Annulation du mariage pour cause de non virginité : le PS doit nettoyer devant sa porte !

Publié le 10 juin 2008 - par
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Nous avons dénoncé très vivement dans le dernier numéro de Riposte laïque la prise de position complètement erronée de Rachida Dati sur la question de l’annulation du mariage de Lille. J’évoquais d’ailleurs la responsabilité des services du ministère de la Justice qui sont imprégnés d’une conception très différentialiste de la société et qui comme ceux de l’Education nationale ou des ministères sociaux se sont montrés très peu mobilisés sur les question de défense des droits des femmes qu’il s’agisse de prévenir, de lutter, ou de condamner l’excision, la polygamie ou les mariages forcés.

Que Rachida Dati, qui a connu une situation similaire, se soit laissée influencer par son expérience, ce que ce qu’elle peut faire à titre personnel, « l’existence détermine la conscience » disait Hegel, est cependant est tout à fait regrettable car c’est en tant que Garde des Sceaux qu’elle s’exprime et à ce titre doit assumer pleinement son rôle de défenseur des lois de la République, de l’égalité et de la laïcité. Il est bien qu’elle ait su changer de position en demandant au procureur de la République un nouveau jugement. En politique, comme en d’autre domaines, il est sage et intelligent de modifier de position lorsque l’on se rend compte que l’on a fait fausse route.

Nous pouvons donc nous réjouir que la mobilisation des associations et les vives réactions qui rencontrent l’assentiment de 70% des Français selon un sondage, aient réussi à interpeller le pouvoir en place.
Il reste néanmoins des questions essentielles. Cette affaire n’est qu’un épiphénomène par rapport à la situation dégradée des femmes d’origine étrangère dans notre pays.

Or, comme la fait justement remarquer Rachida Dati à l’Assemblée nationale aux socialistes : quelle politique d’intégration ont-ils mené quand ils étaient en responsabilité? Qu’ont-ils fait pendant les nombreuses années où ils ont lutté dans tant d’association financées par les pouvoirs publics pour promouvoir une politique de respect des différences, des cultures, de protection des grands frères, de défense de l’islam…Il faut lire les ouvrages de Nacira Guenif,instigatrice des Indigènes de la République, fort entendue au FASILD mais aussi par Ségolène Royal lorsqu’elle était ministre déléguée à la famille et à l’enfance et ou encore par Nicole Ameline, déléguée aux doits des femmes.

Une des thèses de Nacira Guénif, c’est d’ailleurs le thème d’un de ses derniers ouvrages (1), c’est que la République dresse les filles maghrébines contre leurs pères et leurs frères. Au sein des instances ministérielles, cette thèse était fortement reprise et il était impossible de s’y opposer. Quand on parlait des femmes, on ne parlait que de discriminations doubles ou triples mais d’égalité, d’information sur la contraception ou les mariages forcées que de timidité, de gêne, ce n’est pas leur culture disait-on…Attention, il ne faut pas stigmatiser ces pauvres femmes. Oser dénoncer la polygamie dans de nombreuses réunions officielles, vous faisait passer pour xénophobe et faire comprendre que la polygamie n’était pas la liberté sexuelle mais un rapport de domination était un exercice qui demandait beaucoup de courage.

Alors, le PS, le PC et une bonne partie de la gauche jusque et y compris le MRAP peuvent aujourd’hui s’émouvoir et dénoncer violemment Rachida Dati que ne les a-t-on pas entendus plus tôt. Pour qu’ils soient crédibles, il faudrait d’abord qu’ils balayent devant leur porte et ensuite qu’ils précisent quelle est leur politique, quels sont leurs projets, que font-ils dans les municipalités, les départements, les régions qu’ils dirigent pour informer les femmes, lutter contre les pressions des familles, permettre aux filles de sortir de leurs cités sans contrôles des grands frères.

Dans la région lyonnaise, des associations signalent une véritable régression sous l’influence des islamistes. Il y a dix ans, les filles se cachaient de leur mère pour prendre la pilule maintenant elles ne la prennent plus. Comment peut-on parler d’intégration si les filles sont voilées de la tête aux pieds. Inutile de faire des campagnes de pub comme Delanoé à Paris, ville métisse .. Un musulman ne peut épouser qu’une musulmane, vierge de préférence évidemment. Les études le montrent. Et montrent également que l’endogamie ne se limite pas à la religion , origine nationale et ethnique sont de rigueur. Les Turques ne conçoivent que d’épouser un Turque, pas un Kurde bien sûr…

Tout cela est connu si on veut le savoir. Et on est bien loin du métissage et de la joyeuse société multiculturelle que nous chante le conseil de l’Europe ou Bruxelles.
Alors, on attend des réponses claires. Martine Aubry,Elisabeth Guigou, ministres chargées de l’intégration qu’avez vous fait ? Et vos conseillères Adeline Hazan, Lucie Schmidt ? Que proposent-elles ? Des piscines réservées, du personnel féminin dans les hôpitaux pour ne pas provoquer les hommes, la naturalisation des femmes voilées intégralement avec personnels féminins pour vérifier l’identité ? Sur le site du PS, on ne trouve pas de réponses.

Quant à la LCR et d’autres organisations d’extrême gauche, elles ne trouvent rien de mieux qu’à défiler au coude-à-coude avec le Hamas et le Hezbollah, et de défendre le voile à l’école, elles ne sont donc pas les mieux placés pour donner des leçons à Rachida Dati sur l’affaire de Lille.

Après un discours prononcé à Reims en 2002, Jacques Chirac et François Fillon ont entrepris une politique d’intégration basée sur l’apprentissage du Français et le respect des valeurs républicaines dont la laïcité et l’égalité hommes femmes. Cette politique est condamnée par certains et notamment le GISTI qui trouvent discriminatoire d’apprendre à parler le Français.

Le même gouvernement a fait voter la loi interdisant les signes religieux dont le voile à l’école. Pendant sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait parlé d’intégration et d’identité nationale. Mais malgré quelques déclarations, son ministre Brice Hortefeux ne paraît pas très actif sur ce sujet. S’il a dénoncé à juste titre et c’est nouveau, l’utilisation par les indigènes de la république de l’expression « souschiens » pour parler des Français, en matière d’intégration et d’identité nationale ses actions semblent bien discrètes. Pourtant la question soulevée par cette affaire est au cœur de l’identité nationale : on attend également sa réponse.

Gabrielle Desarbres

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