A propos de désinformation : l’exemple Gaza

Publié le 9 février 2009 - par
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Pour des raisons de stratégie militaire et médiatique, tirant les leçons du bilan négatif de la campagne libanaise de juillet-août 2006, le gouvernement israélien a décidé d’interdire aux journalistes l’accès de la bande de Gaza à partir de son territoire, laissant ainsi aux seuls correspondants de presse palestiniens la couverture médiatique de l’opération « Plomb durci », (27 décembre 2008-18 janvier 2009) avec les conséquences que l’on devine sur l’opinion publique internationale, et arabe en particulier, promptes à se mobiliser dès qu’il s’agit de stigmatiser « le méchant Israël, coupable de tirer sur des civils innocents avec des armes sophistiquées voire prohibées, coupable d’envahir un territoire sans défense, coupable de l’étrangler économiquement, coupable d’en faire une prison à ciel ouvert, coupable enfin de fabriquer des désespérés prêts à intégrer les rangs du Hamas, n’ayant d’autre choix pour exister que de sel ancer dans des actions de « résistance »(entendez par là : se faire exploser au milieu des foules israéliennes indistinctes).

Et une fois encore, le ressort a fonctionné, une fois encore, plus la ficelle est grosse, plus cela marche.

Il est vrai que l’opinion publique occidentale et l’opinion publique française en particulier, est conditionnée depuis des décennies par le matraquage de sa composante islamo-gauchiste en plein essor, par une presse « unanimiste » et « suiviste », à de très rares exceptions près sur ce sujet, et par des pseudo-intellectuels dévoyés qui occupent le terrain de la pensée désertée ou étouffée.

Ces maitres-penseurs, ces maitres-panseurs devrais-je dire, tiennent le haut du pavé, empêchant l’émergence de toute analyse de fond, de tout débat contradictoire, faisant ainsi reculer la liberté d’expression déjà menacée, en jetant l’anathème sur tel intellectuel ou tel anonyme qui oserait s’aventurer un tant soit peu à soutenir le gouvernement israélien où à comprendre les motifs qui l’ont poussé à intervenir militairement à Gaza.

Voilà pour ce qui est du contexte psychologique et de l’atmosphère de lynchage médiatique qui ont accompagné cette opération militaire dans le monde arabe (on s’en doutait), mais aussi en Occident où, dans nombre de manifestations on a pu voir fleurir , à côté de drapeaux palestiniens, des drapeaux du Hamas, du Hezbollah, grands défenseurs des libertés comme chacun sait, et où l’on a entendu fuser des appels à la fraternité du type : « A mort Israël », « Mort aux juifs », pendant qu’aux quatre coins de la France, dans la lignée de la seconde Intifada, on incendiait des synagogues et l’on molestait des personnes parcequ’elles ont le tort d’être juives.

Mais cette hystérie collective ne saurait masquer les faits, qui eux, ont la vie dure. La réalité de ce qui s’est passé à Gaza nous arrive par bribes, au fil des jours et d’enquêtes de journalistes indépendants, courageux , recherchant la vérité, quelle qu’elle soit.

Que croyait-on savoir jusqu’à lors?

Que le chiffre annoncé des victimes palestiniennes s’élevait à environ 1300 morts, dont une majorité de civils, dixit le directeur du principal hôpital de Gaza.

Que cette source unique d’information émane du directeur d’un établissement hospitalier de Gaza, membre du Hamas, n’émeut personne.( Ttutes les institutions palestiniennes sont tenues par le Hamas à Gaza).

Qu’a-t-on appris depuis?

Qu’un journaliste italien, Lorenzo Cremonesi, du journal il « Corriere della Sera », a voulu en savoir plus, se faire une opinion par lui-même en se rendant dans les différents hôpitaux de Gaza, qu’il a visités une fois le cessez-feu annoncé par Israël.

