Affaire de Dubaï : l’inquiétante lâcheté de l’Union européenne qui s’offusque de l’élimination d’un leader du Hamas !

Publié le 1 mars 2010 - par
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Dans la nuit du 19 au 20 janvier 2010, Mahmoud Abdel Raouf Al-Mabhouh, un des leaders de la branche armée du Hamas, a été assassiné dans une chambre d’hôtel à Dubaï.

Le 29 janvier 2010, un communiqué du Hamas laisse entendre la responsabilité de l’Etat hébreu, faisant d’emblée de Mahmoud Al-Mabhouh un « martyr » : « Mahmoud Abdel Raouf Al-Mabhouh est mort en martyr à Dubaï le 20 janvier dans des circonstances suspectes qui nécessitent une enquête, en coopération avec l’Etat des Emirats arabes unis. »

Le 31 janvier 2010, la police de Dubaï évoque la piste du Mossad. Quelques jours plus tard, elle accuse onze hommes du Kidon (« baïonnette » en hébreu), le « service action » du Mossad, d’être les auteurs de l’assassinat de Mahmoud Al-Mabhouh.

Le 05 février 2010, le chef de la police de Dubaï Dahi Khalfan annonce son intention de lancer un mandat d’arrêt contre le Premier ministre de l’Etat d’Israël, Monsieur Benyamin Netanyahu. Le Mossad étant sous l’autorité directe du Premier ministre de l’Etat d’Israël, le chef de la police de Dubaï s’empresse alors dans la foulée de préciser que Monsieur Netanyahu serait le premier concerné par cette affaire « parce qu’il aurait dans ce cas approuvé la décision d’assassiner Mahmoud Al-Mabhouh ». Le tout avant même que l’enquête ait seulement été menée à son terme, ce qui en dit déjà long sur les méthodes d’investigation pour le moins expéditives de la police de Dubaï.

Voilà pour la situation à Dubaï. Mais en dehors de Dubaï, à quel « spectacle » avons-nous assisté en Europe ?
Dès le 22 février 2010, les ministres européens des Affaires étrangères ont condamné sans appel le meurtre de Mahmoud Al-Mabhouh ainsi que l’utilisation de passeports européens dans cette opération. Le chef de la diplomatie britannique David Miliband juge même utile d’enfoncer le clou au sujet d’Israël en apportant les « précisions » suivantes :

« … la déclaration formulée à l’issue des discussions reflète la profonde préoccupation des ministres européens des Affaires étrangères au sujet de cet assassinat. Il est essentiel que les relations entre les Etats soient fondées sur des bases claires et transparentes. Il est important également de dire qu’Israël, plus encore que tous les autres pays, a tout intérêt à ce que règne au Proche-Orient, les règles de l’état de droit. Et c’est pourquoi je pense qu’il est bon de faire remonter cela jusqu’au plus haut niveau en Israël, et de demander à l’Etat hébreu, sa pleine coopération dans l’enquête. »

Ce qui est grave dans cette affaire, c’est d’entendre au moins un représentant d’une diplomatie européenne clairement insinuer que l’Etat d’Israël serait d’emblée l’auteur de l’assassinat d’un activiste du Hamas alors même que les conclusions de l’enquête ne sont pas rendues publiques et qu’aucune preuve ne permet au jour d’aujourd’hui d’affirmer que le Mossad serait directement impliqué dans cet assassinat.

Ce qui est d’une extrême gravité dans cette affaire, c’est de découvrir – et là les faits ne sont pas contestables ni du reste contestés à ce jour – que de faux passeports utilisant l’identité de citoyens européens actuellement en vie aient servi dans le cadre d’une opération d’élimination d’un cadre du Hamas et ce quels que soient les commanditaires de cette opération. Ce qui en d’autres termes signifie que n’importe quel citoyen européen pouvait se réveiller un beau matin et découvrir par exemple dans la presse son nom associé à un crime auquel il est parfaitement étranger ! Le droit français qualifie ce délit de « délit d’usurpation d’identité  » » et ce délit pénal peut à juste raison conduire à une peine d’emprisonnement de 5 ans et 75 000 euros d’amende (article 434-23 du Code pénal français). Ce genre de procédé doit être, en toutes circonstances et quels que soient les auteurs, non seulement condamné mais également sanctionné. Ni plus ni moins. Sur le chapitre majeur de l’identité dévoilé dans l’affaire de l’élimination d’un activiste du Hamas à Dubaï, l’Union européenne a eu raison de condamner la pratique douteuse qui consiste à usurper l’identité de citoyens. C’est hélas bien le seul chapitre sur lequel les diplomaties européennes aient tenu un discours de responsabilité.

Ce qui est préoccupant en effet et profondément condamnable dans cette affaire, c’est d’avoir entendu les diplomaties européennes condamner l’assassinat d’un militaire du mouvement islamiste palestinien. Prenons en effet l’hypothèse qui reste, je le répète à vérifier, que le Mossad serait à l’origine de l’assassinat ciblé de Mahmoud Al-Mabhoud. Mais au nom de quoi les diplomaties européennes seraient-elles habilitées à interdire à une démocratie de se protéger contre le terrorisme ? Au nom de qui, au nom de quoi les diplomaties européennes seraient-elles habilitées à faire d’Israël un « Etat criminel » là où son gouvernement ne serait ni plus ni moins qu’en droit d’engager ses services secrets dans des actions d’assassinats ciblés de terroristes afin de protéger sa population ?

