A Poitiers, les casseurs "anticapitalistes" ont montré l'impuissance du gouvernement

« On était venu voir les artistes de rue. Il y avait beaucoup de monde, l’ambiance était festive. Tout à coup, on a vu des individus encagoulés courir partout, on a cru un moment que ça faisait partie du spectacle, raconte une jeune étudiante. Ils ont d’abord distribué des tracts sur lesquels on pouvait lire des recommandations « pour se sortir d’une sale galère ». Puis ils ont crié « policiers, on va vous tuer, on va tout casser » et tout est allé très vite ».
La première vitrine qu’ils ont fait exploser c’est celle de la Nouvelle République. « Ce n’est pas un hasard » affirme un commerçant. La République c’est tout simplement ce qu’ils veulent détruire. Ils étaient plus de deux cents d’après la police. Armés de battes de base-ball et de fumigènes, ils évoluaient en groupes bien organisés au milieu des passants dont certains étaient tétanisés, d’autres complètement paniqués. Ils ont mis le feu à des poubelles, ont allumé leur fumigènes et ont commencé à fracasser toutes les vitrines des rues piétonnes, en s’en prenant plus particulièrement aux devantures des banques et des assurances. Ils ont cassés des bancs, des abris-bus et ont pris le temps de taguer un peu partout sur leur passage.

Mais que faisait la police ? Elle a débarqué, bien sûr, et les CRS aussi. Et ils n’ont pas eu la tâche facile. Les casseurs filaient comme des lapins et leurs grenades lacrymogènes indisposaient plutôt les personnes encore dans la rue, les surpris ou les curieux.
Certains habitants disent que les RG auraient pu prévoir ce qui allait arriver. Il est vrai que des affiches avaient été placardées dans la ville quelques jours plus tôt appelant à un rassemblement contre le transfert des détenus de la maison d’arrêt de Poitiers vers celle de Vivonne. Reste à savoir pour quelles raisons ces groupuscules organisés sous le nom de « cellule de vigilance opaque » ont semé la panique dans cette ville de province habituellement «tranquille », en utilisant des méthodes de commandos terroristes. Si c’est pour faire parler d’eux, ils ont réussi leur coup. Mais, en dehors de l’opération médiatique, s’ils veulent faire croire aux braves gens que leur mouvement est révolutionnaire et qu’ils cassent tout pour reconstruire en mieux, ils se sont trompés de film. Le journal régional la Nouvelle République relate ce commentaire d’un serveur de bar qui résume le ras le bol de la majorité des citoyens de ce pays qui ne supportent plus la racaille d’où qu’elle vienne, « c’est dégueulasse ce comportement ! » déclare t-il.
Le tract distribué aux passants par les excités de « la cellule opaque » était tout simplement un mode d’emploi pour échapper aux arrestations lors des manifs et quelques recettes pour s’en sortir au mieux en cas de garde à vue. C’était le résumer, en quelques paragraphes, du manuel du parfait petit casseur. On a vu des graines d’assassins de ce genre débouler dans les manifestations de 2005, ils ont fait leur apparition le jour de la techno-pride. Même s’ils n’ont rien à voir entre eux parce qu’ils n’appartiennent pas au même milieu et agissent différemment, ces bandes de jeunes casseurs n’ont aucun message politique et c’est une erreur de croire, comme je l’ai entendu dire, que ces mouvements violents sont le reflet d’un malaise social qui touche notre jeunesse dépourvu d’avenir.

Ces jeunes demeurés veulent peut être nous faire croire qu’ils vont résoudre la crise en détruisant les symboles du capitalisme. Mais ces soit disant militants de l’ultra-gauche, qui ont saccagé les banques et brisé les vitrines du centre de Poitier agissent, tout simplement, comme des terroristes.
Les Français vivent de plus en plus dans l’insécurité et la crainte du lendemain. Ils attentent toujours que Nicolas Sarkozy, qui veut tellement que l’ordre règne et qui avait promis de karchériser toutes les racailles de ce pays, cesse de les prendre pour des baltringues. Depuis les crimes commis par des récidivistes remis en liberté par une justice incompétente jusque dans l’incapacité qu’ont les forces de l’ordre à intervenir dans les lieux de non droits que sont le cités de nos grandes villes, il y a, dans ce pays, un abandon des valeurs Républicaines et laïques qui n’arrange rien et qui nous met en danger jusque dans le quotidien de nos vies.
Brigitte Bré Bayle

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