A Toulouse, les nervis de l’obscurantisme en action

Publié le 6 septembre 2010 - par

Cela avait bien commencé, la douce lumière de la fin de l’été jouait des reflets roses dans l’eau calme de la Garonne, un léger vent d’autan empêchait la chaleur de devenir tiède, le ciel ajoutait son bleu subtil à l’écrin des quais de briques surmontés des platanes ondulant devant les façades voûtées ; O moun pays, Toulouse, ô Toulouse.

Quelques uns de nos amis, souvent inconnus, sont arrivés tôt, sourires aux lèvres, saluts francs, l’un plante une bannière tricolore, celle de Valmy, une autre, âgée, déplie une chaise, entre les deux sans doute plus de cinquante ans. Une heure avant le rendez-vous, nous accueillons les nouveaux arrivants, présentation, l’étudiant en droit discute avec une fille de refugiés espagnols arrivés en 36, sans fard et sans tension J.P. Chevènement et M. Le Pen sont cités par un groupe discourant du concept de Nation, un échange amusé entre un pro et une anti-corrida … Je regarde les 30 ou 40 personnes arrivées avec leurs cabas d’où dépassent un goulot et une nappe à carreau, une pensée me vient « mais comment sont réunis, dans le calme et le plaisir des gens aussi divers ? » la République bien sûr, et l’amour de la France.

Nous approchons de 18 heures, viennent à moi deux officiers de police, l’un à qui je me suis déjà présenté, responsable du dispositif de maintien de l’ordre, l’autre est le commissaire de permanence ; son discours tranche avec celui de son collègue une heure auparavant, je comprendrai plus tard qu’il sait déjà ce qui nous attend. Nous ne louerons jamais assez le sang-froid de ces hommes, officiers ou pas.
Pendant qu’un journaliste m’interroge sur le 4 Septembre 1870, sur la laïcité, nous sommes troublés par une clameur roque, marchant un temps au pas enlevé des moudjahiddin, une quarantaine de sombres personnes foncent sur nous ; quelque CRS s’interposent, j’appelle les citoyens à garder leur calme, à reculer, à ne répondre ni aux coups ni aux insultes.

A la manière des guerriers barbares les islamo-gauchistes, comment les nommer autrement, s’approchent par vagues commandées, scandant en hurlant des slogans imbéciles et violents, enivrés de haine et de rancœurs ressassées, leur visages, lorsqu’ils ne sont pas masqués, expriment le pire de l’humanité : l’aveuglement bestial, la bande sauvage, la troupe altérée de sang.

Lorsque les éléments violents – j’ai par exemple été touché à l’aine par un coup de « rangers » destiné à un drapeau national que je défendais – refluent, sont mis en avant des ersatz de Trotski propres-sur-eux et des petites bourgeoises hystériques, toutes mouillées de la sueur de la haine, trop bêtes pour comprendre quel rôle on leur fait jouer, trop incultes pour savoir qu’ils attaquent ce qu’ils prétendent défendre.

Durant une trêve, des participants à l’apéritif, républicains et démocrates, culturellement adeptes naturels du discours intelligent, tentent de nouer des dialogues, aucun n’y parviendra, on verra même un barbu envoyer deux filles voilées témoigner de leur parfaite lucidité d’esclaves. Aucune discussion n’est possible, d’ailleurs les plus politiques des agresseurs veillent au grain.

L’heure du rendez-vous est maintenant passées, les assauts des factieux anti-républicains ont repoussé notre groupe en arrière de l’entrée du lieu, sur le quai surplombant 150, 200 participants putatifs, sont empêchés de nous rejoindre, combien ensuite sont venus ?
C’est alors que la police nous demande de partir, nous refusons, protestant que notre réunion est pacifique, que nous n’avons répondu à aucune des provocations, que nous n’avons aucune banderoles revendicatives, que notre seule arme à été de chanter la Marseillaise ; en face une ligue, organisée, agressive, préparée, violente, profère insultes et menaces de mort : où est le trouble à l’ordre public, où se situe l’illégalité ?

Nous nous sommes assis sur l’herbe, dos aux débiles excités, et avons, sous leurs hurlements de bêtes, commencé à faire ce pourquoi nous étions là : prendre l’apéritif en devisant de la république et de la nation, de la laïcité et de la France.

En quelques secondes je vois que les uniformes ont cédés la place à des tenues de combats de rues, un mouvement coordonné des nervis totalitaires tente de nous prendre à revers, rapidement des hommes harnachés et armés prennent position en arrière de nous ; nous tentons de donner le change en continuant notre apéritif, mais le climat a basculé, le commissaire me demande la dissolution ; le ton est ferme, directif, inquiet, serait-ce la racaille des cités, qui prévenue par les multiples appels, arrive pour casser du bourgeois-blanc ?

Malgré l’envie de tous et le désir exprimé de plusieurs – dont des femmes – de rester et ainsi de contraindre la police à assumer son devoir de protection des citoyens face à l’arbitraire totalitaire, j’ai préféré prendre en compte le gain politique : nous sommes les victimes de bandits anti-démocrates, nous sommes les agressés, notre droit à l’espace public est contesté par la force, l’intimidation et la violence. « … nous allons vous exfiltrer, rapidement dispersez-vous dans la ville, soyez sympas facilitez-nous la tâche … », suivant les directives, protégés par les forces de l’ordre, nous quittons la prairie des filtres sans précipitation et en chantant l’hymne universel de la Liberté. Cris de joie des imbéciles, menaces de lynchage au cas ou nous voudrions à nouveau user de notre droit républicain ; et dire que ces minables au front bas, puant l’inculture et la médiocrité crasseuse, incapable de la moindre autonomie, croient avoir gagné !

Nous avons montré l’hideuse face du totalitarisme, ceux que nous avons en face sont, dans leur fort intérieur, des gardiens de la foi, la sharia réactionnaire gangrène déjà leur esprit, si tant est qu’il en ait.

Lorsque je passe prés d’un CRS celui-ci me murmure « courage », je croise le regard d’un autre « continuez, nous sommes avec vous ! » semble-t-il me dire ; je n’oublierai pas l’air navré d’incompréhension d’une femme « de gauche » me précise t-elle qui pleure presque en disant que c’est avec nous qu’auraient dû être les manifestants du matin, je n’oublierai pas les mots de Shiva, belle jeune femme Iranienne, chassée de son pays par l’intolérance coranique « l’islam, même en France, où va-t-on pouvoir se réfugier maintenant ? ».

Nous n’étions peut être que quelques dizaines à rester jusqu’au bout, mais nous savons que beaucoup d’autres seraient restés s’ils avaient pu nous rejoindre, nous savons que le mouvement de résistance républicaine s’amplifiera, nous savons, avec certitude, que la république est en danger …
non, hier, à Toulouse, force n’est pas restée à la loi.

Gérard Couvert

directeur-secrétaire de Résistance Républicaine

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