Certes, le communiqué commun des pays de l’Union européenne n’a pas directement mis en cause la responsabilité de l’Etat d’Israël dans cette opération mais qui peut objectivement affirmer que l’Etat d’Israël n’était pas dans tous les esprits lors de la réunion mensuelle des ministres des Affaires étrangères des Vingt-sept, à Bruxelles ce 22.02.10 ?
De surcroît, comment comprendre que dans ce dossier l’Union européenne précise que le meurtre de l’un des fondateurs de la Branche du Hamas « soulève des questions qui sont profondément dérangeantes » alors que le Hamas est placée sur la liste officielle des organisations terroristes de l’Union européenne, du Canada, de l’Australie et du Royaume-Uni ?

Enfin, qui sont ces représentants européens, à l’image du chef de la diplomatie britannique David Miliband, qui se permettent de juger des moyens employés par une démocratie dans le cadre de sa politique de lutte contre le terrorisme ? Qui sont exactement ceux qui, d’une manière plus générale, se permettent de juger un Etat comme Israël qui n’a connu depuis sa création que le terrorisme ? Serait-ce donc contraire à « l’Etat de droit » que de recourir à l’élimination de criminels qui ont déjà causé la mort de tant de civils innocents ? Mais alors qu’aurait-il fallu, dans l’hypothèse où le Mossad serait le commanditaire de l’assassinat de Mahmoud Al-Mabhoud, que les services de renseignement israéliens fissent ? Qu’ils attendissent sagement que cet activiste, celui-là ou un autre du reste, envoie ceux que l’on appelle « les fous de Dieu » à Jérusalem, Haïfa, Eilat, Netanya …. pour qu’au nom du Djihad, ils se fassent exploser dans un café, un bus, sur un marché ou en tout autre endroit où se concentrent nombre de civils israéliens, parfois même de touristes venus du monde entier en Israël ? Serait-ce donc cela la conception de « l’Etat de droit » de certaines diplomaties européennes : attendre que les populations civiles tombent sous les bombes des attentats terroristes ?

Lors d’une conférence donnée à Jérusalem le 23 février 2010, Tzipi Livni actuellement à la tête du parti Kadima, a excellemment résumé la situation en ces termes au sujet de l’affaire de Dubaï : « Je n’attends pas du monde entier qu’il applaudisse quand des terroristes sont tués mais du moins qu’il s’abstienne de critiquer de telles actions. »

Oui, c’est exactement le message qu’il convient d’adresser à ceux des représentants de l’Union européenne ainsi d’ailleurs qu’à nombre d’élus et chefs d’Etat de gouvernements européens dont celui de la France : « Abstenez-vous de condamner de telles actions et ce de surcroît avant même d’avoir la preuve formelle que le Mossad serait effectivement l’auteur de cet assassinat. Quels que soient les résultats de l’enquête dans l’Affaire de Dubaï, n’oublions jamais du reste que la lutte contre le terrorisme ne saurait tolérer aucun état d’âme. Aucune démocratie n’a le droit de jouer impunément avec la sécurité de ses populations civiles. »
Alors, évidemment, nul n’ignore par ailleurs que Tzipi Livni est un ancien agent du Mossad et nombreux seront ceux qui dans ces circonstances n’hésiteront pas à rétorquer : « Madame Livni défend le Mossad parce qu’elle est un ancien agent du Mossad ».

Tzipi Livni ne compte pourtant pas au nombre de ceux qui sont partisans du statu quo sur le dossier du conflit israélo-palestinien. Je rappelle, à titre d’exemple, que Tzipi Livni partageait en 2005 la conviction d’Ariel Sharon qui avait compris à un âge avancé qu’au nom du rêve du « Grand Israël », l’Etat hébreu était menacé de disparaître en raison de la menace démographique palestinienne. Etait-ce là le discours d’une extrémiste ? Certainement pas ! Pour autant, Tzipi Livni assume, à l’image de l’immense majorité de la classe politique israélienne, ni plus ni moins que le droit légitime d’Israël à se défendre face au cauchemar qu’est le terrorisme, quitte à effectivement éliminer des agents terroristes du Hamas. Est-ce condamnable ? En aucun cas.

Dans cette affaire de l’élimination d’un cadre du Hamas qu’Israël considérait, rappelons-le, comme l’un des pourvoyeurs d’armes de contrebande du Hamas à destination de l’Iran, les représentants de l’Union européenne seraient bien avisés de se demander ce qui justifiait donc que dès le 02 février 2010, Téhéran accusât à son tour Israël « d’être responsable de l’assassinat de Mahmoud Abdel Raouf Al-Mabhouh ». Qui aura encore l’outrecuidance d’affirmer que le point de vue exprimé par Téhéran sur cette affaire ne relèverait que de la simple coïncidence ?

