AZF, un silence d’Etat, de Marc Mennessier

Publié le 25 novembre 2008 - par - 373 vues
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Le 21 septembre 2001 10h17, il fait beau, dans le salon de coiffure la porte et les fenêtres sont ouvertes, soudain on entend une détonation à la fois sourde et forte, l’air se déplace au travers de la boutique, quelqu’un dit : « Tiens, ils viennent de passer le mur du son », je m’entends encore répliquer : « Oh non ! Ça c’est une explosion ! ». La suite sera terrible, le jeune apprenti coiffeur, reçoit un coup de fil de son père gendarme : « il y a eu un attentat à Toulouse le palais de justice a sauté ». Bien sûr ce n’est pas cela, nous saurons plus tard qu’il s’agit de l’usine AZF située au sud de la ville, mais ce jour là à Toulouse, chacun a eu l’impression qu’une bombe venait d’exploser là ou il se trouvait.
On ne peut pas imaginer l’horreur vécue par les Toulousains ce jour là et les semaines et mois suivants. La ville restera à jamais traumatisée par cet événement. Au nom des morts, des blessés, des souffrances, les habitants ont le droit de savoir ce qui s’est réellement passé.

C’est ce que demande Marc Mennessier. Ce journaliste scientifique dédie son livre à Anne-Marie Casteret*, sa consoeur décédée en 2006. En septembre 2001, tous deux enquêtent à Toulouse, lui pour le Figaro, elle pour l’express, sur toutes les pistes y compris celle d’un attentat terroriste. Dans ce livre, il revient longuement sur cette éventualité et sur les autres théories. Il retrace toute l’affaire à partir de renseignements et d’observations mis en commun avec sa collègue, il affirme que : « Close en septembre 2006, l’enquête judiciaire, dont le dossier renferme près de 7.500 pièces cotées, n’est pas parvenue à fournir une explication plausible du drame qui a endeuillé Toulouse »

Pour lui, les déclarations des autorités (Messieurs Jospin et Chirac), dans l’après-midi même du 21 septembre, précisant qu’on s’orientait plutôt vers la thèse accidentelle ont complètement faussé la démarche policière. De son point de vue, au lieu d’enquêter méthodiquement, à partir d’indices, sur toutes les pistes possibles, on a demandé (donné l’ordre ?), dès le départ, aux experts de bâtir « l’accident à tout prix ».
Ce livre ne manquera pas d’intéresser les toulousains. Actuellement, sur les 14 personnes mises en examen, 13 ont bénéficié d’un non lieu et il ne reste plus que le directeur qu’on doit juger bientôt. Portera-t-il seul la responsabilité de cette catastrophe ?

Dans son épilogue Marc Mennessier lance un « ultime appel à témoin » car pour lui, à Toulouse ou à Paris, des gens savent ce qui s’est réellement passé le 21 septembre. Il termine ainsi : « Puissent enfin l’état et ses plus hauts représentants sortir du silence assourdissant derrière lequel ils se retranchent depuis le premier jour. » Dans ce livre, l’auteur revient sur tous les éléments de sa démarche, ses observations et questionnements.

Chantal Crabère

www.azfsilencedetat.com

*Anne –Marie Casteret était convaincue de la thèse de l’attentat, quand la maladie l’a rattrapée, elle devait publier : l’attentat interdit.
A lire. AZF un silence d’Etat de Marc Mennessier édition du Seuil.

On trouvera aussi sur le sujet d’autres auteurs qui s’intéressent aux diverses pistes :

AZFToulouse : Quelle vérité ?de Daniel Dissy , Editions Traboules

Toulouse, chronique d’un désastre annoncé, de Henry Farreny et Christian Moretto éditeur Cepadues

Toulouse : an 1 après AZF. De la catastrophe au complot d’état, de André Dispeil, président du Cephes, Comité Européen pour la protection de l’Habitat de l’environnement et de la santé (théorie de l’arc électrique).

AZF Toulouse : un mensonge d’état de Jean Pascal Serbera DPF 2002

Attentat à la SNPE : la face cachée de l’affaire AZF de Jean- Pascal Serbera éditeur lectures et civilisations 2003. Hypothèse d’explosion d’une bombe EMP (electromagnetic Pulse) ou E-bombe, engin destiné à saturer l’environnement d’ondes électromagnétiques

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