A Rome, Nicolas Sarkozy a encore fait honte à la République laïque française

Publié le 11 octobre 2010 - par
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Notre président de la République était en visite au Vatican, ce vendredi. On peut s’interroger sur le fait qu’un président de la République aille rendre visite au chef de l’Eglise catholique, dans un contexte où de nombreux dignitaires de cette religion se sont permis, de manière outrancière, une intrusion dans la vie politique française. A ceux qui nous disent que le Vatican est un Etat, et donc que Benoit XVI est un chef d’Etat, nous poserons quelques questions : a-t-il été élu par le peuple, y a-t-il un Parlement, et une presse pluraliste, garant de la démocratie d’un Etat ?
Mais là n’est pas l’essentiel. Comme à son habitude, le chef de l’Etat s’est fait remarquer en faisant, à plusieurs reprises, des signes de croix.

http://www.lepoint.fr/societe/la-visite-de-sarkozy-au-vatican-et-ses-signes-de-croix-font-des-vagues-10-10-2010-1247466_23.php

Ce n’est pas la première fois qu’il agit ainsi. Lors de l’inoubliable discours de Latran, puis à l’occasion d’obsèques de soldats français tués en Afghanistan, Riposte Laique avait remarqué l’attitude particulièrement prosélyte de Nicolas Sarkozy.

Il est respectable que le chef de l’Etat soit, dans sa vie privée, un catholique convaincu. Il est inadmissible qu’en tant que président de la République, donc représentant de tous les citoyens de ce pays, catholiques, protestants, juifs, musulmans, autres croyances, athées, agnostiques, il se permette de faire passer ses croyances avant le devoir de neutralité qui est le sien, en tant que président d’une République laïque.

Nous ne suivrons pas, malgré tout, les hypocrisies de nombreux responsables de gauche, qui essaient de se refaire une santé laïque, en attaquant le chef de l’Etat… quand ils n’ont jamais eu un mot contre l’offensive islamiste dans ce pays, qu’ils accompagnent souvent avec l’argent des contribuables. Donc, le coup de la laïcité, pas vous, messieurs de la gôche !

Il n’empêche qu’en se comportant de la sorte, Nicolas Sarkozy ressemble davantage à un un Obama jurant sur la Bible lors de son investiture, qu’à un président de la République d’un pays où les laïques ont imposé, par la loi de 1905, la séparation du religieux et du politique.

Les laïques s’en souviendront en 2012.

Martine Chapouton

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