Dans cette affaire, les représentants des diplomaties européennes seraient également bien avisés de s’interroger sur l’incapacité de L’Organisation des Nations – Unies à faire plier le régime de Monsieur Ahmadinejad. Et que constatons-nous dans le dossier du nucléaire iranien ? Depuis 2006, Monsieur Ahmadinejad se moque ouvertement et publiquement sur la scène internationale des Nations-Unies. Pire : il ignore complètement la mise en demeure concernant la suspension de ses activités d’enrichissement de l’uranium prononcée par le Conseil de sécurité de l’O.N.U. Mais à quoi sert donc l’O.N.U ? A rien. La meilleure preuve en a hélas, une fois de plus, été apportée par le président iranien en personne qui, le 07.02.10, a annoncé au nez et à la barbe du monde entier sa décision de poursuivre et de développer sa politique d’enrichissement de l’uranium à 20%.

Dans cette affaire de Dubaï, les représentants des diplomaties européennes seraient bien avisés aussi de se souvenir qu’en 1979 Rouhollah Mousavi Khomeini avait affirmé lors de son retour en Iran et après avoir tout de même séjourné quelques mois en France à Neauphle-le-Château et sans jamais avoir demandé l’asile politique : « Nous, musulmans, exportons l’islam dans le monde entier. » Que constatons-nous depuis 1979 ? L’Europe est depuis quelques décennies devenue autant la cible que la proie d’une idéologie fasciste qu’est l’islam politico-religieux radical.

Mais n’oublions pas de rappeler que certains gouvernements d’Europe ont accéléré l’installation, voire conforté l’assise de cette idéologie fasciste, soit en laissant ouvertement et sans risque de se voir traduits devant des tribunaux les barbus s’exprimer sur la place publique, soit également en travaillant avec des « prédicateurs » d’un genre nouveau comme par exemple Tariq Ramadan.
Sur ce dernier point, relisons ce qu’écrivait dans l’ouvrage publié en 2009 par Riposte Laïque  » Les Dessous du voile « , Rosa Valentini :

« L’ancien Premier Ministre Tony Blair avait nommé Tarik Ramadan conseiller du gouvernement tout en sachant que cet homme était le petit-fils de Hassan al-Banna, fondateur des Frères Musulmans, et qu’il avait des positions pour le moins contestables. On se souvient de sa déclaration au sujet du moratoire sur la lapidation, comme si cette pratique cruelle, barbare et ignoble méritait qu’on s’y penche encore pour discuter de son éventuelle suppression.

On se souvient aussi qu’en 2004 ce même Tarik Ramadan fut invité au Forum Européen de la Fatwa et de la Recherche qui se déroula à l’Hôtel de Ville de Londres. Ramadan et l’ancien maire Ken Livingstone critiquèrent ensemble la loi du 15 mars interdisant les signes religieux ostentatoires dans les établissements scolaires. Ce même Tariq Ramadan est actuellement chercheur à l’Université d’Oxford grâce à l’intervention du gouvernement travailliste. »
[Les Dessous du voile, Chapitre 7 « L’offensive de l’Islam dans la Grande-Bretagne multiculturaliste » par Rosa Valentini (p.127 à 152) / Ici, extrait cité de la page n°147.]

Que dire aujourd’hui de la multiplication du port de la burqa, de celle des revendications de construction de mosquée munies de minarets imposants à l’échelon européen, des revendications d’un islam communautariste dans les piscines municipales, dans les écoles, dans les cantines scolaires françaises, de l’instauration de la finance islamique ? Et n’oublions pas que plusieurs Etats d’Europe ont été victimes, eux aussi, du terrorisme islamique.

Plutôt donc que de consacrer tellement de temps et de dépenser tant d’énergie à dispenser des leçons d’éthique politique à Israël sur ses méthodes pour lutter contre le terrorisme, les représentants de l’Union européenne seraient bien davantage avisés de regarder déjà ce qui se passe sur le sol européen.

J’invite donc les diplomaties européennes à méditer profondément ce que déclarait Taslima Nasreen dans une interview donnée au Nouvel Observateur en 2002 :

« Il faut critiquer l’islam, c’est un acte utile pour ceux qui vivent dans ces pays. Sous l’islam, ni la démocratie, ni les droits de l’Homme, ni les droits de la femme, ni la liberté d’expression ne peuvent survivre. Ce dont les pays islamiques ont le plus besoin, c’est d’introduire la laïcité, d’abolir d’urgence les lois islamiques pour sauver les femmes. Si vous voulez réellement du bien aux pays islamiques, vous devez combattre l’islam. »

Ce combat là, ce n’est pas seulement le combat d’Israël contre le fascisme islamique. Non, c’est bien plus que cela : c’est le combat des Démocraties contre le Fascisme. C’est le combat des Lumières contre l’Obscurantisme. Et c’est aussi cela que nous confirme l’élimination d’un activiste du Hamas dans l’Affaire de Dubaï !

Bonapartine

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