Après avoir « insulté » 1,5 milliard de musulmans, Redeker "agresse" 6 milliards de sportifs !

Ce n’est pas possible, il le fait exprès, ou quoi ? En novembre 2006, ce professeur de philosophie s’est déjà fait remarquer en « insultant », dans un texte paru dans « Le Figaro », 1,5 milliard de musulmans, rien de moins ! (1)
Menacé de mort par les islamistes, il a perdu son emploi dans l’Education nationale, qui l’a très peu défendu, s’est fait insulter par toute la gauche bien-pensante, qui l’a traité de raciste, et vit aujourd’hui sous protection policière, dans la clandestinité, dans son propre pays.
Cela ne l’a pas empêché de se faire lyncher, il y a plus de quinze jours, sur un plateau de télévision, par toute la fine équipe de Laurent Ruquier, Eric Zemmour excepté.
Comme si cela ne suffisait pas, l’inévitable Leila Babès, qui avait violemment attaqué Riposte Laïque parce que nous avions écrit que la pratique du ramadan nous paraissait obscurantiste, en remet une louche, sur Libération, contre le philosophe, l’accusant, de manière mensongère, d’avoir comparé Mahomet à Hitler. Bravo, Leila, grâce à toi, la protection policière autour de Robert va se renforcer, devant les nouvelles menaces qui vont probablement lui tomber à nouveau dessus ! (2)
Il est vrai que ce dernier fait parfois tout pour aggraver son cas. On aurait pu penser ce provocateur calmé pour un bout de temps, après la volée de bois vert que son premier article lui a valu. Eh bien, que nenni ! Après avoir osé briser notre rêve de l’islam religion d’amour et du « Prophète » homme de paix, le voilà qui franchit une nouvelle étape : dans son livre, « Le sport est-il inhumain ?», il casse tout un ensemble de mythes et de tabous, « insultant » cette fois 6 milliards de sportifs, quatre fois plus que les musulmans !
Qu’attendent les dirigeants sportifs pour décréter une nouvelle fatwa contre ce dangereux personnage ?
Car, aggravant son cas, à quel moment ose-t-il écrire toutes ces horreurs ?
– En plein Roland-Garros, rendez-vous du Tout-Paris bobo, où il est bon de montrer qu’on se passionne pour savoir qui de Nadal ou de Federer va gagner ! Alors que les Français ont désigné comme homme de l’année, en 2007, Yannick Noah, dernier Français à avoir gagné ce tournoi ! En 2006, ils avaient désigné Zinedine Zidane, sans doute pour le glorieux coup de boule donné à un défenseur italien qui avait osé dire qu’il aimerait passer la soirée avec la sœur à Zizou. Or, au lieu de se réjouir de cet amour de sportifs black et beur, notre philosophe voit dans ces désignations un terrifiant exemple d’inculture collective, dû à l’omniprésence du sport dans le quotidien des Français !
– A quelques semaines de l’euro de football, qu’ose-t-il écrire sur le capitaine de l’équipe de France de football, le glorieux Lilian Thuram, défenseur communautariste de toutes les grandes causes comme les squatteurs de Cachan ? Au lieu de se féliciter qu’un sportif de haut niveau ait des idées sur la société dans laquelle il évolue, Robert Redeker massacre son interview dans « L’Humanité », où notre Thuthu national se permet d’attaquer Finkielkraut, et qualifie les propos du capitaine de l’équipe de France d’illustration du nihilisme contemporain, légitimé par l’image d’une icône du football !
– A la veille des Jeux olympiques de Pekin, au lieu de nous réciter une belle histoire, faite de fraternité, de glorieuse incertitude du sport, il nous livre une vision désespérante de l’évolution de la compétition de haut niveau, faite de milieux mafieux, de blanchiment d’argent sale, de résultats arrangés d’avance, de morts prématurées de champions, d’omniprésence de la pub Coca-Cola, de véritable laboratoires pharmaceutiques, bien éloignée de ce que les milliards de téléspectateurs ont envie d’entendre.
– A quelques semaines du départ du Tour de France, fête populaire unique, il brise nos derniers rêves en révélant que des victoires s’achètent à prix d’or, et nous révèle des témoignages – connus des amateurs de sports – sur la réalité du dopage, dans le cyclisme, notamment.
Bien sûr, la bien-pensance, qui ne lui a pas pardonné ses propos sur l’islam, ne peut s’empêcher d’écrire qu’un homme qui a écrit des choses aussi abominables sur une religion ne peut que dire des horreurs sur le sport (3).