Après s’être entretenu avec les médecins, ambulanciers, urgentistes et humanitaires sur place, il est arrivé à la conclusion que l’offensive israélienne sur Gaza avait fait en réalité environ 600 morts, des combattants pour l’essentiel, comme en témoigne le fait que près de 90% des victimes étaient des hommes, âgés de 17 à 28 ans.

Des victimes civiles sont également à déplorer, mais en nombre infiniment moins important qu’annoncé. Il convient de préciser que ces victimes n’ont jamais été visées délibérément. Elles ont été atteintes soit en raison de leur proximité géographique avec les lanceurs de roquettes, soit plus rarement, en raison d’erreurs de tirs, qui, il faut le rappeler, sont également à l’origine de la moitié des soldats israéliens tués au combat par des frappes « amies ».

Cela révèle l’enchevêtrement inextricable des positions sur le terrain, l’exiguité d’un territoire où tous les protagonistes sont imbriqués : armée israélienne, combattants palestiniens, population civile.

Tous les analystes miliatires vous diront qu’un tel bilan, s’il est vérifié, tient du miracle quand on sait que cette étroite bande de terre concentre un million et demi d’habitants (la plus forte densité de population au monde).

Il témoigne du soin extrême qu’ont pris les généraux israéliens pour éviter de toucher la population civile, allant même jusqu’à annuler des frappes à la dernière minute, alors même que des tirs ennemis étaient identifiés, ceci en raison de la trop forte densité de la population environnante.

Quelqu’un a -t-il entendu parler de l’enquête de Lorenzo Cremonesi? Un média national a-t-il relayé cette information? A-t-on dépéché sur place un correspondant de presse pour vérifier, corroborer ou infirmer ses conclusions?

A ma connaisance non. Si tel était le cas, cela obligerait les principaux médias français à de douloureuses remises en question, cela les contraindrait à un examen de conscience auxquels ils se refusent.
Ceux qui ont clamé haut et fort leur « vérité » ne sont pas prêts à reconnaitre leur erreur lorsque des éléments de plus en plus tangibles prouvent qu’ils se sont fourvoyés : par lâcheté, par identification à un camp, parcequ’ils se sont fait berner ou tout simplement par manque de déontologie. Les procureurs se transforment rarement en avocats.

D’autres, animés de moins bonnes intentions encore, mus par l’idéologie et par la haine, sont ravis du statu-quo, car ils auront réussi une fois de plus à stigmatiser un pays honni, coupable d’exister, et contre lequel tout mensonge énoncé est bon, car comme l’affirme le dicton :  » Mensonge cent fois martelé devient vérité. »

Mais le peuple de France, lui, est de moins en moins dupe et ne se laisse plus manipuler, car il voit que malgré des milliards investis, les banlieues flambent, les synagogues brûlent comme aux pires moments de l’Histoire, les petites gens sont obligées de déménager pour ne pas subir le diktat des trafiquants de drogue qui imposent un véritable couvre-feu dans certaines cités, pour ne pas subir non plus le prosélytisme des islamistes qui vous haranguent en pleine rue à la sortie des marchés, pour ne plus craindre enfin, les viols collectifs, improprement appelés « tournantes » et qui ne disent rien du sort effroyable subi par les victimes.

Qui sont les auteurs de ces méfaits? Souvent les mêmes qui crient : « Mort à Israël, Mort aux Juifs, Mort à l’Amérique », qui vomissent la France en hurlant que ce pays ne voulant pas d’eux, ils ne veulent pas de lui, affirmant que l’Islam est au dessus de toutes les lois de la République.

Ces clameurs, que dis-je, ces cris de haine ne parviennent pas jusqu’aux oreilles de nos bien-pensants, ou alors tellement déformés par l’écho, qu’ils n’entendent que « la détresse des laissés pour compte » avec son cortège d’excuses et d’analyses sociologiques globalisantes, orientées et caricaturales.

Ils sont sourds aux cris de détresse véritables d’une France qui souffre et qui se meurt.

En d’autres temps, pas si éloignés, un homme d’honneur a dit : « France, prends garde à ne pas perdre ton âme! ».

THEMIS

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