellement invités à voter sur le remboursement de l’avortement, une semaine de congés supplémentaires, les minarets des mosquées, le service militaire, l’adhésion à l’Union européenne, le renvoi dans leur pays d’origine des délinquants étrangers… Ce 9 février prochain, les électeurs sont amenés à voter « oui » ou « non » à un texte proposé par l’UDC (Union Démocratique du Centre), avec comme seule question : ACCEPTEZ-VOUS L’INITIATIVE POPULAIRE CONTRE L’IMMIGRATION DE MASSE ?

Ri7Votations2009 2010Comment cela se passe-t-il chez nos amis helvètes, pour organiser une telle initiative ? Il faut d’abord, pour celui qui veut lancer la consultation, recueillir 100.000 signatures de personnes en situation de voter. Rappelons que la Suisse ne compte que 8 millions d’habitants, soit 8 fois moins que la France. Une fois les conditions remplies, les électeurs reçoivent dans leur boîte à lettres les bulletins de vote, et surtout un argumentaire, avec des avis opposés, pour éclairer leur opinion. Ils peuvent voter par correspondance, ce que font à présent 90 % des électeurs, les autres continuant à aller dans leur bureau de vote, le dimanche.

Dans quel contexte se déroule cette votation ? Le conseil fédéral, en 2007, a ratifié, bien que la Suisse ne fasse pas partie de l’Union européenne, un texte sur la libre circulation des citoyens européens. Il avait alors certifié aux Suisses qu’il n’y aurait pas davantage que 8.000 nouveaux venus par an.

Cinq années plus tard, les chiffres constatés ne sont plus du tout les mêmes : nous en sommes à  80.000 nouveaux venus par an (équivalent de 650.000 en France).

L’UDC, dans une brochure intitulée « La démesure nuit à la Suisse », explique, d’une manière très pédagogique, quelles sont les conséquences, pour le pays, d’une telle immigration de masse.

En 1980, la Suisse comptait 5,4 millions d’habitants. Depuis cette date, s’y sont ajoutés 1,8 million  d’immigrés, dont 800.000 ont obtenu la nationalité suisse. Ce pays compte aujourd’hui sur son territoire 23 % d’étrangers. Si l’évolution de la population se poursuit au même rythme, la Suisse comptera, en 2035, 10 millions d’habitants.

Quelles sont les conséquences, pour un petit pays comme la Suisse, d’une telle explosion démographique ? 80.000 étrangers de plus chaque année, c’est l’équivalent d’une ville comme Lucerne.

Mais surtout, 80.000 nouveaux venus ont besoin de logements : cela représente l’équivalent de 4448 terrains de football, 34.500 logements supplémentaires, 300 classes d’école, 42.000 voitures, 150 éoliennes…

Ces mesures ont forcément des conséquences sur l’agriculture, puisque le nombre de terres cultivables diminue. Selon les organisateurs de l’initiative, depuis 1995, la Suisse perd 1 mètre carré par seconde, et est devenue le pays à plus forte densité de population en Europe !

Les loyers augmentent dans des zones à forte densité démographique, préservés de la venue de nouvelles populations, et les moins fortunés des autochtones doivent partir vers des régions moins chères.

Les bouchons se multiplient sur les routes, et les moyens de transport collectifs sont de plus en plus bondés.

La Suisse était préservée du chômage, cela est en train de changer. Plus d’un étranger sur sept est au chômage, et plus de la moitié des 218.000 personnes sans travail est issue de l’immigration. Si les étrangers sont le quart de la population, ils représentent la moitié des personnes vivant des aides sociales.

Naturellement, cette venue d’une nouvelle population représente une pression vers le bas des salaires. Oskar Freysinger pointe du doigt le problème : « Les chefs d’entreprise ont aussi des responsabilités particulières, face à notre pays. Il n’est pas tolérable d’engager à court terme et aussi bon marché que possible des gens, puis de les licencier après quelques mois pour les refiler à l’assurance chômage. Cette attitude est anti-sociale ».

Dans une brochure, un électeur résume l’ensemble du problème : « La Suisse est aujourd’hui moins sûre à cause de la libre circulation des personnes, sans limite et l’accord de Schengen : toutes les 8 minutes, un cambriolage est commis quelque part et 70 % des malfaiteurs arrêtés sont des étrangers. Notre pays est plein à craquer. Chaque seconde, un mètre carré supplémentaire est bétonné. Trois fois plus d’étrangers que de Suisses finissent à l’aide sociale. Les cantons s’enfoncent dans les déficits. Et cela à une époque de haute conjoncture. Merci de nous aider à stopper ces excès en disant OUI à l’initiative contre l’immigration de masse ».

Bien évidemment, exactement comme à l’époque de la votation sur les minarets, les autres partis et les médias se déchaînent contre cette initiative, qui sèmerait la haine, et stigmatiserait les immigrés. D’autres essaient d’expliquer que sans l’immigration de masse, la Suisse serait condamnée à la faillite et à l’isolement.

Exactement comme lors de la votation impulsée, en 2009, par Oskar Freysinger, les sondages sont défavorables, et annoncent une nette défaite de l’UDC.

Attendons le 9 février, mais là encore, la clique politico-médiatique suisse, qui ressemble étrangement à celle de notre pays, pourrait avoir un réveil douloureux.

Il y a quelques heures, la commissaire européenne, Viviane Reding, celle qui comparait en France l’expulsion des Roms en situation irrégulière à la rafle des juifs, montrait la nature de l’Union européenne, en faisant savoir aux Suisses que, quel que soit leur vote le 9 février : « Il n’y aura pas de nouvelle négociation sur la libre circulation des personnes, en cas d’acceptation de l’initiative contre l’immigration de masse. Le marché intérieur de l ‘UE est un tout et la Suisse ne peut pas y choisir ce qui lui plaît. »

Oskar Freysinger et ses amis peuvent être ravis : en annonçant aussi brutalement la couleur, en montrant la réalité dictatoriale de l’Europe de Bruxelles, la commissaire européen vient de leur faire gagner de nombreux points.

Les patriotes français et européens attendent avec impatience le vote du 9 février. Ils font confiance à nos amis suisses pour déjouer les pronostics, voter avec bon sens, et faire hurler de rage les mêmes qui les avaient lynchés, il y a plus de quatre ans, suite au vote historique sur les minarets.

Pierre Cassen

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