On sent surtout Robert Redeker nostalgique des années 1960 où il pensait qu’on pouvait s’identifier à des sportifs. Il s’inquiète de l’uniformisation du gabarit des rugbymen, regrettant l’époque où le petit gabarit d’un trois-quart pouvait cohabiter avec les piliers un peu bedonnants.
Il se dit amoureux de l’époque où, dans l’équipe de Platini, il y avait des petits gabarits qui ressemblaient à tout le monde, alors qu’il s’étonne aujourd’hui de l’évolution morphologique de footballeurs qui sont passés par le championnat d’Italie et ses trousses pharmaceutiques (encore un peu, et il va oser dire que nos champions du monde de football de 1998 étaient dopés !).
Il est touchant de l’entendre parler de son admiration pour des Eddy Merckx, des Mc Enroe, des Platini, derniers sportifs humains, selon lui. Il voit des mutants uniformisés dans leurs successeurs.
Il voit dans le sport le vrai fer de lance de la mondialisation libérale. Il discerne dans le sport show business un instrument idéologique aussi sérieux que la Bourse, les affaires ou l’univers du spectacle.
Tout comme le citoyen ne doit être que l’acteur du scénario de la mondialisation libérale, le sportif doit être l’acteur d’un scénario dont il n’a pas à s’occuper. Les propos des footballeurs, à la mi-temps des matches, sont révélateurs de cette évolution : « Le coach (on ne dit plus l’entraîneur) nous a recadrés », « On a bien travaillé toute la semaine », il n’est plus question que le joueur ait la moindre initiative, il doit s’inscrire dans le schéma des décideurs.
Sa vision du sport comme revanche de l’eugénisme, s’appuyant sur le décès prématuré de nombreux sportifs, et sur la mythification de la souffrance, suscitera également de vrais débats dans le milieu sportif. Peut-il y avoir sport de compétition sans souffrance, peut-il y avoir une société sans souffrance, et le sport peut-il exister en dehors de la compétition ?
Intéressante également la vision d’avant-garde que développe l’auteur. Il voit dans le discours des managers sportifs les propos d’une nouvelle avant-garde du libéralisme. S’appuyant sur les propos du nouveau ministre des Sports, Bernard Laporte, quand il dirigeait le Quinze de France de rugby, il démontre l’idéologie contenue dans certains discours.
Robert Redeker part souvent dans des considérations parfois complexes, comme quand il évoque la dislocation de l’homme, dans une uniformisation planétaire, dans lequel le sport hautement médiatisé a joué un rôle capital. Pour lui, « le sport, transi par un nouvel eugénisme, a déshumanisé l’homme en concourant fortement à la mutation de celui-ci en l’être sans souci. »
On sent par ailleurs que Robert est un vrai amoureux du sport, son témoignage sur son expérience universitaire, à Toulouse, où il raconte qu’il faisait 40 kilomètres à vélo pour faire son match de football, sans arbitre, avec des copains, tous les week-ends, dans un esprit qui n’était pas terni par l’esprit guerrier et la victoire à tout prix.
Son livre heurtera certains sportifs qui, amoureux de leur discipline, pratiquent leur passion tous les week-end, préfèrent gagner que perdre, et ne se reconnaîtront pas dans la description que le philosophe fait des dérives du sport de compétition.
Mais il demeure un outil de réflexion irremplaçable sur le rôle social du sport, qu’un sociologue comme Jean-Marie Brohm ne cesse de dénoncer depuis 1968.
Reste une contradiction qui ne touche pas que le seul Robert Redeker : une fois qu’on sait qu’il y a souvent du dopage dans le sport de haut niveau, une fois qu’on sait que le sport joue un rôle d’anesthésiant social, comment expliquer que des millions d’humains, pas forcément stupides, soient capables – et sans doute Robert Redeker le premier – de vibrer devant une victoire de l’équipe qu’on soutient, d’aimer les ambiances festives autour d’un match, ou d’être émerveillé par un geste exceptionnel d’un grand champion ?
Pour faire la synthèse entre ce livre de Robert Redeker, sur le sport, et son premier texte sur l’islam, notre ami Salvatore Pertutti nous propose cette vidéo.
http://le-monde-pluriel.eu/content/0/72/
Jeanne Bourdillon
Le sport est-il inhumain?
de Robert Redeker (éd. du Panama, 198p., 15€)

(1) http://www.20minutes.fr/article/111437/Toulouse-Le-texte-de-Robert-Redeker-qui-fait-polemique.php
(2) http://www.liberation.fr/rebonds/328755.FR.php
(3) http://www.rue89.com/cabinet-de-lecture/robert-redeker-de-la-diatribe-anti-islam-a-la-diatribe-antisports

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